Ingrid Bergman, figure emblématique du cinéma, a marqué l'histoire par son talent, sa beauté naturelle et ses choix de vie audacieux. Sa vie personnelle, notamment sa relation avec ses enfants, a souvent été au centre de l'attention, parfois controversée, mais toujours passionnante. Cet article explore la vie d'Ingrid Bergman à travers le prisme de ses enfants, en retraçant son parcours de jeune actrice suédoise à star internationale, en passant par ses relations amoureuses tumultueuses et son rôle de mère.

Une formation précoce et une ascension fulgurante

Orpheline très jeune, Ingrid Bergman est d'abord élevée par sa tante, puis par son oncle. C'est en 1934, pendant ses études à l'Académie royale d'art dramatique de Stockholm, qu'elle fait ses débuts au cinéma, dans Munkbrogreven d'Edvin Adolphson et Sigurd Wallén. Elle s'éloigne alors du théâtre pour tourner six films sous la direction du metteur en scène suédois Gustaf Molander, dont Intermezzo en 1936, qui la fait remarquer du puissant producteur américain David O. Selznick. Déjà très populaire dans son pays grâce à son charme sans apprêt et sa spontanéité, ce film lance sa carrière internationale et lui ouvre les portes d'Hollywood. Selznick rachète les droits du film et offre à Ingrid Bergman le rôle principal dans le remake qui sera tourné en 1939 aux États-Unis par Gregory Ratoff.

En novembre 1939, Ingrid Bergman quitte l'Europe qui vient d'entrer en guerre et rejoint Hollywood. Sous contrat avec Selznick International Pictures, elle commence une carrière prestigieuse. Elle tourne avec les plus grands metteurs en scène des années 1940, Victor Fleming (Docteur Jekyll et Mister Hyde, Jeanne d'Arc (1948)) ou George Cukor (Hantise (1943)). Pour Michael Curtiz, elle est l'inoubliable séductrice d'Humphrey Bogart dans Casablanca (1942), rôle qui la propulse au firmament d'Hollywood. Alfred Hitchcock lui offre quelques-uns de ses plus beaux rôles, dans La Maison du Docteur Edwardes (1944), Les Enchaînés (1945), ou Les Amants du capricorne (1948). Ingrid Bergman refuse de se transformer pour correspondre aux canons des grandes productions américaines, devenant ainsi la première actrice "naturelle" d'Hollywood.

Scandale et renaissance : l'amour pour Rossellini

À New York, Ingrid Bergman découvre Rome ville ouverte (1945) et Païsa (1946) de Roberto Rossellini, et une nouvelle façon de faire du cinéma. Lassée d'Hollywood, elle écrit au cinéaste italien pour lui faire part de son désir de travailler avec lui. En 1949, elle le rejoint en Italie pour le tournage de Stromboli. Leur rencontre est un coup de foudre amoureux, une liaison qu'elle n'hésite pas à afficher.

Ce qui apparaît comme une fuite scandaleuse (Ingrid Bergman n'est pas divorcée et laisse derrière elle sa petite fille Pia, tandis que Rossellini est marié de son côté) déclenche aux États-Unis de violentes attaques de la part de groupements religieux, d'associations féminines et même de politiciens. Le film est interdit pour "atteinte à la morale" dans certains états. L'actrice adorée de l'Amérique est bannie du cinéma américain pendant sept ans.

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Ingrid Bergman tourne six films sous la direction de Roberto Rossellini, dont Europe 51 (1951), où elle incarne une femme déchirée tentant d'atteindre un idéal de pureté, et Voyage en Italie (1953), sur la désagrégation d'un couple, film charnière du cinéma moderne. Avec Jeanne au bûcher (1954), elle renoue avec la figure de Jeanne d'Arc. Son jeu construit s'accommode des méthodes de tournage de Rossellini qui travaille sans scénario prédéterminé, lui permettant de révéler la vérité de son visage.

Ensemble, Ingrid Bergman et Roberto Rossellini ont trois enfants : Roberto et les jumelles Ingrid et Isabella.

Le retour en grâce et la fin de carrière

En 1955, Ingrid Bergman quitte l'Italie pour tourner à Paris Elena et les hommes sous la direction de Jean Renoir, puis Anastasia d'Anatole Litvak à Londres, qui lui vaut l'Oscar de la meilleure actrice en 1957. Finalement séparée de Rossellini, elle tourne à Londres une comédie romantique flamboyante de Stanley Donen, Indiscret, aux côtés de Cary Grant qu'elle retrouve douze ans après Les Enchaînés.

L'année 1957 marque le retour d'Ingrid Bergman aux États-Unis. Elle retrouve son rang de star internationale et accompagne la fin du cinéma classique hollywoodien, tout en poursuivant une carrière théâtrale et télévisuelle. Pour L'Auberge du sixième bonheur de Mark Robson (1958), elle incarne une figure de femme à l'humanité héroïque. En 1960, elle retrouve Anatole Litvak pour Aimez-vous Brahms ? d'après le roman de Françoise Sagan. Dans Le Crime de l'Orient-Express de Sidney Lumet (1974), elle joue le rôle d'une missionnaire suédoise. Elle tourne dans le dernier film réalisé par Vincente Minnelli, A Matter of Time (1975), aux côtés de Liza Minnelli.

La filmographie d'Ingrid Bergman se conclut par un retour en Suède. Dans Sonate d'automne, son compatriote Ingmar Bergman lui offre le rôle d'une pianiste de renommée internationale revenant en Norvège après une longue absence pour revoir sa fille (Liv Ullmann) qu'elle a délaissée pour se consacrer à sa carrière. Ce rôle dramatique a des résonances intimes profondes pour Ingrid Bergman, déjà atteinte du cancer qui l'emportera.

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Ingrid Bergman décède le 29 août 1982, le jour même de ses soixante-sept ans. Ses cendres sont dispersées sur la côte suédoise, près de l'île de Danholmen, qui fut souvent sa résidence d'été.

Ingrid Bergman et ses enfants : Une relation complexe

Ingrid Bergman s'est mariée à l'âge de 20 ans avec Petter Aron Lindström, avec qui elle a eu une fille, Pia. Son équilibre personnel était très important pour elle, car elle avait vu ses parents mourir pendant son enfance.

Sa liaison avec Roberto Rossellini, alors qu'elle était encore mariée à Lindström, a eu des conséquences importantes sur sa relation avec sa fille Pia. Le scandale a conduit à une séparation et à une période d'éloignement.

Ensemble, Ingrid Bergman et Roberto Rossellini ont eu trois enfants: Roberto et les jumelles Ingrid et Isabella. Isabella Rossellini, en particulier, a suivi les traces de sa mère en devenant actrice et mannequin. Elle a également produit un documentaire sur sa mère, Je suis Ingrid, qui offre un aperçu intime de la vie et de la personnalité d'Ingrid Bergman.

Les enfants d'Ingrid Bergman ont souvent parlé de leur mère avec tendresse, soulignant son honnêteté, son indépendance et son amour pour son travail. Ils ont également reconnu les difficultés et les sacrifices qu'elle a dû faire pour concilier sa carrière et sa vie de famille.

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Une artiste aux multiples talents

Ingrid Bergman s'est également consacrée avec passion au théâtre, en Angleterre, à New York et à Paris. Elle a joué dans Jeanne de Lorraine, une pièce de Maxwell Anderson, à New York, et dans Hedda Gabler d'Henrik Ibsen à Paris. Elle a triomphé dans des pièces de George Bernard Shaw, d'Eugene O'Neill à Broadway, ou encore de Somerset Maugham.

Ingrid Bergman a aussi beaucoup tourné pour la télévision, notamment dans Le Tour d'écrou réalisé par John Frankenheimer d'après la nouvelle de Henry James. Son dernier rôle sera celui de Golda Meir dans le film d'Alan Gibson Une femme nommée Golda (1981), réalisé pour la télévision.

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