La bradycardie, un trouble cardiaque caractérisé par un rythme cardiaque anormalement lent, peut susciter des inquiétudes, particulièrement pendant la grossesse. Cet article vise à explorer en profondeur les causes de la bradycardie chez la femme enceinte, ses symptômes, les risques potentiels pour la mère et le fœtus, ainsi que les options de diagnostic et de traitement disponibles.

Qu'est-ce que la bradycardie ?

La bradycardie se définit par un rythme cardiaque inférieur à 60 battements par minute (BPM) au repos chez l'adulte. Bien que le rythme cardiaque normal se situe généralement entre 60 et 90 BPM, il est important de noter que chez les jeunes enfants et les fœtus, le seuil de la bradycardie est plus élevé en raison d'un rythme cardiaque naturellement plus rapide.

Causes de la bradycardie chez la femme enceinte

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la bradycardie chez la femme enceinte :

  • Causes physiologiques : Chez les sportifs de haut niveau, un rythme cardiaque lent peut être une adaptation physiologique normale.
  • Médicaments : Certains médicaments, notamment les bêta-bloquants, peuvent ralentir le rythme cardiaque.
  • Troubles de la conduction auriculo-ventriculaire : Ces troubles, qui affectent la transmission de l'influx électrique entre les oreillettes et les ventricules, peuvent entraîner une bradycardie.
  • Pathologies cardiaques sévères : La bradycardie peut être un symptôme de pathologies cardiaques sous-jacentes.
  • Vieillissement : Le vieillissement peut également affecter le rythme cardiaque.

Bradycardie fœtale : Une cause de préoccupation

La bradycardie fœtale, définie comme un rythme cardiaque inférieur à 110 BPM pendant plus de 10 minutes, peut être un signe de souffrance fœtale. Le rythme cardiaque fœtal normal se situe entre 110 et 160 BPM, avec des variations entre 100 et 180 BPM. Lorsqu'une bradycardie est détectée chez le fœtus, une évaluation complète est nécessaire pour en déterminer la cause et la traiter si possible.

Anomalies du rythme cardiaque fœtal (ARCF)

Dans 1 à 2 % des grossesses, une anomalie du rythme cardiaque fœtal (ARCF), également appelée arythmie, est détectée. Un rythme inférieur à 110 battements par minute pendant plus de 10 minutes est synonyme d’une bradycardie. C’est un petit cœur qui bat trop lentement. À savoir que cette anomalie du rythme peut être le signe d’une souffrance fœtale.

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Types d'ARCF

  • Extrasystoles : Irrégularités du rythme cardiaque fœtal, fréquentes en fin de grossesse, généralement bénignes mais nécessitant une surveillance.
  • Tachycardie : Accélération du rythme cardiaque fœtal, dépassant 160 BPM, pouvant être due à une infection ou à une fièvre maternelle.
  • Bradycardie : Ralentissement prolongé du rythme cardiaque fœtal (en deçà de 120 BPM pendant plusieurs minutes).

Risques associés à la bradycardie fœtale

Le risque principal d'un cœur fœtal qui s'épuise est le décès du bébé. « Une bradycardie indique un futur bébé qui n’est pas au mieux de sa forme, et qu’il faut bien souvent extraire rapidement du ventre de sa maman », selon la Dr Kubat.

Prise en charge des ARCF

Les anomalies du rythme cardiaque sont des événements bien pris en charge grâce aux moyens de surveillance actuels. Si un rythme cardiaque pose question, la maman et son fœtus seront suivis de près et une réévaluation régulière sera installée jusqu’à l’issue de la grossesse.

Diagnostic de la bradycardie

Le diagnostic de la bradycardie repose sur plusieurs examens :

  • Examen clinique : Prise du pouls et auscultation cardiaque par le médecin.
  • Électrocardiogramme (ECG) : Enregistrement de l'activité électrique du cœur pour préciser le diagnostic et détecter d'éventuels blocs auriculo-ventriculaires.
  • Holter-ECG : Surveillance du rythme cardiaque sur une période de 24 heures pour détecter des anomalies intermittentes.
  • Échographie cardiaque fœtale : Évaluation de la structure et de la fonction du cœur du fœtus.

L’électrocardiogramme est un examen pendant lequel l’activité du cœur est mesurée. Il est réalisé pour diagnostiquer les troubles et les maladies cardiaques.

Peut-on faire l'électrocardiogramme pendant la grossesse ?

Au cours de la grossesse, les femmes subissent divers changements physiologiques, notamment une prise de poids et de volume corporel, une augmentation du volume sanguin et du pouls, etc. Le cœur peut également changer légèrement de position pour s’adapter à la croissance de l’utérus. Toutefois, l'électrocardiogramme (ECG) n'est pas systématiquement réalisé.

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Il peut être prescrit plus tard au cours du deuxième trimestre pour surveiller l'état de santé du bébé et de la maman. C’est souvent le cas, si cette dernière présente des symptômes cardiaques, si elle va subir une césarienne ou si des complications sont suspectées.

Par ailleurs, un type d'électrocardiogramme permet d'évaluer spécifiquement la santé cardiaque du bébé et de détecter d'éventuels problèmes : l’ECG fœtal. Quand nécessaire, il est réalisé au cours du deuxième ou du troisième trimestre de la grossesse, et parfois pendant le travail pour observer le bébé.

L’électrocardiogramme pour femme enceinte : les risques connus

L'ECG est un examen sûr pour la mère et son bébé. Il ne présente aucun risque avéré. En revanche, comme pour tout examen médical, il existe de rares cas où un ECG peut causer des inconforts. De ce fait, certaines femmes enceintes peuvent ressentir des étourdissements, des nausées ou des sensations de vertige pendant l'ECG. Et ce, à cause de leur sensibilité aux signaux électriques.

Symptômes de la bradycardie

La bradycardie peut être asymptomatique, en particulier dans les cas bénins. Cependant, dans les cas plus graves, elle peut entraîner :

  • Fatigue
  • Étourdissements
  • Syncopes (pertes de connaissance)
  • Essoufflement

Traitement de la bradycardie

Le traitement de la bradycardie dépend de sa cause et de sa gravité.

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  • Traitement de la cause sous-jacente : Si la bradycardie est due à une pathologie cardiaque ou à un médicament, le traitement visera à corriger la cause.
  • Surveillance : Dans certains cas de bloc auriculo-ventriculaire peu graves, une simple surveillance peut être suffisante.
  • Pose d'un pacemaker : Dans les cas de blocs auriculo-ventriculaires de haut degré ou en présence de symptômes invalidants, la pose d'un pacemaker (stimulateur cardiaque implantable) peut être nécessaire pour accélérer la fréquence cardiaque.

Arythmie cardiaque durant la grossesse

L’arythmie cardiaque est un trouble de la fréquence et du rythme du cœur qui se caractérise par un battement cardiaque anormal. C’est-à-dire, que le cœur bat soit de manière désorganisée, soit trop lentement ou trop rapidement.

Types d'arythmie

  • la fibrillation ventriculaire qui est le plus courant ;
  • la tachycardie ;
  • la bradycardie ;
  • l’extrasystole ventriculaire.

Facteurs de risque

Chez la femme enceinte, plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque d'arythmie cardiaque. Les plus courants sont les modifications hormonales et l’augmentation du volume sanguin. Une carence en fer, fréquente pendant la grossesse, peut également favoriser l'apparition d'arythmies.

Symptômes

L'arythmie cardiaque se manifeste généralement par des sensations de battements cardiaques irréguliers, voire forts, connues sous le nom de palpitations. Elles peuvent s'accompagner d'autres symptômes, tels que :

  • des douleurs thoraciques ;
  • la fatigue ;
  • l'essoufflement ;
  • les vertiges, voire des évanouissements.

Signaux d’alarme et mesures préventives

Si l’un ou plusieurs de ces symptômes sont présents, il est impératif de consulter un professionnel de santé rapidement.

Grossesse et maladies cardiovasculaires

Pendant la grossesse, les femmes déjà diagnostiquées pour une pathologie cardiovasculaire bénéficient d’un suivi rapproché. Avant même de tomber enceinte, il est conseillé de parler du projet de grossesse au cardiologue. Et de bénéficier d’un bilan pré-conceptionnel. Les traitements médicamenteux pourront à cette occasion être adaptés en fonction des molécules compatibles ou non avec la grossesse.

Pendant la grossesse, les symptômes anormaux (fatigue excessive, anomalie du rythme cardiaque, essoufflement extrême…) font l’objet d’une surveillance accrue en vue d’un possible diagnostic pendant la grossesse. Les symptômes de l’hypertension artérielle, maladie cardiovasculaire la plus fréquente, relèvent de maux de tête, de troubles visuels, de douleurs épigastriques en barre ou encore de bourdonnements d’oreilles à signaler au médecin.

En cas de vulnérabilité, la surveillance doit perdurer même après les neuf mois de grossesse. Les maladies cardiovasculaires ou apparition de symptômes seront ainsi intégrés dans le suivi en post-natal.

Contre-indications

Certaines pathologies cardiovasculaires sont difficilement compatibles avec un projet de grossesse. C’est le cas de l’hypertension pulmonaire sévère, de certaines anomalies cardiaques congénitales, du syndrome de Marfan (maladie héréditaire du tissu conjonctif), d’une sténose aortique grave, d’une sténose mitrale grave, d’une dilatation de l’aorte.

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