Introduction
Les chansons enfantines, transmises oralement ou par le biais d'albums illustrés, font partie intégrante du paysage culturel de l'enfance. Cet article explore comment ces chansons, qu'il s'agisse de douces berceuses, de rondes entraînantes ou de simples comptines, trouvent un écho dans les livres pour enfants du XIXe siècle qui ne sont pas spécifiquement dédiés à la publication de ces chansons. Il s'agit d'examiner comment les auteurs mettent en scène ces moments de chant, et d'analyser les regards que les auteurs et les éditeurs portent sur cette activité enfantine.
De la Transmission Orale à la Page Imprimée
Les chansons enfantines que nous connaissons nous ont été transmises par des camarades, à l’école, ou dans des albums illustrés où se trouvaient souvent le texte et la musique. Des livres pour enfants sont spécialement consacrés aux chansons enfantines. Ces livres sont arrivés dans le paysage éditorial des livres pour enfants au XIXe siècle, avec un passage du folklore au livre de jeunesse.
Certaines chansons enfantines dérivent du registre du cabaret. Le concept de « chansons enfantines » doit beaucoup à Théophile Marion Dumersan, et, après lui, se constitue progressivement le répertoire « classique » des chansons enfantines, avec la publication d’albums et de livres de chansons pour les enfants.
Présence des Chansons Enfantines dans les Livres pour Enfants : Une Analyse Quantitative
Une analyse quantitative d’un corpus de près de six cents titres donne près d’une centaine de titres avec de tels échos, ce qui permet de commencer à comprendre les raisons éditoriales et idéologiques permettant à cette culture orale chantée de pénétrer dans les livres pour enfants. Sur 593 titres dépouillés, dont certains sont en plusieurs volumes, 93 offrent un ou plusieurs échos des chansons enfantines, soit 15,7%, taux à peu près constant au cours du XIXe siècle. Ces titres sont dus à 113 auteurs et comptent aussi 17 ouvrages anonymes. Près de la moitié des auteurs (47) et des anonymes (7) (41% dans les deux cas) ont évoqué les chansons enfantines, ce qui est nettement plus important que la proportion par titres.
Onze auteurs offrent dans notre corpus 10 titres et plus et représentent 241 titres au total, avec 30 livres ayant des échos de chansons enfantines. Certains n’en mentionnent jamais, parce que le type de livres qu’ils écrivent s’adresse plutôt à des adolescents, et mettent en scène des récits historiques ou des récits d’aventures : c’est le cas de Jean Just Étienne Roy, auteur prolifique chez Mame, et de Jules Verne, auteur chez Hetzel. Sur les 13 titres du premier comme dans les 20 titres du second, aucune allusion aux chansons enfantines. Hetzel lui-même, publiant sous le pseudonyme de Pierre Jules Stahl, n’en cite que dans 9 titres sur les 58 dépouillés (15,5 %). Si l’on prend les trois auteurs d’Hachette suivants, la comtesse de Ségur, Julie Gouraud et Mme de Stolz, ce sont 12 titres sur 68 qui contiennent des traces de chansons enfantines (17,8 %). Mais chez Mme de Stolz, cela représente presque un tiers des titres, contre environ 12% chez chacune des deux autres auteures, et un seul titre sur les 12 publiés par Zénaïde Fleuriot chez Hachette. Dans notre corpus, 8 auteurs publient chez Hachette 77 titres, dont 18 (23,4 %) avec chansons enfantines, donc une proportion supérieure à la moyenne du corpus total.
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Facteurs Influant sur la Présence des Chansons Enfantines
Les auteurs et les éditeurs parisiens sont-ils plus sensibles à ce thème, où écrivent-ils des livres plus intéressés par la vie des enfants assez jeunes, plus susceptibles de chanter ces chansons ? Si nous nous tournons vers les auteurs catholiques publiant chez les éditeurs de Province (Mégard, Mame, Lefort), comme Céline Fallet et Césarie Farrenc, nous constatons qu’elles sont à 11% pour 33 titres. Les choix des auteurs dépendent donc des types de livres qu’ils écrivent et sans doute aussi de leurs valeurs religieuses et culturelles. Celles-ci s’inscrivent la plupart du temps dans des choix idéologiques effectués par les éditeurs.
Ainsi, 12 éditeurs catholiques de Province ayant publié 179 titres de notre corpus, n’offrent que 10,6 % d’ouvrages avec des traces de chansons enfantines, alors que 12 éditeurs parisiens publiant 259 titres en proposent 20,1 %. Cette différence du simple au double nous semble significative. Les raisons religieuses se combinent avec des réalités économiques, car ces éditeurs sont liés à des marchés assez différents. Les livres de prix pour pensions et écoles privées catholiques, pour les éditeurs catholiques de Province ; les étrennes et cadeaux dans les familles bourgeoises, pour les éditeurs parisiens, qui fournissent aussi, bien entendu, des livres de prix.
Pour aller plus loin que ces premières constatations tirées du corpus, il faudrait entreprendre des analyses précises, auteur par auteur, pour peser leurs choix et les comprendre.
Chants Liturgiques, Chants Populaires et Romances Bourgeoises : Un Contexte Musical Diversifié
Dans les livres qui n’évoquent pas les chansons enfantines, la musique, le chant et les chansons ne sont pas absents. Les chants les plus présents, chez tous les auteurs, sont les chants des oiseaux, mais, dans les ouvrages catholiques, nous trouvons évidemment les chants liturgiques, les cantiques. Dans une vision bucolique et romantique du peuple des paysans et des artisans, les chants populaires des bergers, des laboureurs et de divers métiers sont aussi très souvent évoqués, avec les fêtes villageoises où les rondes des adultes sont bien présentes.
Dans un autre milieu social, lui aussi fréquemment mis en scène, celui de la bourgeoisie, nous trouvons l’apprentissage de la musique, les voix fraîches des jeunes filles chantant des romances, et même les chanteurs lyriques professionnels, auxquels font pendant les chansonniers et chanteurs de cabarets. Enfin, un autre univers apparaît, celui des chanteurs de rue et des chanteurs ambulants parcourant les routes du pays.
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Souvenirs d'Enfance et Chansons : Un Lien Indélébile
Plusieurs auteurs soulignent le souvenir que l’on garde des chansons entendues dans l’enfance, et qui ne sont pas toutes des chansons enfantines. Elle « chanta avec une expression qui porta le trouble et l’émotion dans l’âme de Théodore : elle chantoit les airs favoris de leur enfance, les romances d’Amintas et de Daphné ». Ces airs favoris ne sont pas des chansons enfantines, mais des airs de musique savante dont les paroles évoquent des amours malheureuses. Dans un autre texte de la même auteure, ce sont des souvenirs de chansons campagnardes qui reviennent : « Elle chantait un vieil air assez commun parmi les paysans de Bourgogne, et que j’avais souvent entendu dans mon enfance » et elle cite intégralement la chanson « Il est aux champs celui que j’aime ».
Les chansons de l’enfance ne sont pas toujours des chansons enfantines, comme l’atteste aussi Mme de Genlis. Cette pédagogue, qui veut que tout soit éducatif, envisage qu’on écrive des romances « éducatives ». Il m’a paru curieux de faire exactement le calcul des vers de ces chansons apprises dans ma première enfance, c’est-à-dire depuis l’âge à-peu-près de six ans jusqu’à onze ; j’ai eu la patience de les écrire toutes, et j’ai trouvé que cela formoit environ sept cent vers d’une ineptie incompréhensible, et souvent d’une extrême immoralité. C’est à cet âge que j’appris la longue et fameuse romance des Ardennes, qui contient cette frappante description d’un spectre :Le plomb fondu lui découloit des yeux !Il veut parler,Un crapaud du gosierLui sort avec clameur !
De fait, elle se souvient aussi « d’un très grand nombre de chansons que j’ai chantées dans ma première jeunesse, sur des airs charmans, à la mode dans ce temps-là » et dont elle cite une romance d’Albanèse, castrat italien bien connu, qui a composé des airs de romances à la mode et qui est mort à Paris en 1800, l’année avant la parution du livre de Mme de Genlis. Ainsi, les chansons de son enfance viennent de deux mondes culturels opposés, un monde populaire transmis par les domestiques et le milieu paysan, et un monde urbain, par le milieu bourgeois. Entre les deux, Mme de Genlis entend créer un domaine de romances « historiques et morales » qui formeraient « un ouvrage infiniment utile à la jeunesse ». Ainsi, nous comprenons mieux l’hostilité d’une partie de la bourgeoisie envers ces chansons dont les vers sont « d’une ineptie incompréhensible, et souvent d’une extrême immoralité ».
Chansons Populaires et Culture : Une Opposition Nuancée
Tous les auteurs ne critiquent pas les chansons apprises à la campagne. Ainsi, Louis Pierre Prudent Legay dans une pièce intitulée « Le maître de musique, proverbe en un acte », met en scène deux fillettes qui attendent leur nouveau maître de musique. Leur bonne, Agathe, chante Malbrough. Arrive celui qui se fait passer pour le maître de chant et qui la félicite. Elle lui répond : « Je ne sais que des chansons champêtres, comme on les chante au village ». Et il rétorque « Tant mieux, l’art ne dérobe rien à la nature ». Ainsi, les chansons populaires, dont celle de Malbrough qui appartient au répertoire des chansons enfantines, sont du côté de la nature, alors que les romances et chants appris par les enfants de la bourgeoisie sont du côté de la culture.
Chansons dans les Salles d'Asile : Éducation et Moralité
L’institutrice qui a emmené ses élèves à la ferme, leur fait chanter une chanson de son cru sur les abeilles, instructive et morale, sur l’air de « Au clair de la lune ». Que nous dit-on de ces chansons apprises dans les salles d’asile, et qui n’appartiennent pas au répertoire immuable des chansons enfantines ? Pour Ernest Fouinet, « [c]’est dans des mélodies pleines de simplicité et de charme qu’ils apprennent la religion : des chansons gracieuses et naïves, gravent dans leur mémoire de salutaires préceptes de conduite envers la société, c’est-à-dire envers les hommes et eux-mêmes ». Apprenant à ces enfants la précision des chants et de la marche, on leur donne des « habitudes précieuses qui, des mouvements du corps, devaient insensiblement passer à ceux de l’âme ».
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Julie Gouraud décrit aussi la scène d’une visite dans une salle d’asile, les enfants exécutant les déplacements en chantant, pour aller avec leur moniteur devant les tableaux didactiques, et elle cite le refrain. Elle précise : « Ces chants ont une grande influence sur les enfants et ils ne sont pas indifférents aux visiteurs ». Ces chants se fixent durablement dans la mémoire des enfants, et elle raconte qu’un monsieur demande à un petit garçon de lui en chanter un. « Je veux bien monsieur. Et le petit garçon chantait d’autant mieux que la physionomie bienveillante de l’étranger lui donnait l’espoir d’une récompense ».
Zénaïde Fleuriot, à son tour, raconte une visite à la salle d’asile, faite par Lady Barton à la demande de sa fille. Les fleurs ! madame, les fleurs ! crièrent vingt petites voix. - je veux bien, dit-elle. Et elle appela six enfants, trois garçons et trois filles ; puis, frappant dans ses mains, elle entonna le refrain :Dansons, chantons en chœur,Pâquerette, violettes,Dansons, chantons en chœur,Chantons la chanson des fleurs.Puis, chacune des fleurs prit tour à tour la parole. La dernière qui parlait fut l’humble réséda. Plus tard, Madeleine « … se souvient des petites chansons et des cantiques de l’asile et elle se met à chanter ». Ici, nous avons un moment de jeu dans une institution, avec une chanson qui est encore aujourd’hui connue comme « la ronde des fleurs », et qui ne fait donc pas partie des chansons morales et instructives de l’école. Elle est peu après publiée dans un album pour enfants du compositeur Verrimst. Le folkloriste Eugène Rolland précisera : « Les paroles de cette chanson appartiennent à la littérature semi-populaire ».
Les Rondes : Un Élément Récurrent
Les rondes sont utilisées dans ces livres pour l’enfance dans de nombreuses situations et dans des livres très différents, dans vingt-sept titres de notre corpus, soit presque un tiers. Elles sont particulièrement bien évoquées dans les abécédaires et alphabets, pour illustrer la lettre R. J’aime assez ces danses que l’on nomme rondes, où l’on forme un cercle en se tenant par la main, et où l’on saute tant bien que mal en s’accompagnant …
Exemple de Comptine : "La Petite Mandarine"
Découvrez la petite histoire de la petite mandarine avec les paroles de la chanson disponible en fiche à imprimer. "La petite mandarine" est une comptine pour enfant qui raconte l'histoire d'une petite mandarine rencontrait un citron et qui allaient avoir un petit bébé nommé Clémentine !
La petite mandarine - Les paroles de la chanson
Connaissez-vous l'histoireChou bidou bidou ouahDe la p'tite mandarineChou bidou bidou ouahQui s'en allait un soirChou bidou bidou ouahAu bal de sa copineChou bidou bidou ouahEn chemin elle rencontreChou bidou bidou ouahUn jeune garçon citronChou bidou bidou ouahQui lui dit vient chez moiChou bidou bidou ouahOn va danser le rock n'rollChou bidou bidou ouahEt pendant qu'ils dansaientChou bidou bidou ouahPendant qu'ils s'enlaçaientChou bidou bidou ouahLe jeune garçon citronChou bidou bidou ouahA eu un zeste déplacéChou bidou bidou ouahTrois mois plus tardChou bidou bidou ouahLa petite mandarineChou bidou bidou ouahA dit à sa mamanChou bidou bidou ouahMaman j'ai eu un gros pépinChou bidou bidou ouahSix mois plus tardChou bidou bidou ouahLa petite mandarineChou bidou bidou ouahA eu une petite filleChou bidou bidou ouahQu'elle appela la clémentineChou bidou bidou ouahQu'elle appela la clémentineChou bidou bidou ouahConnaissez-vous l'histoireDe la p'tite mandarineChou bidou bidou ouahQui s'en allait un soirChou bidou bidou ouahAu bal de sa copineChou bidou bidou ouahEn chemin elle rencontreChou…Un jeune garçon citronChou…Qui lui dit vient chez moiChou…On va danser le rock n'rollChou…Et pendant qu'ils dansaientChou…Pendant qu'ils s'enlaçaientChou…Le jeune garçon citronChou…A eu un zeste déplacéChou…Et la petite mandarineChou…Rentra à la maisonChou…Et dit à sa mamanChou…Je crois que j'ai un gros pépinChou…Et puis neuf mois plus tardChou…A la maternitéChou…Un pamplemousse est néChou…Et l'histoire peut recommencerChou…
Bien qu'il ne s'agisse que d'une simple comptine, si cette petite mandarine aurait l'occasion de voyager, nous pouvons être sûrs qu'elle aurait adoré de partir dans une croisière Paul Gauguin ! En effet, c'est une véritable occasion de faire le tour du monde, et si de plus en plus de français font le choix pour leurs vacances, ce n'est pas un hasard. Si vous avez prévu de partir bientôt en croisière pour faire un tour du monde, alors vous devez forcément vous demander combien cela peut vous coûter. Il est toutefois impossible de répondre à cette information sans savoir quand vous souhaitez partir en croisière, avec quelle compagnie, et pour combien de temps ! Pour choisir votre croisière et faire le tour du monde, en vous rendant sur un site spécialisé, il n'y a rien de plus simple ! Ici vous trouverez des comptines et autres ..
Autres Exemples de Chansons et Comptines
Maman les petits bateauxQui vont sur l'eauOnt-ils des jambes ?Si tu trouves sur la plage un très joli coquillage compose le numéro océan zéro zéro et l'oreille à l'appareil la mer te racontera dans sa langue des merveilles que papa te traduira.
RefrainJ'ai trouvé au fond de la merUn poisson extraordinaire,Il m'a dit:"Monsieur, bonjour,Venez avec moi faire un tour".Il m'a présenté ses amis, un coquillage rouge et grisUn vieux crabe mal raséAvec une algue sur le nez.
Un petit poisson est passé par ici.Et que reste-t-il pour le petit riquiqui ?Rien que des arêtes ! Holà ! Ho !Monsieur Pélican venait de très loin,De si loin vraiment qu'il avait très faim.Les mouettes blanches dirent : "servez-vous,Prenez ce qui peut flatter votre goût"." Je vous suis mesdames, fort obligé,Je me bornerai à une bouchée",Répliqua, ravi, notre pélican,Et vite il ouvrit sa bouche tout grand.Mais, vous le savez, elle est très spacieuse,On y logerait une lessiveuse !A peine avait-il gobé sa bouchéeQue l'océan se trouva dépeuplé.Monsieur Pélican fut bien étonnéD'entendre ses hôtesses protester." Que de cris pour une simple bouchée !Dit-il, vous m'aviez pourtant invité!Pourquoi la mer n’en revient pasD’avoir des bateaux plein les bras.D’avoir des îles sur le dos,D’avoir toujours les pieds dans l’eau.Plaignez-plaignez la baleineQui nage à perdre haleineEt qui nourrit ses petitsDe lait froid sans garantie.La baleine fait son nidOui, mais, petit appétit,Dans le fond des océansPour ses nourrissons géants.La mer s'est retirée,Qui la ramènera ?La mer est démontée,Qui la remontera ?La mer est déchaînée,Qui la rattachera ?Echoués sur une plage.C'est lassant ! Des trésors ! Ah! Ah ! Ah!
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