Les infections respiratoires sont fréquentes chez les nourrissons et les enfants, principalement en raison de l'immaturité de leur système immunitaire et du développement incomplet de leur appareil respiratoire, qui ne s'achève qu'à partir de l'âge de 7 ans. Ces infections, qui entraînent une inflammation et une production accrue de mucus, peuvent provoquer des difficultés respiratoires parfois alarmantes.
Infections Respiratoires Courantes chez le Nourrisson
Bronchiolite du Nourrisson
La bronchiolite est une affection respiratoire qui touche principalement les nourrissons de moins de 12 mois. Elle est généralement causée par une infection virale. Elle débute souvent par une rhinite (inflammation de la muqueuse nasale) et évolue vers des symptômes respiratoires tels que la toux, des sifflements ou des crépitements audibles lors de l'auscultation, et peut être accompagnée de signes de lutte respiratoire. Dans la majorité des cas, la bronchiolite est due au virus respiratoire syncytial (VRS), mais elle peut également être secondaire à un autre virus, ou d’origine bactérienne. Chaque hiver en France, à la fin de l’automne et en hiver, la bronchiolite touche environ un tiers des nourrissons de moins de deux ans.
Pneumonies de l'Enfant
Les pneumonies chez l'enfant peuvent avoir une origine virale ou bactérienne, mais les pneumonies virales sont les plus fréquentes. Les pneumonies bactériennes sont considérées comme plus graves en raison de leur potentiel de complications et de sévérité. Les virus les plus souvent impliqués sont le Virus Respiratoire Syncytial (VRS) et le virus de la grippe, ce dernier pouvant provoquer des pneumonies virales sévères. En France, les enfants sont surtout touchés par les pneumonies bactériennes, provoquées principalement par le pneumocoque. Elles se déclenchent souvent après un simple rhume. Les pneumonies virales sont surtout dues au virus syncytial ou au virus de la grippe, le virus influenza. À noter que cette dernière fait partie des pneumonies les plus dangereuses. En effet, elle peut entraîner une surinfection bactérienne dans le système respiratoire, parfois mortelle.
Facteurs de Risque
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque d'infections respiratoires chez l'enfant, notamment :
- Tabagisme passif : L'exposition au tabagisme passif, même pendant la grossesse, est un facteur de risque significatif. Le tabagisme passif est responsable d’une augmentation des cas d’asthme et d’une aggravation de l’asthme de l’enfant exposé.
- Pollution de l'air : La pollution atmosphérique peut également contribuer à augmenter le risque d'infections respiratoires.
Signes d'Alerte
Il est crucial de consulter un médecin si vous observez les signes d'alerte suivants chez votre enfant :
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- Comportement inhabituel : Fatigue excessive ou gémissements intermittents lorsque la respiration est plus rapide.
- Difficultés respiratoires : Augmentation de la fréquence respiratoire, tirage thoracique (creusement du thorax lors de la respiration).
- Difficulté à s'alimenter : Refus de boire ou diminution de la prise alimentaire (moins de 50 % des apports habituels lors de trois repas consécutifs).
- Fièvre : Fièvre plus ou moins bien tolérée, associée à une respiration rapide (tachypnée) et à des signes de lutte respiratoire.
Appelez immédiatement votre professionnel de santé si vous pensez que votre bébé a une pneumonie ou qu’il en présente les symptômes. En voici quelques exemples :
- La toux, particulièrement si elle s’ajoute à l’un ou plusieurs des symptômes ci-dessous
- La fièvre
- Des sueurs, des frissons ou la peau rouge
- Une pâleur
- Une respiration rapide ou difficile
- Un creusement de la poitrine autour des côtes et du sternum en respirant
- Une respiration sifflante
- Une dilatation des narines
- Des pleurs plus fréquents que d’habitude
- Une perte d’appétit
- Une baisse d’énergie ou une mollesse
- Une douleur à la poitrine, particulièrement lors d’une toux ou d’une respiration profonde
- Les lèvres ou les ongles bleus (qui sont des signes d’une baisse du taux d’oxygène dans le sang).
Diagnostic de la Pneumonie
Le diagnostic de la pneumonie du jeune enfant commence par un examen clinique. Votre médecin prendra en compte tous les symptômes et écoutera avec une attention particulière la respiration de bébé. Il est aussi fréquent de faire passer une radiographie thoracique à bébé. En cas d’infection virale ou parasitaire, les deux poumons de l’enfant présenteront des opacités sur la radio, alors que ce ne sera le cas que pour un seul lobe opaque dans le cadre d’une forme bactérienne.
La pneumonie est généralement diagnostiquée par un examen physique, mais en fonction des cas, des examens complémentaires comme une radio ou une analyse sanguine peuvent être prévus pour obtenir plus d’informations.
La CRP en micro-méthode (mesure automatisée ou bandelette) peut contribuer à différencier l’étiologie bactérienne de l’étiologie virale : si la CRP > 100 mg/L l’étiologie bactérienne est hautement probable ; si la CRP < 40 mg/L, l’étiologie virale est fortement probable.
Traitement des Infections Respiratoires
Traitement de la Bronchiolite
Le traitement de la bronchiolite du nourrisson vise principalement à soulager les symptômes :
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- Lavage nasal : Utilisation de sérum physiologique ou d'un mouche-bébé pour dégager le nez et faciliter la respiration.
- Gestion de la fièvre : Administration de médicaments pour faire baisser la fièvre si elle est mal tolérée.
Traitement de la Pneumonie
Le traitement de la pneumonie dépend de son origine :
- Pneumonie virale : Le traitement consiste à contrôler la fièvre et à administrer de l'oxygène si nécessaire, ce qui peut nécessiter une hospitalisation. Une pneumonie virale se guérit en général toute seule en quelques jours sans besoin de traitement particulier (à l’exception de beaucoup de repos, de bien s’hydrater et de prendre des médicaments pour la fièvre si votre professionnel de santé vous en a prescrit).
- Pneumonie bactérienne : Elle est traitée avec des antibiotiques.
Suivez toujours les recommandations de votre médecin lorsqu’il s’agit de donner des médicaments et des antibiotiques à votre enfant. N’arrêtez pas le traitement en avance juste parce qu’il a l’air d’aller mieux : continuez comme prescrit.
Si votre bébé a une pneumonie, évitez de lui administrer des médicaments contre la toux comme ceux qui contiennent de la codéine ou du dextrométhorphane. En effet, la toux a en réalité un effet bénéfique puisqu’elle aide votre bébé à expulser les liquides produits à cause de l’infection.
Assurez-vous que votre bébé se repose suffisamment et qu’il s’hydrate bien. Continuez à le surveiller et, si vous pensez que son état empire ou que l’infection se propage, reprenez rendez-vous.
Il est recommandé de délivrer une information sur la nécessité de réévaluer dans les 48 à 72h après le début du traitement en cas de non-amélioration (fièvre, état général). En cas d’absence d’amélioration des symptômes, il convient de rechercher une éventuelle complication (radiographie pulmonaire ou échographie thoracique) et d’envisager un traitement adapté à Mycoplasma pneumoniae. En cas d’aggravation clinique, il convient d’hospitaliser.
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Les antibiotiques sont généralement réservés aux formes bactériennes ou parasitaires. Des antiviraux spécifiques au virus responsable peuvent être utilisés pour les formes virales. Dans tous les cas, il est aussi important de lutter contre la fièvre de bébé à l’aide de paracétamol par exemple qui vous sera prescrit par votre médecin traitant ou votre pédiatre. La pneumonie disparaît normalement en 10-12 jours en moyenne. Une radiographie thoracique de contrôle est normalement effectuée pour s’assurer que bébé est bien guéri. À noter que les bébés à risques (immunodéprimés ou qui présentent un problème cardiaque) et les nourrissons de moins de 3 mois sont souvent hospitalisés le temps du traitement. Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à retourner chez votre soignant ou votre soignante si la fièvre perdure sur plusieurs jours, si les difficultés respiratoires empirent, ou si apparaissent d’autres signes d’infection (nuque raide, articulations rouges et gonflées, vomissements…).
L'Antibiorésistance
L’expansion de l’antibiorésistance constitue un problème majeur de santé publique au niveau national et international.
Durée de la Pneumonie
Le temps nécessaire au bon rétablissement de votre petit peut dépendre de nombreux facteurs, notamment le type de pneumonie qu’il a contractée et sa gravité.
Avec un traitement adéquat, une pneumonie peut disparaître en deux semaines, bien qu’une toux puisse encore persister quelques semaines de plus. Dans les cas plus graves, le rétablissement de bébé à la suite d’une pneumonie peut être plus long.
Votre enfant tousse encore au bout d’un mois. « Une radiographie pulmonaire sera prescrite afin de vérifier qu’il n’y a plus de foyer pulmonaire et si c’est le cas, un contrôle sera de nouveau demandé 3 semaines plus tard », informe le pédiatre.
Prévention
Bien que la pneumonie en elle-même ne soit généralement pas contagieuse, les virus ou les bactéries qui l’ont causée peuvent se transmettre d’une personne à une autre.
Afin d’éviter la propagation des virus et bactéries, il est recommandé de bien se laver les mains, de limiter les embrassades, ou encore, par exemple, de ne pas utiliser les mêmes couverts et verres sans les avoir lavés entre deux.
Il n’est probablement pas possible de garantir que votre bébé n’ait pas de pneumonie, mais vous pouvez faire en sorte que ses chances d’en contracter une diminuent. Voici quelques idées pour que votre bébé évite la pneumonie :
- Vaccination contre le pneumocoque : Votre enfant peut être vacciné contre les bactéries appelées pneumocoques, qui sont la cause la plus fréquente des pneumonies. Le vaccin doit en général être administré avant l’âge de 1 an. Depuis le 1er janvier 2018, tous les nourrissons doivent obligatoirement être vaccinés contre les infections à pneumocoques avec le vaccin à 13 valences. Le schéma de vaccination comporte trois doses de vaccins, administrées à 2, 4 et 11 mois.
- Vaccination contre les maladies infantiles à risques : De nombreuses maladies peuvent entraîner une pneumonie virale. Heureusement, il existe des vaccins pour la plupart d’entre elles : les différentes formes de grippe, la rougeole, la coqueluche et la varicelle. C’est pour cette raison qu’il est important d’être à jour dans ses vaccins.
- Éviter l'exposition aux personnes malades : Tenez votre enfant éloigné de tout adulte ou bébé présentant des signes d’infection des voies respiratoires supérieures. Cela peut se traduire par un nez bouché ou qui coule, une toux ou un mal de gorge.
- Hygiène rigoureuse : Assurez-vous que les membres de votre famille et les personnes s’occupant du bébé se lavent souvent les mains. L’un des meilleurs moyens de diminuer le risque de pneumonie pour votre enfant est simplement de maintenir une bonne hygiène. Cela passe avant tout par un lavage fréquent des mains pour vous et toute la famille, car les gens ont tendance à se toucher très souvent les yeux, la bouche ou le nez sans même le remarquer.
- Allaitement maternel : L'allaitement maternel peut renforcer le système immunitaire du bébé et réduire le risque d'infections.
Pneumopathie Interstitielle
Une centaine d’enfants souffrent de pneumopathie interstitielle en France. L’origine de la pneumopathie interstitielle est souvent génétique, parfois environnementale. En cas de pneumopathie interstitielle, c’est la fine couche liquide recouvrant les alvéoles des poumons qui est atteinte. En temps normal, cette dernière agit comme un bouclier en protégeant les poumons contre les bactéries et les virus. Quant au tissu très mince qui entoure et soutient les alvéoles, l’interstitium, il s’épaissit et complique le passage de l’oxygène des alvéoles au sang. Si votre enfant est atteint ou a été atteint d’une pneumopathie, interstitielle ou non, soyez particulièrement vigilants aux infections classiques. Bronchites ou rhumes risquent en effet d’abîmer leurs poumons déjà fragilisés.
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