L’image idyllique d’une chienne sereine, prodiguant soins et tendresse à ses chiots, est souvent idéalisée. Dans la réalité, il arrive qu’une chienne, particulièrement après une césarienne, montre des signes de rejet envers sa portée, allant jusqu’à grogner contre ses chiots. Ce comportement, bien que déconcertant, a des causes précises qu'il est important de comprendre pour agir efficacement. Cet article explore les raisons potentielles de ce rejet et les mesures à prendre pour assurer le bien-être de la mère et de ses chiots.

Introduction : Instinct Maternel et Réalité

De nature, la chienne qui devient mère s’occupe très bien de sa portée, de façon instinctive, et ce dans la majorité des cas. Cependant, l’instinct maternel n’est pas inné chez la chienne et dépend d’événements externes à la mise bas, tout autant que l’âge de sa première portée et de sa santé. Le nombre de chiots peut également influer sur son comportement ainsi que le nombre de portée que la chienne aura connu.

Si certaines femelles prêtent à mettre bas chercheront en permanence la proximité de leurs maîtres, d’autres, très anxieuses, se montreront agressives. C’est le cas bien souvent pour les femelles primipares qui ont été couvertes à leurs premières chaleurs.

Il est essentiel de comprendre que le rejet des chiots n'est jamais un acte gratuit. Il y a toujours une raison sous-jacente, qu'elle soit hormonale, physique ou environnementale. Inutile donc de gronder ou de punir. En revanche, il est fondamental de mettre son énergie au profit de cette petite famille de chiens en péril, et prendre immédiatement le relai auprès des chiots qui viennent de naître ou ne sont âgés que de quelques jours.

Les Causes Possibles du Rejet Post-Césarienne

1. Césarienne et Perturbation du Lien Mère-Chiots

Le rejet de la portée est assez fréquent chez les chiennes si l’extraction des petits est effectuée chirurgicalement. En effet, les naissances par césariennes représentent une des causes de rejet chez de nombreuses chiennes.

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Dans ces conditions, la mère n’a pas l’opportunité de lécher ses rejetons afin de les nettoyer. Or, bien qu’aucune étude ne se soit penchée sur le phénomène, il apparaît que les stimulations cervicovaginales jouent un rôle important dans le futur comportement de la chienne avec sa portée. En effet, les individus qui accouchent par césarienne sans processus de mise bas semblent éprouver, pour certaines, des difficultés pour interagir ensuite avec leurs chiots. Les fluides amniotiques jouent également dans l’acceptation de la portée par la mère, car si ce dernier est lavé à la suite d’une césarienne, elle refusera de s’en occuper.

De plus, ses tétines ayant été désinfectées avant l’intervention, cela nuit au phénomène d’attachement entre la mère et ses petits du fait de l’absence des phéromones d’apaisement au niveau des mamelles. L’apaisine qui induit le lien mère-chiot serait perturbé par les produits utilisés pour désinfecter l’animal durant la chirurgie. L’absence de léchage pour nettoyer le chiot de son enveloppe placentaire nuirait aussi à l’établissement du lien entre la femelle et ses petits.

2. Facteurs Hormonaux et Ocytocine

L’adoption des chiots par leur mère est intrinsèquement liée à cette hormone de l’attachement ou ocytocine. Synthétisé par l’hypothalamus, ce neuropeptide est ensuite excrété par l’hypophyse. Son action est directe sur les glandes mammaires et certains muscles utérins.

Au moment de la mise bas, la sécrétion d’œstrogènes, d’ocytocine, de relaxine, de prolactine, de prostaglandines et l’activation des récepteurs se régule. À ce jour, le rôle de chaque hormone n’est pas déterminé dans la relation qui va lier chiennes et petits, mais l’on sait qu’un faible niveau d’ocytocine peut provoquer le cannibalisme chez d’autres espèces.

3. Douleur et Mammite

Il s’agit d’une inflammation des glandes mammaires dont l’origine est une bactérie. La mammite rend les tissus très douloureux si bien que la chienne tolère mal les tétées. Une infection mammaire douloureuse peut inciter la chienne à se détourner de ses petits. C’est un cas qui n’est pas fréquent. Pour mettre fin à la douleur, la chienne peut alors décider de tuer ses petits.

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4. Portée Nombreuse et Épuisement

Une portée conséquente - généralement de 8 chiots ou plus - est une situation perturbante pour la chienne, qui donne beaucoup d’énergie et donc est épuisée. Une portée trop nombreuse peut fatiguer la chienne. Elle s’en occupera mal et s’en désintéressera.

5. Anomalies Congénitales et Instinct de Survie

Toutefois, lorsqu’une chienne donne naissance à des chiots présentant une importante malformation ou une débilité profonde, elle ne s’en occupe pas. Un chiot anormal sera rejeté ou attaqué et même mangé dans certains cas par la chienne.

Il faut imaginer que la grossesse et l’allaitement mettent à rude épreuve les ressources de la chienne, même si elle est en parfaite santé à l’origine. la raison la plus fréquente, c’est qu’avec son instinct, la chienne perçoit un problème de santé grave chez l’un des chiots. Le choix de la nature, qu’elle suit alors, c’est de sacrifier le petit qui ne pourra pas se développer correctement pour redistribuer aux autres chiots son énergie.

6. Carences Nutritionnelles

Enfin, si l’animal est gravement carencé, elle pourra manger un ou plusieurs petits de la portée faute de pouvoir apporter nourriture et soins nécessaires à tous ses chiots. C’est la raison pour laquelle une chienne doit être suivie par le vétérinaire dès qu’un projet de portée est envisagé par ses maîtres. Des soins peuvent éviter cette situation dramatique.

7. Stress et Environnement Inadapté

Le stress est un facteur qui rend le comportement de la chienne moins stable. Pour être à l’aise, il lui faut un nid bien chaud et propre avec son odeur à elle et non la vôtre ou celle d’un autre animal.

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8. Primiparité et Immaturité

Une chienne qui donne naissance à des petits trop tôt après ses premières chaleurs n’est pas toujours mûre pour faire une bonne mère. Une chienne primipare peut se sentir submergée par l’angoisse et ne pas savoir comment élever ses petits. Se sentant stressée et dépassée par l’ampleur de la tâche, elle peut choisir de mettre fin à la situation en mangeant ses petits. Dans ce cas précis, le risque de cannibalisme puerpéral restera très importants pour toutes les portées à venir, il est donc plus raisonnable de faire stériliser la chienne.

Que Faire Face à une Chienne qui Grogne sur Ses Chiots ?

1. Intervention Immédiate et Colostrum

À la naissance, un chiot est sans défense. 75 % des morts précoces chez le chiot surviennent pendant les 18 premiers jours de sa vie. Les causes sont souvent une insuffisance alimentaire, un allaitement inefficace, un manque de lait chez la mère ou encore un chiot qui n’arrive pas à téter, mais aussi le refroidissement.

Le maître doit contacter le vétérinaire de toute urgence afin d’avoir le plus rapidement possible le colostrum indispensable aux chiots. Les deux premiers jours, il absorbe le colostrum, premier lait produit par la maman, qui est essentiel pour la vie du chiot. En effet, c'est grâce au colostrum que l’élimination du méconium (premiers excréments) est stimulée. Si vous voyez que le chiot ne peut pas bénéficier de ce colostrum (trop faible, pas de place au milieu de sa portée, rejet de la mère, etc), il faut agir rapidement et faire en sorte qu’il en reçoive quand même. Le placer sous les mamelles peut suffire, en agissant avec douceur pour ne pas stresser ni les chiots, ni la mère. Si la chienne rejette ses petits, il faut pouvoir prélever du colostrum pour leur en donner. Cas ultime, si les chiots sont orphelins, il faut alors apporter un produit de substitution.

2. Examen Vétérinaire et Identification de la Cause

Il faut aussi qu’une solution soit trouvée pour la chienne qui devra être auscultée puis subir des examens si nécessaire afin que l’origine de son désintérêt pour sa portée soit parfaitement identifiée. Une chienne qui vient de mettre bas doit être beaucoup surveillée par son maître.

La meilleure chose à faire est de prendre immédiatement rendez-vous avec le vétérinaire : il est urgent d’examiner la mère et les petits pour s’assurer que tout le monde va bien. Est-ce qu’un traitement est nécessaire pour la mère ? Les autres petits sont-ils en danger ? Faut-il les éloigner de leur mère ?

3. Création d'un Environnement Sécurisé et Chaleureux

Un « nid » douillet et chaud, situé à l’abri des courants d’air. Garder la zone de mise bas propre et assurez-vous de garder la zone calme jusqu’à ce que les chiots commencent à trouver leurs pieds.

Avant la mise bas, la chienne va chercher à se constituer une sorte de nid ; une couche confortable et à l'écart du passage, où elle pourra protéger et prendre soin de sa portée. Pour lui offrir un environnement sans stress, vous pouvez investir dans une caisse de mise bas. La taille doit être adaptée, et le fond protégé par des serviettes ou des draps propres qui pourront être lavés juste après.

4. Surveillance et Soins des Chiots

Il y a plusieurs causes à la mortalité précoce d’un chiot. Il faut donc, en qualité de maître, veiller sur la mère et ses petits pour intervenir si besoin.

  • Surveiller le poids des chiots: si il est normal que les deux premiers jours ils perdent du poids, la courbe s’inverse ensuite. Si ce n’est pas le cas, il faut intervenir pour nourrir le chiot. N’hésitez pas à contacter votre vétérinaire.
  • La température: un chiot a besoin d’être au chaud. Son organisme ne supporte pas le froid et il est encore trop jeune pour ajuster sa température. Ne pas hésiter à utiliser des lampes chauffantes à mettre au-dessus de la caisse de mise bas. Idéalement la pièce doit rester entre 22 et 27 ° durant les 10 premiers jours de vie des chiots.
  • La manipulation: manipuler le chiot est nécessaire pour qu’il s’habitue à son entourage et se socialise.
  • La séparation: Il ne faut pas séparer le chiot trop tôt de sa mère. La loi prévoit qu’on ne peut vendre un chiot avant ses 8 semaines, ce qui correspond au sevrage. Cependant, il est conseillé d’attendre les 3 mois du chiot. En effet, durant ce dernier mois, le chiot va apprendre encore beaucoup de sa mère. C’est durant cette période qu’il est le plus réceptif à la socialisation.

5. ADAPTIL®

ADAPTIL® s’est avéré avoir des effets apaisants pendant la durée de gestation et durant les trois premières semaines qui suivent la naissance.

Le Rôle de l'Éleveur et la Socialisation

Très concrètement, il est fortement déconseillé de mettre à la reproduction des chiennes qui n’auraient pas été convenablement socialisées à leur espèce et que l’on devrait alors maintenir pour la saillie ou inséminer. En effet, ces chiennes risquent fort par la suite de ne pas materner leurs chiots.

Ce trouble peut également exister parfois dans les cas de mise bas par césarienne ou également dans le cas de chiennes dominées vivant en présence de chiennes dominantes, la présence de ces dernières inhibant le comportement maternel des premières. Exprimer un comportement sexuel ou avoir des chiots est en effet un privilège réservé à la chienne dominante de la meute.

Éducation Canine et Approche Positive

Observez ce qui se passe et intervenez si besoin, doucement, sans brusquer ni la mère, ni les chiots. Ne vous précipitez pas pour le faire adopter : un sevrage précoce peut engendrer des troubles du comportement.

Nous vous recommandons vivement de faire appel à un éducateur canin spécialisé en rééducation comportementale ou à un comportementaliste (utilisant le renforcement positif et aucun outil coercitif, cela va sans dire).

Comportement Maternel Normal

Contrairement à une célèbre vidéo montrant une chienne Golden retriever dépassée par sa progéniture, l’animal ne va pas grogner ou montrer les crocs pour éduquer ses petits. Dès lors qu’un chiot se montre très excité, la mère va foncer dans sa direction pour l’inciter à retrouver son calme. Si ce premier avertissement ne suffit pas, elle le mettra sur le dos, en position dite de soumission et léchera ses babines. Pour l’empêcher de mordre trop fort durant les jeux, elle prendra la gueule du petit dans la sienne afin qu’il cesse. Lorsque les jeux dégénèrent entre frères et sœurs, le cri retient normalement le chiot de continuer. Cependant, l’excitation peut-être si forte que le chiot continue de mordiller trop fortement. La mère intervient et apprend ainsi au petit canidé à contrôler sa morsure et son excitation. Elle participe également à leur exploration du monde en rassurant ses petits par sa présence. Afin d’appréhender le monde, de connaître les interdits, le chiot va pratiquer une exploration dite en étoile. Il va partir dans une direction puis revenir vers sa mère qui lui indiquera par son comportement s’il peut poursuivre ou non son exploration. Il reviendra aussi simplement pour se rassurer et repartir à l’aventure.

La chienne a donc un rôle primordial tant pour la survie de la portée que pour son éducation et son comportement au sein de la meute et avec ses éleveurs et futurs propriétaires. Toutefois, la chienne n’est pas le seul membre du clan qui participe à l’équilibre futur du chiot. Le mâle participe tout autant à l’éducation de la progéniture et ne devrait pas être mis à l’écart. Les autres individus de la meute permettent aussi au petit animal d’acquérir tous les codes canins nécessaires à leur équilibre et à leurs échanges futurs avec d’autres congénères.

Changements de Comportement Pendant la Grossesse

En effet, l’attitude d’une future “mère” peut changer pendant qu’elle se prépare à la naissance de ses chiots. La plupart de ces changements de comportement sont naturels mais peuvent également être déclenchés par un certain nombre de facteurs environnementaux. Une partie de cette agressivité est simplement pour la chienne une façon de s’assurer que ses chiots ne soient pas en danger. Un chien qui halète n’est rien d’anormal, en revanche, une chienne en gestation peut commencer à haleter fortement vers la fin de sa grossesse. Ceci indique généralement qu’elle est sur le point de commencer le travail. Malgré le fait que l’halètement ne soit pas un comportement anormal, gardez un œil sur la chienne car l’halètement devrait cesser quelques heures après la naissance de ses chiots. Si votre chienne continue d’haleter après la naissance, cela peut-être dû au stress et l’épuisement de la mise bas. Si la chienne présente une température élevée, cela est mauvais signe et signifie qu’il faut prendre son cas au sérieux.

Préparation à la Mise Bas

Au terme d’environ 60 jours de gestation chez la chienne, elle est prête à mettre bas. C’est un moment qu’il faut savoir préparer. L’environnement de la chienne doit être confortable, bien-sûr, mais pensez aussi à bien le préparer pour la sécurité et le confort des chiots à venir.

Avant le 35ème jour, il est difficile de savoir si une chienne est gestante. S'il y a eu une saillie, le mieux est de consulter son vétérinaire, lequel peut réaliser une échographie abdominale vers le 25ème jour. L'imagerie est indispensable puisqu'elle permet de déterminer la viabilité et le nombre de chiots à naître, et donc de se préparer à accueillir la portée de petits. Avec le calcul de la gestation, ou tout simplement grâce aux indications du vétérinaire, il est possible de déterminer quand se déroulera la mise-bas. Si vous vous y êtes préparé, alors tout devrait bien se passer.

Quelques jours avant la mise bas, votre chienne va commencer à haleter et à s'agiter, c'est-à-dire bouger pour trouver un espace confortable où accueillir ses chiots. Elle préfèrera un endroit très calme, plutôt obscur et toujours situé à l’écart du passage et des bruits. Vous pouvez l’aider en mettant une caisse de mise bas ou un coussin profond à sa disposition. Ces accessoires doivent être suffisamment grands pour contenir toute la petite famille à venir, et être équipés de rebords pour que les futurs chiots n’en tombent pas. Attention à éviter les courants d’air ou la baisse de température, car les chiots ne sont pas capables de réguler leur propre température corporelle. Suivez bien l’évolution de la gestation ainsi que les modifications de l’état de la chienne, et essayez de connaître la date de la mise-bas. S’il vous semble que la date prévisible est dépassée, n’hésitez pas à consulter votre vétérinaire. La date normale de mise-bas se situe autour du 63ème jour de gestation.

Pendant la phase de la mise bas, les contractions utérines vont devenir plus fortes et même devenir visibles au niveau de l'abdomen. La température corporelle de votre chienne va remonter et, peu de temps après, les chiots commenceront à naître. Moins de 12 heures après la « perte des eaux », les chiots sont donc expulsés un par un, à des intervalles de quelques minutes à une demi-heure. Si ce délai dépasse 1 heure, contactez rapidement le service d'urgences vétérinaires. Au bout de quelques jours, n’hésitez pas à reprendre les activités habituelles avec votre chienne : sorties, jeux… même si son attention sera naturellement portée sur ses chiots.

La veille du travail, on observe au moins 1°C de moins chez la chienne, à condition de vérifier plusieurs jours avant. Rouge foncé ou verdâtre normal 1-3 semaines. La mise bas chez une chienne peut s'avérer être une situation à risques si l'on ne connaît pas la manière dont elle doit normalement se dérouler. Il est important de savoir comment réagir en cas de difficultés. Certaines races de chien brachycéphales telles que le Bouledogue français ou le Bulldog anglais ont besoin d'une césarienne pour donner vie.

La plupart des chiennes mangent le placenta : elles peuvent en manger un ou deux, mais il est déconseillé de la laisser en manger davantage, cela pourrait provoquer des troubles digestifs. Il est important de vérifier qu’il y a autant de placentas que de chiots, s’il en manque, il peut être retenu dans l’utérus, ce qui cause une infection (métrite) dans les jours qui suivent : écoulement malodorant, fièvre, abattement. N'essayez surtout pas de le débloquer vous-mêmes : vous risquez de causer des lésions irréversibles au chiot ou à la mère.

Cycle Œstral et Reproduction

Minimiser les risques inhérents à la reproduction d’une chienne revient à anticiper les problèmes, ce qui nécessite une bonne connaissance du cycle œstral, des manifestations de la gestation et de la mise-bas ainsi que de leurs principales anomalies. Une recherche des plus courantes maladies génétiques de la chienne, en fonction de sa race, doit être mise en œuvre.

Pendant le proestrus, la femelle attire les mâles mais ne se laisse pas saillir. Des pertes sanguinolentes peuvent être observées, et la vulve apparaît légèrement gonflée. La phase suivante, l’oestrus, est caractérisée par l’acceptation du mâle. Les écoulements vaginaux diminuent, la vulve apparaît très gonflée et flasque. Cette phase dure 3 à 21 jours, avec une moyenne de 9 jours, et correspond à la phase d’ovulation. L’ovulation est déclenchée par un pic de LH, une hormone produite par une glande située dans le cerveau et appelée l’hypophyse. L’ovulation d’ovocytes primaires, qui sont immatures et non fertiles, survient lors de ce pic. Ils mûrissent et deviennent fertiles (ovocytes secondaires) pendant les 1 à 3 jours suivants, puis survivent 2 à 3 jours de plus. C’est pourquoi, la période fertile s’étend du 3e au 7e jour après le pic de LH. A la fin de l’oestrus, la chienne entre en dioestrus (aussi appelé métoestrus). Elle devient réfractaire à la saillie, et cesse d’attirer les mâles. Les écoulements vaginaux deviennent mucoïdes, leur quantité diminue, et la vulve redevient progressivement normale. Enfin, à la suite du dioestrus, la chienne entre en anoestrus, qui est la phase de repos de la fonction de reproduction.

Le moment de l’ovulation peut être repéré grâce à une succession de frottis vaginaux, associés idéalement à des dosages du taux de progestérone sanguin. Les frottis vaginaux doivent être commencés quelques jours après le début du proestrus, et répétés tous les 2-3 jours. Lorsque plus de 70% des cellules visibles au frottis sont des cellules épithéliales, il faut mettre en œuvre des dosages de progestérone. Ceux-ci sont répétés toutes les 48 heures, de manière à détecter le jour du pic initial de progestérone (entre 2 et 3 ng/mL), qui correspond au jour du pic de LH et de l’ovulation. Ce jour est alors appelé « Jour 0 ».

L’insémination artificielle est une intervention par laquelle le sperme d’un chien est administré par voie intra-utérine à une chienne à l’aide d’une pipette. Elle est surtout utilisée lorsque le mâle vit loin (le sperme peut être congelé et envoyé par voie postale), lorsqu’il est âgé ou sans expérience, ou lorsque la femelle refuse la saillie pour des raisons comportementales (agressivité). La pipette d’insémination ne doit pas être contaminée par de l’eau, des désinfectants ou d’autres spermicides.

Pour la plupart des chiens, la reproduction survient simplement : quelques jours après que l’on ait remarqué des écoulements vaginaux sanguinolents, on présente la femelle à un mâle, chaque chien étant en laisse. La femelle s’assied, se couche, ou grogne lorsque le mâle l’approche. On répète cette opération jusqu’à ce que la femelle accepte la saillie. On amène alors la femelle au mâle choisi pour la reproduction, et normalement, la saillie est immédiate, rapide, dure 10-30 minutes et a d’excellentes chances (près de 100%) d’être fécondante.

Attachement et Détachement

Le lien qui unit la chienne à ses chiots peut être qualifié d’attachement primaire. Il s’établit dès la naissance, de la mère envers ses chiots, et aux alentours du douzième jour, du chiot envers sa mère. Cette dernière devient ainsi très précocement un pôle rassurant à partir duquel les chiots vont pouvoir partir explorer leur environnement et se socialiser correctement.

En cas de refus de la mère d’avoir des contacts avec ses chiots, c’est-à-dire en cas d’absence totale de maternage durant les 4 premières semaines de leur vie, et si personne ne remplace la mère défaillante dans son rôle, on observe chez les chiots une incapacité à interagir avec le monde extérieur. Ce sont des chiots « trop sages ». En réalité, ils souffrent de dépression de détachement précoce. Ils présentent une absence quasi totale de signaux de communication, leur face est immobile, ils ne montrent jamais la moindre émotion, seules leurs oreilles peuvent s’orienter vers la réception optimale des stimuli sonores. Ces chiots se déplacent lentement, ne jouent jamais, n’explorent pas leur environnement. Ils montrent très fréquemment des mouvements de balancement stéréotypés. Toute tentative de contacts avec eux peut déclencher des signes de panique voire même des convulsions. Une hypersensibilité aux bruits avec des sursauts perturbe leur sommeil. Cela, associé avec une hyporexie (très faible prise alimentaire) existant dès la première semaine de vie, provoque des retards staturo-pondéraux spectaculaires.

La présence d’une personne expérimentée peut permettre d’éviter la majeure partie des troubles à l’exception des anomalies entraînées par une absence d’imprégnation à l’espèce canine : ces chiots ne sauront pas communiquer et interagir avec les autres chiens et il est donc impératif de les faire vivre au plus tôt avec d’autres chiens pour espérer récupérer au maximum ces capacités. Cette affection particulièrement grave et lourde à traiter, dont le pronostic est toujours réservé et qui laissent de fortes séquelles aux animaux qui en sont atteints, montre l’importance de la mise en place d’un lien d’attachement solide entre la mère et ses chiots.

Le détachement se produit naturellement vers l’âge de 5 mois pour les chiots mâles et un peu plus tard pour les femelles. A cet âge les chiots sont littéralement rejetés par leur mère, de façon agressive et placés en périphérie de la meute. Ce détachement est suivi de la puberté et de la perte des comportements infantiles. Les chiots sont alors devenus des adultes autonomes.

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