Introduction
La mortalité infantile est un indicateur clé de la santé d'une population et de la qualité de son système de soins. Elle se divise en mortalité néonatale (décès dans les 28 premiers jours) et post-néonatale (décès entre 1 mois et 1 an). La France, autrefois un modèle, se situe désormais dans la moyenne basse européenne. Cet article explore les causes de la mortalité infantile, en particulier le syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN), en mettant en perspective les approches et les résultats observés en Finlande.
Mortalité Infantile en France : Une Tendance Inquiétante
En 2024, le taux de mortalité infantile en France s’établissait à 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes, soit environ 2 700 décès. Ce chiffre marque une hausse par rapport aux années 2010 où l’on enregistrait des taux proches de 3,5 ‰. En 2022, la France présentait des taux de 3,7 ‰ chez les filles et 4,5 ‰ chez les garçons, au-dessus de la moyenne de l’Union européenne. En comparaison, les pays scandinaves comme la Finlande ou la Suède affichent des taux autour de 2 ‰. L’Espagne et l’Italie se situent quant à elles autour de 3 ‰. Ce contraste explique la chute de la France à la 23ᵉ place européenne.
Une étude de 2025 confirme une augmentation de la mortalité néonatale en France entre 2001-2008 et 2015-2020, particulièrement dans les territoires défavorisés. Environ 2 000 à 2 500 décès de nouveau-nés auraient pu être évités sur la période 2015-2020 si toutes les communes avaient eu le même risque que les plus favorisées.
Facteurs de Risque et Inégalités Sociales
Les enfants nés dans les communes les plus défavorisées présentent un risque de décès néonatal 1,7 fois supérieur à ceux nés dans les communes les plus aisées. Plusieurs facteurs majeurs se répercutent sur la santé des mères et des bébés :
- Précarité économique: revenus faibles, chômage élevé, familles monoparentales.
- Santé maternelle: tabagisme pendant la grossesse, obésité, alimentation insuffisante.
- Accès aux soins: éloignement géographique, délais, fermetures de maternités, manque de personnel.
La Haute Autorité de santé (HAS) rappelle que 57 % des événements indésirables graves chez les nouveau-nés étaient jugés « majoritairement évitables ».
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Le Syndrome de Mort Subite du Nourrisson (SMSN)
La mort inattendue du nourrisson (MIN), souvent appelée mort subite du nourrisson, demeure une cause importante de décès, en particulier entre 28 jours et 1 an. En 2022, environ 215 décès ont été attribués à la MIN, ce qui en fait la première circonstance de décès après la période néonatale selon Santé publique France. En France, chaque année, on recense environ 400 à 500 nourrissons qui décèdent de mort subite du nourrisson ; expression qui désigne tout décès d’un nourrisson, entre la naissance et l’âge de 2 ans, survenant sans que rien ne le laisse prévoir.
Il est pourtant difficile d’avoir des chiffres précis sur ces événements car les certificats de décès ne rendent pas toujours compte des multiples facteurs expliquant la mort inattendue du nourrisson.
Recommandations pour un Sommeil Sûr
Plus d’un tiers des décès des enfants de moins de six mois sont dus à un sommeil dans un environnement non sécurisé : couchage sur le ventre ou sur le côté ou encore une literie non adaptée. L’académie de pédiatrie des États-Unis (AAP) a émis des recommandations pour réduire ce risque :
- Faire dormir le nourrisson dans la chambre parentale: Cela serait associé à une réduction de 50% du risque de mort subite.
- Couchage sur le dos: Toujours coucher le bébé sur le dos.
- Literie adaptée: Éviter les objets mous, couvertures épaisses et oreillers dans le lit de bébé.
Le Modèle Finlandais : Baby Box et Suivi Médical
Distribuée aux Finlandaises, une boîte en carton accueillant bébé aurait réduit le taux de mortalité infantile. Les baby box finlandaises auraient fait baisser la mortalité infantile. Un carton en guise de lit. Tel est le sort réservé aux bébés finlandais depuis 1938. Traditionnellement accompagné d'un matelas, il pouvait donc être transformé en berceau le temps des trois ou quatre premiers mois de la vie du nourrisson ainsi rassuré. Bilan : des douces nuits et une mortalité infantile qui aurait sérieusement chuté en Finlande.
Dans l'exemple finlandais, les mères qui souhaitaient recevoir la « baby box » devaient accepter un suivi de grossesse par des médecins.
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La Sieste Nordique : Pratique et Controverses
Dans la plupart des pays scandinaves, il est tout à fait normal de laisser son bébé dormir dehors à l’air frais, même en plein hiver. Cette pratique, baptisée « sieste nordique », favoriserait le sommeil des plus petits et boosterait leur système immunitaire. La sieste nordique, qui consiste à laisser les bébés dormir dehors par temps froid, suscite un intérêt croissant chez les parents et les professionnels de la petite enfance… À tel point qu’elle est désormais proposée dans certaines crèches françaises ! Mais cette tradition bien ancrée dans la culture scandinave soulève néanmoins des questions quant à la sécurité et à la santé des nourrissons.
Avantages Potentiels
- Amélioration du sommeil: Une étude finlandaise de 2008 a indiqué que cette habitude allongeait le temps de sommeil des nourrissons.
- Flexibilité: Les parents peuvent laisser leur bébé faire la sieste n’importe où.
Précautions
- Température: La température idéale se situe autour de -5 °C, mais certains parents font dormir leur enfant dehors par -27 °C.
- Couverture: Couvrir le bébé en fonction de la température et superposer les couches de vêtements (de préférence en laine).
- Position: Placer toujours le bébé sur le dos dans son landau ou sa poussette.
- Environnement: Choisir un endroit relativement calme et sombre, loin de toute pollution extérieure.
Néonaticides : Une Réalité Tragique et Complexe
Durant l’été 2010, dans une petite ville française, 8 corps de nouveau-nés décédés dans leurs premières heures de vie sont découverts, enveloppés dans des sacs en plastique, enterrés dans un jardin ou cachés au fond d’un garage. L’enquête établira que leur mère a caché ces corps dans son garage et dans le grenier de sa précédente maison. Les corps dissimulés dans le grenier ont ensuite été enterrés dans le jardin, par une tierce personne qui restera non identifiée. Leur mère est rapidement mise en cause et elle sera condamnée, au terme d’un procès, pour assassinat de mineurs de moins de 15 ans, à 9 ans d’emprisonnement.
Le psychiatre américain Philip Resnick avait proposé de distinguer ces meurtres des autres infanticides, terme désignant les meurtres d’enfant de moins d’un an. Il les nommera néonaticides, meurtres d’enfants dans leurs premières 24 heures de vie.
Statut du Corps et Perception de la Mère
Au début de cette affaire d’octuple néonaticides, les corps des nouveau-nés ne sont pas des personnes, ils ne représentent personne. Aucun nom, aucun prénom, aucune reconnaissance légale, aucune existence sociale ne les rattache à des personnes. Ils ne sont pas des corps-sujets. La mère témoigne bien du passage d’un crime primaire qui ne l’affecte pas à un crime secondaire qui la construit comme sujet criminel.
La découverte transforme les corps des bébés décédés de corps-objets en corps-sujets, la découverte leur donne un statut les distinguant du tout indistinct qu’ils formaient pour la mère. Ces « bébés » sont la possession de cette mère.
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Le Rôle de la Société et de la Justice
Certaines sociétés introduisent dans la définition d’une personne un certain laps de temps : un enfant ne devient une personne qu’au bout d’un moment, quand il devient membre de la société en question. En accordant un statut de personne à l’enfant dès sa naissance, les sociétés occidentales contemporaines délèguent aux mères un pouvoir et une responsabilité absolus, à l’image de la valeur absolue conférée à la personne. La mère néonaticide met en lumière tout à la fois son extrême isolement, car elle accouche seule, sans avoir pu parler de sa grossesse et son terrible pouvoir puisqu’en tuant son nouveau-né, elle supprime une personne, elle prive la société d’un de ses membres.
Avant le procès de l’octuple néonaticide, le procureur avait souhaité et demandé à une chambre civile que les nouveau-nés reçoivent un état civil. La chambre civile avait accédé à cette requête et les 8 nouveau-nés ont été prénommés. Les corps des enfants deviennent corps politiques, reconnus et nommés par l’institution judiciaire, en lieu et place des parents.
La Matérialité du Corps et la Négation de l'Enfant
Dans nombre de cas de néonaticides, l’enfant n’est pas évoqué en tant que tel par la mère, ni reconnu, ni sexué. L’enfant n’est pas envisagé comme un enfant, mais comme un non-enfant, une « boule », des « morceaux » de bébé ou de fœtus, un déchet.
La solution psychique de ces mères est de nier tout signe vital, elles s’efforcent donc d’éviter de regarder l’enfant, de l’envisager comme vivant, de reconnaître tout élément, souffle, cri, sexe, mouvement, visage, qui démontrerait son existence.
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