La fatigue et les contractures musculaires sont des problèmes courants chez les chevaux, pouvant résulter de divers facteurs allant de causes bénignes et passagères à des pathologies plus complexes. Une compréhension approfondie de ces causes est essentielle pour assurer le bien-être et la performance optimale de votre cheval. Cet article explore les différentes causes possibles de ces problèmes et propose des solutions pour les prévenir et les traiter.

Fatigue Chez le Cheval : Causes et Solutions

La fatigue chez le cheval peut se manifester de différentes manières, allant d'un simple manque d'entrain à des signes de souffrance plus prononcés. Il est crucial de distinguer les causes bénignes des problèmes de santé plus graves.

Facteurs Environnementaux et Changements de Routine

Plusieurs éléments extérieurs peuvent influencer l'état de fatigue d'un cheval. Un cheval qui semble abattu peut simplement avoir chaud ou être déstabilisé par un nouvel environnement. Un peu de repos ou au contraire de l’activité peuvent l’aider à retrouver la forme rapidement.

  • Changement de mode de vie : L’animal peut notamment apparaitre affaibli au moment de la mise à la retraite ou s’il est séparé de ses copains au pré. Le cheval est un animal grégaire, il a besoin de vivre avec les autres. Perturber sa routine et l’isoler peut le mener à la dépression et donc à un état de fatigue.
  • Météo et Saisons : Le changement de saison, et la mue saisonnière qui va avec, peuvent fatiguer le cheval quelques jours. La mue demande beaucoup d’énergie au métabolisme du cheval. Par ailleurs, une augmentation brutale des températures peut entrainer un état de fatigue chez le cheval. Si la fatigue est associée à une transpiration importante et à une accélération du rythme cardiaque, il peut alors s’agir d’un coup de chaleur.

Infections et Parasites

La fatigue peut également être un signe d'infections ou de parasites.

  • Passage viral ou infection bactérienne : Si votre cheval a contracté un virus il se sent alors plus faible, même s’il n’a pas de fièvre. Ces deux situations entrainent la chute des défenses immunitaires et provoquent un état de fatigue. Dans ce cas, prendre la température du cheval peut aider à comprendre ce qui se passe. Il faut alors mettre l’animal au repos et éventuellement traiter la cause de l’infection. On compte généralement une journée de repos par jour de fièvre.
  • Parasites : La présence de parasites, tels que des vers ou des parasites sanguins, peut expliquer la fatigue de votre cheval. Tout comme pour la maladie de cushing, la fatigue cache ici un problème de santé plus important, selon la nature des parasites.

Douleur et Maladies

La fatigue peut être un symptôme de douleur ou de maladies sous-jacentes.

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  • Douleur : Quelques fois, nous pouvons nous méprendre. Le cheval ne veut pas sortir, travailler ou se balader, il semble abattu. Pourtant il n’est pas réellement fatigué, c’est la douleur qui parle. Dans ce cas il faut consulter un vétérinaire qui pourra décider du traitement à administrer. En attendant, appliquer du froid sur ses pieds, le mettre à la diète pendant 24h et bien-sûr le laisser au repos le temps nécessaire à son rétablissement.
  • Maladie de Cushing : Votre cheval est fatigué et il a plus de 15 ans ? La maladie de cushing est une maladie hormonale qui touche un grand nombre de chevaux vieillissants et qui se diagnostique avec une prise de sang spécifique. La fatigue peut être l’un des premiers signes de souffrance, le cheval a l’air triste.

Signes à surveiller

Un cheval qui a sauté un repas ou qui a peu mangé ne sera pas fatigué. Attention : un cheval fatigué ne baille ou ne se couche pas spécialement ! La fatigue chez le cheval peut être passagère et sans gravité mais elle peut aussi être le signe d’un problème de santé plus important. Le propriétaire doit se montrer attentif afin de détecter rapidement un changement de comportement chez son cheval.

Contractures Musculaires : Causes et Traitements

Les contractures musculaires sont des contractions involontaires et prolongées d'un muscle ou d'une chaîne musculaire, souvent liées à des causes mécaniques ou au stress.

Contractures au Passage de Sangle

Jusque récemment, votre cheval semblait à l’aise lorsqu’il était au travail. Depuis quelques temps, il met les oreilles en arrière et se retient quand on lui demande d’avancer. Il hésite dans le départ au galop, et a du mal à se mettre sur le bon pied. Il n’est pas boiteux, mais il n’est pas dans son assiette. Jo-Ann Wilson*, masseuse, est l’auteure d’un article publié dans la revue Practical Horseman Magazine. Ce dernier met en lumière ces contractures méconnues et pourtant souvent directement liées à la selle.

  • Anatomie du Muscle Pectoral Ascendant Postérieur : C’est un muscle plat, triangulaire, situé le long de la cage thoracique (juste derrière l’antérieur et la pointe du coude). La contraction du pectoral ascendant postérieur participe à la rétraction de l’antérieur (mouvement de recul). Des muscles contractés sont une cause fréquente d’allures étriquées. Si le pectoral ascendant postérieur est contracté, l’antérieur est limité dans son amplitude, et le mouvement en avant est contrarié. La locomotion des postérieurs peut être affectée également, puisque les antérieurs et les postérieurs bougent de façon synchronisée.

  • Signes de Contracture : Les signes de contracture peuvent être plus ou moins subtils. Votre cheval montre l’un ou plusieurs de ces signes ? Il est possible que le muscle pectoral ascendant soit excessivement contracté. Pour le vérifier, vous pouvez procéder de la manière suivante : debout près de son épaule, passez votre main bien à plat le long de la zone derrière le coude. Attention, c’est une zone parfois sensible, votre cheval peut bouger ou même se défendre, surtout s’il a mal. Si le muscle est relâché, la zone sera plate et le muscle souple.

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  • Causes des Contractures : Il existe différentes causes qui peuvent provoquer une contracture musculaire au passage de sangle.

    • Placement de la selle : La cause la plus courante de la contracture du muscle pectoral est une selle mal positionnée. Trop souvent, la selle est placée trop en avant, et la sangle passe juste derrière le coude. Solution : il faut trouver la place de la selle derrière les omoplates, de façon à ce qu’elle n’entrave pas leurs mouvements.
    • Longueur de la sangle : Une sangle courte, comme celles que l’on utilise souvent en dressage, peut causer la contraction du muscle, en particulier si les boucles sont trop basses et que leur pression est concentrée sur une petite surface. Solution : une sangle plus large, éventuellement en tissu, peut être une bonne alternative.
    • Type de sol : Solution : préférer un sol ferme, et si c’est impossible, limiter le temps de travail sur sol profond.
    • Blocage physique : Un blocage physique dans une autre région que celle du passage de sangle : il arrive parfois que la cause du problème ne se situe pas du tout au passage de sangle. Le cheval peut avoir un problème au niveau d’un membre ou dans le pied, par exemple. Il utilise ainsi ses muscles pectoraux pour limiter son action, et préserver son membre douloureux. Le muscle se retrouve contracté et parcouru de spasmes.
  • Massage pour détendre les muscles : Une fois que vous avez identifié la cause de la contracture, vous avez la possibilité de pratiquer un massage qui permettra de détendre les muscles contractés. En vous tenant juste derrière l’épaule du cheval, placez le plat de la paume contre le cheval, juste derrière le coude. Ne crispez pas votre main. Au moyen de pressions douces et progressives de la paume, travaillez gentiment le muscle sur une distance d’environ une main et demie. Observez les réactions de votre cheval (est-ce qu’il bouge ? Couche les oreilles ?) pour savoir si la pression est trop forte. La plupart du temps, le nœud se relâche en quelques minutes. Le muscle redevient souple, et le cheval se détend.

    • Pour compléter le massage, privilégiez pendant quelques temps le mouvement en avant dans le travail du cheval afin de réactiver et d’étirer les fibres musculaires. Après avoir sellé et sanglé gentiment le cheval, et avant de vous mettre en selle, laissez marcher le cheval quelques minutes en main ou à la longe afin que la selle se positionne correctement et que les muscles s’échauffent.
    • Avant de monter, vous pouvez éventuellement étirer les antérieurs en protraction (mais ça n’est pas pour éviter les plis de peau !). Attention : trop de cavaliers effectuent un geste brusque, désagréable pour le cheval, voire contre-productif. Prenez doucement le paturon du cheval dans votre main, soulevez le pied et proposez un geste vers l’avant ; laissez le cheval trouver sa hauteur, son amplitude et son étirement, vous êtes simplement là pour guider le mouvement.
    • Favorisez les mouvements dans l’étirement lors de l’échauffement. C’est au galop que le cheval mobilise le plus grand nombre de muscles de son corps avec des amplitudes prononcées, donc s’il est à l’aise à cette allure et que cela est possible, profitez-en tôt dans le travail. En fin de séance, une fois le cheval dessellé, répétez les étirements d’avant-séance.

En conclusion, on retiendra qu’une contracture au passage de sangle n’est jamais anodine. Elle peut plus ou moins gêner le cheval concerné, on peut la faire disparaître. Mais tant que la cause n’est pas identifiée et surtout solutionnée, le mal-être demeure. Prendre le temps de comprendre pourquoi il y a une gêne est donc indispensable à la bonne évolution du travail du cheval. L’ergonomie du matériel et la santé équine sont étroitement liées. Bien au-delà des contractures du dos, l’ensemble de l’anatomie du cheval peut être impactée par le matériel que l’on utilise.

Autres Types de Contractures

Outre les contractures au passage de sangle, d'autres types de contractures peuvent affecter les chevaux.

  • Courbatures et Contractures Récurrentes : Une courbature est une petite lésion du muscle suite à un mauvais geste, un effort prolongé en anaérobie, ou encore d'éprouvantes tentatives de se relever après s'être coincé. On peut aussi observer des contractures récurrentes chez les animaux particulièrement stressés, hypertendus.
  • Facteurs à Considérer : L'alimentation et la maladie ne sont pas directement des causes, mais des facteurs à prendre en compte. Un cheval affaibli, manquant d'hydratation ou de nutriments ne peut pas avoir un bon fonctionnement musculaire.

L'Épuisement de la Capacité de Portage

L’épuisement de la capacité de portage est un développement pathologique des muscles maintenant le tronc, ce qui est dû à une surcharge chronique. À un stade avancé, L’épuisement de la capacité de portage n’est plus entièrement réversible. Les structures ont été irrémédiablement modifiées. Au lieu d’une clavicule, le tronc est suspendu entre les membres antérieurs par des tissus mous. L’absence de clavicule pour un effet amortissant: Si le système myofascial de la ceinture scapulaire est bien entraîné, élastique et stable à la fois, il est capable d’absorber et de transmettre les forces agissant sur le tronc. Si cet effet de maintien du tronc (via la ceinture thoracique) est limité dans son fonctionnement, cela entrave l’effet d’amortissement. Le tronc s’affaisse entre les omoplates et y reste fixé (en position basse). À partir de ce moment, on parle d’épuisement (ou de fatigue) de capacité de portage. Lorsque des tensions apparaissent dans l’appareil de portage du tronc, elles fixent la cage thoracique en position basse. Le centre de gravité du cheval se déplace vers l’avant.

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L’épuisement de la capacité de portage modifie toute la posture du corps. De vastes parties sont finalement touchées, car les structures doivent assumer des tâches pour lesquelles elles ne sont pas pensées. La posture de compensation provoque des douleurs et, par conséquent, du stress. La tension positive du ligament nuchal est perdue, le cou n’est plus soutenu par les muscles du haut (musculus trapezius etc.) mais par le bas (brachicephalicus etc.). Les sabots (cf. La cage thoracique et le dos s’affaissent vers le bas. Les muscles de l’arrière main sont tendus pour stabiliser le bassin. Souvent, l’épuisement de la capacité de portage est associé à des blocages à la base de l’encolure et aux articulations de la nuque (problèmes d’incurvation? de contact? head shaking? Une rotation du tronc est donc impossible (et donc pas de flexion latérale non plus). L’omoplate est plus haut par rapport au garrot (peu d’espace, cf. Les tuber sacrale sont proéminents (cf. Les antérieurs sont placés plus en arrière par rapport à une position d’aplomb, et les postérieurs sont souvent placés plus en dessous du corps (avec des exceptions) car aucun mécanisme de support passif ne fonctionne plus (il s’agit d’une recherche d’équilibre, cf.

Autre cause qui a été évoqué dernièrement : le fait que le cheval ne peut pas se régénérer suffisamment puisqu’il passe trop de temps avec un système nerveux sympathique (fight flight freeze) activé. La régénération du corps n’est possible que lorsque le système nerveux parasympathique est activé, celui du repose, de la détente, des activités pro-sociales, où les processus de réparation peuvent se faire. Par exemple, au niveau des membres postérieurs, cela entraine le fait que ceux-ci ne supportent plus assez de poids en raison de la modification de l’arc de foulée (cf. Avec des talons sous-glissés, un cheval ne peut pas supporter la charge. Des pieds toujours douloureux tendent à créer des tensions musculaires dans le dos. La suite correcte des phases doit être respectée, le rétablissement se fait par phases progressives. Modifier le schéma corporel : travailler lentement à pied / au sol (soulever le ventre de manière ciblée en provoquant (gratter le long de la ligne abdominale avec les doigts ou un bâton, de l’arrière vers l’avant, d’abord très doucement, puis augmenter progressivement la pression. Mais attention, certains chevaux ont des blocages / tensions musculaires, etc. Cercle moyen au trot, avec incurvation correcte, d’abord vers intérieur puis vers l’extérieur (chaque coté un cercle, monté avec l’assiette pas avec la main) (une fois chaque tour par le siège, pas par la main intérieure), etc. Parfois, il faut presque 1 an pour transformer un cheval souffrant d’épuisement complet de la capacité de portage en un cheval de selle en bonne santé. Mais le chemin jusque-là est si varié, et permet de rapprocher encore plus le cheval et l’humain, que cela en vaut la peine ! Les conditions de logement devraient être très bonnes. Et dans tous les cas, la prévention est le meilleur traitement.

Myopathie Atypique

La myopathie atypique est une maladie soudaine qui résulte d'une intoxication de type végétale pour les équidés. Apparue en France il y a des années, cette maladie équine est extrêmement mortelle et est très douloureuse pour le cheval, et malheureusement il n'existe à l'heure actuelle aucun remède efficace. La myopathie atypique se caractérise par la dégénération sévère des groupes musculaires du cheval, dont les muscles qui jouent un rôle primordial dans la posture, dans la respiration ou encore le muscle cardiaque. Cette maladie constitue un grand danger pour la santé des chevaux. La myopathie atypique n'est pas considérée comme étant une maladie contagieuse, mais il a été constaté que plusieurs chevaux pâturant dans une même prairie peuvent être affectés simultanément.

Causes

Le cheval contracte la myopathie atypique en ingérant une toxine qui est présente dans les samares (graines) des érables sycomores présents en France et en Belgique. Ces samares sont extrêmement toxiques pour les chevaux. Lorsque le cheval ingère une ou plusieurs samares, il ingère également la graine dans laquelle se trouve la toxine qui contient une molécule bien particulière : l’hypoglycine A. Les samares, ou les "hélicoptères" comme certains les appellent, sont des graines qui disposent de plantules dont la forme leur permet de voler et de se disperser très facilement. C'est en automne que l'on retrouve le plus de samares au sol, car le vent a le pouvoir de les faire tomber et de les disperser dans les pâtures. Il est important de savoir que certains érables pourvus de samares peuvent quant à eux être inoffensifs pour les chevaux, (comme les érables champêtres, ou encore l’érable plane).

Samares Inoffensives

Les samares des érables champêtres sont inoffensives pour les chevaux et leurs disamares sont droites, en forme de "T" avec un angle d'environ 180°.

Prédisposition et Risques

Comme pour la plupart des pathologies, les jeunes chevaux de moins de 3 ans, les chevaux âgés et les chevaux fragiles ou affaiblis sont plus exposés aux risques de complications en cas de contraction de la maladie. En revanche, les chevaux en surpoids sont moins exposés à ces risques.

Importance de la Prévention

Il est primordial de garder en mémoire que la myopathie atypique est une maladie mortelle qui est à prendre très au sérieux : la maladie est fatale pour plus de 85% des victimes dans les 24 à 48 heures après l’apparition des premiers symptômes. Afin d'éviter tout risque de contraction de la myopathie atypique, vous pouvez mettre en place des mesures de prévention.

Emphysème chez le cheval

Le cheval atteint d’emphysème présente une toux chronique apparaissant de manière plus ou moins régulière. Au départ, il peut s’agir d’une simple toux en début de travail, évoluant peu à peu vers une toux également présente au repos. Celle-ci peut s’accompagner d’un jetage, et avec le temps des épisodes de détresse respiratoire peuvent se produire. Les chevaux atteints s’essoufflent plus rapidement à l’effort, et semblent avoir des difficultés à l’expiration, ils doivent fournir un effort pour expulser l’air de leurs poumons et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’emphysème chez le cheval est souvent appelé « pousse ». Lors des cas les plus sévères il est possible d’observer sur le cheval la « ligne de pousse » correspondant au développement excessif des muscles impliqués dans cet effort respiratoire, qui sont donc très sollicités. Elle se présente comme une ligne le long du bord caudal des côtes. Les narines du cheval peuvent également se dilater de manière excessive y compris au repos.

L’emphysème chez le cheval est la conséquence d’une hypersensibilité des poumons à l’inhalation d’allergènes. Il s’apparente à l’asthme humain et présente des composants allergiques et inflammatoires. L’inflammation et l’épaississement des tissus ont pour conséquence une bronchoconstriction, c’est à dire une réduction du diamètre des voies respiratoires, ainsi qu’une augmentation de la production de mucus et des bronchospasmes, correspondant à une constriction des muscles lisses entourant les bronches. Le passage de l’air est donc plus difficile et le cheval doit alors fournir un effort pour permettre sa circulation, ce qui se traduit par une toux et une contraction abdominale excessive.

Prédisposition et diagnostic

Il n’existe pas de prédisposition liée au genre ou à la race du cheval, mais il existe en revanche une certaine hérédité de la maladie. Les chevaux atteints d’emphysème sont généralement des adultes de plus de 7 ans, et les signes cliniques sont souvent saisonniers car ils sont liés à la présence d’allergènes dans l’air. La maladie est ainsi plus fréquente chez les chevaux vivant dans une atmosphère confinée et poussiéreuse comme une écurie mal ventilée, ou encore lorsqu’ils sont alimentés avec du foin de mauvaise qualité ou contenant de la moisissure. Les crises d’emphysème sont donc plus fréquentes en hiver, lorsque les chevaux passent plus de temps à l’écurie. Il existe également une forme d’emphysème liée à une allergie au pollen, celle-ci se manifestera davantage au printemps. Une infection respiratoire mal soignée peut aussi conduire à terme à un emphysème chez le cheval.

Le diagnostic s’établit sur la base des signes présentés par le cheval qui sont généralement très évocateurs, en particulier dans les formes sévères, ainsi que d’un examen physique du cheval. L’auscultation révèle des bruits respiratoires anormaux comme des sifflements ou des crépitements. Le vétérinaire peut être amené à effectuer des examens complémentaires tels qu’une endoscopie permettant de confirmer l’inflammation des voies respiratoires, un lavage broncho-alvéolaire, un test de la fonction pulmonaire ou encore une radiographie ou échographie des poumons. Le lavage broncho-alvéolaire reste l’examen de référence car il permet d’évaluer la présence et le type de cellules inflammatoires présentes dans les sécrétions, et ainsi de diagnostiquer l’emphysème et d’en déterminer la sévérité.

Traitement

Il n’existe pas de traitement curatif de l’emphysème, mais l’adaptation de l’environnement de vie du cheval donne souvent de très bons résultats et permet de réduire voire faire disparaître les signes cliniques. Pour cela, il faut réduire autant que possible l’exposition du cheval aux allergènes causant la maladie. Ceux-ci se trouvant principalement dans le foin et la paille, le mode de vie idéal pour les chevaux emphysémateux est une vie au pré, avec une alimentation basée sur l’herbe fraiche, pouvant être complétée par un aliment concentré sous forme de granulés. Il faut absolument éviter les roundballers de foin, qui sont souvent utilisés pour les chevaux au pré mais ne conviennent pas aux chevaux souffrant d’emphysème. Si l’administration de foin est nécessaire, des mesures devront être prises pour réduire l’exposition du cheval aux allergènes. Pour cela, une technique très répandue est le trempage du foin avant de le donner au cheval mais cela n’est généralement pas suffisant.

S’il n’est pas possible d’offrir une vie au pré au cheval et que celui-ci doit être maintenu au box, il faut alors éliminer la paille et lui préférer une litière de copeaux. L’écurie devra être propre et bien aérée, et l’alimentation du cheval doit être autant que possible dépourvue de poussière.

Un traitement médical peut s’avérer nécessaire dans les cas sévères ou pour gérer les périodes de crises. Cependant, celui-ci s’applique toujours en complément des mesures environnementales, il ne peut pas les remplacer car il n’aurait alors aucune efficacité sur le long terme. Il repose sur des médicaments anti-inflammatoires comme les corticostéroïdes et sur des bronchodilatateurs. Ces traitements s’administraient traditionnellement par voie orale ou par injection, mais actuellement les présentations par inhalation à l’aide d’aérosols ou de nébulisateurs leur sont préférées. Ces voies d’administration sont en effet plus sûres et plus efficaces, car elles ciblent l’inflammation et l’allergie directement à l’endroit où se situe le problème, permettant ainsi de traiter efficacement sans les risques liés à l’administration de médicaments par voie générale. Leur prix est en revanche plus élevé car il est nécessaire d’acheter le matériel permettant l’administration.

A long terme, une gestion appropriée de l’environnement du cheval permet souvent de réduire voire éliminer les manifestations de la maladie, même si il est impossible de la soigner de manière définitive. L’emphysème chez le cheval reste une maladie qui nécessite une prise en charge à vie.

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