Les pleurs de bébé sont souvent une source d'inquiétude pour les nouveaux parents. Cependant, il est essentiel de comprendre que les pleurs sont la première forme de langage de votre bébé, une manière de communiquer ses besoins et ses émotions. Cet article vise à vous aider à décrypter ces pleurs, à en identifier les causes et à trouver des solutions pour apaiser votre enfant.
Les pleurs : un langage à décoder
Un bébé vient au monde en pleurant, une réaction vitale qui met en marche son système respiratoire. Très vite, les pleurs deviennent une manière de communiquer avec le monde extérieur. Il y a mille raisons pour lesquelles un bébé pleure, et chaque bébé est unique. Vous allez très vite déceler les différentes tonalités, intensités, musiques et rythmes de ses pleurs, et mieux le comprendre. Les pleurs ne sont pas un signe de tristesse, mais bien une façon de vous signifier son état d’esprit ou son humeur du moment : la faim, la fatigue, la douleur… Apprenez à les décrypter.
Jusqu'à 3 mois : des sensations physiques
Jusqu’à l’âge de 3 mois, il manifeste des sensations « physiques » : la faim, la recherche du sommeil, les douleurs liées à la digestion… A chacune de ces causes correspond un type de pleurs facilement identifiable.
- La faim : Quand votre bébé a faim, ses pleurs, très stridents, s’apparentent à des cris de colère, qui montent en intensité très rapidement. Seule une tétée peut dans ce cas le calmer !
- La fatigue : S’il s’agit plus de sanglots, accompagnés d’agitation et de petits grognements, cela signifie que votre bébé est fatigué, a envie de dormir.
- Les coliques : Quand ses cris sont aigus, durent et sont inconsolables, c’est qu’il a mal quelque part, au ventre le plus souvent (les coliques du nourrisson).
- Couche sale : Si ses pleurs sont faibles mais insistants, il veut tout simplement vous dire que sa couche est sale, et qu’il a envie d’être changé !
Après 6 mois : l'expression des émotions
A partir de 6 ou 8 mois, les pleurs de votre bébé sont moins liés à des causes physiques : ils sont une façon d’extérioriser ses différentes émotions. Il peut manifester ainsi son ennui, sa frustration, ses petites peurs… En général, votre bébé pleure pour que vous vous occupiez de lui, pour que vous le rassuriez. Un petit câlin devrait bien vite améliorer la situation !
Les pleurs de décharge : un besoin d'évacuer les tensions
Les bébés nous parlent à travers leur corps (poings serrés, tensions des jambes, frottement des yeux, mouvements de bouche, etc.). Les pleurs sont également un moyen de communiquer en attendant le langage, et les jeunes parents vont apprendre à décoder ses pleurs. Souvent, les premiers mois (généralement jusqu’aux 3 mois du nourrisson), les bébés s’énervent le soir. Et via ces pleurs de décharge, ils expriment beaucoup de choses ! Les pleurs de décharge, désignent tous ces moments où un enfant pleure de manière intense et prolongée sans raison apparente. Ce phénomène est fréquent chez les nourrissons et les jeunes enfants. Ces épisodes de pleurs peuvent se produire à tout moment de la journée, mais ils sont souvent plus fréquents en fin de journée ou en début de soirée. Ils peuvent durer plusieurs heures et être très éprouvants pour les parents, qui se sentent souvent impuissants face à la détresse de leur enfant.
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Comprendre l'origine des pleurs de décharge
Ces pleurs de décharge sont généralement associés à un stade particulier du développement de l'enfant, notamment entre l'âge de 2 semaines et 3 mois. À cet âge, les nourrissons commencent à développer leur système nerveux et à s'adapter à leur environnement. Au cours de sa journée, il a été exposé à des centaines d’odeurs, de bruits, de stimulations, sans compter les nouvelles personnes et nouveaux lieux. Tout cela peut être stressant pour lui, ce qui augmente son cortisol (l’hormone du stress). Pleurer lui permet de faire baisser ce taux de cortisol, de rééquilibrer son organisme et de retrouver son calme.
Comment calmer les pleurs de décharge ?
Voir son bébé pleurer beaucoup et s’énerver le soir est souvent très angoissant pour les parents. Ces pleurs de décharge sont en effet difficilement consolables, malgré toutes vos tentatives pour le soulager. Mais sachez que rien n’est plus normal : la plupart des bébés en ont un jour ou l’autre, même si pour certains ces pleurs sont moins forts et moins fréquents que pour d’autres.
- Répondre aux besoins physiologiques : La première étape consiste évidemment à vérifier que vous avez répondu à tous les besoins physiologiques de bébé : est-ce qu’il est propre et bien nourri ? S’il a faim ou qu’il est fatigué, cela peut augmenter le risque de pleurs en fin de journée.
- Réduire les stimulis : Ensuite, pour apaiser votre bébé et éviter de vous stresser vous-même, réduisez au maximum les stimulis dans son environnement : tamisez la lumière, parlez-lui à voix basse et posée, installez-vous dans une pièce calme, etc. Il est conseillé de créer une atmosphère relaxante, qui peut aider l'enfant à se calmer.
- Le portage : Le portage peut aussi être un moyen efficace pour réconforter un bébé et de lui procurer un sentiment de sécurité en le maintenant près du corps du parent.
- Rituel du coucher : Vous pouvez également accompagner votre bébé dans la préparation au coucher en mettant en place un rituel du coucher pour votre bébé afin de le détendre au maximum : bain tiède, massage, biberon, histoire, musique douce, etc. Ainsi, votre bébé sera plus détendu et relaxé pour la nuit.
Même si c’est difficile, il est indispensable que vous acceptiez que votre bébé ait « besoin » d’exprimer ces pleurs. Les pleurs de décharge sont un phénomène normal et temporaire chez les nourrissons et les jeunes enfants.
Quand s'inquiéter ? Les pleurs inconsolables
Lorsque votre bébé pleure, il est naturel de chercher à comprendre ce qui pourrait le déranger et ce qu'il essaie de communiquer. Identifier la cause des pleurs uniquement par leur son peut être difficile, mais les mimiques de bébé peuvent parfois donner des indices. Cependant, même après avoir répondu à ses besoins de base, votre bébé peut continuer à pleurer sans raison apparente ? Il n'est pas nécessaire pour les parents de s'inquiéter immédiatement, mais il est utile de suivre la règle de 3 :
- Les pleurs du soir durent-ils plus de 3 heures ?
- Le bébé a-t-il des épisodes de pleurs de décharge plus de 3 fois par semaine ?
- Ces crises de pleurs persistent-elles pendant plus de 3 semaines ?
Si les trois critères sont réunis ou si l'une de ces situations se confirme, il est recommandé de consulter un médecin. Contactez votre médecin si votre bébé ne se conduit pas comme d’habitude, ne mange pas, ne dort pas, a de la fièvre, de la diarrhée ou vomit.
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Certains pleurs sont alarmants, tels les pleurs paroxystiques aigus. Ces derniers sont heureusement rares, mais particuliers par : leur début brutal, leur intensité. Ils requièrent une consultation médicale rapide afin de rechercher une pathologie évolutive (telle infection ou une hernie).
Les pleurs inexpliqués : une réalité complexe
Des pleurs inexpliqués qui se poursuivent plusieurs jours durant des heures sont plus rares. En occident, les pleurs inexpliqués sont présents chez 10 à 30 % des nourrissons de moins de 3 mois selon les définitions utilisées. Les pleurs prédominent généralement en fin d’après midi et en début de soirée. Les accès de pleurs sont souvent imprévisibles et inattendus. Ils durent longtemps (de 35 minutes à deux heures). L’enfant semble souffrir et être inconsolable. Ces sessions de pleurs sont abusivement étiquetées "coliques" dans de nombreux travaux.
Les raisons des pleurs inexpliqués
Certains pédiatres, en s'appuyant sur des études épidémiologiques et ethnologiques, pensent qu’il n'y a pas de cause particulière aux pleurs inexpliqués. Ce qui les différencie de pleurs considérés comme "normaux" ne serait que la durée des pleurs en réponse à une situation donnée. De ce fait, il faudrait surtout comprendre pourquoi l'enfant pleure plus longtemps plutôt que d’essayer d’expliquer ce qui les fait pleurer.
Les pleurs, chez l’enfant (comme chez tous les mammifères) sont un signal, un moyen de communiquer avec l’adulte, plutôt que le symptôme d’une pathologie. La spécificité humaine est que ces cris peuvent persister même après la correction du facteur déclenchant.
Pour certains chercheurs, notre mode de vie et de pensée occidental a sa part de responsabilité dans les pleurs inexpliqués du nourrisson. En effet, même si les habitudes sont en train de changer, le maternage "à distance" a longtemps été valorisé.
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On avait à cœur d’offrir à l’enfant un meilleur sommeil en le laissant seul. On essayait de lui imposer des horaires, de ne pas le garder longtemps dans les bras, afin de ne pas le laisser prendre de "mauvaises habitudes". En effet, un bébé pleurant beaucoup était (et est toujours) considéré comme difficile, capricieux ou manipulateur. C’est oublier la fonction de communication des pleurs et l’énergie que ceux-ci demandent à l’enfant.
Par ailleurs des études auraient montré que dans certaines cultures traditionnelles, les pleurs déclenchent une réponse quasiment immédiate de la mère : l’enfant est davantage porté, les enfants ne souffrent quasiment jamais de « coliques ».
Que faire face aux pleurs inexpliqués ?
Beaucoup d’approches ont été tentées. Sur le plan scientifique, elles sont parfois difficiles à évaluer. Pour chacune d’entre elles, on trouve facilement, au cas par cas, des témoignages d’efficacité comme des témoignages d’inefficacité.
- Approche alimentaire : Sauf conseil médical, ne pas arrêter l'allaitement maternel ou artificiel et ne jamais le remplacer par des "laits" à base de plantes : ils peuvent entraîner des carences graves. Les préparations sans lactose n’ont pas montré d’efficacité au cours des études. Les préparations à base de soja auraient une efficacité modérée, mais elles seraient susceptibles d’augmenter le risque d’allergies alimentaires. L’utilisation d’un lait sans protéine de lait de vache aurait montré une efficacité mais leur utilisation est limitée par le coût de ce type de lait et son goût particulier. Celui-ci entraîne parfois un refus de la part des enfants. Pour les enfants allaités, on conseille parfois de donner des tisanes à base de fenouil, de mélisse… mais leur efficacité est peu étudiée et des cas de convulsions chez les nouveau-nés ont été rapportés après la consommation de tisane à base d’anis étoilé (badiane).
- Approche médicamenteuse : Il n'existe pas de médicament pour traiter les pleurs inexpliqués du nourrisson. L’utilisation de médicaments est maintenant abandonnée : certains étaient inefficaces. Les autres avaient trop d’effets secondaires. Les probiotiques sont sans intérêt et ont de potentiels effets indésirables.
- Massages, ostéopathie, psychologie : Certains parents ont recours à une prise en charge par un ostéopathe. Encore une fois, les études, difficiles à mettre en place, ne sont pas concluantes. Ce qui ne veut pas dire qu’au plan individuel cette approche soit inefficace. Le plus souvent, la méthode utilisée est comportementale. Les parents observent qu’ils parviennent à calmer les pleurs de leur enfant en le berçant, par un tour en poussette, en voiture, par l’utilisation d’un porte bébé… Chaque enfant réagit différemment à ces techniques.
Conseils pratiques
- Calmer votre bébé repose sur des gestes simples : rechercher les inconforts ou causes de douleur, le porter, lui parler, le bercer, lui proposer le sein ou utiliser une tétine, donner un bain tiède, lui frotter doucement le ventre, le maintenir dans une ambiance apaisante, préserver son sommeil…
- Ne vous affolez pas. Comprenez bien que cette période difficile n’aura qu’une durée limitée. Il est parfois difficile d’admettre qu’un comportement aussi fatiguant de son enfant ne repose pas sur un diagnostic précis. Mais vraisemblablement, votre enfant se porte bien !
- Si vous êtes épuisé(e), confiez votre enfant à une personne de confiance quelques heures afin de pouvoir vous détendre et retrouver une certaine sérénité. Vous pouvez ensuite adopter différentes approches, tel que noter la durée des pleurs afin d’avoir une évaluation objective de leur efficacité.
- N’hésitez à porter davantage votre bébé : il ne deviendra pas "capricieux" pour autant.
- Enfin, il est important de voir votre médecin traitant régulièrement.
Petites astuces pour apaiser les pleurs
Par ses pleurs, votre bébé exprime d’abord son besoin d’être sécurisé, rassuré, écouté. Votre bébé pleure ? N’hésitez donc pas à le prendre dans vos bras, à lui montrer que vous êtes là. Et cela peut passer par différents moyens : les caresses, les chansons, les bisous, les mouvements qui bercent, les jeux, la balade… Vous trouverez très vite la méthode qui marche le mieux avec votre bébé !
Si vous ne comprenez pas immédiatement le sens des pleurs de votre bébé, ce n’est pas grave. Gardez votre calme, dites à votre bébé qu’il a sûrement une bonne raison de pleurer mais que vous ne la comprenez pas. En lui montrant que vous partagez sa douleur, que vous êtes là à ses côtés, vous faites déjà beaucoup pour lui !
La méthode Dunstan
Vous pouvez apprendre à mieux interpréter les pleurs de votre bébé grâce à la méthode Dunstan, une approche qui identifie 5 sons universels que tous les nouveau-nés utilisent pour exprimer leurs besoins fondamentaux. Observer ces sons peut vous aider à mieux comprendre ce que ressent votre enfant, renforcer votre réactivité, et parfois éviter des pleurs prolongés.
Créer un environnement apaisant
Créer un environnement apaisant, avec une lumière douce et peu de stimuli, peut grandement contribuer à calmer les pleurs et favoriser un endormissement plus serein.
Ce qu'il faut éviter
Laisser pleurer bébé
Votre entourage vous dit souvent : “Laisse le pleurer, ne réponds pas à ses caprices”, "Ça ne va pas le tuer… qu’il se calme seul !”. Pourtant, ses pleurs vous angoissent et vous donnent envie de le prendre contre vous pour le rassurer. Un bébé n’a pas la notion du temps avant ses 6-9 mois. Cinq minutes représentent bien plus pour lui : une éternité ! Il n’a d’ailleurs pas les capacités cognitives pour faire des caprices avant ses 18 mois. En répondant aux besoins de bébé, vous lui faites savoir que vous prenez ses besoins au sérieux et il se sent en sécurité. Vous n’en ferez pas un enfant capricieux ;) À partir de 2 ans, plus autonome, bébé pourra faire des crises et vous tester. Ce sera à vous de comprendre si c’est un caprice ou si c’est dû à de la fatigue, un bouleversement de ses habitudes, etc.
S'énerver ou secouer bébé
Fatigue, stress, les pleurs de bébé, je n’en peux plus ! Ne vous en voulez pas, ne culpabilisez pas, ça arrive à absolument TOUT LE MONDE. La colère peut engendrer des mouvements brusques et indésirables. En secouant bébé trop fort, vous pourriez causer des lésions permanentes à son petit cerveau. C’est le syndrome du bébé secoué. Pour éviter tout risque, on peut l’installer dans l’écharpe ou le porte-bébé et marcher tranquillement.
Prendre soin de soi : essentiel pour bien s'occuper de bébé
Les pleurs de décharge d’un tout-petit peuvent nous déstabiliser, notamment quand on est dans la fatigue des premiers mois du post-partum. Et tous les parents ne sont pas égaux devant les pleurs ! Pour certains, ils seront insupportables. Il est alors intéressant de se demander ce que ces pleurs provoquent en nous. Cela permet de comprendre ce que l’on ressent et parfois d'être moins en souffrance devant les pleurs de décharge de son bébé. Par ailleurs, quand on est épuisé et que les pleurs deviennent difficiles, n’hésitez pas à dire à votre bébé “tu vois, j’ai tout essayé, tu as encore besoin de pleurer, je vais te poser en sécurité dans ton lit quelques minutes et je reviens. J’ai besoin de souffler pour mieux revenir m’occuper de toi !”. Vous êtes humaine, il est normal de se sentir dépassée par moments. Si votre conjoint ou quelqu’un de confiance peut prendre le relais, n'hésitez pas à demander de l’aide pour avoir le temps de vous reposer physiquement et psychologiquement.
Au-delà des besoins multiples de votre bébé, gardez à l’esprit que vous avez aussi des besoins en tant que parent. Le rôle de parents n’est pas de tout repos, on dit souvent qu’être parent est un métier à part entière ! N’hésitez pas à vous offrir des moments de bien-être et de sommeil qui vont vous rebooster.
- Besoin de dormir ? Confiez votre bébé à une personne de confiance pour vous reposer quelques heures.
- Besoin de temps libre ? Mettez votre bébé en halte-garderie ou en crèche où des professionnels compétents pourront veiller sur lui pendant que vous vaquez à vos occupations.
- Se sentir perdu ou triste ? Consultez un professionnel de santé.
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