Les pleurs sont le premier langage de bébé. Dès la naissance, c'est son principal moyen de communication pour exprimer ses besoins, ses émotions et son état intérieur. Comprendre ces pleurs est essentiel pour y répondre de manière appropriée et renforcer le lien d'attachement avec votre enfant.

Un besoin derrière chaque pleur

Aujourd'hui, grâce aux récentes découvertes scientifiques, notamment en neurosciences, nous savons qu'il se cache toujours un besoin derrière un pleur de bébé. Il s’agit de son seul moyen de communication. Un bébé n’est pas capricieux et n’est pas manipulateur, il est dans l’incapacité physique d’assouvir ses besoins vitaux seul. Un bébé est dépendant. Pour survivre, il a besoin de quelqu’un (un adulte) qui puisse prendre soin de lui. Ce petit être est autocentré sur lui et sur ses besoins physiologiques : s’alimenter, boire, éliminer, dormir et recevoir de l’affection. Il peut également exprimer une douleur ou un inconfort lié à des coliques, des gaz, un vêtement trop chaud ou trop froid, un bouton de moustique, une couche souillée…ou même exprimer des émotions. Un bébé pleure ou gémit pour alerter l’adulte qui prend soin de lui afin que celui-ci lui vienne en aide. L’adulte fait de son mieux pour répondre efficacement aux besoins du bébé et ce n’est pas toujours évident de comprendre rapidement ce qu’il demande. Cela peut aussi prendre un peu de temps avant que la professionnelle noue une relation de proximité avec le bébé nouvellement accueilli.

Le Dunstan Baby Language : un outil pour décoder les pleurs

Face aux difficultés rencontrées par de nombreux parents pour comprendre les pleurs de leur bébé, Priscilla Dunstan, une musicienne australienne dotée d'une ouïe absolue, a développé une méthode révolutionnaire : le Dunstan Baby Language.

L'origine de la méthode

En 1998, Priscilla Dunstan, musicienne australienne à l’oreille absolue (capacité d’entendre et de reconnaitre des notes sans identification préalable à une autre note. On parle aussi de mémoire photographique des Sons) s’est retrouvée en difficulté dans sa maternité. Son bébé ne faisait que pleurer et elle ne savait pas pourquoi. Elle s’est épuisée au point de ne plus comprendre ses demandes. Un jour, alors qu’elle était à bout, elle a eu l’idée de mettre à profit son oreille et cette facilité qu’elle a à entendre et décrypter les sons. Pendant plusieurs jours, elle a écouté les sons qui sortaient de la bouche de son bébé, elle a noté sa posture, ses gestes, puis les réponses qu’elle apportait et comment son bébé réagissait à celles-ci, à savoir si elles étaient satisfaisantes pour lui ou non, si les solutions apportées répondaient bien aux besoins de son bébé. De 0 à 5 mois, tous les bébés pleurent de la même façon Cette découverte a été déterminante pour la suite de sa maternité puisqu’au bout de quelques jours seulement, elle s’est rendue compte qu’elle était capable de répondre plus efficacement et plus rapidement aux pleurs de son bébé. Son bébé était plus serein et plus apaisé, et elle aussi ! Elle a décidé, avec l’aide de son père, Le professeur Max Dunstan (Ph doctor) de l’Université de Sydney, de lancer un protocole de recherche scientifique pour valider le Dunstan Baby Language. Après plusieurs années d’études et de tests avec des milliers de familles, ils ont conclu que tous les bébés du monde émettent les mêmes sons entre 0 et 5 mois. Un bébé né en Afrique ou en Amérique s’exprime de la même façon (mêmes sons et mêmes postures), qu’un bébé né en Europe ou en Asie !

Les 5 sons universels

Le Dunstan Baby Language identifie 5 sons principaux émis par les bébés de 0 à 5 mois, chacun correspondant à un besoin spécifique :

Lire aussi: Mon bébé et les bruits forts

  • « Nèh » : J’ai faim. La langue du bébé touche le palais puis redescend. Lorsqu’un bébé a besoin de manger, il a un réflexe de succion.
  • « Owh » : J’ai sommeil. La bouche du bébé a une forme ovale en « O » dû au réflexe de bâillement. Le bâillement de bébé produit le son « aoh » qui sera le même dans les cris à plein poumons.
  • « Eairh » : J’ai des coliques.
  • « Eh » : J’ai besoin de faire un rot. Tant que le bébé produit ce son, on évite de le nourrir et on lui fait faire son rot.
  • « Hèh » : Je suis inconfortable. Le bébé a chaud ou froid, ou bien sa couche est mouillée.

Au-delà de 5 mois

Ces différents pleurs sont toujours perceptibles après 5 mois mais ils peuvent être mêlés à du babillage ce qui peut rendre l’interprétation des sons un peu moins évidente.

Autres sons

De nouveaux sons peuvent faire leur apparition à partir de 12 semaines :

  • « Guèn » : Je fais mes dents. Le bébé salive et donne l’impression de se masser les gencives l’une sur l’autre.
  • « Lelaol » : Je me sens seul(e). Le ton est plaintif et triste. Chez votre bébé qui n’a pas de dents, ce soupir soulève sa langue et la fait papillonner.
  • « Nah » : J’ai soif. La langue glisse d’avant en arrière sans terminer le mouvement de succion du mot. Le son « nah » provient d’un mouvement de la langue associé à une vibration vocale à l’intérieur de la bouche sèche de bébé.
  • « Ouin » : Je n’en peux plus. Le bébé a un trop-plein d’émotions. Son menton tremble, ses mouvements sont brusques et saccadés, l’ensemble de son corps est contracté. La bouche est grande ouverte.

Intégrer le Dunstan Baby Language dans la pratique professionnelle

Tous les professionnels de la petite enfance ont à cœur de répondre aux besoins des enfants qu’ils accueillent à domicile ou en structure tout en se sentant parois démunis et frustrés de ne pouvoir répondre à plusieurs bébés en même temps. Certains savent intuitivement interpréter les pleurs des bébés, d’autres peuvent avoir besoin d’éléments concrets : c’est l’une des forces du Dunstan Baby Language. Certains bébés peuvent s’autoréguler alors que d’autres pleurent immédiatement de faim, de sommeil ou d’inconfort. Cet outil aide à comprendre rapidement les besoins d’un ou plusieurs bébés et d’y répondre facilement. Les bébés sont moins stressés, leurs pleurs diminuent en intensité et en durée, ils dorment mieux …et l’ambiance du lieu d’accueil s’en ressent ! Par ailleurs cette approche favorise les liens d’attachement et soutient le développement de l’estime de soi des bébés, en leur montrant que leur besoin est entendu, qu’il est valide et qu’on y apporte une réponse.

Formation spécifique

La méthode se montre et se transmet aux parents comme aux professionnels, sous forme d’ateliers à distance ou en présentiel Au cours d’une formation au Dunstan baby language, les stagiaires apprennent à décrypter les besoins cachés derrière les 5 pleurs du nourrisson âgés de 0 à 5 mois. Les stagiaires apprennent également à décoder les sons préliminaires aux pleurs et la gestuelle de l’enfant : ainsi, les bébés n’ont plus besoin de pleurer abondamment pour être entendus et sécrètent moins d’hormones de stress.

Au-delà du Dunstan Baby Language : l'importance de l'observation et du contexte

Bien que le Dunstan Baby Language puisse être un outil précieux, il est important de souligner que les pleurs de bébé ne sont pas toujours un langage codé. Il est essentiel d'observer attentivement votre enfant et de prendre en compte le contexte pour comprendre ce qu'il essaie de vous dire.

Lire aussi: Fin de grossesse et claquements: que faire?

L'importance du contexte

Généralement, tout le monde pense qu'il est possible d'identifier la cause d'un pleur, mais en réalité, en faisant des analyses assez poussées des pleurs des bébés, il s'avère qu'il n'y a en réalité aucune information quant à la cause des pleurs. Le pleur, c'est ce qu'on appelle un signal gradé depuis une faible intensité jusqu'à une forte intensité. Ses caractéristiques de hauteurs plus ou moins aigües ou graves, peuvent changer. Le bébé peut modifier à façon ce signal gradué. Ce qui lui permet de coder un certain niveau de stress, ou de détresse, de douleur ou d'inconfort. Mais il ne lui permet pas de coder la cause du pleur. Donc, en tant que parent, on peut essayer de deviner ou de décoder la cause du pleur d'un bébé, mais on le fait toujours dans certains contextes (par exemple, quand on n'a pas nourri son bébé depuis un certain nombre d'heures, il est fort probable qu'il va pleurer parce qu'il a faim).

Les pleurs de décharge

Pour Aletha Solter, psychologue spécialiste du développement de l’enfant, les pleurs du bébé sont plutôt un moyen d’extérioriser ses frustrations, sa colère ou encore la douleur de sa naissance. Il s’agit là de pleurs de décharge que l’on appelle souvent « pleurs du soir » alors qu’ils peuvent apparaître à tout moment de la journée. Les pleurs auraient donc une fonction et les nourrissons ayant connu un stress précoce pleureraient plus que les autres. Les pleurs serviraient, d’après la psychologue, de mécanisme d’évacuation du stress et il serait inutile de vouloir les faire taire à tout prix.

Comment agir quand bébé pleure ?

Entendre pleurer un bébé peut être très difficile à supporter, surtout quand cela dure dans le temps et que l’intensité se fait croissante. Vous avez essayé de décrypter les pleurs de bébé sans succès. Voici nos suggestions et conseils pour gérer au mieux ces moments délicats :

  • Rester calme : Assurez-vous d’être suffisamment calme lorsque vous prenez l’enfant dans vos bras, ce afin de ne pas lui communiquer d’émotions négatives. Si besoin, déposez-le dans son lit sur le dos et quittez la pièce quelques instants, le temps de vous recentrer.
  • Passer le relais : Ne comptez pas que sur vous-même pour vous occuper entièrement de votre bébé. Si vous le pouvez, faites appel à un proche. Cela peut avoir un effet apaisant.
  • Répondre aux besoins fondamentaux : Vérifiez si votre bébé a faim, sommeil, chaud, froid, ou si sa couche est pleine.
  • Offrir du réconfort : Prenez votre bébé dans vos bras, bercez-le, parlez-lui doucement, chantez-lui une berceuse.
  • Utiliser des techniques d'apaisement : Enveloppez votre bébé dans un lange, proposez-lui une tétine, faites-le écouter des bruits blancs.
  • Consulter un professionnel de santé : Si les pleurs persistent ou vous inquiètent, n'hésitez pas à consulter votre médecin ou un pédiatre.

Les pleurs fantômes

Après la naissance de votre enfant, votre monde change. Votre corps n'est plus le même qu’avant, vous êtes submergé par plusieurs émotions, lorsque vous tenez enfin votre bébé entre vos mains. Comme ressentiment, vous pouvez être contente, folle d’amour ou un peu distante envers lui. Niveau professionnel et vie de couple, c’est une tout une nouvelle réorganisation. Chessie King, le dit ‘’les pleurs fantômes sont réels, même quand le bébé ne pleure pas vraiment". Les non-dits et le silence ne vous aident pas à lever le voile sur votre situation ou à aller mieux. Il est important de mettre les mots sur ce que vous vivez, parce que votre histoire de maman compte. C’est pourquoi cette maman a pris la parole pour raconter son histoire. Je sais que je ne suis pas la seule à vivre ça, mais à ce moment je me sentais seule, comme si mon cerveau avait été piraté et c'était bouleversant. Le dire à voix haute paraissait bizarre et je me suis retenue de l'expliquer à mes amis pendant des semaines mais, une fois que je l'ai fait, beaucoup d'entre eux ont dit avoir expérimenté la même chose pendant leurs premières semaines de parentalité. Je l’ai vécue, si cela se trouve, je ne suis pas la seule. Vous n’êtes pas les seules à vivre cette expérience, entendre en permanence les pleurs de bébé. En discutant avec d’autres mamans sur ce sujet nous avons recueilli le témoignage de la maman, d’un petit garçon, Arthur qui nous explique ses cauchemars nocturnes. Quand Arthur est né, je me réveillais souvent en pleine nuit, complètement paniquée… Voire en sueur. L'impression que je l'avais fait tomber par terre, qu'il m'avait échappé des mains… J'en réveillais d'ailleurs mon mari qui, paniqué à son tour par mes cris cauchemardesques, se demandait ce qu'il se passait ! Tout cela pour en fait me rendre compte que mon fils dormait paisiblement dans son lit et que moi-même j'étais dans le mien. Ce cauchemar je l'ai souvent fait. L'inconscient d'un parent est vraiment fait bizarrement, on a l'impression qu'il est même complètement détraqué à cause de toute cette panique qu'on a tendance à souvent ressentir, et que l'on a aussi souvent du mal à évacuer.

Que faire quand on est touché par les pleurs fantômes ?

  • Pour les proches et la famille: Les publications sur les réseaux sociaux ne suffisent pas à comprendre l’état d’une personne. Vous pouvez appeler et prendre des nouvelles de la maman. Peut-être qu’elle a besoin d’une aide en particulier, à la maison, ou se changer les idées comme une sortie. ‘’Nous pouvons tous aller au-delà du double tapotement sur une publication Instagram, il suffit d'un appel téléphonique pour s'attaquer à la montagne de linge sale ou pour suggérer de sortir de la maison pour une promenade ensemble’’
  • Pour les mamans: N’ayez pas peur de briser votre silence et d’en parler avec votre compagnon, votre famille, un groupe de parole de maman, ou si besoin vous pouvez consulter un psychologue. C’est libérateur d’exprimer vos émotions profondes qui soit proche de votre réalité. ‘’Si vous entendez le « cri fantôme » maintenant s'il vous plaît parler à quelqu'un, je suis là pour vous aider autant que je peux.’’

Les limites du Dunstan Baby Language

De récentes études notamment celle de de l’université Jean Monnet à Saint-Étienne, de l’Inserm et du CNRS1 ont montré que les pleurs des bébés ne donnaient pas d’indications quant à leur cause (inconfort, faim, isolement etc…) tant en analyse acoustique par algorithme, qu’auprès d’un large panel d’auditeurs. Les données de Priscilla Dunstan sont donc à prendre avec pondération, et surtout ne vous inquiétez pas si vous ne différenciez pas différents pleurs chez votre bébé. En tant que parents et professionnels nous remarquons également que nous mettons du sens petit à petit sur les pleurs de notre enfant ou des enfants que nous connaissons bien. Les moments de la journée, les situations rencontrées nous donnent également des indices forts sur la raison des pleurs, parfois après coup mais cela nous aide toujours pour la suite.

Lire aussi: Conseils pratiques : Pleurer de bébé

Les pleurs du soir

Les pleurs du soir débutent généralement à partir des deux premières semaines du nouveau-né avec un pic autour du 2ème mois. Ces pleurs du soir débutent généralement en fin de journée à partir de 18h et serviraient à décharger le trop plein de stimulations de sa journée car à cet âge il s’ouvre au monde qui est plein de nouveautés. Ils peuvent durer une dizaine de minutes jusqu’à 2 heures. Ces pleurs sont souvent difficilement apaisables par le parent. Le plus dur mais aussi le plus important est de ne pas douter de vos compétences parentales à ce moment-là. Certaines astuces pourront vous aider à traverser cette étape (comme par exemple, prendre un bain, être en peau à peau, faire une promenade…) , à vous de trouver celle qui conviendra à votre bébé car chaque enfant est différent et les situations vairées.

tags: #bruit #de #pleurs #de #bébé #signification

Articles populaires: