Les coliques, souvent associées aux nourrissons, peuvent également affecter les adultes. Elles se manifestent généralement par des spasmes intestinaux, des gaz et des ballonnements. Bien que fréquentes chez les bébés, les crises de coliques peuvent survenir à tout âge. Cet article explore les causes, les symptômes et les solutions potentielles pour soulager les douleurs abdominales basses liées aux coliques.
Qu'est-ce qu'une colique ?
Dans le langage courant, le terme "colique" désigne des spasmes au niveau des intestins, accompagnés de gaz et de ballonnements. Cependant, en termes médicaux, comme l'explique le Dr Benoit Mory, gastro-entérologue, "la colique est, par définition, la dilatation d'un organe. Elle peut être intestinale, hépatique (le foie) ou encore néphrétique (les reins). Elle entraîne d'importantes douleurs". Dans cet article, nous nous concentrerons sur la colique intestinale.
La colique est donc un symptôme qui révèle la présence de troubles abdominaux. Il est essentiel d'identifier la cause sous-jacente pour un traitement approprié.
Signes et symptômes des coliques intestinales
Les coliques intestinales se manifestent par divers symptômes, notamment :
- Spasmes intestinaux
- Gaz
- Ballonnements
- Douleurs abdominales intenses
Ces douleurs peuvent être localisées dans différentes parties de l'abdomen, y compris le bas-ventre.
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Causes possibles des douleurs abdominales basses
Les douleurs abdominales basses peuvent avoir de nombreuses causes, allant de troubles digestifs bénins à des affections plus graves. Voici quelques-unes des causes les plus courantes :
Troubles gastro-intestinaux
Divers troubles gastro-intestinaux peuvent provoquer des douleurs abdominales, notamment :
- Gastrite : Inflammation de la muqueuse de l'estomac, souvent causée par une infection bactérienne, l'utilisation excessive d'AINS ou le stress. La douleur est généralement ressentie comme une brûlure dans la partie supérieure de l'abdomen.
- Ulcères peptiques : Plaies ouvertes sur la muqueuse de l'estomac ou de l'intestin grêle, causant une douleur brûlante ou lancinante dans la partie supérieure de l'abdomen, qui peut s'aggraver après les repas.
- Constipation : Difficulté à évacuer les selles, entraînant des douleurs abdominales et une sensation de ballonnement, généralement localisées dans la partie inférieure de l'abdomen.
- Syndrome du côlon irritable (SCI) : Trouble fonctionnel du système digestif provoquant des douleurs abdominales associées à des changements dans les habitudes intestinales (diarrhée, constipation ou alternance des deux). La douleur est souvent décrite comme des crampes ou des spasmes.
- Sigmoïdite et diverticulite : La diverticulite est une inflammation ou une infection des diverticules, de petites poches qui peuvent se former sur la paroi interne du côlon. Lorsque cette affection affecte spécifiquement la portion sigmoïde du côlon, on parle de sigmoïdite. Le côlon sigmoïde est la partie du gros intestin située juste avant le rectum.
- Sigmoïdite : Cette inflammation spécifique de la partie sigmoïde du côlon peut causer des douleurs abdominales intenses, généralement localisées dans le quadrant inférieur gauche de l'abdomen. Les autres symptômes peuvent inclure une fièvre, des frissons, de la constipation ou, au contraire, des diarrhées. Comme mentionné précédemment, la sigmoïdite est une forme spécifique de diverticulite.
- Diverticulite : La présence de diverticules est relativement courante, en particulier chez les personnes âgées, et la condition est appelée diverticulose. Cependant, lorsque ces diverticules s'enflamment ou s'infectent, on parle de diverticulite. Outre la douleur, elle peut se manifester par des nausées, des vomissements, une sensibilité abdominale, une distension ou même la présence de sang dans les selles. La diverticulite peut être due à une perforation des diverticules, à une obstruction ou à une infection. Les facteurs de risque incluent l'âge avancé, la consommation d'un régime faible en fibres et la sédentarité.
- Infections : Les infections bactériennes, virales ou parasitaires de l'estomac, des intestins ou d'autres organes abdominaux peuvent provoquer des douleurs abdominales, accompagnées souvent de symptômes tels que fièvre, nausées et diarrhée.
Causes spécifiques aux femmes
Chez les femmes, les douleurs abdominales basses peuvent être liées à des problèmes gynécologiques tels que :
- Dysménorrhée (règles douloureuses) : Elle survient dès l’adolescence (généralement dans les mois qui suivent les premières règles). Elle est provoquée par un excès de prostaglandines, des substances qui provoquent des contractions utérines pour expulser le sang menstruel.
- Endométriose : Elle apparaît plus tard et peut dissimuler un trouble sous-jacent comme l’endométriose, un fibrome utérin ou une infection pelvienne. Le diagnostic de l'endométriose commence par une consultation classique. Si une endométriose est suspectée, le médecin prescrit une échographie pelvienne effectuée par voie endovaginale. Les femmes enceintes peuvent faire l’expérience de crampes et de douleurs dans le bas du ventre pendant leur grossesse. Cela est dû à la modification de l’utérus et notamment aux muscles et ligaments qui s’étirent.
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : Affection hormonale qui modifie l’apparence des ovaires en leur donnant un aspect “polykystique”.
- Fibromes utérins : Tumeurs bénignes qui se développent au sein du muscle de l'utérus. La prise en charge du fibrome utérin dépend des symptômes et du désir de maternité.
- Grossesse ectopique ou fausse couche : Les saignements hors des règles et le mal de ventre peuvent être le symptôme d’une fausse couche ou d’une grossesse extra-utérine.
Troubles urinaires
Les infections des voies urinaires, les calculs rénaux ou d'autres problèmes liés aux reins et à la vessie peuvent entraîner des douleurs dans la région abdominale inférieure. Boire beaucoup d’eau aide à éliminer les bactéries, mais si les symptômes persistent ou s’aggravent (fièvre, douleurs lombaires), consultez rapidement. Les calculs rénaux sont des dépôts minéraux qui se forment dans les reins. Cette douleur lombaire et abdominale débute dans le dos, sous les côtes, et peut s’étendre vers l’abdomen, l’aine ou les organes génitaux. La pyélonéphrite est une infection rénale qui survient lorsque des bactéries remontent jusqu’aux reins.
Autres causes
D'autres causes possibles de douleurs abdominales basses incluent :
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- Appendicite : Urgence fréquente qui commence par une douleur diffuse autour du nombril, avant de se déplacer en bas à droite de l’abdomen.
- Troubles musculo-squelettiques : Une mauvaise posture prolongée ou des tensions musculaires peuvent déclencher une douleur bas-ventre et du dos. Si vous avez à la fois mal au dos et au bas-ventre, d’autres causes doivent être envisagées car la hernie discale affecte rarement l’abdomen.
- Affections du foie, du pancréas et de la vésicule biliaire : L'inflammation du foie (hépatite) ou du pancréas (pancréatite), les calculs biliaires ou d'autres problèmes liés à la vésicule biliaire peuvent provoquer des douleurs abdominales, généralement dans la partie supérieure droite de l'abdomen.
- Hernies abdominales : Les hernies se produisent lorsqu'un organe ou un tissu dépasse à travers une zone faible de la paroi abdominale. Elles peuvent entraîner des douleurs, en particulier lorsqu'elles sont pincées ou obstruées.
- Problèmes cardiovasculaires : Certaines affections cardiovasculaires, comme un anévrisme de l'aorte abdominale, peuvent causer des douleurs abdominales en raison de la pression exercée sur les organes internes. Peut être également cité, l’infarctus mésentérique souvent extrêmement douloureux et correspondant à un arrêt du flux sanguin vers l’appareil digestif.
- Autres causes : D'autres facteurs tels que le stress, l'anxiété, les allergies alimentaires, les médicaments et même des problèmes psychosomatiques peuvent également contribuer aux douleurs abdominales. On citera enfin les sténoses ou occlusion sur brides dans les suites d’une intervention chirurgicale.
- Le mal de ventre est un symptôme de la covid-19, mais ce n’est pas le plus fréquent. Il peut se manifester par une douleur diffuse dans le ventre et le bas ventre et s’accompagnent d’autres troubles digestifs (diarrhées, vomissements), mais aussi de symptômes plus communs comme la toux, la fièvre, les maux de gorge.
- Alimentation : L’alimentation est une cause fréquente de troubles digestifs et de maux de ventre. Heureusement, il passe rapidement après la digestion, mais si cela vous arrive souvent, vous devez peut-être changer vos habitudes alimentaires. Votre alimentation mais aussi la manière dont vous mangez (ex : manger vite ou sans mâcher assez ses aliments) peuvent être la cause de vos troubles digestifs. Après un repas au cours duquel vous avez trop mangé, vous pouvez avoir le ventre gonflé et douloureux et ressentir des nausées.
- Stress : Lorsque vous êtes stressé, votre cerveau déclenche la production d’une hormone appelée cortisol. Celle-ci déclenche à son tour différentes réactions dans l’organisme pour réagir face à l’événement, la situation stressante. Cela peut se manifester de nombreuses manières différentes et les douleurs comme le mal de ventre ou les maux de tête en sont des exemples.
- Maladies rénales : Certaines maladies peuvent provoquer des maux de ventre accompagnés de douleurs au dos, notamment parce qu’elles touchent les reins. C’est notamment le cas des maladies hépato-biliaires comme la colique hépatique, des maladies du foie et de la vésicule biliaire ou encore des maladies uronéphrologiques (qui touchent les reins et les voies urinaires). Par exemple, la colique néphrétique est causée par des calculs rénaux et peut donner ce type de douleurs.
Diagnostic et examens
Face à des douleurs abdominales basses persistantes ou intenses, il est crucial de consulter un médecin. Le diagnostic peut impliquer :
- Examen clinique : Le médecin vous demandera où vous avez mal et le type de douleurs que vous ressentez. Il procèdera ensuite à un examen clinique. Pour faciliter le diagnostic et trouver la cause d’un mal de ventre, les médecins demandent généralement dans quelle zone se situe la douleur. Par exemple, si vous avez un mal de ventre au niveau du nombril, il s’agit de la zone péri-ombilicale qui forme le début de l’intestin grêle et une partie du côlon.
- Imagerie médicale : L’imagerie médicale est essentielle pour diagnostiquer les douleurs pelviennes et lombaires, en identifiant leurs causes possibles. Le choix dépend des symptômes et de l’évaluation médicale. Si une endométriose est suspectée, le médecin prescrit une échographie pelvienne effectuée par voie endovaginale.
- Autres examens : Des analyses de sang, des analyses d'urine ou des examens des selles peuvent également être nécessaires pour identifier la cause des douleurs.
Traitements et solutions
Le traitement des coliques et des douleurs abdominales basses dépend de la cause sous-jacente. Voici quelques approches courantes :
Traitements médicaux
- Antispasmodiques : "Dans un premier temps, le traitement repose exclusivement sur la prise d'antispasmodiques de type Spasfon pour calmer les douleurs", indique le gastro-entérologue.
- Antalgiques : En cas de douleurs au ventre, vous pouvez prendre un antalgique type paracétamol. Si vous avez des crampes d’estomac, il est préférable de prendre un antispasmodique type Spasfon°.
- Antihistaminiques : En cas de nausées, des antihistaminiques peuvent aider.
- Autres médicaments : En fonction de la cause identifiée, des antibiotiques, des anti-inflammatoires ou d'autres médicaments spécifiques peuvent être prescrits.
Remèdes naturels et conseils
- Huile essentielle de menthe poivrée : Chez l’adulte, des études cliniques ont démontré que l’huile essentielle de menthe poivrée possède des propriétés antispasmodiques efficaces pour soulager les douleurs abdominales. Optez pour des gélules à enrobage entérique pour éviter les brûlures d’estomac.
- Gingembre : Le gingembre est reconnu par plusieurs études scientifiques pour ses propriétés anti-inflammatoires et anti-nauséeuses. Préparez une infusion en faisant bouillir 3-4 rondelles fines de gingembre frais dans 250 ml d’eau pendant 10 minutes. Filtrez et buvez après les repas.
- Charbon végétal activé : Le charbon végétal activé possède une structure poreuse qui lui permet d’absorber efficacement les gaz intestinaux et certaines toxines. Prenez du charbon activé (en gélules ou comprimés) après les repas avec un grand verre d’eau. Espacez sa prise de 2 heures avec tout médicament, car il peut réduire leur absorption.
- Probiotiques : Choisissez un supplément contenant au moins 1 à 10 milliards d’unités formant colonies (UFC) par dose. Prenez-le quotidiennement pendant au moins 4 semaines pour observer des résultats. La flore intestinale aussi appelée microbiote est l’écosystème de bactéries présent dans notre appareil digestif. L’équilibre de sa composition est essentiel pour notre bonne santé. Lorsque la flore est en déséquilibre, cela engendre une perturbation du transit.
- Psyllium : Cette fibre soluble, également appelée ispaghul, a fait l’objet d’études démontrant son efficacité pour régulariser le transit intestinal, que ce soit en cas de constipation ou de diarrhée. Commencez par une faible dose (½ cuillère à café) diluée dans un grand verre d’eau.
- Gestion du stress : Les études montrent que le stress peut aggraver les maux de ventre en augmentant la sensibilité viscérale.
- Respiration diaphragmatique : Allongez-vous sur le dos, placez une main sur votre ventre et inspirez profondément par le nez pendant 4 secondes en gonflant votre ventre (pas votre poitrine). Expirez lentement par la bouche pendant 6 secondes.
- Auto-massage abdominal : Allongé sur le dos, massez votre abdomen en effectuant de légers mouvements circulaires dans le sens des aiguilles d’une montre (suivant le sens du côlon).
- Alimentation équilibrée : Adoptez une alimentation saine, équilibrée, riche en fruits et en légumes, associée à une bonne hydratation. Évitez les aliments épicés ou acides qui peuvent irriter l'estomac. Si vous êtes ballonné, avez mal au ventre et n’arrivez plus à évacuer les selles, c’est sûrement parce que vous êtes constipé. Vous pouvez boire plus d’eau et manger plus de fibres pour la faire passer rapidement.
- Activité physique : L'activité physique régulière peut aider à améliorer la digestion et à réduire le stress.
Quand consulter un médecin ?
Bien que les douleurs abdominales soient souvent bénignes et passagères, il est important de consulter un médecin dans les cas suivants :
- Douleur intense et soudaine
- Fièvre
- Vomissements persistants
- Sang dans les selles
- Incapacité à évacuer les selles
- Douleur qui s'aggrave avec le temps
Ces symptômes peuvent indiquer une affection grave nécessitant une attention médicale immédiate. Si votre douleur est intense et soudaine et qu’elle est associée à de la fièvre, des vomissements et / ou une absence de selles, composez le 15 immédiatement. Ces symptômes peuvent indiquer une appendicite ou une péritonite.
Les douleurs abdominales chez l'enfant
Les douleurs abdominales (ou maux de ventre) sont un des symptômes les plus fréquents de l'enfant. Elles sont souvent angoissantes mais finalement rarement graves. Établir une liste de toutes les causes de douleur abdominale est impossible tant celle-ci est longue. En effet, surtout chez le jeune enfant, le ventre est le point de traduction de nombreux symptômes. Il est par ailleurs très difficile pour un enfant de localiser précisément le lieu de sa douleur, qu'il rapporte facilement au ventre. Des maladies pulmonaires, urinaires, articulaires, herniaires, infectieuses, psychologiques… peuvent ainsi donner des douleurs abdominales. On distingue généralement les douleurs aiguës des douleurs chroniques, appelées aussi récurrentes ou récidivantes : celles-ci sont définies par la présence d'au moins 3 crises douloureuses, d'intensité suffisante pour perturber l'activité habituelle de l'enfant, depuis au moins 3 mois. Depuis sa première description par le Dr Apley en 1958, le problème des douleurs abdominales récurrentes de l'enfant d'âge scolaire reste mal compris en raison de la multitude de facteurs impliqués. Les symptômes sont souvent vagues et les examens ne révèlent généralement pas de maladie sous jacente. Une hypothèse est qu'il existe une anomalie du système nerveux de l'intestin appelée « hyperalgésie viscérale »: c'est un abaissement du seuil de douleur en réponse à des modifications intestinales liées à une inflammation imputable, par exemple, à une infection ou une allergie. L'environnement psychologique et familial semble également jouer un rôle important.
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- A. La douleur aiguë abdominale de l'enfant a le plus souvent une origine organique, c'est à dire qu'elle résulte d'une lésion d'un organe identifiable. Le siège de la douleur est souvent difficile à préciser pour l'enfant qui désigne souvent l'ombilic et est peu informateur. Les symptômes associés à la douleur abdominale sont importants et peuvent orienter vers une maladie éventuellement urgente à prendre en charge : fièvre ou frissons, nausées ou vomissements, diarrhée ou constipation, brûlures urinaires, boiterie, mal de gorge, teint jaune (ictère), traumatisme récent. Le signe associé le plus préoccupant est l'altération de l'état général : l'enfant est abattu, il ne joue plus, il est pâle. De nombreuses causes sont possibles, majoritairement sans gravité.
- B. Ces douleurs récidivantes sont dans la très grande majorité des cas fonctionnelles, c'est à dire que tous les examens restent négatifs et qu'aucune cause précise n'est identifiée. Il n'y a aucune atteinte anatomique, ni infectieuse, ni métabolique, ni inflammatoire. L'enfant continue à grandir et grossir normalement. Le syndrome de l'intestin irritable ou colopathie fonctionnelle, fréquent chez l'enfant, en fait partie. Les douleurs abdominales récurrentes, sans cause identifiée, peuvent aussi être une expression de la souffrance psychique de l'enfant. Des douleurs abdominales matinales, paroxystiques, avant le départ à l'école, pouvant se répéter dans la journée, peuvent révéler une angoisse scolaire. Toute difficulté d'insertion de l'enfant, toute adaptation à une vie nouvelle (changement d'école, déménagement, séparation parents, difficultés familiales) peuvent être à l'origine de douleurs abdominales. D'une façon plus générale toute situation de stress, d'anxiété, de tension quelle qu'en soit la cause peut être génératrice de maux de ventre. Certaines difficultés scolaires peuvent s'exprimer également par des douleurs abdominales. L'enfant n'est pas un simulateur et il souffre d'authentiques maux de ventre même si leur origine est psychologique. Chez l'enfant, il existe aussi des migraines abdominales c'est à dire avec non pas des maux de tête mais des maux de ventre. Les douleurs abdominales sont paroxystiques associées à des nausées, des vomissements ou une pâleur ainsi qu'à des antécédents familiaux de migraines ; elles sont amendés par les antimigraineux.
Les douleurs abdominales aiguës constituent un des motifs les plus fréquents de consultation aux urgences chez l'enfant (3 à 5 % des admissions aux urgences pédiatriques). La majorité des douleurs sont en rapport avec des affections sans gravité. Parmi les enfants d'âge scolaire, 10 à 15 % souffrent de douleurs abdominales chroniques. 90 % de ces douleurs abdominales répétées sont fonctionnelles et 10 % seulement organiques. En cas de douleurs abdominales récidivantes fonctionnelles, la correction des déséquilibres diététiques éventuels, et une bonne hygiène de vie peuvent résoudre les douleurs. Aucun régime diététique précis n'a fait la preuve de son efficacité mais une nourriture saine, équilibrée, riche en fruits et en légumes, associée à une bonne hydratation est conseillée. L'activité physique doit être encouragée. Les traitements médicamenteux s'avèrent souvent inefficaces mais peuvent parfois être prescrits. La prise en charge repose plutôt sur des techniques non médicamenteuses telles que la relaxation, les massages, l'hypnose… La douleur empêche l'élève d'être disponible pour les apprentissages. Les douleurs abdominales chroniques peuvent ainsi avoir des conséquences majeures sur la vie quotidienne, avec un absentéisme scolaire important. Ce n'est souvent pas tant la gravité de la cause des maux de ventre, que le vécu, le ressenti de la douleur par l'enfant et sa famille qui en sont responsable. En cas de douleur abdominale fonctionnelle, le retour à l'école doit être encouragé. En effet il existe certains avantages à avoir mal : ce sont les « bénéfices secondaires »: attention parentale, évitement de tâches, diminution des obligations, déscolarisation. En cas de douleur abdominale aiguë violente, inhabituelle, à fortiori si elle est accompagnée d'autres symptômes d'alerte comme la fièvre, l'altération de l'état général, les vomissements répétés, il convient de prévenir les parents de l'enfant afin qu'ils aillent consulter un médecin. Pour les enfants présentant des douleurs abdominales récidivantes dans le cadre de maladies chroniques comme les maladies inflammatoires du tube digestif (maladie de Crohn et RCH, voir fiches correspondantes), ou l'intolérance au gluten (voir fiche correspondante) un Projet d'Accueil Individualisé (PAI) peut être rédigé avec les parents et l'équipe pédagogique. Les précautions à prendre pour prévenir la survenue d'épisodes douloureux, ainsi que la conduite à tenir en cas de douleur (médicament à administrer, mesure complémentaire éventuelle…) y seront détaillées. En cas de douleur récidivantes fonctionnelles ou d'origine psychologique il est important d'être à l'écoute de l'enfant. Ne pas penser qu'il simule une douleur qui est authentique même si elle n'a pas de substrat anatomique. La réassurance de l'enfant permet de l'apaiser et de diminuer une angoisse génératrice elle-même de douleur. En effet, critiquer, ne pas tenir compte de la douleur, comme porter trop attention à la douleur, et donner des privilèges sont associés à des symptômes augmentés et pérennisés. L'attention de l'enfant doit être détournée vers autre chose comme une activité qui l'intéresse.
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