L'avortement est une question éthiquement chargée qui divise profondément les sociétés, y compris au sein des communautés religieuses. Cet article explore la position du catholicisme libéral face à l'avortement, en mettant en lumière les nuances et les complexités de ce débat. Nous allons procéder à une généalogie et à une remise en contexte des mobilisations contre l’IVG au nom des valeurs catholiques depuis 1990, année de la dépénalisation partielle de l’avortement en Belgique par la loi dite Lallemand-Michielsens.
Introduction
La question de l'avortement est un sujet de débat complexe et passionné, impliquant des considérations morales, éthiques, religieuses et juridiques. Au sein du catholicisme, les opinions divergent, allant de la condamnation ferme à des positions plus nuancées. Cet article se propose d'examiner la position du catholicisme libéral sur l'avortement, en tenant compte des différents acteurs et des enjeux en présence.
La Doctrine Catholique Traditionnelle et l'Avortement
La position officielle de l'Église catholique romaine sur l'avortement est bien connue : elle considère l'avortement comme un acte intrinsèquement mauvais, un homicide dès la conception. Cette doctrine est fondée sur la conviction que la vie humaine est sacrée et inviolable dès le moment de la conception. La constitution épiscopale Gaudium et Spes (1965) condamne « tout ce qui s’oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d’homicide, le génocide, l’avortement ».
Cette position a été réaffirmée à plusieurs reprises par les papes et les autorités ecclésiastiques, notamment dans l'encyclique Evangelium Vitae de Jean-Paul II en 1995. L’Église catholique condamne toute forme d’interruption de grossesse volontairement provoquée, considérant qu’il s’agit d’un acte immoral contre la vie humaine qui doit être respectée depuis le moment de la conception jusqu’à la mort naturelle.
Le Catholicisme Libéral : Une Perspective Nuancée
Le catholicisme libéral, en revanche, adopte une approche plus nuancée et contextualisée de l'avortement. Sans nécessairement remettre en question la valeur de la vie humaine, les catholiques libéraux reconnaissent la complexité des situations individuelles et les dilemmes moraux auxquels sont confrontées les femmes enceintes.
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Ils mettent souvent en avant les notions de conscience individuelle, de compassion et de responsabilité personnelle. Ils soutiennent que la décision d'avorter est une décision difficile et douloureuse qui doit être prise en conscience, en tenant compte de toutes les circonstances pertinentes.
Acteurs et Discours : Une Analyse des Positions
Pour mieux comprendre les enjeux du débat sur l'avortement au sein du catholicisme libéral, il est essentiel d'analyser les discours et les positions des différents acteurs impliqués. Nous pouvons distinguer trois catégories principales :
- L'Église (le Saint-Siège et la hiérarchie nationale) : Bien que la position officielle de l'Église reste ferme sur la condamnation de l'avortement, certains membres du clergé et des théologiens adoptent des positions plus nuancées, en mettant l'accent sur la miséricorde et la compassion.
- Les hommes et femmes politiques : Les politiciens catholiques libéraux sont souvent confrontés à un dilemme : comment concilier leurs convictions religieuses personnelles avec leur devoir de défendre les droits et les libertés de tous les citoyens, y compris le droit à l'avortement ?
- Les militants Pro vie : Ces militants, qui utilisent comme principaux moyens d’action le lobby et les marches Pro vie-Pro Vita, considèrent l’IVG comme un problème de responsabilité civile qui concerne l’ordre public. Pour ces militants, l’action doit essentiellement viser les individus qui font l’expérience de l’IVG parce qu’il s’agit d’un acte qui concerne la conscience individuelle.
Les Arguments en Faveur d'une Position Plus Ouverte
Plusieurs arguments sont avancés par les catholiques libéraux pour justifier une position plus ouverte sur l'avortement :
- Le respect de la conscience individuelle : La doctrine catholique reconnaît l'importance de la conscience individuelle dans la prise de décision morale. Les catholiques libéraux soutiennent que les femmes doivent être libres de suivre leur conscience, même si cela les conduit à choisir l'avortement.
- La compassion envers les femmes en difficulté : Les catholiques libéraux mettent en avant la nécessité de faire preuve de compassion envers les femmes qui se trouvent dans des situations difficiles, telles que les grossesses non désirées, les grossesses résultant d'un viol ou d'un inceste, ou les grossesses mettant en danger la santé de la mère.
- La distinction entre la loi morale et la loi civile : Certains catholiques libéraux soutiennent que la loi civile ne doit pas nécessairement refléter la loi morale. Ils estiment que l'avortement peut être moralement répréhensible, mais qu'il ne devrait pas être interdit par la loi, car cela porterait atteinte aux libertés individuelles.
- La primauté de l'amour et de la miséricorde : Les catholiques libéraux mettent l'accent sur l'importance de l'amour et de la miséricorde dans l'enseignement de Jésus-Christ. Ils soutiennent que l'Église devrait adopter une approche plus pastorale et moins juridique de l'avortement, en offrant soutien et réconfort aux femmes qui ont recours à cette pratique.
Les Défis et les Limites du Dialogue
Le dialogue entre les différentes positions sur l'avortement au sein du catholicisme est souvent difficile et conflictuel. Les partisans d'une interdiction totale de l'avortement accusent les catholiques libéraux de trahir la doctrine de l'Église et de compromettre la valeur de la vie humaine. Les catholiques libéraux, quant à eux, reprochent aux conservateurs leur manque de compassion et leur incapacité à comprendre la complexité des situations individuelles.
Malgré ces difficultés, il est essentiel de maintenir le dialogue et de rechercher des terrains d'entente. Il est possible de s'accorder sur la nécessité de réduire le nombre d'avortements, par exemple en promouvant l'éducation sexuelle, la contraception et le soutien aux familles. Il est également possible de travailler ensemble pour améliorer l'accueil et l'accompagnement des femmes enceintes en difficulté.
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L'Influence du Genre et des Droits Sexuels et Reproductifs
L’actualité récente - notamment en France - a montré que les questions de l’ivg et du genre sont étroitement intriquées dans les discours doctrinaux. Elles sont enchevêtrées dans les projets militants des acteurs en présence pour commencer. En France par exemple, les principales organisations du mouvement antiavortement, la Fondation Lejeune et Alliance Vita, ont été les promoteurs et les principaux bailleurs de fonds de La Manif pour tous. Ensuite, l’armature argumentative qui s’oppose à toute remise en question des différences sexuelles s’ancre dans un système idéologique qui conçoit le corps des femmes comme symbole d’une maternité irréductible. En ce sens, admettre la légitimité de l’ivg, c’est soustraire les femmes à l’impératif rappelé dans Humanae Vitae : « Dieu a voulu un lien indissoluble entre union sexuelle et procréation ». D’une manière générale, la lutte contre les droits sexuels et reproductifs constitue, comme nous le verrons, l’acte de naissance du discours sur l’idéologie du genre. En effet, remettre en question l’impératif maternel, fût-il non désiré, c’est délier les femmes d’une fonction procréatrice qui doit déterminer leur nature enchaînée à la biologie. Supprimer la fatalité de la grossesse, c’est en quelque sorte détruire la dernière chaîne qui les différencie des hommes.
La Position du Saint-Siège et les Conférences Internationales
L’entreprise de remise en question du « droit des femmes » au nom de l’ordre moral, du droit de la famille et du droit dit « naturel » est propulsée à l’échelle des relations internationales à l’occasion de la Conférence internationale du Caire sur la population et le développement organisée par les Nations unies en septembre 1994. Bien avant l’événement, le pape « part en guerre », pour reprendre l’expression d’un journaliste, contre ce projet. Dans cette optique, les déclarations se succèdent, telle la Lettre aux familles, qui parle de la « contribution propre, grâce à laquelle se trouve, aux racines mêmes de la convivialité humaine, le caractère de communion et de complémentarité » de l’homme et de la femme. Allié à certains représentants de l’islam, le pape parvient à introduire certaines réserves dans le texte du Plan d’action. Le Saint-Siège s’oppose en outre à ce que l’on puisse considérer l’ivg comme un moyen de contraception, ainsi qu’à toute expression pouvant apparaître comme un encouragement à la législation sur l’avortement. Quelques mois plus tard, la Quatrième conférence mondiale sur les femmes tenue à Pékin sous l’égide de l’ONU est l’occasion de débats sémantiques vigoureux pour déterminer s’il convient de préférer le terme « équité » à celui d’« égalité » pour qualifier les droits dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’économie et du politique. Ces événements sont fondateurs d’une nouvelle rhétorique ainsi que d’un renouvellement de stratégie de la part du Saint-Siège en ce qui concerne l’égalité homme/femme, question qui est envisagée désormais comme faisant partie d’un complot international orchestré depuis les Nations unies.
La Maternité et le « Nouveau Féminisme »
La maternité comme caractère intrinsèque de la féminité est revisitée dans la lettre encyclique Evangelium vitae (1995) sur la valeur et l’inviolabilité de la vie humaine. Le pape en appelle cette fois à un « nouveau féminisme » qui « sans succomber à la tentation de suivre les modèles masculins, sache reconnaître et exprimer le vrai génie féminin dans toutes les manifestations de la vie en société, travaillant à dépasser toute forme de discrimination, de violence et d’exploitation ». Le « génie féminin » se réalise dans la maternité, expérience « qui renforce en [la femme] une sensibilité aiguë pour la personne de l’autre et, en même temps [lui] confère une tâche particulière ». Cette tâche consiste entre autres à lutter contre la « culture de la mort » - formule-choc qui irriguera tout le discours pro-vie désormais - que sont l’avortement et l’euthanasie. L’idée de « nouveau féminisme », basée sur la défense de « l’égalité dans la différence » et de défense de la complémentarité, fera florès, comme en témoigne notamment le mouvement le Nouveau féminisme européen créé en 2007 par la députée européenne française Elisabeth Montfort.
Le Lexique des Termes Ambigus et Controversés
Les déclarations papales s’accompagnent de toute une production théologique dont la plus importante est sans aucun doute le Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques (2003), piloté par le Conseil pontifical pour la famille, paru en italien puis, deux ans plus tard, en français, puis en anglais et dans nombre d’autres langues. Dans le Lexique, une entrée est réservée au droit à l’avortement. Celui-ci est défini comme une « norme » faisant partie des « valeurs de la démocratie pluraliste sur les droits de l’homme », pour lesquels « le droit à l’avortement est considéré » comme « l’élément nécessaire à la naissance [de] l’égalité entre les hommes et les femmes ». Voulue par les Nations unies et favorisée par la globalisation, cette norme aurait pour seul but que « la destruction de la famille ». Dans l’article « Contrôle des naissances », le théologien belge Michel Schooyans (1930-) - membre notamment de l’Académie pontificale des sciences sociales du Vatican et parmi les premiers à dénoncer le genre après la Conférence de Pékin - , développe l’idée selon laquelle, dans les pays où l’ivg est légale, « on constate (…) que le caractère légal de l’avortement fait de celui-ci une arme imparable aux mains de l’homme qui refuse l’enfant : mari, compagnon, employeur, patron, fonctionnaire.
Individualisme et Société Libérale
Cette affirmation se combine avec la doxa généralement avancée, qui consiste à dire que la dépénalisation de l’avortement est le résultat de l’individualisme forcené généré par la société libérale. Selon le théologien Jean-Marie Hennaux, la loi qui l’autorise « protège la volonté d’un individu (la femme), qui reçoit droit de vie et de mort sur un autre être humain, - volonté qui peut n’avoir aucune autre justification que son propre arbitraire ».
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L'Église Belge et l'Avortement : Une Abstention Relative
Si le discours autorisé de la hiérarchie ecclésiastique condamne sans exception l’avortement, les ecclésiastiques belges se sont longtemps gardés de soutenir ouvertement les engagements plus musclés tels que les commandos dans ou devant les hôpitaux. En Belgique, après le vote de la loi de dépénalisation partielle, deux mille personnes se rassemblent autour de l’évêque Mgr Houssiau à la basilique de Koekelberg pour prier « pour la vie ». C’est la dernière fois, avant longtemps, à notre connaissance, qu’un tel événement est organisé d’une manière officielle. Deux raisons expliquent cette abstention.
La première raison consiste à éviter une question susceptible de scinder la communauté. A la suite d’Humanae Vitae (1968), l’Eglise enseignante (le clergé) s’est coupée d’une partie importante de l’Eglise enseignée (le laïcat). Une même hostilité s’exprime à chaque fois qu’un membre du clergé condamne toute forme d’ivg (y compris en cas de danger pour la vie de la femme, de viol ou d’inceste). D’autant que sa position radicale à l’encontre de toute planification et limitation de la natalité est de plus en plus en désaccord avec les politiques démographiques menées à l’échelle internationale. De nombreux intervenants médicaux et sociaux ainsi que des intellectuels catholiques ont pris (et prennent) la parole pour exprimer leur désaccord.
La deuxième raison qui explique le peu d’entrain de l’Eglise à rallier les combats anti-avortement musclés tient à leur connotation très négative, legs des commandos aux Etats-Unis et en France. En France, la cause anti-ivg - ramification de la cause pro-vie - est une des bannières de la droite radicale depuis des décennies. En Belgique, seul le Vlaams Belang se l’approprie ouvertement. Ainsi, si des croyants adhèrent en leur âme et conscience au discours officiel de l’Eglise, la plupart, par crainte d’être assimilés à des groupes identifiés comme extrémistes, évitent de canaliser leur énergie sur cette seule cause.
L'Archevêché de Malines-Bruxelles et le Changement de Discours
Cependant, après la nomination d’André Léonard à l’archevêché de Malines-Bruxelles en 2010, le discours officiel change en profondeur. En avril 2015, son homélie pascale qui commémore en la déplorant les vingt-cinq ans de la loi de dépénalisation de l’avortement, a choqué toute la presse. « Il s’agit toujours », déclarait le primat de Belgique, « de victimes qui ne peuvent pas se défendre. Le petit enfant dans le sein maternel peut bien tenter de se réfugier contre la paroi de la matrice afin d’échapper à l’agression, mais en vain. Il ne sera bientôt plus qu’un déchet biologique ».
Ces déclarations s’inscrivent dans un mouvement global qui intègre toutes les pratiques de l’ivg (y compris médicale) dans un argumentaire plus large : la défense de la vie. Embrasser cette lutte signifie résister au progrès technocratique. Bien que, comme l’a montré Maria Eleonora Sanna, le Saint-Siège élabore une rhétorique qui met en avant le bien-être et l’épanouissement des femmes en adéquation avec les principes du libéralisme contemporain, le discours fait de l’opposition à toute intervention de l’homme dans la gestation un rempart contre l’individualisme mortifère engendré par le système libéral. Lorsqu’une femme avorte, non seulement elle nie sa fonction maternelle, elle n’accepte pas la vie voulue par Dieu, elle commet un meurtre, mais en plus…
Le Café Joyeux : Entre Inclusion et Réseaux Catholiques
L’histoire du Café Joyeux, une chaîne de coffee-shops employant des personnes en situation de handicap, illustre la complexité des enjeux éthiques et idéologiques liés au catholicisme contemporain. Fondée par Yann et Lydwine Bucaille Lanrezac, entrepreneurs fortunés et catholiques pratiquants, l’entreprise se présente comme un modèle d’inclusion et de solidarité. Cependant, l’analyse des structures financées par le fonds de dotation Émeraude Solidaire, lié au Café Joyeux, révèle un soutien à des associations catholiques, y compris dans leur tendance la plus réactionnaire.
Parmi les organisations financées, on trouve Enfants du Mékong, dont l’ancien directeur est un militant anti-PMA, proche de la Manif pour tous et d’Alliance Vita, organisation fer de lance du mouvement pro-vie. Émeraude Solidaire finance également la fondation Jérôme-Lejeune, opposée à l’avortement, au mariage homosexuel et à la PMA. Ces choix de financement, bien que représentant des sommes relativement faibles, interrogent sur les valeurs et les convictions des fondateurs du Café Joyeux.
La proximité des Bucaille Lanrezac avec la Communauté de l’Emmanuel, un mouvement catholique conservateur mais libéral sur le plan économique, renforce cette impression. Cette communauté, qui organise des rassemblements d’été à Paray-le-Monial, donne régulièrement la parole à Alliance Vita et à des personnalités politiques opposées au mariage pour tous et à la PMA.
La question du handicap est également instrumentalisée par certains milieux catholiques conservateurs. La fondation Jérôme-Lejeune, par exemple, a fait de la trisomie 21 le fer de lance de sa critique de l’avortement, considérant que celui-ci conduit à un « eugénisme systématique » et à la potentielle disparition des personnes trisomiques.
Malgré ces accointances idéologiques, le Café Joyeux bénéficie d’une image positive auprès du grand public et des pouvoirs publics. L’État français, par le biais de subventions et de soutiens politiques, participe activement à la promotion de l’entreprise. Cette situation met en lumière les ambiguïtés et les contradictions d’une société qui valorise l’inclusion et la diversité, tout en fermant parfois les yeux sur les engagements idéologiques de certains acteurs.
La Loi Veil et les Luttes pour le Droit à l'Avortement en France
L'exposition aux Archives nationales consacrée au discours de Simone Veil sur la loi relative à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) rappelle l'intensité des luttes qui ont précédé la légalisation de l'avortement en France. La loi de 1975 est l'aboutissement d'un compromis, mais elle ne doit pas masquer les combats menés par les féministes et les mouvements de libération des femmes pour la reconnaissance du droit des femmes à disposer de leur corps.
Avant la loi Veil, l'avortement était interdit et sévèrement réprimé en France. La loi du 31 juillet 1920 condamnait non seulement l'avortement, mais aussi la provocation à l'avortement et la propagande anticonceptionnelle. Sous Vichy, l'avortement était considéré comme un crime d'État, passible de la peine de mort.
Dès les années 1950, des voix s'élevaient pour dénoncer le caractère répressif de la loi de 1920 et plaider pour un accès libre aux contraceptifs modernes. Le Mouvement français pour le Planning familial, né en 1956, joua un rôle essentiel dans la sensibilisation du public et la revendication de la libéralisation de l'avortement.
Dans le contexte de l'après-68, les revendications pour l'avortement libre et gratuit se firent de plus en plus pressantes. Le Mouvement de libération des femmes (MLF) porta cette revendication au nom de la libre disposition de leur corps par les femmes. Le manifeste des 343 femmes ayant déclaré avoir avorté, publié en 1971, marqua un tournant dans la lutte pour le droit à l'avortement.
Face à ce mouvement de fond, un contre-mouvement s'organisa dès 1970 pour défendre le droit à la vie du fœtus et s'opposer à toute réforme de la loi. La libéralisation de l'avortement devint un enjeu politique majeur, qui divisa profondément la société française.
La loi Veil, adoptée en 1975, dépénalisa l'avortement sous certaines conditions. Elle autorisa l'IVG pour les femmes en « situation de détresse » pendant les dix premières semaines de grossesse. Cette loi fut un compromis entre les différentes forces politiques en présence, mais elle permit de sortir des milliers de femmes de la clandestinité et de leur offrir un accès à des soins médicaux sûrs et légaux.
Les Arguments Philosophiques et Éthiques sur le Statut Moral de l'Embryon
Le débat sur l'avortement soulève des questions philosophiques et éthiques fondamentales sur le statut moral de l'embryon/fœtus humain. La question centrale est de savoir si les entités anténatales humaines ont un statut moral, si ce statut moral leur donne droit à la vie, et s'il est par conséquent moralement permis ou non de mettre un terme à leur développement.
Les positions divergent sur la question de savoir si l'embryon est un être humain dès la fécondation, ou bien ultérieurement. La notion de personne est également au cœur du débat : est-il nécessaire et suffisant d'être un être humain pour avoir un statut moral et avoir le droit de vivre ?
Les arguments en faveur de l'avortement mettent en avant le droit des femmes à disposer de leur corps, la nécessité de prendre en compte les situations de détresse et les difficultés sociales, ainsi que la distinction entre la loi morale et la loi civile. Les opposants à l'avortement, quant à eux, insistent sur le droit à la vie de l'embryon/fœtus, la valeur de la vie humaine dès la conception et les conséquences psychologiques et sociales de l'avortement.
La complexité de ces arguments et l'absence de consensus sur le statut moral de l'embryon/fœtus rendent le débat sur l'avortement particulièrement difficile à résoudre.
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