Après l'accouchement, il est courant de se concentrer sur le bien-être de bébé, parfois au détriment de sa propre santé. Pourtant, le corps de la mère a besoin de repos et de récupération durant le post-partum, une période où les organes reviennent à leur fonctionnement normal. Il est donc essentiel de comprendre les changements physiques et émotionnels qui surviennent après la naissance, ainsi que les spécificités des coliques chez le nourrisson allaité, afin de mieux accompagner son enfant et de prendre soin de soi.

Le post-partum : une période de récupération essentielle

Le post-partum est le temps nécessaire aux organes pour retrouver leur fonctionnement physiologique hors période de grossesse. Ce temps de récupération est tout à fait normal et dure plus ou moins longtemps. Pendant cette période, la jeune maman peut expérimenter divers symptômes physiques, tels que des pertes vaginales (lochies), des contractions utérines, des douleurs lors des rapports sexuels, des difficultés à retenir l'urine, une fatigue intense et persistante.

Il est important de ne pas hésiter à partager ce que l'on traverse avec son partenaire, de parler ouvertement des besoins et des ressentis, y compris en matière de sexualité. En cas de symptômes physiques, il est recommandé de consulter un professionnel de santé (sage-femme, médecin) pour obtenir des conseils et des solutions adaptés. Il est également essentiel de parler de son état émotionnel, car le bien-être physique et mental sont étroitement liés. N'hésitez pas à vous confier à d'autres femmes, notamment celles qui ont déjà eu des enfants, ou à rejoindre des groupes de paroles de mamans ou futures mamans.

Comprendre les coliques du nourrisson

Pendant leurs premiers mois de vie, certains bébés présentent de longues périodes de pleurs, particulièrement en fin de journée, qui peuvent être très angoissantes et déstabilisantes pour les parents. Le terme de « coliques du nourrisson » est souvent employé or, tous les pleurs excessifs du nourrisson ne sont pas des coliques. Les “coliques du nourrisson” n’ont pas la même signification pour chacun… S’agit-il de pleurs isolés ? Sont-ils associés à des douleurs ? Pour certains, et en particulier les industriels de la nutrition infantile, le problème se situerait essentiellement au niveau d’une mauvaise digestion du lactose, le principal glucide du lait(maternel ou artificiel).

Les coliques du nourrisson, ou pleurs excessifs durant plus de 3 heures par jour, sont dans la réalité moins fréquents qu’on le dit. Elles se manifestent généralement par des pleurs intenses et inconsolables, souvent accompagnés de rougeurs au visage, de poings serrés, d'un front plissé et de jambes repliées sur le ventre. Ces crises surviennent souvent en fin de journée ou le soir, et peuvent durer plusieurs heures. Il est important de noter que la plupart du temps, ces pleurs excessifs n’ont pas de cause médicale. Il s’agit vraisemblablement d’une période d’adaptation difficile du nouveau-né. On parle alors de trouble fonctionnel.

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Causes possibles des coliques

Bien que la cause exacte des coliques reste inconnue, plusieurs facteurs peuvent être impliqués :

  • Immaturité du système digestif : Les fonctions digestives du tout-petit n’étant pas encore bien réglées, les crises seraient provoquées en partie par des distensions abdominales dues à une accumulation de gaz.
  • Réflexe gastro-colique exagéré : Le réflexe gastro-colique est un réflexe normal : il s’agit d’une accélération du péristaltisme intestinal (mouvements de la paroi) en particulier au niveau du côlon, après le remplissage de l’estomac, ce qui entraîne généralement l’émission d’une selle après le repas. Ce réflexe, chez certains enfants, peut être exagéré et devenir douloureux, surtout si l’enfant est glouton, et s’il avale beaucoup d’air en buvant son lait, sans faire de pauses ni de rots.
  • Intolérance ou malabsorption du lactose : Toutefois il convient de vérifier la courbe de poids de votre bébé. Il faut distinguer l’intolérance au lactose (l’intestin ne fabrique pas de lactase, l’enzyme qui digère le lactose) qui est exceptionnelle, et la mal-digestion du lactose qui existe chez certains bébés qui reçoivent trop de lactose par rapport à la quantité de lactase que leur intestin peut produire.
  • Allergie aux protéines de lait de vache (APLV) : L’allergie aux protéines du lait de vache (APLV) se manifeste par des signes cliniques très divers, dont des pleurs, plus ou moins rapidement après le biberon. Le diagnostic doit être confirmé par un essai de régime sans protéines de lait de vache et des tests biologiques.
  • Reflux gastro-œsophagien (RGO) : Le reflux gastro-œsophagien (RGO) non extériorisé est un diagnostic “à la mode” mais probablement plus rare qu’on le pense, car pour qu’un enfant pleure intensément à cause d’un RGO, il faut qu’il existe une réelle brûlure de l’œsophage par l’acidité gastrique (œsophagite).
  • Facteurs psychosociaux : Cette relation peut être d’autant plus perturbée que vous vivez une situation familiale ou sociale compliquée, que cet enfant a dans votre vie une histoire particulière ou que, vous même avez quelques difficultés psychologiques. C’est fréquent après un accouchement même chez des femmes sans aucun antécédent de problème psychologique. Il peut s’agir de “post-partum blues” survenant 3 à 10 jours après l’accouchement mais ne durant que quelques jours, ou assez fréquemment d’une “dépression” post-natale, ou exceptionnellement d’une psychose puerpérale. Il est alors important de consulter un(e) psychiatre ou un(e) psychologue habitué(e) aux problèmes de cette période si spéciale de la maternité débutante.
  • Alimentation de la mère : Les choux, brocolis, oignons, la salade et les crudités en général peuvent avoir un lien et être responsables de gaz et de ballonnements.

Diagnostic des coliques

Pour diagnostiquer les coliques, les médecins se basent souvent sur la « règle des trois » :

  • Pleurs durant plus de trois heures par jour.
  • Pleurs survenant plus de trois jours par semaine.
  • Pleurs persistant depuis plus de trois semaines.

Il est important de consulter un médecin pour exclure d'autres causes possibles aux pleurs de bébé, telles qu'une infection, une allergie ou un problème digestif.

Allaitement et coliques : quel lien ?

À propos de l’allaitement et des coliques : parce que l’allaitement au sein est conçu pour les nouveau-nés, vous êtes nombreuses à vous demander si colique et allaitement au sein peuvent être liés. La réponse est oui, les coliques chez le bébé allaité sont fréquentes, bien que du lait artificiel peut également les causer. Le lait maternel étant le meilleur aliment pour que bébé grandisse bien, ce n'est pas directement l'allaitement qui provoque les coliques du nourrisson. Cependant, il arrive que même les bébés allaités soient confrontés à ce type d'inconfort. Le lactose et certains aliments que vous ingérez demandent en effet beaucoup d'efforts à ses intestins.

Conseils pour minimiser les coliques chez le bébé allaité

  • Vérifier la prise du sein : Les coliques du nourrisson sont parfois favorisées par une mauvaise position au sein. Pour une bonne prise de votre sein, la bouche de votre bout de chou doit être grande ouverte sur votre mamelon, ses lèvres retroussées formant une ventouse sur votre sein et son petit corps lové tout contre vous, son ventre contre votre nombril. Pour éviter que bébé ne se tortille après la tétée ni qu'il n'avale trop d'air, veillez à ce qu'il ait une bonne prise au sein.
  • Adopter une position confortable : Tout comme vous, il doit être installé confortablement pendant la tétée : la position physiologique (BN), la position de la madone, celle du ballon de rugby, à califourchon ou encore allongé face à vous, sur le flanc…
  • Éviter de changer de sein trop souvent : De préférence, évitez les changements de sein au cours d'une même tétée : votre enfant pourra mieux se régaler de votre lait plus concentré en matières grasses - qui arrive en fin de tétée.
  • Adapter l'alimentation de la mère : En cas de suspicion de coliques du nourrisson, on peut donc éviter de mettre ces aliments au menu et observer si cela a une influence sur l'apaisement des coliques de bébé. Pour le vérifier, vous pouvez même tenir une sorte de journal de bord des pleurs de bébé et de votre alimentation quotidienne. Pour minimiser les coliques lors de l'allaitement, envisagez de réduire les aliments qui provoquent des gaz (comme les crucifères et les légumineuses), limiter les produits laitiers si votre bébé y est sensible, et éviter la caféine.
  • S'assurer que bébé est rassasié : Une suralimentation peut causer des coliques, il est donc important de savoir si votre bébé est rassasié et de stopper la tétée lorsque c’est le cas. Les signes à surveiller sont les suivants : Il détourne la tête de votre sein ou du biberon, du lait s’écoule de sa bouche, il semble réticent à téter le biberon, il commence à bouger ses bras et ses jambes, il s’endort ou son corps semble lourd et détendu.
  • Espacer les tétées : Instaurez des repas réguliers toutes les 3 à 4 heures, plutôt que toutes les 1 à 2 heures. Cela vous aidera à réduire le risque de coliques chez un bébé allaité.

Solutions pour soulager les coliques

Si une cause accessible à une modification de régime alimentaire ou à un traitement médicamenteux a été diagnostiquée, le problème est en principe réglé. Si votre bébé n’est pas allaité, évitez les multiples changements de laits. Il n’existe pas de médicaments spécifiques pour calmer les pleurs excessifs, mais la phytothérapie (les soins par les plantes) aurait montré un effet intéressant chez certains enfants (ref.1).

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Voici quelques astuces pour apaiser les coliques de votre bébé :

  • Techniques de portage: Le portage est aussi une excellente solution, surtout le portage en écharpe. Bébé sera contre vous, il sentira vos mouvements qui le masseront, la chaleur de votre corps, il sera en position apaisante. Et vous aurez les mains libres. Essayez de le porter en kangourou ou en écharpe, afin qu’il se sente contre vous, lorsque vous vaquez à vos occupations. Voyez avec les sages-femmes ou certains ateliers qui vous montreront comment faire, quel type d’écharpe, quelle texture, quelle longueur, etc. Promenés dans le porte-bébé, certains petits se calment. Il ne faut donc pas hésiter à l’utiliser à la maison.
  • Massages du ventre : Dans le cas d’une colique chez un bébé allaité, les massages du ventre peuvent aider. Massez-lui doucement le ventre pour détendre ses muscles. Cette méthode est particulièrement efficace après un bain chaud ! N’hésitez pas à le mettre sur le ventre à condition de rester à côté de lui le temps qu’il faudra : en bougeant lui-même, il se massera le ventre.
  • Bain chaud : Le bain est également un moment de douceur et de complicité qui peut calmer votre enfant.
  • Berceuses et paroles douces : N’hésitez pas non plus à lui parler beaucoup et à lui chanter des berceuses.
  • Mouvement : Lorsque les pleurs se prolongent et que vous vous sentez désarmé, prenez votre enfant dans vos bras, et déambulez ou allez vous promener : votre bébé a des chances de s’endormir dans son landau ou dans la voiture.
  • Tétine : Si votre bébé a du mal à s’apaiser, difficile à apaiser, essayez la tétine. La succion l'aidera à soulager sa douleur !
  • Préparations pharmaceutiques : Le julep gommeux est un très vieux médicament à base d’eau de chaux et de gomme arabique. Le but de cette préparation faite par le pharmacien est de limiter l’acidité de l’estomac chez les bébés qui souffrent de coliques, en supposant que les coliques seraient dues à un problème d’acidité œsogastrique… il est préférable de conserver la préparation au frigo. Vous pouvez l’utiliser quand votre enfant pleure, à distance des tétées (l’acidité gastrique est alors revenue à son maximum), car l’eau de chaux pourrait réduire l’acidité digestive excessive.
  • Ostéopathie : Des séances d'ostéopathie, chez un ostéopathe habitué à manipuler les nourrissons, peuvent également soulager son confort intestinal. Très douces, ces consultations se composent de mouvements lents et de palpations ciblées.

Quand consulter un médecin ?

Il est important de consulter un médecin si :

  • Les pleurs sont accompagnés d'autres symptômes, tels que fièvre, vomissements, diarrhée ou perte de poids.
  • Les pleurs persistent malgré les mesures prises pour soulager les coliques.
  • Vous êtes inquiet pour la santé de votre bébé.

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