Christophe Colomb, un nom qui résonne à travers les siècles, évoquant la découverte d'un nouveau monde et l'ouverture de routes maritimes qui allaient transformer l'histoire. Mais qui était réellement cet homme, et quel fut le véritable impact de ses voyages?

Naissance et Jeunesse: Un Mystère Entouré de Débats

La date de naissance de Christophe Colomb demeure incertaine, oscillant entre le 26 août et le 31 octobre 1451. Son lieu de naissance est généralement accepté comme étant le territoire de la république de Gênes. Nommé Cristoforo Colombo, ses origines ont fait l’objet de nombreux débats chez les scientifiques et historiens.

Aujourd'hui, il n'y a plus de doute : Cristoforo Colombo est bien né à Gênes, vers 1451, comme le prouve le recoupement de plusieurs documents. Il serait le fils de Domenico Colomb, un tisserand, et de Suzana Fontanarossa. Il a deux frères, Bartolomeo et Giacomo. Certains historiens pensent qu’il s’agit d’une stratégie de dissimulation afin de ne pas gêner son ascension, car Christophe Colomb a toujours fait silence sur ses origines.

Une nouvelle étude espagnole, publiée le samedi 12 octobre, révèle que Christophe Colomb, l’explorateur du 15e siècle, était un juif séfarade originaire d’Europe occidentale. Les analyses des ossements du fils de Christophe Colomb, retrouvés en bon état, ont permis d’identifier des marqueurs génétiques indiquant une origine séfarade, soit juive de la Méditerranée occidentale. Selon Lorente, il est probable que Colomb soit originaire de la région méditerranéenne espagnole ou des îles Baléares, qui faisaient alors partie de la Couronne d’Aragon.

Christophe Colomb reçoit une éducation de navigateur et acquiert un solide bagage cartographique grâce à la connaissance des travaux de Ptolémée et de Marin de Tyr. Fortement influencé par les écrits de Marco Polo dans le Livre des merveilles, Cristoforo Colombo se plonge dans de nombreux ouvrages qui alimentent son imagination et forgent ses idées. Colomb voit la mer comme la source de tous les possibles. Il aurait été matelot, aurait combattu sur un navire lui appartenant pour le compte du roi d’Aragon, aurait été corsaire, avant de se lancer dans le commerce.

Lire aussi: Christophe Degruelle : Engagements et responsabilités

La Genèse d'un Projet Audacieux: Rallier les Indes par l'Ouest

C’est en 1484 qu’il mûrit le projet de rallier les Indes orientales en passant par l’ouest. Quand Joao II monte sur le trône au Portugal, Christophe Colomb a une trentaine d’années et suscite, par les projets qu’il ambitionne, des discussions passionnées à la cour. Ce Génois installé et marié à Lisbonne, propose simplement d’atteindre l’Orient par l’Occident. L’idée est saugrenue et malgré la passion qu’il y met, son projet est refusé par les Portugais, pourtant précurseurs en matière de grandes découvertes.

Un an après son arrivée clandestine en Castille, la première audience royale est accordée à Colomb, le 20 janvier 1486 à Cordoue. Isabelle est séduite, lui accorde une pension et réunit une commission scientifique et religieuse composée de cosmographes, de marins et de théologiens. Il faudra quatre longues années à la commission pour décider finalement que le projet de route vers l’ouest est sans fondements scientifiques et probablement contraire aux intentions de Dieu. Colomb insiste, argumente, tente de convaincre.

Un événement extérieur va pourtant changer la donne. La prise de Grenade en 1492 achève la Reconquista sur les Maures commencée au XIe siècle. En un temps où la chrétienté repousse les derniers musulmans des terres qu'ils occupent encore dans le sud-ouest de l'Europe, la pensée d'agrandir le royaume de Dieu va guider constamment le découvreur du Nouveau Monde.

Auparavant, l'accès direct aux terres mystérieuses de l'Asie orientale, où les toits de Cipango (l'actuel Japon), comme l'a conté Marco Polo, sont couverts d'or, donnera aux souverains chrétiens les richesses qui leur permettront l'effort ultime vers les Lieux saints. Colomb est persuadé d'être un envoyé de Dieu, ce qui contribue sans doute à la discrétion de ses écrits sur ses origines, dont la modestie ne lui apparaît peut-être pas correspondre à la grandeur de son destin.

Les Quatre Voyages: Exploration et Désillusions

Le premier voyage est organisé. Trois bateaux avec au total 90 hommes d’équipage sont prévus. L’aventure commence le 3 août 1492 à Palos de la Frontera. Le 3 août 1492, deux caravelles pourvues de voiles latines, la Pinta et la Niña, et une caraque, la Santa Maria, appartenant à un marchand, Juan de la Cosa, appareillent sous le commandement de l’Amiral Colomb. A leur bord quatre-vingt-dix marins qui partent tenter l’aventure. En plus de ce titre de noblesse héréditaire d’Amiral des mers océanes, il a reçu des souverains espagnols les titres de Vice-Roi et de Gouverneur général des terres qu’il découvrirait. Sa géniale idée de partir vers le sud et les Canaries pour s’assurer les vents portants des Alizés sera sa première grande réussite.

Lire aussi: La vie de Christophe Michalak, entre pâtisserie et famille

Le départ de l’archipel espagnol a lieu le 6 septembre et, toujours à la recherche des Alizés, les trois navires descendent vers le golfe de Guinée. Le 16 septembre, les bateaux atteignent la mer des Sargasses recouverte d’algues, après être remonté vers le nord. Ils sont à environ 1600 kilomètres de ce qui allait devenir l’Amérique. Alors que les vents retombent, le moral de l’équipage semble également fondre au fur et à mesure que les heures passent et l’inquiétude prévaut.

La Découverte d'un Nouveau Monde

Ces terres finissent par se dévoiler le 12 octobre et Colomb est persuadé avoir atteint le mythique Cipango tant vanté par Marco Polo. Mais ce n’est pas au Japon que les Espagnols arrivent mais dans une île peuplée de Taïnos que Colomb prénommera Indiens, tant il est persuadé d’être arrivé à la destination qu’il s’était fixée : les Indes. L’île est baptisée San Salvador et la présence des tribus Taïnos, présentées comme “docile et facile à soumettre”, n’entrave en rien l’exploration des lieux.

L’exploration maritime se poursuit plus à l’ouest et au gré des découvertes des nouvelles îles sont baptisées : Santa-Maria de la Concepción, Fernandina, Isla de Arena, Isabela et Colomb finit par atteindre, le 28 octobre, une nouvelle île qu’il nomme Juana et qui deviendra Cuba. Quelques jours plus tard, le 6 décembre, la Niña et la Santa Maria atteignent l’île de Bohio que le navigateur nommera Hispaniola (l’Espagnole) et qui deviendra Haïti.

La perte de la Santa Maria qui s’échoue dans la nuit du 24 au 25 décembre 1492 sur un récif, oblige l’Amiral à laisser trente-neuf hommes sur l’île puisque seules la Niña et la Pinta, de retour d’une expédition en solitaire menée par Martin Alonzo Pinzón, sont en mesure de rentrer en Europe. Le 16 janvier 1493 Christophe Colomb reprend la mer vers l’Espagne. Le retour sera compliqué et verra les deux caravelles être séparées à l’issue d’une tempête. A bord de la Niña, Colomb accoste aux Açores, possession portugaise, et le 4 mars il entre à Lisbonne par l’estuaire du Tage. La Pinta de Martin Alonzo Pinzón avait quant à elle accosté à Bayonne, quelques jours avant lui. Son premier voyage aura duré sept mois. A son retour à Palos, Cristóbal Colón est accueilli en héros par la population et par le roi et la reine d’Espagne.

Deuxième Voyage: Colonisation et Désenchantement

A peine rentré de sa première expédition, Christophe Colomb nourrit le projet de repartir. Son idée : fonder une colonie à Hispaniola où l’attendent les trente-neuf hommes qu’il a laissés là bas. Cette fois ce ne sont pas moins de dix-sept navires et mille cinq cents hommes qui seront du voyage. Ce deuxième voyage démarre le 25 septembre 1493, au départ de Cadix, sept mois après le retour triomphal de Colomb. vingt et un jours après avoir quitté les Canaries, première étape du périple, la terre s’offre aux marins. A partir de là, c’est une véritable navigation de cabotage qui va permettre à la flotte espagnole d’aller d’île en île : Maria Galanta, le 3 novembre 1493, Dominica, les Saintes, la Guadeloupe, le 4 novembre, Saint-Martin, Saint-Barthélémy… Le voyage se poursuit le long de l’arc caribéen jusqu’à Porto Rico.

Lire aussi: L'héritage familial et l'épanouissement de Christophe Guybet

Le 28 novembre, il débarque à la Navidad où il découvre la destruction du fort et la mort des trente-neuf compagnons laissés là quelques mois plus tôt. Christophe Colomb décide, tout au début de l’année 1494, de créer ce qui deviendra la première colonie du Nouveau Monde : La Isabela, située aujourd’hui dans l’actuelle République Dominicaine.

Colomb, pour sa part, compte bien poursuivre ses explorations. Le 24 avril, il reprend la mer avec trois navires dont la Niña, en naviguant toujours plus à l’ouest. Il cherche la preuve qu’il a bien atteint le continent asiatique et son désir de rencontrer le Grand Khan qui se dérobe toujours lui le poursuit toujours. En longeant la côte sud de Cuba, il se persuade qu’il s’agit bien d’une péninsule continentale.

De retour à Hispaniola, Christophe Colomb doit faire face à une situation dramatique. Pendant de longs mois, l’Amiral, Vice-Roi des Indes tente de mater la révolte et de pacifier l’île. Il n’en repartira qu’en septembre 1496 avec, à son bord, plus de 500 indiens Arawaks. 200 d’entre eux mourront au cours de la traversée. Si son premier retour avait été triomphal, cette seconde arrivée à un goût amer. Les souverains lui tiennent rigueur de cette mise en esclavage de leurs sujets.

Troisième Voyage: Accusations et Arrestation

Cristobal Colon devra patienter de longs mois avant d’entreprendre sa troisième traversée. Le Roi et la Reine d’Espagne ont d’autres priorités, notamment un conflit ouvert avec la couronne de France dont les velléités sur l’Italie ne sont pas du goût des Souverains Catholiques. Comme à son habitude, Colomb navigue vers le sud pour profiter des Alizés. Il quitte San Lucar de Barrameda, au nord de Cadix le 30 mai 1498 avec six caravelles avec à leur bord six cents hommes donc deux cents colons. Il choisit la route du sud et passe à Madère. Le 21 juin, il arrive à l’île de Fer, dans l’archipel des Canaries. A partir de là l’Amiral choisit de séparer sa flotte. Il ordonne à trois des navires de rejoindre directement Hispaniola.

Le 31 juillet, après avoir sans doute longé la côte du Brésil, de la Guyane, du Surinam, du Guyana, il arrive au Sud des Petites Antilles et aperçoit l’île la plus méridionale : Trinidad. Christophe Colomb abandonne l’exploration de ce continent insoupçonné pour rejoindre Hispaniola. Il retrouve l’île le 31 août, vingt-neuf mois après l’avoir quitté, en proie à des tensions que ces deux frères, Bartolomeo et Diego ne sont pas parvenus à enrayer. Les dissensions et la rancœur des colons de ne pas être parvenus à l’enrichissement promis et la révolte conduite par le juge Francisco Roldan conduit à de nombreuses plaintes déposées en Espagne.

Un émissaire est alors envoyé à Hispaniola pour juger de l’état de la colonie. Francisco de Bobadilla arrive le 23 août 1500 avec l’objectif clair de mettre fin à l’anarchie qui règne sur l’île. Il juge immédiatement les trois frères Colomb coupables, notamment d’avoir ordonné l’exécution de sept Espagnols. Il met les biens de Christophe Colomb sous séquestre, abolit ses privilèges et fait mettre les trois frères au cachot. Colomb et ses deux frères débarquèrent entravés de chaînes, à la fin du mois de novembre 1500.

Quatrième Voyage: L'Errance et le Désespoir

De retour de son troisième voyage, Christophe Colomb va s’attacher à redorer son blason et laver son honneur. L’administration de la colonie est confiée à Nicolás de Ovando qui devient gouverneur et magistrat suprême des îles des Indes et le titre de Vice-Roi des Indes est supprimé. Il finit par convaincre Isabelle et Ferdinand d’Espagne qui acceptent, une nouvelle fois, de financer une nouvelle expédition transatlantique.

Le 14 mars 1502, les souverains donnent leur accord, assorti d’instructions précises notamment de renoncer à débarquer à Hispaniola. Pour cette quatrième expédition, quatre caravelles avec cent quarante membres d’équipage sont affrétées et armées à Séville. A bord de La Capitena, Christophe Colomb guide La Santiago de Palos, placé sous le commandement de son frère Bartolomeo, La Gallega et La Viscaina. Après la traversée de l’Atlantique, les quatre caravelles atteignent les Antilles et débarquent le 15 juin 1502 en Martinique et Sainte-Lucie. Peu après, Colomb aborde la Dominique et poursuit son voyage toujours plus au nord-ouest.

Poursuivant sa route vers l’Ouest et souhaitant naviguer au-delà de Cuba pour atteindre les Indes qu’il pense à portée de main, il dépasse la Jamaïque et longe l’actuel Costa Rica. Il aborde la côte du Honduras, le 12 septembre 1502 au cap Gracias à Dios. Longeant le rivage en direction du sud, il atteint l’actuel Panama, jusqu’au pays de Veragua, où il essaye vainement de fonder une colonie en janvier 1503. Il perdra là bas une de ses caravelles. Il reprendra la route pour rejoindre la Jamaïque, le 25 juin 1503, avec des navires prenant l’eau de toute part. L’aide demandée à Hispaniola lui est toujours refusée et pendant une année complète, l’équipage va attendre désespérément de pouvoir rejoindre l’Espagne.

Enfin, le 28 juin 1504 l’arrivée d’une caravelle, affrétée grâce au fonds propres de l’amiral, par Diego Mendez, membre de l’équipage de Colomb qui était parvenu à atteindre Hispaniola, apporte l’espoir d’un retour. Cet ultime voyage ressemblera beaucoup à une errance entre les îles de la Grande Caraïbe et les côtes du continent américain. Christophe Colomb rejoindra l’Espagne, épuisé et fortement diminué.

La Mort d'un Explorateur Ignorant

Christophe Colomb meurt le 20 mai 1506, riche, entouré d’amis puissants, mais ignorant l’ampleur de sa découverte. Grand voyageur même après sa mort, il traversera l’océan pour un cinquième voyage. Enterré une première fois à Valladolid, sa dépouille change de lieu pour Séville et, selon ses propres vœux, elle prend la mer pour rejoindre Saint-Domingue. L’île, devenue française en 1795, les Espagnols récupèrent le grand homme pour l’enterrer à Cuba.

Christophe Colomb est décédé à Valladolid en 1506, à l’âge de 55 ans. Il revient de ses voyages épuisé, malade de la goutte. Il essaye de faire reconnaître ses droits et privilèges sur les terres découvertes, en vain. Les rois catholiques n’ont pas voulu lui restituer ses titres. Dépossédé de ses privilèges, le navigateur s’éteindra à Valladolid le 20 mai 1506. Jusqu’à la fin, Christophe Colomb restera persuadé qu’il avait rallié les Indes et non l’immense Amérique. Quatre voyages n’auront donc pas suffi pour le convaincre qu’il était le découvreur d’un continent qui ne portera pas son nom.

tags: #christophe #colomb #biographie #naissance #et #mort

Articles populaires: