Introduction

La diversité des êtres vivants est une caractéristique fondamentale du monde qui nous entoure. Au sein d'une même espèce, les individus présentent des différences physiques et génétiques, contribuant à la richesse du vivant. Ce phénomène est particulièrement visible chez les espèces à reproduction sexuée, où les descendants ne sont jamais des copies conformes de leurs parents. Ce cours de biologie explore les mécanismes fondamentaux à l'origine de cette diversité : le brassage génétique, la méiose et la fécondation.

Les nouveaux individus sont différents physiquement de leurs parents, ainsi que de leur fratrie, mais ils possèdent tout de même le même nombre de chromosomes. Ce constat s'explique par le mécanisme de formation des gamètes (qui sont les cellules sexuelles, haploïdes) : la méiose, qui au cours de ses deux divisions successives permet une grande variété de gamètes possibles à partir du génome parental grâce aux brassages intra et interchromosomiques. Lors de la fécondation, deux gamètes se réunissent, et ainsi se multiplient les possibilités d'un nouvel individu unique. Cependant, des réarrangements génétiques ou des erreurs peuvent se produire au cours de la méiose : le crossing-over permet de nouvelles combinaisons alléliques ; d'autre part, des duplications à l'origine des familles multigéniques ; enfin des mouvements anormaux de chromosomes peuvent aboutir à des maladies génétiques.

Les Bases : Cellules Haploïdes et Diploïdes

Pour comprendre les mécanismes du brassage génétique, il est essentiel de définir les concepts de cellules haploïdes et diploïdes.

  • Cellule diploïde : Une cellule diploïde possède 2n chromosomes, organisés en paires d'homologues. Cela signifie que pour chaque gène, il existe deux allèles (versions du gène), qui peuvent être identiques ou différents. Toutes les cellules humaines, à l'exception des gamètes, sont des cellules diploïdes.

  • Cellule haploïde : Une cellule haploïde possède n chromosomes. Les chromosomes ne sont pas organisés en paires, il n'y a donc qu'un seul allèle pour chaque gène. Les gamètes humains (ovocytes et spermatozoïdes) sont des cellules haploïdes.

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La Méiose : Division Cellulaire et Brassage Génétique

La méiose est un processus de division cellulaire spécifique aux cellules sexuelles. Elle se déroule en deux divisions successives, précédées d'une unique réplication de l'ADN. La méiose permet de produire des gamètes haploïdes à partir de cellules diploïdes. Ce processus est crucial pour la reproduction sexuée et est à l'origine d'un brassage génétique important.

Les Étapes de la Méiose

La méiose se divise en deux grandes étapes : la méiose I (division réductionnelle) et la méiose II (division équationnelle).

Méiose I : La Division Réductionnelle

La méiose I est une division dite réductionnelle car elle modifie la ploïdie de la cellule-mère. Elle permet de passer d'une cellule-mère diploïde à deux cellules-filles haploïdes. Elle comprend les phases suivantes :

  • Prophase I : Les chromosomes se condensent et deviennent visibles. Les paires de chromosomes homologues s'apparient pour former des bivalents ou tétrades. La membrane nucléaire disparaît. C'est durant cette phase que se produit le crossing-over, un échange de fragments chromosomiques entre les chromosomes homologues.

  • Métaphase I : Les centromères des chromosomes se disposent de part et d'autre de la plaque équatoriale, qui divise la cellule en deux.

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  • Anaphase I : Les paires de chromosomes homologues se séparent et migrent indépendamment vers les pôles opposés de la cellule. C'est le brassage interchromosomique.

  • Télophase I : Les chromosomes sont maintenant aux pôles de la cellule, et l'enveloppe nucléaire se reforme chez certaines espèces. La cellule se divise ensuite en deux cellules filles haploïdes (cytodiérèse ou cytocinèse).

Méiose II : La Division Équationnelle

La méiose II se déroule directement après la méiose I, sans réplication de l'ADN. C'est une division dite équationnelle car elle conserve la ploïdie de la cellule-mère. Elle ressemble à une mitose classique et comprend les phases suivantes :

  • Prophase II : Les chromosomes se recondensent. Cette phase est très rapide car les chromosomes se sont peu décondensés à la fin de la première division.

  • Métaphase II : Les centromères des chromosomes s'alignent sur la plaque équatoriale.

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  • Anaphase II : Les chromatides de chaque chromosome se séparent et migrent vers les pôles opposés de la cellule.

  • Télophase II : La cellule subit la cytodiérèse ou cytocinèse. On obtient quatre cellules haploïdes, chacune contenant n chromosomes à une chromatide.

Les Brassages Génétiques : Intra et Interchromosomiques

La méiose est le siège de deux types de brassages génétiques qui contribuent à la diversité des gamètes : le brassage intrachromosomique et le brassage interchromosomique.

Le Brassage Intrachromosomique

Le brassage intrachromosomique se produit au sein des paires de chromosomes homologues, lors de la prophase I. Il repose sur le phénomène de crossing-over ou enjambement, qui est un échange de fragments chromosomiques entre les chromosomes d'une même paire.

Au cours de la prophase I, les chromosomes se condensent et s'apparient. Les chromosomes homologues s'enjambent et parfois ils cassent. Les fragments sont alors "recollés", soit à leur chromosome d'origine, soit à l'autre chromosome de la paire. C'est ce qu'on appelle le crossing-over ou enjambement.

Ce crossing-over permet d'aboutir à des chromosomes recombinés. Ces combinaisons alléliques sont différentes des combinaisons parentales. C'est pour cela que l'on parle de brassage intrachromosomique. Le brassage intrachromosomique par le crossing-over ou enjambement

Le crossing-over permet de créer de nouvelles combinaisons d'allèles sur les chromosomes, différentes de celles présentes chez les parents. Ce brassage est d'autant plus important que le nombre de crossing-over par chromosome peut varier.

Le Brassage Interchromosomique

Le brassage interchromosomique se produit entre les chromosomes, lors de l'anaphase I. Il correspond à la migration aléatoire des chromosomes homologues vers les pôles opposés de la cellule.

Au cours de l'anaphase I de la méiose, les chromosomes homologues se séparent aléatoirement et migrent indépendamment les uns des autres vers les pôles opposés de la cellule. Il y a ainsi pour chaque paire d'homologues deux possibilités de migration en fonction de la disposition des homologues lors de la métaphase I. Chaque homologue porte les mêmes gènes mais une combinaison allélique différente.

Pour chaque paire de chromosomes homologues, il existe deux possibilités de répartition : soit le chromosome d'origine maternelle migre vers un pôle et le chromosome d'origine paternelle vers l'autre, soit l'inverse. Étant donné que chaque cellule humaine possède 23 paires de chromosomes, le nombre de combinaisons possibles est de 2^23, soit environ 8,3 millions de gamètes différents possibles pour chaque individu.

Unicité des individus et brassage génétique

La méiose est donc le siège de deux brassages : intra-chromosomique et inter-chromosomique. La méiose ne crée pas de nouveaux allèles. Ces brassages contribuent à créer des gamètes uniques. Lors de la fécondation, deux gamètes fusionnent, l'un d'origine maternelle, l'autre d'origine paternelle et reconstitue des paires de chromosomes homologues. La fusion de deux cellules haploïdes génèrent une cellule œuf diploïde qui transmet l'information génétique de génération à la suivante.

La Fécondation : Rencontre Aléatoire des Gamètes

La fécondation est la fusion de deux gamètes haploïdes (un spermatozoïde et un ovule) pour former un zygote diploïde. Elle marque la fin de la phase haploïde et permet de restaurer le nombre de chromosomes caractéristique de l'espèce.

La fécondation se fait par fusion des gamètes (plasmogamie). Les noyaux haploïdes de chaque gamète, appelés pronuclei, fusionnent : c'est la caryogamie, ce qui forme le zygote diploïde, aussi appelé cellule-œuf. La fécondation permet au zygote de retrouver la diploïdie caractéristique de son espèce. Ainsi, l'espèce conserve son nombre de chromosomes au cours des reproductions sexuées : il y a conservation de la formule chromosomique de génération en génération.

La fécondation est un événement aléatoire qui multiplie la diversité génétique. La diversité génétique augmentée au cours de la fécondation. Les brassages inter et intrachromosomiques aboutissent à une grande diversité de gamètes chez l'homme et chez la femme. La réunion des deux gamètes au cours de la fécondation multiplie la diversité des zygotes, donc la diversité des individus. Il est possible de former 2n gamètes différents, chez l'Homme, cela permet de fabriquer 223 gamètes différents. Pour avoir un enfant, il faut deux parents, qui produisent des cellules reproductrices avec la même probabilité (\dfrac{1}{2^{23}}). La probabilité d'avoir un enfant identique à un premier enfant, pris comme référence, est donc de \dfrac{1}{2^{23}} x \dfrac{1}{2^{23}} = \dfrac{1}{2^{46}}.

Étant donné le nombre considérable de gamètes différents produits par chaque parent (2^23 chez l'humain), la probabilité d'obtenir deux individus génétiquement identiques (à l'exception des vrais jumeaux) est extrêmement faible.

Anomalies de la Méiose et Conséquences

Bien que la méiose soit un processus finement régulé, des erreurs peuvent survenir lors des différentes étapes. Ces anomalies peuvent avoir des conséquences importantes sur le développement de l'individu.

Crossing-Over Inégaux

Au cours du crossing-over, les fragments de chromosomes homologues ne sont pas toujours de la même taille ; on parle alors de crossing-over inégaux. Les duplications de gènes associées aux mutations de ces derniers sont le mécanisme à l'origine de l'apparition des familles multigéniques.

Non-Disjonction des Chromosomes

Au cours de l'anaphase I, il peut arriver que les chromosomes homologues d'une même paire ne se disjoignent pas. Au cours de l'anaphase II, il peut arriver que les chromatides d'un même chromosome ne se séparent pas. La fécondation entre un gamète normal et un gamète portant un chromosome supplémentaire aboutit à un zygote porteur d'une trisomie.

Une non-disjonction des chromosomes homologues ou des chromatides peut entraîner des aneuploïdies, c'est-à-dire des anomalies du nombre de chromosomes. La trisomie est une maladie génétique due à la présence de trois chromosomes au lieu d'une paire. Cette maladie est causée par une non-disjonction des chromosomes homologues au cours de l'anaphase I de la méiose, ou de la non-disjonction des chromatides au cours de l'anaphase II de la méiose.Le syndrome de Down, est une trisomie 21, donc due à la présence de 3 chromosomes 21 au lieu de 2.S'il y a fécondation entre un gamète normal (apportant 23 chromosomes dans l'espèce humaine) et un gamète anormal (n'apportant que 22 chromosomes, il manque un représentant d'une paire d'origine), cela aboutit à un zygote porteur d'une monosomie. La monosomie est une maladie génétique due à la présence d'un seul chromosome au lieu d'une paire. Cette maladie est causée par une non-disjonction des homologues au cours de l'anaphase I de la méiose, ou de la non-disjonction des chromatides au cours de l'anaphase II de la méiose.

La trisomie 21 (syndrome de Down), caractérisée par la présence de trois chromosomes 21 au lieu de deux, est l'une des aneuploïdies les plus fréquentes chez l'humain.

Reproduction asexuée

Certains végétaux se multiplient sans passer par la reproduction sexuée. Un nouvel individu se forme à partir d’un organe de la plante « mère » :

  • La multiplication par stolons. Dans le cas du fraisier par exemple, il y a formation de tiges aériennes rampantes. De place en place, se forment des bourgeons et des racines qui sont le point de départ de nouveaux pieds.
  • La multiplication par tubercules. Par exemple, pour la pomme de terre, des tiges souterraines renflées par les réserves permettent d’obtenir une nouvelle plante par développement de bourgeons (les yeux, donnant des germes).
  • La multiplication par rhizomes. Dans le cas de l’asperge par exemple, ce sont des tiges souterraines pouvant s’enraciner et donner une nouvelle plante.
  • La multiplication par bulbilles. Les bulbes secondaires (bulbilles), formés à partir du bulbe, s’en détachent, puis s’enracinent pour se développer en une nouvelle plante comme chez l’ail par exemple.

On appelle clones tous les individus nés d’un même organisme et possédant le même patrimoine héréditaire. Un tubercule, un stolon, un rhizome, une bulbille sont donc à l’origine d’un clone.

In vitro

La culture In vitro est une technique qui permet de régénérer une plante entière à partir de la mise en culture sur un milieu nutritif de cellules ou d’explantas de tissus végétaux. Les plantes, obtenues en conditions stériles, sont saines car exemptes de virus ou de bactéries. A l’origine, la méthode était destinée à régénérer des plantes saines à partir de culture de méristèmes de plantes infectées par des virus. En effet, les méristèmes sont exempts de virus. Actuellement, elle est également utilisée pour multiplier des plantes en grand nombre. Dans le cas de la pomme de terre, il est possible de repiquer des fragments de germe comportant un nœud muni d’une petite feuille et d’un bourgeon. La plante issue de la bouture peut être fragmentée à son tour et conduite à d’autres boutures.

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