Une douleur ressentie sous les côtes, que ce soit à gauche ou à droite, surtout lorsqu'elle est associée à la respiration ou à l'alimentation, ne doit pas être négligée. Il est crucial de comprendre les causes potentielles de ces douleurs, en particulier lorsqu'elles se manifestent du côté droit de l'abdomen. Cet article vise à explorer en détail les causes possibles de la douleur abdominale du côté droit, les symptômes associés et les solutions disponibles.

Douleur sous les côtes : un signal d'alarme

Les douleurs ressenties sous les côtes, plus précisément dans la région sous-costale appelée "hypocondre", après avoir mangé ou en respirant, doivent inciter à consulter un médecin. Elles peuvent être le signe d'une affection du foie, du pancréas, des reins ou des voies biliaires.

Localisation de la douleur : l'hypocondre droit

Les douleurs sous-costales droites se manifestent au niveau de l'hypocondre droit, la partie supérieure de l'abdomen. Plusieurs causes peuvent expliquer ces douleurs.

Le rôle des gaz intestinaux

"L'une des principales causes de douleur dans cette région de l'abdomen est la présence de bulles de gaz dans le gros intestin", explique le Pr Jean-Marie Péron, chef de service d'hépato-gastroentérologie de l'hôpital de Purpan. Cela peut provoquer un inconfort digestif et des crises de colites.

Lithiase biliaire et colique hépatique

Des douleurs ressenties sous les côtes droites peuvent également être le signe d'une atteinte des voies biliaires appelée lithiase biliaire. Elle survient lorsque des calculs, qui se forment dans la vésicule biliaire, mettent en tension les voies biliaires. Il s'agit d'un trouble fréquent dans les pays occidentaux où au moins 20% de la population adulte en souffrent.

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Dans l'immense majorité des cas, la lithiase biliaire n'entraîne aucun symptôme et ne nécessite pas de traitement particulier. Cependant, dans certains cas, le calcul peut migrer dans les voies biliaires, entraînant une douleur intense appelée colique hépatique. Les personnes âgées, les femmes et les personnes obèses sont les plus à risque.

Les personnes souffrant de colique hépatique se plaignent de douleurs intenses durant plusieurs minutes, voire plusieurs heures, qui peuvent irradier dans le dos et l'épaule droite. Ces douleurs peuvent être si violentes que la respiration devient difficile et limitée.

Une autre complication des calculs vésiculaires est la cholécystite aiguë, une infection de la vésicule biliaire qui associe des douleurs de l'hypocondre droit et de la fièvre modérée.

Dans les cas les plus graves, le calcul peut sortir du canal cystique et rejoindre la voie biliaire principale, entraînant une angiocholite. Les patients atteints de cette complication souffrent de douleurs intenses associées à une fièvre importante, des frissons et un ictère (jaunisse). "Ce trouble est rare, mais c'est une urgence vitale. Les patients doivent être pris en charge très rapidement sinon ils risquent la septicémie", insiste le Pr Péron.

Maladies du foie

Les douleurs chroniques de l'hypocondre droit peuvent être le signe d'une maladie du foie. Les patients se plaignent alors d'une pesanteur au niveau de l'abdomen à droite sous les côtes, due à une augmentation du volume du foie (hépatomégalie). C'est notamment le cas du foie cardiaque, un trouble hépatique observé chez les patients atteints d'insuffisance cardiaque. Chez ces derniers, on observe une accumulation de sang dans le foie car les veines n'arrivent pas à le faire remonter jusqu'au cœur. Les douleurs sous costales droites peuvent aussi signaler une tumeur du foie bénigne ou maligne (cancer).

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Diagnostic et examens

Le premier examen à réaliser systématiquement est une échographie abdominale pour repérer d'éventuels calculs dans la vésicule ou les voies biliaires, ou une tumeur du foie. En parallèle, il est également indispensable de réaliser une prise de sang afin d'effectuer un bilan hépatique. Cette analyse permet de détecter toute anomalie hépatique, en vérifiant le taux des transaminases, la gamma GT, les phosphatases alcalines et la bilirubine totale. Si les douleurs sont dues à un trouble hépatique, les taux seront en augmentation. Devant des symptômes évocateurs, le médecin pourra prescrire un examen d’imagerie. La radiologie de l'abdomen permet parfois de voir certains calculs mais est souvent prise en défaut. L'échographie est l'examen le plus approprié. Elle permet d'étudier l'aspect de la vésicule biliaire des voies biliaires (ses parois, le nombre de calculs et leur taille).

Traitements et solutions

Le traitement dépend de la cause identifiée.

  • Calculs biliaires asymptomatiques: Dans le cas où les calculs situés dans la vésicule ou les voies biliaires sont retrouvés par hasard chez un patient qui ne souffre pas, aucun traitement n'est nécessaire.
  • Colique hépatique: Chez les patients qui présentent une colique hépatique, il est recommandé de réaliser une intervention chirurgicale pour enlever la vésicule biliaire (cholécystectomie) puisqu'elle est à l'origine des calculs. L'ablation se fait préférentiellement par cœlioscopie quand il n’y a pas de contre-indications à la pratique de ce geste. C'est une technique qui permet d'opérer la personne sans lui ouvrir l'abdomen. On insère par un petit trou une caméra qui guide le geste, et par deux autres trous on introduit les outils nécessaires à l'extraction de la vésicule biliaire.
  • Cholécystite aiguë: Dans le cas d'une infection de la vésicule, ou cholécystite aiguë, le patient doit être hospitalisé pour recevoir une antibiothérapie et bénéficier dans les jours qui suivent d'une cholécystectomie.
  • Angiocholite: En cas d'angiocholite, l'hospitalisation est une urgence vitale. Le patient reçoit là aussi une antibiothérapie pour traiter l'infection bactérienne. Puis dans un second temps une cholécystectomie est réalisée. Durant l'opération, les chirurgiens extraient le calcul de la voie biliaire principale. Dans certains cas, la cholécystectomie peut être précédée d'une CPRE (Cholangio Pancréatographie par voie Rétrograde Endoscopique), geste réalisé par un gastroentérologue pour extraire en urgence le calcul et drainer les voies biliaires infectées.
  • Foie cardiaque: Dans le cas du foie cardiaque, le traitement est celui de l'insuffisance cardiaque.
  • Douleur abdominale générale : Pour ce qui est des traitements des causes, cela se fera au cas par cas. Enfin, si les coliques hépatiques deviennent chroniques, vous pouvez opter pour un retrait de la vésicule biliaire. Cela vous soulagera durablement, d’autant plus que vivre sans vésicule n’a pas un impact trop important sur votre corps (éventuellement des selles plus liquides, que le médecin pourra contrer à l’aide d’un médicament). Bonne nouvelle à ce propos : l’opération prioritaire est peu invasive puisqu’un s’agit de petites entailles par lesquelles le médecin passe des fibres optiques, réalisée en chirurgie ambulatoire. Bien entendu, le médecin vous prescrira des antidouleurs (antalgiques et antiinflammatoires) et autres anti-vomitifs pour prendre en charge les symptômes et vous soulager. Dans certains cas, des antibiotiques seront nécessaires si une infection s’est déclarée.

Prévention

Il est possible de prévenir l'apparition d'une colique hépatique en adoptant une certaine hygiène de vie, en particulier alimentaire. Une alimentation saine, pauvre en graisses saturées et en cholestérol (éviter beurre, fritures, viandes rouges, charcuterie, viennoiseries, plats préparés etc.) avec une consommation modérée d'alcool, peut avoir un rôle préventif. S’ils vous occasionnent des douleurs abdominales, la première chose à mettre en place est de suivre un régime alimentaire sain qui sera le premier remède naturel : pauvre en graisses, sucre et sel, et riche en fibres. A éviter donc les aliments riches à chaque repas si vous êtes très gourmand. La pratique d’une activité sportive est aussi très efficace et recommandée. C’est le moment de tester la dernière activité à la mode ou ce sport dont vous rêviez depuis longtemps ! Pour anticiper ses douleurs il faut : manger suffisamment de fibrante, faire des exercices réguliers peut aider à prévenir la constipation et à garder vos abdos bien travailler, ce qui empêchera certaines formes de douleur abdominale. Il réduira également votre risque à long terme de certaines maladies, telles que la maladie diverticulaire ou le cancer de l'intestin. Boire de l'eau ordinaire - mais pas des boissons gazeuses ou pétillantes - réduira les risques de souffrance de ballonnements ainsi que de garder votre corps en bonne santé. Suite à un régime spécifique peut aider à réduire la douleur en raison de l'intolérance au lactose, des calculs biliaires, du syndrome de l'intestin irritable et du gaz piégé, ou du vent.

Quand consulter un médecin ?

Dans certains cas, il est impératif de consulter un médecin en urgence en cas de douleurs abdominales. Si vous avez une douleur soudaine et sévère dans votre abdomen, allez immédiatement au service d'urgence le plus proche ou appelez le 15 (SAMU) et demandez une ambulance. Vous devez également consulter une assistance médicale urgente si vous avez des douleurs graves et / ou qui empirent et durent pendant plusieurs heures ou plus, que vous vous réveillez avec la douleur qui se répand à votre cou, à votre poitrine ou à vos épaules. Urgemment si vous avez des douleurs abdominales accompagnées de saignements de votre intestin ou de sang dans votre hémorrure vaginale qui n'est pas associé à votre cycle menstruel, un changement de vos habitudes intestinales, incapacité de faire pipi, une fièvre vomissante persistante (une température de 38 degrés Celsius ou supérieur), un gonflement de la peau, une perte de poids inexpliquée, l'abdomen qui apparaît jaune si vous rencontrez une douleur à votre abdomen qui est aggravée par l'exercice, cela pourrait être une angine ou une crise cardiaque. Si vous, ou une personne proche de chez vous connectez des symptômes d'une crise cardiaque, appelez immédiatement le 15 (SAMU) et demandez une ambulance. Si vous êtes enceinte et vivez des douleurs abdominales, vérifiez avec votre médecin ou votre sage-femme. Les douleurs abdominales sont courantes pendant la grossesse, mais devraient toujours être vérifiées. Si votre douleur abdominale ne correspond pas aux situations ci-dessus, mais elle est récurrente (continue) ou persistante (en cours), ou elle a commencé légèrement mais s'aggrave, vous devriez toujours consulter un médecin.

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