Introduction
L'échographie ovarienne est un outil diagnostique précieux pour évaluer la santé reproductive de la chienne. Elle permet de visualiser les follicules ovariens, de suivre leur croissance, de détecter d'éventuelles anomalies et d'estimer le moment de l'ovulation. Cet article explore l'utilisation de l'échographie ovarienne chez la chienne, en mettant l'accent sur la croissance folliculaire, la cinétique de la progestérone et les facteurs qui influencent la fertilité.
Croissance folliculaire et ovulation
Chez la chienne, les ovocytes sont immatures lors de l'ovulation. La fécondation ne devient possible que 48 à 83 heures après. L'échographie ovarienne permet de dénombrer le nombre de follicules ovulatoires et de corps jaunes. Une étude a examiné la cinétique de la croissance de la progestérone après l'ovulation, démontrant une variabilité significative de la vitesse de croissance de la progestérone juste après l'ovulation. Certaines chiennes atteignent rapidement des valeurs élevées de progestérone, tandis que d'autres augmentent progressivement. Par conséquent, une chienne présentée tardivement pendant son œstrus, qui aurait déjà dépassé le seuil de progestérone de l'ovulation, pourrait toujours être inséminée, quel que soit son taux, à condition que l'œstrus soit confirmé par un frottis vaginal.
Facteurs influençant la fertilité
Plusieurs facteurs peuvent influencer la fertilité chez la chienne.
Âge et condition physique
Une chienne doit avoir atteint un niveau de développement statural satisfaisant et présenter un indice de condition corporelle idéal avant d'être mise à la reproduction. Les chiennes de poids insuffisant présentent souvent des cycles irréguliers et des difficultés à maintenir la gestation. L'obésité est associée à une hyperprolactinémie susceptible d'affecter la production de LH et modifie les concentrations du facteur de croissance IGF-1, qui influence la fonction ovarienne. De plus, la fertilité des chiennes diminue avec le temps.
Anomalies ovariennes et utérines
Les kystes ovariens représentent jusqu'à 80 % des affections ovariennes. Ils peuvent être uni- ou bilatéraux et se développer sous forme unique ou de maladie polykystique. Les tumeurs ovariennes peuvent être responsables d'un œstrus persistant (confirmé par des frottis vaginaux kératinisés répétés durant plus de 21 jours) ou d'un anœstrus prolongé. Les tumeurs épithéliales sont plus souvent bilatérales que les autres tumeurs, et la présence de métastases est rapportée dans environ 48 % des cas. Les anomalies congénitales utérines (utérus unicorne, agénésie segmentaire d'une corne, hypoplasie de la corne utérine, etc.) sont très rares, mais elles peuvent avoir un impact sur la fertilité. Le développement d'une hyperplasie endométriale kystique pourrait expliquer en grande partie la baisse de fertilité avec l'âge, car elle nuit à l'implantation de l'embryon tout en facilitant le développement d'une infection utérine.
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Infections et inflammation
L'endométrite est considérée comme une cause post-conceptionnelle d'infertilité. Dans certains cas, l'arrivée du sperme dans l'utérus pourrait déclencher une réponse inflammatoire de l'endomètre et conduire à une endométrite. Le diagnostic échographique passe par la visualisation de liquide dans les cornes utérines. Plusieurs agents infectieux ont été identifiés comme responsables de cas d'infertilité, notamment Brucella, Mycoplasma canis, l'herpèsvirus, le parvovirus, Toxoplasma gondii et Neospora caninum.
Microbiote utérin
Le microbiote de l'utérus canin est encore mal caractérisé, mais des données récentes suggèrent que l'utérus de la chienne n'est pas un environnement stérile. Des bactéries telles que Bacillus spp. et Pseudomonas spp. ont été détectées dans l'utérus de chiennes cliniquement normales et fertiles. Chez la jument et chez la femme, un déséquilibre du microbiote endométrial (dysbiose) a été associé au développement d'une endométrite subclinique ou chronique, une cause reconnue d'infertilité. Ces résultats soulignent l'importance de la composition du microbiome de l'appareil reproducteur, même en l'absence d'infection manifeste.
Facteurs environnementaux et hormonaux
Une élévation prolongée du taux de glucocorticoïdes entraîne un anœstrus prolongé. Un cycle anovulatoire se caractérise par une augmentation du taux de progestérone qui n'atteint pas le taux nécessaire à l'ovulation en fin d'œstrus.
Intervalle entre les portées
Chez la chienne, l'involution de l'utérus après la mise-bas demande environ 84 jours ; il faut donc à peu près 3 mois pour que l'utérus soit prêt à accueillir une nouvelle portée. Chez les chiennes ayant un cycle court (chaleurs tous les 4 mois par exemple), il est recommandé de laisser l'utérus au repos pendant au moins un ou deux cycles.
Diagnostic et solutions
Une revue bibliographique récente détaille la démarche diagnostique et les solutions à proposer lors d'un bilan de fertilité. L'échographie ovarienne est un élément clé de ce bilan, permettant de visualiser les follicules, de détecter les anomalies et d'évaluer la réponse ovarienne aux traitements.
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