L'allaitement inter-espèces est un sujet qui suscite de vives réactions, allant de l'incompréhension au dégoût. Pourtant, il s'agit d'une pratique qui existe, bien que marginale, et qui revêt différentes significations selon les cultures et les contextes. Cet article se propose d'explorer ce phénomène, en se concentrant notamment sur l'exemple des femmes Bishnoï, une communauté indienne pour qui l'allaitement des gazelles est un acte de respect de la vie.
L'allaitement inter-espèces : une réalité méconnue
Contrairement à une idée reçue, l'homme n'est pas la seule espèce à consommer le lait d'une autre espèce. L'allaitement inter-espèces existe bel et bien dans la nature, bien qu'il soit rare. Chez tous les mammifères, le lait de la mère est celui qui est le plus adapté pour ses petits. Certains en déduisent que l’homme serait la seule espèce à consommer le lait d’une autre espèce, ce qui est tout simplement… faux !
Par ailleurs, l'histoire montre des exemples de bébés humains allaités directement au pis d’un animal : les sources iconographiques attestent cette pratique au XIXe siècle dans diverses cultures rurales. Avant l’invention du lait maternisé, il fallait bien nourrir les petits orphelins ou les enfants de mères en incapacité d’allaiter ! Autre cause, même résultat : la Nourricerie des Enfants Assistés, créée par le Professeur Parrot, Directeur de l’Hospice des Enfants Assistés à Paris, fonctionna avec des chèvres et des ânesses de 1881 à 1893. Bref, il ne s’agissait pas d’une pratique généralisée, loin de là, mais elle existait, y compris au XXe siècle : l’édition 1926 du Larousse ménager propose une image technique montrant comment nourrir un bébé avec une chèvre.
Les Bishnoïs : des écologistes avant l'heure
Les Bishnoïs sont une communauté végétarienne du Rajasthan, en Inde, qui vivent dans un strict respect de la nature. Leur nom vient des 29 préceptes de leur fondateur, Djambo (Bish = 20, Noi = 9 en Hindi), né en 1451. Ces préceptes régissent leur vie quotidienne et sont axés sur la protection des plantes, des arbres et des animaux sauvages. Leur valeur suprême ? Le respect de la vie sous toutes ses formes : pas question, pour eux, de laisser mourir de faim un petit animal orphelin.
Djambo était extrêmement attentif à la protection de l’environnement et à la protection de la vie humaine. Très soucieux d’hygiène physique, il avait compris que les épidémies et les parasitoses, si fréquentes en Inde, comme la surmortalité infantile, se développaient faute de toilette quotidienne, de filtrage de l’eau et du lait, et de lavage strict des ustensiles de cuisine. Le précepte 8 stipule : « L’eau et le lait seront toujours soigneusement filtrés ; et le bois de chauffage scrupuleusement inspecté avant d’être brûlé, de telle sorte qu’aucun animalcule, ver ou insecte, ne soit détruit par le feu ».
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Les Bishnoïs sont au cœur de l’actualité avec notamment un ouvrage de la romancière Irène Frain (La forêt des 29), une exposition des photographies de Franck Vogel dans la station de métro Paris-Montparnasse (du 22 avril au 4 juin 2011, le long du trottoir roulant), un documentaire de 45 min sur la chaine Arte le 28 mai avec le périodique GEO, un autre documentaire de 52 mn sur France 5 le 11 juin.
L'allaitement des gazelles : un acte de compassion
Dans cette communauté, il est courant de voir des femmes allaiter des faons ou des gazelles orphelines. Cet acte est considéré comme un devoir moral, une façon de sauver une vie et de témoigner du respect dû à tous les êtres vivants. Elles allaitent les animaux que la mère a abandonné ou ne peut pas nourrir ! Alors au lieu de laisser mourrir l'animal elle l'allaite. Pour ma part c'est une philosoohie saine.
Pour les Bishnoïs, les animaux sont sacrés, ils ne les mangent pas. Ils viennent en aide aux orphelins qui mourraient de faim sans lait… Leur mode de vie est exemplaire. Les personnes qui se permettent de les critiquer sont sûrement les premières à acheter de la bidoche bon marché et des cosmétiques testés sur les animaux sans se soucier de leur propre impact sur les animaux et la planète.
Les réactions face à l'allaitement inter-espèces
L'allaitement inter-espèces suscite souvent des réactions vives et contrastées. Certaines personnes sont choquées, voire dégoûtées, par cette pratique, la considérant comme contre-nature ou insalubre. D'autres, au contraire, y voient un acte de compassion et de respect envers les animaux.
Beaucoup de personnes ici ont des choses à régler en lien avec la sexualité ou leurs mères. Ah! Que des occidentales allaitent leur petits chiens je trouve ça stupide (effet de mode sans doute), car nous avons des substituts (biberons et les maternisé) à disposition. Par contre pour d'autres pays ou règne la misère et la pauvreté ça ne me choque pas. Pour info, non. Les bishnoïs ne mangent pas les animaux.
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Il est important de noter que les motivations derrière l'allaitement inter-espèces peuvent varier considérablement. Dans le cas des femmes Bishnoï, il s'agit d'un acte culturel et religieux, profondément ancré dans leur système de valeurs. Dans d'autres cas, il peut s'agir d'un acte de désespoir, pour sauver un animal en détresse, ou d'un choix personnel, motivé par des raisons affectives ou psychologiques.
Cette américaine allaite son chien à défaut d'avoir pu allaiter ses enfants. En quoi fait elle du mal ? C'est sa façon de se réaliser, de s´épanouir, ce n'est pas plus mauvais que celle qui s'épanouit en s'achetant une veste en poils d'animaux, est ce qu'elle pense à tous les animaux qu'il a fallu tuer pour fabriquer sa jolie veste à la mode ? a t'elle besoin de ces poils pour survivre ?
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