Les maux de tête sont un symptôme courant pendant la grossesse, mais ils peuvent parfois signaler une complication plus grave comme la prééclampsie. Il est donc essentiel de comprendre les causes, les symptômes et les traitements des céphalées pendant la grossesse, et de savoir quand consulter un médecin.
Maux de tête pendant la grossesse: un aperçu
Avoir mal à la tête quand on est enceinte est assez fréquent, ce qui peut naturellement susciter de l'inquiétude. Ces maux de tête se manifestent souvent dès le premier mois de grossesse et prennent généralement la forme de céphalées de tension ou de migraines. Les bouleversements hormonaux qui accompagnent le début de la grossesse peuvent provoquer divers symptômes désagréables, tels que des nausées, des vertiges et de la fatigue, auxquels s'ajoutent parfois des maux de tête.
Il est important de noter que les maux de tête ne sont pas un signe fiable de début de grossesse et ne fournissent aucune indication sur le sexe du bébé. Paradoxalement, la grossesse peut réduire la fréquence des crises de migraine chez 60 à 70 % des femmes, tandis que d'autres peuvent constater une augmentation de leurs migraines. Dans certains cas, la grossesse peut même déclencher une première crise de migraine chez des femmes qui n'en avaient jamais souffert auparavant. La fatigue peut également accentuer ces maux de tête, surtout en début et en fin de grossesse.
Distinguer les céphalées de tension des migraines
Il est important de distinguer les céphalées de tension des migraines pendant la grossesse, car elles se manifestent différemment. La céphalée de tension se caractérise par une douleur bilatérale, une sensation de pression ou de serrement, d'intensité légère à modérée, sans nausées ni vomissements (tout au plus une sensibilité à la lumière ou au bruit). Son apparition est souvent brutale. La migraine, quant à elle, provoque une douleur souvent pulsatile, généralement d'un seul côté (parfois des deux), qui s'aggrave avec l'activité et s'accompagne de nausées, de vomissements et d'une intolérance à la lumière ou au bruit. Une aura peut précéder les crises.
Les migraines peuvent apparaître pour la première fois pendant la grossesse, mais elles touchent le plus souvent des femmes qui en souffraient déjà auparavant. Dans la plupart des cas, elles ont tendance à s'améliorer au fil des trimestres.
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Causes des maux de tête pendant la grossesse
Les maux de tête pendant la grossesse peuvent avoir diverses causes, le plus souvent bénignes. Les changements hormonaux du premier trimestre et les modifications de la circulation sanguine favorisent l'apparition de céphalées en début de grossesse. La fatigue, le manque de sommeil, le stress et les tensions musculaires (au niveau du cou et des épaules) peuvent également contribuer aux maux de tête. La prise de poids et les changements de posture peuvent entretenir les tensions en fin de grossesse. Le manque d'eau (déshydratation) et les repas trop espacés (baisse de la glycémie) sont deux déclencheurs fréquents à corriger en priorité. Une congestion nasale ou sinusale liée à la grossesse, parfois majorée par des infections ORL bénignes, peut également provoquer des maux de tête.
Dans de rares cas, un mal de tête peut traduire une cause médicale qui nécessite un avis rapide, comme la prééclampsie après 20 semaines d'aménorrhée.
Prééclampsie: une complication grave
À la fin de la grossesse, les maux de tête ne sont pas un signe d'accouchement imminent, mais ils peuvent signaler une prééclampsie. La prééclampsie est une complication grave qui nécessite un traitement urgent, surtout si elle s'accompagne de symptômes tels que des œdèmes au niveau des mains ou des pieds, des troubles de la vision, des acouphènes et une prise de poids importante et récente.
La prééclampsie, autrefois appelée « toxémie gravidique », est une maladie de la grossesse causée par une malformation des vaisseaux sanguins du placenta. Cette malformation entraîne une souffrance du fœtus et une hypertension artérielle chez la mère. Les complications de cette maladie peuvent être graves, notamment la crise d'éclampsie, et nécessitent une hospitalisation.
La prééclampsie se définit par une hypertension artérielle (tension supérieure à 14/9) et une perte de protéines dans les urines. Touchant 3 % des femmes enceintes, elle peut provoquer des complications rénales, hépatiques et cérébrales chez la mère, voire un retard de croissance ou une prématurité du bébé.
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Physiopathologie de la prééclampsie
La prééclampsie est le résultat d'un dysfonctionnement du placenta. Chez les femmes qui développent une prééclampsie, le placenta paraît se former et fonctionner normalement pendant le premier trimestre de grossesse. Mais après la 20e semaine, des défauts apparaissent dans le réseau vasculaire entre le placenta et la paroi de l'utérus. Le placenta « imparfait » libère alors des substances dans le sang maternel, notamment des protéines inflammatoires, anti-angiogéniques et vasoconstrictrices, qui agressent les vaisseaux sanguins et altèrent la fonction rénale maternelle, déclenchant ainsi l'hypertension artérielle et la protéinurie.
L'éclampsie est la complication la plus sévère de la prééclampsie. Elle est due à un œdème cérébral vasogénique, causé par une rupture de la barrière hémato-encéphalique lors d'une poussée hypertensive.
Facteurs de risque de la prééclampsie
Plusieurs facteurs de risque de prééclampsie ont été identifiés :
- Antécédent de prééclampsie
- Hypertension chronique, pathologie rénale ou diabète
- Antécédents familiaux de prééclampsie
- Obésité (IMC supérieure à 30)
- Grossesse multiple
- Changement de partenaire sexuel ou insuffisance à l’exposition du sperme de son partenaire
- Première grossesse (nulliparité)
- Âge supérieur à 40 ans ou inférieur à 18 ans
- Syndrome des ovaires polykystiques
- Maladie auto-immune
Symptômes de la prééclampsie
La prééclampsie ne provoque pas toujours de symptômes. Cependant, l'hypertension artérielle, systématiquement associée à cette maladie, peut provoquer des œdèmes (gonflements) des mains, des pieds et du visage. Lorsque la prééclampsie est sévère, la patiente peut également ressentir des symptômes tels que des maux de tête persistants, des bourdonnements d'oreille, la vision de taches noires ou lumineuses qui bougent, et une douleur forte juste en dessous des côtes, en particulier du côté droit.
Complications de la prééclampsie
Si elle n'est pas traitée, la prééclampsie peut entraîner de nombreuses complications graves pour la mère et le fœtus. Chez la mère, elle peut provoquer une crise d'éclampsie, un syndrome HELLP (hémolyse, élévation des enzymes hépatiques et faible taux de plaquettes), une hémorragie cérébrale, une insuffisance rénale, un décollement placentaire, et des problèmes cardiovasculaires à long terme. Chez le fœtus, elle peut entraîner un retard de croissance, une souffrance aiguë, une prématurité et, dans les cas les plus graves, un décès.
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Traitements des maux de tête pendant la grossesse
Si vous avez des migraines ou des maux de tête fréquents pendant votre grossesse, il est important de consulter un médecin pour obtenir un soulagement. La téléconsultation peut être une option pratique pour décrire vos symptômes à un médecin en vidéo et recevoir une ordonnance si nécessaire.
Remèdes naturels
Plusieurs remèdes naturels peuvent aider à soulager les maux de tête pendant la grossesse. Le repos, un sommeil réparateur, une activité physique modérée, boire suffisamment d'eau et manger équilibré sont les meilleurs remèdes naturels aux maux de tête et autres désagréments de la grossesse.
D'autres méthodes simples peuvent également aider à soulager une crise légère sans recourir aux médicaments :
- Se reposer dans une pièce calme et sombre pour diminuer la sensibilité à la lumière et au bruit.
- Appliquer des compresses fraîches ou chaudes (mais pas brûlantes) selon ce qui soulage le mieux. Généralement, le froid est plus efficace sur le front et le chaud dans la nuque.
- Masser doucement les tempes, le cuir chevelu, le cou ou les épaules pour relâcher les tensions musculaires.
- Essayer des techniques de relaxation : respiration profonde, méditation, sophrologie, hypnose.
- Prendre un bain tiède pour détendre le corps.
- Aérer la pièce et faire des promenades en extérieur pour bénéficier d'un air frais et oxygéné.
Médicaments autorisés et déconseillés
Les traitements médicamenteux doivent TOUJOURS être discutés avec un professionnel de santé. Le paracétamol (acétaminophène) est l'antalgique de référence en première intention pendant toute la grossesse, en respectant les doses prescrites. L'aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, comme l'ibuprofène) sont déconseillés, en particulier au troisième trimestre en raison du risque pour le fœtus. Les autres traitements antimigraineux ne doivent être utilisés qu'en cas de nécessité, après avis médical spécialisé. Si un traitement contre les migraines était déjà en place avant la grossesse, il est important d'en parler à votre médecin afin de confirmer qu'il reste adapté et sûr. L'automédication est à proscrire : il est toujours préférable de demander conseil à une sage-femme, un médecin généraliste, un gynécologue ou un pharmacien avant de prendre un traitement.
Traitement de la prééclampsie
La prééclampsie nécessite une prise en charge hospitalière pour permettre un suivi régulier de la mère et du fœtus. Ce suivi comprend l'évaluation de la gravité de la prééclampsie pour la mère (tension artérielle, signes fonctionnels, fonctions vitales) et la mesure du retentissement de la maladie sur le fœtus (mouvements actifs, activité cardiaque, hauteur utérine). Les médecins évalueront également les mesures à mettre en œuvre s'il devient nécessaire d'extraire le fœtus et son placenta en urgence, par césarienne ou en déclenchant le travail, selon l'âge gestationnel et la présentation fœtale. En cas de mauvais pronostic, le seul moyen de protéger la mère est en effet de mettre un terme à la grossesse. L'enjeu de la prise en charge consiste donc à prolonger la grossesse le plus longtemps possible, afin de libérer l'enfant à une période acceptable de son développement. Des corticoïdes sont administrés au fœtus pour accélérer la maturation pulmonaire.
Pendant la grossesse, en cas d'hypertension artérielle gravidique ou de prééclampsie sans complication, la patiente peut demeurer à son domicile, en restant couchée sur le côté gauche pour faciliter l'arrivée du sang au placenta. Elle reçoit également un traitement contre l'hypertension artérielle. Si la maladie est grave, la patiente est hospitalisée et doit également rester couchée sur le côté gauche. Elle prend un traitement contre l'hypertension artérielle, voire un médicament pour prévenir les convulsions. Jusqu'à la 34e semaine d'aménorrhée, des corticoïdes (dérivés de la cortisone) lui sont également administrés pour favoriser la maturation des poumons du fœtus. Une césarienne est réalisée en urgence au moindre symptôme d'aggravation chez la mère ou le fœtus.
Quand consulter un médecin?
Il est important de consulter rapidement un médecin si, pendant votre grossesse, vos maux de tête s'accompagnent de nausées (voire de vomissements) ou de fièvre, ou s'ils ne ressemblent pas aux céphalées que vous avez d'habitude. Le médecin prendra votre tension. D'autre part, les maux de tête étant un symptôme de la Covid-19, il est recommandé de passer le test PCR-Covid en cas de doute.
Plusieurs signes doivent alerter une femme enceinte et l'amener à consulter sans attendre :
- Crise de maux de tête soudains, intenses ou inhabituels.
- Troubles visuels (vision floue, éclairs lumineux, taches devant les yeux).
- Gonflement soudain du visage, des mains ou des jambes associé à des maux de tête.
- Douleurs abdominales hautes (barre épigastrique), accompagnées ou non de nausées.
- Hypertension artérielle connue ou découverte au cours du suivi.
- Fièvre élevée, vomissements persistants ou raideur de nuque, qui peuvent traduire une infection.
Ces signes peuvent évoquer des complications de santé comme la prééclampsie. Un suivi médical rapide est nécessaire pour écarter tout risque.
Prévention de la prééclampsie
La prévention de l'hypertension gravidique et de la prééclampsie réside avant tout dans la surveillance mensuelle de la femme enceinte, avec une prise de la tension artérielle et un test d'urines pour rechercher la présence de protéines. Ces mesures permettent de commencer un traitement au plus vite si nécessaire.
Une femme qui a déjà présenté une prééclampsie a une chance sur quatre d’en souffrir à nouveau lors d'une nouvelle grossesse. En prévention, son médecin peut lui prescrire de l'aspirine à faible dose, dès la 12e semaine de cette nouvelle grossesse. Attention toutefois : chez les femmes enceintes, l'aspirine doit TOUJOURS être prise sous contrôle médical (et jamais avant la 12e semaine d'aménorrhée).
Lorsqu'une prééclampsie a été diagnostiquée, la prévention d'une éventuelle crise d'éclampsie consiste à prescrire un traitement antihypertenseur et anticonvulsivant.
Suivi médical essentiel
Même lorsqu’ils semblent anodins, les maux de tête au cours de la grossesse méritent d’être signalés lors des consultations prénatales. Cela permet d'écarter une cause sérieuse nécessitant une action rapide. Par ailleurs, le professionnel pourra adapter les conseils de prévention et de soulagement à vos besoins.
Lors du suivi prénatal, plusieurs examens peuvent être proposés : test urinaire pour détecter la présence de protéines, test sanguin pour contrôler certaines valeurs, ou encore mesure de la tension artérielle. Ces examens simples aident à écarter toute complication. Un suivi attentif contribue à la sécurité de la maman et du bébé, et permet de traverser la grossesse avec plus de sérénité. Mieux vaut une consultation inutile que de rester avec des inquiétudes. Le médecin généraliste peut également évaluer ces céphalées.
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