L'angoisse de séparation est une étape normale du développement de l'enfant, mais elle peut être une source d'inquiétude pour les parents. Cet article vise à fournir des informations complètes sur les causes, les symptômes et les solutions pour aider les parents à gérer au mieux cette phase.
Qu'est-ce que l'angoisse de séparation ?
L’angoisse de séparation se manifeste lorsque l’enfant prend conscience qu’il est une personne distincte de ses parents, mais n’a pas encore acquis la permanence de l’objet. Cette notion, cruciale dans le développement cognitif, permet de comprendre qu’une personne ou un objet continue d’exister même lorsqu’on ne le voit ou ne l’entend plus. Sans cette compréhension, le nourrisson perçoit le départ de ses parents comme définitif, ce qui engendre une peur intense de l'abandon. Votre enfant pleure et se met dans tous ses états quand vous vous séparez de lui ? S’il n’a pas encore 3/4 ans, il s’agit probablement de la fameuse angoisse de séparation (ou anxiété de séparation).
Quand apparaît l'angoisse de séparation ?
L'angoisse de séparation se manifeste généralement vers l'âge de 8 mois, bien que certains bébés puissent la ressentir dès 5 ou 6 mois. Selon les professionnels de la santé, cette phase atteint son apogée entre 10 et 18 mois, puis diminue progressivement vers l'âge de 2 ans. Cependant, des événements perturbateurs tels qu'un déménagement, l'arrivée d'un nouveau membre dans la famille ou l'absence prolongée d'un parent peuvent raviver cette angoisse.
Manifestations de l'angoisse de séparation
Les manifestations de l'angoisse de séparation varient d'un enfant à l'autre. Certains peuvent simplement montrer des signes d'inquiétude et sangloter légèrement, tandis que d'autres peuvent être submergés par leurs émotions et entrer dans une grande colère ou paraître terrorisés lorsque vous quittez la pièce. Parmi les signes courants, on retrouve :
- Pleurs et cris lorsque vous vous éloignez, même brièvement.
- Réveil nocturne et difficulté à se rendormir seul.
- Colère ou terreur au moment de la séparation.
- Refus d'être gardé par d'autres personnes, même familières.
- Méfiance envers les étrangers.
Il est important de noter que l'intensité de l'angoisse de séparation n'est pas la même pour tous les enfants. Certains paraissent juste inquiets et sanglotent légèrement, tandis que d’autres semblent submergés par leurs émotions.
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Causes de l'angoisse de séparation
L'angoisse de séparation est une étape naturelle du développement de l'enfant. Elle est liée à plusieurs facteurs :
- Développement cognitif : L'enfant prend conscience de son individualité et de l'existence d'autres personnes.
- Permanence de l'objet : L'enfant n'a pas encore acquis la notion que les personnes et les objets continuent d'exister même lorsqu'ils ne sont pas visibles.
- Attachement : L'enfant développe un attachement fort à ses parents, qui sont ses principaux pourvoyeurs de soins et de sécurité.
- Peur de l'étranger : Vers 6/8 mois, le nourrisson ressent ce que les professionnels de santé nomment la peur de l’étranger (un sentiment qui peut accroître l’angoisse de la séparation).
Solutions pour apaiser l'angoisse de séparation
Plusieurs stratégies peuvent aider à atténuer l'angoisse de séparation chez le bébé et l'enfant :
Préparation et adaptation
- Période d'adaptation : Si vous devez confier votre enfant à une crèche, une assistante maternelle ou une baby-sitter, prévoyez une période d'adaptation où vous êtes présent. Cela permet à l'enfant de se familiariser avec son nouvel environnement et les personnes qui s'occuperont de lui. La plupart des crèches proposent d’ailleurs des périodes d’adaptation avec enfants et parents pour que la séparation se fasse plus facilement.
- Familiarisation avec les personnes : Passez du temps avec votre enfant et les personnes qui le garderont. S'il s'agit des grands-parents, habituez votre enfant à leur compagnie pour qu'il comprenne que ce sont des gens familiers.
- Séparations progressives : Commencez par de courtes séparations, puis augmentez progressivement leur durée. Les premières fois, confiez l’enfant une petite heure seulement (à la crèche, à la nounou ou aux grands-parents), puis allongez de manière progressive la durée des séparations.
Rituels et routines
- Routine de séparation : Mettez en place une routine de séparation rassurante et prévisible. Faites-le garder aux mêmes horaires, par les mêmes personnes et au même endroit si possible.
- Rituel du coucher : Instaurez un rituel du coucher apaisant, avec une histoire, un câlin ou une berceuse.
- Objet transitionnel : Donnez à votre enfant un doudou ou un objet portant votre odeur, comme une écharpe. Il peut aussi être conseillé de donner à votre petit bout un doudou, ou un objet qui a votre odeur, comme une écharpe, par exemple.
Communication et réassurance
- Expliquez votre absence : Dites à votre enfant ce que vous allez faire et quand vous reviendrez. Vous pouvez aussi lui décrire ce que vous ferez ensemble une fois que vous le récupérerez (« dès que je reviens, on part faire de la balançoire au parc ! », par exemple).
- Soyez bref et positif : Ne vous éternisez pas lors des au revoir. Soyez à la fois tendre et ferme au moment de le quitter, et restez calme et souriant face à lui pour lui faire comprendre que tout va bien se passer.
- Parlez-lui : Si l’angoisse de séparation survient lorsque vous changez de pièce (bébé est en sécurité dans son parc de jeu et vous allez à la cuisine, par exemple), une technique est souvent efficace pour rassurer l’enfant : continuer à lui parler.
Votre propre attitude
- Gérez votre propre anxiété : Si vous-même avez de l’anxiété au moment de la séparation, le bébé peut le ressentir et son angoisse n’en sera que plus forte. Il est donc important de ne pas vous éterniser lors des au revoir.
- Faites confiance : Montrez à votre enfant que vous avez confiance en la personne à qui vous le confiez.
Quand consulter un professionnel ?
Dans la plupart des cas, l’angoisse devient peu à peu moins intense, puis finit par disparaître vers l’âge de 2 ans. Toutefois, chez certains enfants, l’angoisse peut persister, y compris quand ils ont atteint l’âge de 3 ou 4 ans. Il est conseillé de consulter un professionnel de santé si :
- L'angoisse de séparation persiste au-delà de 3 ans.
- Les symptômes sont intenses et perturbent la vie quotidienne de l'enfant.
- L'enfant présente des symptômes physiques tels que des maux de ventre ou des troubles du sommeil.
- L'angoisse de séparation est associée à d'autres troubles anxieux.
Un pédopsychiatre ou un psychologue spécialisé dans l'enfance pourra évaluer la situation et proposer une prise en charge adaptée, telle qu'une thérapie comportementale ou un accompagnement parental.
Anxiété de séparation chez l'enfant plus âgé et l'adulte
L'angoisse de séparation peut également se manifester chez les enfants plus âgés et les adultes, bien que sous des formes différentes. Chez l'enfant plus âgé, elle peut se traduire par une anxiété excessive à l'idée de quitter la maison, d'aller à l'école ou de se séparer de ses parents. Chez l'adulte, elle peut se manifester par une peur de l'abandon dans les relations amoureuses, une dépendance affective ou une difficulté à être seul.
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Peur de l'abandon : un syndrome distinct
La peur de l'abandon, ou syndrome de l'abandon, désigne un sentiment permanent d’insécurité face à l'angoisse d’être délaissé(e) par ses proches. Elle se caractérise par une crainte perpétuelle d'être rejeté ou quitté par l'autre, ce qui peut avoir un impact significatif sur la vie personnelle et professionnelle. Le syndrome de l’abandon se caractérise par une peur perpétuelle à l’idée d’être délaissé(e) ou quitté(e) par l’autre. Elle peut avoir un retentissement dans la vie professionnelle (vis-à-vis de ses collègues ou de sa hiérarchie) et dans la vie personnelle (familles, amitiés, relations de couple).
Les causes de la peur de l'abandon sont souvent liées à des expériences traumatisantes vécues pendant l'enfance, telles qu'une séparation précoce des parents, un divorce conflictuel ou un manque d'affection. Les personnes souffrant de ce syndrome peuvent développer une faible estime de soi, un manque de confiance en elles et une forte dépendance affective.
Pour surmonter la peur de l'abandon, il est essentiel de travailler sur l'estime de soi, d'apprendre à s'aimer et à se valoriser. Une thérapie peut également être bénéfique pour identifier les causes profondes de cette peur et développer des stratégies d'adaptation.
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