La chlamydia est une infection sexuellement transmissible (IST) causée par la bactérie Chlamydia trachomatis. En France, elle représente l'IST bactérienne la plus fréquente, touchant particulièrement les femmes en âge de procréer. Il est crucial de comprendre l'impact de cette infection sur la grossesse et les mesures à prendre pour la prévenir et la traiter.

Qu'est-ce que la Chlamydia ?

La chlamydia est une infection sexuellement transmissible (IST) causée par une bactérie, Chlamydia trachomatis. On estime qu'environ 97 000 personnes contractent une chlamydiose chaque année en France. Le taux de personnes diagnostiquées a augmenté de 9 % entre 2019 et 2021. Plus de la moitié des diagnostics touchent des femmes, non pas parce qu’elles sont plus affectées, mais parce qu’elles consultent plus souvent un médecin. Les gynécologues sont encouragés par la Haute Autorité de santé à effectuer un dépistage systématique sur leurs patientes, ce qui explique l’association fréquente entre chlamydia et grossesse.

Comment la Chlamydia se Transmet-elle ?

Que vous soyez enceinte ou non, vous pouvez contracter la bactérie chlamydia en ayant des relations sexuelles non protégées (rapports sexuels vaginaux, anaux ou oraux) avec une personne infectée. Une femme enceinte peut contracter des infections génitales à chlamydia tout autant qu’une femme n’attendant pas de bébé, ou qu’un homme. La grossesse n'offre aucune protection contre la chlamydia. Avoir des relations sexuelles sans préservatif avec une personne souffrant de chlamydia pendant la grossesse suffit pour contracter la maladie. La chlamydia, comme le VIH ou la syphilis, se transmet principalement lors de rapports sexuels non protégés, quels qu’ils soient, les femmes comme les hommes peuvent être infectés par cette MST. L’utilisation de préservatifs peut réduire considérablement le risque d’infection, mais ne peut l’éliminer complètement. Si la maladie ne se transmet pas par les baisers, elle se transmet par les sécrétions vaginales, le sperme et l’urine.

Les Risques de la Chlamydia Pendant la Grossesse

La Haute Autorité de santé a émis des recommandations de dépistage systématique de la chlamydia quand on est enceinte, afin de prévenir les complications potentielles. Une chlamydia non soignée au cours de la grossesse peut affecter l'utérus et les ovaires, pouvant mener à une fausse couche, une grossesse extra-utérine, ou un faible poids du bébé à la naissance. Traiter l’infection au chlamydia pendant la grossesse permet de prévenir sa transmission au nouveau-né lors de l’accouchement, réduisant ainsi le risque de maladies oculaires et pulmonaires (notamment la conjonctivite et la pneumonie) chez le bébé. Entre 30 et 50 % des nourrissons développent une conjonctivite à cause de la chlamydia, et 10 à 20 % développent une pneumonie.

Contracter une chlamydia pendant la grossesse expose la future maman à une fausse couche ou à un accouchement prématuré, car les voies génitales sont enflammées. Le sac amniotique risque de se rompre et provoquer l'arrêt de la grossesse. En cas d'infection alors que la grossesse est au stade avancé, le risque d'accoucher prématurément est présent en raison de l'inflammation.

Lire aussi: Conséquences de la chlamydia sur la grossesse

Les conséquences à long terme de l'infection non traitée sont particulièrement sévères chez les femmes. L'atteinte inflammatoire pelvienne (AIP) représente la complication la plus redoutable, pouvant toucher l'utérus, les trompes de Fallope et les ovaires. Les statistiques sont éloquentes : l'infection à chlamydia non traitée multiplie par sept le risque de grossesse extra-utérine et représente la première cause de stérilité tubaire chez la femme.

Impact sur la Fertilité et la Grossesse

Le germe responsable de la chlamydia arrive dans l'organisme par le col utérin. Il colonise ensuite les organes du voisinage : utérus et vagin. L'infection peut s'étendre jusqu'aux trompes de Fallope, les tubes reliant l'utérus à l'ovaire, causant une inflammation appelée salpingite aiguë ou chronique. L'état inflammatoire des trompes diminue la voie destinée aux spermatozoïdes et empêche la fécondation, ce qui peut expliquer des problèmes de fertilité chez certaines femmes. Et comme l'infection passe inaperçue, le couple ne se doute de cette colonisation bactérienne qu'après plusieurs tests pour stérilité. En cas de fécondation, la progression de l'œuf peut être gênée par cette inflammation, causant alors une grossesse extra-utérine.

Risques pour le Nouveau-Né

La transmission materno-fœtale peut survenir durant la grossesse ou lors de l'accouchement par voie basse. Plus grave encore, 10 à 20% des bébés infectés développent une pneumonie atypique dans les premiers mois de vie, se manifestant par une toux persistante et des difficultés respiratoires. Pour toutes ces raisons, le test de dépistage de la chlamydia fait partie des examens de maternité depuis de nombreuses années. Selon les directives de la maternité, l’urine de la femme enceinte doit être testée pour la bactérie « Chlamydia trachomatis » dès le début de la grossesse.

Si les parois sont collées l’une à l’autre, l’ovule ne peut plus les traverser, ce qui peut à son tour conduire à une infertilité chez la femme ou à ce que l’on appelle une grossesse extra-utérine. Un ovule déjà fécondé ne s’implante pas dans l’utérus, mais dans la trompe de Fallope ou dans la cavité abdominale, par exemple.

De plus, les femmes qui ont conçu un enfant alors qu’elles étaient infectées par la chlamydia peuvent transmettre l’agent pathogène à leur enfant pendant l’accouchement. Dans la moitié des cas, le nouveau-né est infecté peu de temps après l’accouchement. Les symptômes typiques de la chlamydia chez un nouveau-né sont une conjonctivite purulente avec des cicatrices et même la cécité. Jusqu’à un cinquième de plus peut développer une pneumonie chez le nouveau-né quatre à six semaines après la naissance naturelle.

Lire aussi: Informations détaillées sur la chlamydia

Traitements en Cas de Chlamydia Pendant la Grossesse

Pendant la grossesse, la chlamydia est généralement traitée avec un antibiotique, l’azithromycine. Une dose unique de cette molécule suffit généralement à guérir l'infection. En cas d’allergie à l'azithromycine, l’obstétricien peut vous prescrire d’autres molécules antibiotiques. Il vous sera sans doute demandé de faire une nouvelle analyse environ 1 mois plus tard pour vérifier que le traitement a été efficace. Sachez qu’il est possible de contracter à nouveau la chlamydia en cas de rapport sexuel avec un partenaire infecté, ou qui n’a pas reçu de traitement contre cette IST.

Le traitement de choix chez la femme enceinte reste l'azithromycine, administrée en dose unique de 1 gramme par voie orale. Cette molécule de la famille des macrolides présente l'avantage d'être efficace, bien tolérée et compatible avec la grossesse et l'allaitement. En cas de contre-indication à l'azithromycine, les alternatives incluent l'érythromycine (500 mg quatre fois par jour pendant 7 jours) ou l'amoxicilline (500 mg trois fois par jour pendant 7 jours).

Un contrôle de guérison est systématiquement recommandé 3 à 5 semaines après la fin du traitement chez la femme enceinte, afin de s'assurer de l'éradication complète de la bactérie.

Comment Prévenir la Chlamydia Pendant la Grossesse ?

Pour prévenir la chlamydia pendant la grossesse, il est préférable d’avoir des relations sexuelles uniquement avec un partenaire de longue date, et qui n'a de relations sexuelles qu'avec vous. Sinon, privilégiez les rapports sexuels protégés pour réduire votre risque de contracter la chlamydia et d’autres IST. Si vous pensez avoir été exposée à la chlamydia pendant votre grossesse (ou à toute autre infection sexuellement transmissible), parlez-en immédiatement à votre médecin.

Dans le cadre des infections génitales, la prévention reste la meilleure façon pour y faire face.

Lire aussi: Dépistage de *Chlamydia trachomatis*

La prévention reste néanmoins la meilleure arme : l'usage systématique du préservatif lors de rapports sexuels avec un nouveau partenaire, le dépistage régulier et le traitement simultané des partenaires constituent les piliers de la lutte contre la chlamydiose.

Pour les femmes, éviter les douches vaginales qui fragilisent la flore et la rendent plus vulnérable aux infections. Pour les hommes non circoncis, le gland doit être décalotté pour être lavé, puis recalotté.

Dépistage de la Chlamydia

Le dépistage repose sur les tests d'amplification des acides nucléiques (TAAN), marqués CE, qui offrent une excellente sensibilité et spécificité. Une innovation majeure : depuis le 1er juillet 2025, les jeunes femmes de 18 à 25 ans peuvent commander gratuitement un kit de dépistage à domicile sur le site mon-test-ist.ameli.fr, sans ordonnance et sans avance de frais.

Malgré son importance, le diagnostic d’une chlamydiose peut être établi de manière retardée (particulièrement chez la femme généralement asymptomatique). « Le dépistage permet de diminuer les risques de contagion mais aussi de complications. Il est recommandé de le réaliser annuellement en cas de nouveau partenaire sexuel », selon la gynécologue.

Il est possible de réaliser le dépistage soi-même dans plusieurs centres de dépistage. dans les centres de planification ou d’éducation familiale (CPEF) (liste disponible sur IVG. Depuis septembre 2024, le dépistage de cette IST est gratuit pour les moins de 26 ans.

Questions Fréquemment Posées

  1. Comment savoir si j'ai la chlamydia pendant ma grossesse si elle est asymptomatique ?

    Le dépistage systématique lors du premier trimestre de grossesse permet de détecter l'infection même en l'absence de symptômes. Ce test fait partie du bilan prénatal standard et est pris en charge par l'Assurance Maladie.

  2. Le traitement antibiotique de la chlamydia est-il dangereux pour mon bébé ?

    Non, les antibiotiques utilisés pour traiter la chlamydia pendant la grossesse (azithromycine, érythromycine, amoxicilline) sont parfaitement sûrs pour le développement fœtal. Ils appartiennent aux catégories d'antibiotiques autorisées pendant la grossesse et ne présentent aucun risque tératogène.

  3. Si j'ai eu la chlamydia avant ma grossesse et que j'ai été traitée, puis-je être réinfectée ?

    Oui, il n'existe aucune immunité acquise contre la chlamydia. Vous pouvez être réinfectée si votre partenaire n'a pas été traité ou si vous avez des rapports non protégés avec un nouveau partenaire infecté.

  4. Mon partenaire doit-il obligatoirement être traité même s'il n'a pas de symptômes ?

    Absolument. Le traitement du ou des partenaires des 12 derniers mois est systématique, même en l'absence de symptômes, car 50% des hommes infectés sont asymptomatiques. Ce n’est que si les deux partenaires suivent un traitement que l’on peut éviter une nouvelle infection.

  5. Puis-je allaiter si je suis traitée pour une chlamydia après l'accouchement ?

    Oui, l'azithromycine et l'érythromycine sont compatibles avec l'allaitement maternel. Ces antibiotiques passent en très faible quantité dans le lait maternel et ne présentent aucun danger pour le nourrisson.

  6. Quels sont les symptômes de la chlamydia ?

Jusqu’à 80% des femmes touchées ne présentent aucun symptôme. Les infections passent donc inaperçues. Les symptômes de la chlamydiose surviennent généralement une semaine à un mois après la contraction de l’infection. Une absence de symptômes est fréquente chez la femme.

tags: #chlamydia #et #fausse #couche #informations

Articles populaires: