Élever des jumeaux est une aventure unique, différente de celle vécue avec un enfant unique. Tous les parents de jumeaux le savent, élever un duo d’enfants, qui se ressemblent ou pas (vrais ou faux jumeaux), ce n’est pas comme élever un enfant unique. Le développement des jumeaux suit des étapes spécifiques, marquées par des interactions gémellaires et des dynamiques individuelles. Cet article explore ces étapes clés et les défis associés, offrant un aperçu du parcours de développement des jumeaux de la naissance à l'adolescence.
Les Étapes Spécifiques du Développement Gémellaire
Le développement des jumeaux se distingue par quatre étapes spécifiques, chacune ayant ses propres caractéristiques et défis.
1. La Fusion Gémellaire (Naissance à 2 ans)
Entre la naissance et 2 ans, les jumeaux vont connaître une première phase dite de « fusion gémellaire ». Cette phase est unique aux jumeaux. Fabrice Bak, psychologue et spécialiste de la gémellité, parle même d’ « entité » gémellaire. Il s’agit d’une étape qui n’existe pas chez l’enfant unique. Cette étape supplémentaire peut entraîner un petit retard dans le développement des enfants, qui passe le plus souvent inaperçu et est souvent rattrapé très rapidement. En fait, les enfants vont se développer en tant qu’entité, « être à deux », bien plus qu’individuellement.
Isabelle Sudre, présidente de Jumeaux et Plus, explique : « Les parents de jumeaux savent combien il est difficile de s’occuper de jumeaux en bas âge, de leur accorder la même attention, les mêmes sollicitations. Par exemple, lorsque les deux enfants pleurent, c’est très compliqué de les considérer comme étant à la source de deux demandes distinctes et individuelles. Bien souvent, si l’un est changé, l’autre le sera aussi. Si l’un est nourri, l’autre le sera aussi ».
2. La Complémentarité (2 à 6-7 ans)
Ensuite, entre 2 et 6-7 ans, les jumeaux passent par une phase dite de « complémentarité ». À ce moment-là, un des jumeaux prendrait l’ascendant sur l’autre. Dans les années 60, le psychologue René Zazzo, grand spécialiste des jumeaux, évoquait un développement gémellaire sous la forme d’un rapport « dominant vs dominé ». Aujourd’hui, les experts pensent que ce fonctionnement n’est pas figé et ne cesse d’évoluer.
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Selon Isabelle Sudre, « par nécessité de différencier les jumeaux entre eux, les parents cherchent à leur attribuer des caractéristiques qui leur sont propres ». À cet âge, la pensée de l’enfant commence à se structurer ainsi que sa personnalité. Isabelle Sudre précise que « les enfants vont être sollicités l’un après l’autre. Un des jumeaux va donc évoluer, mais l’autre va se trouver dans une position de spectateur et non pas d’acteur ». Il faudra qu’il attende d’être à son tour sollicité pour arriver au même niveau. Les sollicitations n’étant jamais exactement identiques envers l’un ou l’autre enfant, le développement de leur personnalité va donc se faire par paliers successifs. Ce mode de construction s’effectue par « à-coups ». Les spécialistes justifient d’ailleurs le retard des enfants jumeaux dans leur développement par cette maturation, en décalé, bien plus longue que chez les enfants uniques. Cette période de la complémentarité est fondamentale.
3. L'Autonomie (Période Scolaire)
La période suivante, celle de l’autonomie, va permettre aux jumeaux, chacun leur tour, de se retrouver au centre des interactions. À ce moment-là, ils vont connaître une certaine forme d’autonomisation. Les sollicitations vont se diversifier au cours de cette période. Elles vont toucher chaque enfant en tant qu’individu et non plus comme « entité gémellaire ». La scolarité par exemple apporte un rééquilibrage. Et le retard amorcé au cours des périodes de développement précédentes va s’atténuer. Les jumeaux vont être différenciés, et considérés comme ayant une personnalité bien distincte.
« Chez Jumeaux et Plus, nous conseillons de laisser les jumeaux ensemble aux rentrées scolaires charnières (maternelle, CP et 6e) » précise Isabelle Sudre. Elle conseille d’ailleurs aux parents d’envisager la séparation des jumeaux doucement. « La séparation physique n’est pas LA réponse au bon développement des jumeaux.
4. L'Autonomie Complète (Adolescence)
Cette seconde étape, qui débute à l’adolescence, marque la capacité pour les jumeaux de vivre leur propre vie, avec leurs envies, en dehors de l’approbation ou de la présence de son jumeau. Cette autonomie dite complète permet aux jumeaux de construire une relation affective avec une tierce personne. Pour Fabrice Bak « C'est l'achèvement de l'affirmation de soi en tant qu'individu. Aussi, même si cette relation de couple, totalement différente de la relation gémellaire, ne remplace pas cette dernière, elle implique néanmoins une séparation des jumeaux ». Autre changement : la crise d'adolescence. À ce moment-là, les enfants traversent un moment de leur vie où il est question de redéfinir la relation qui les unit à leurs parents. Les jumeaux ados le feront également avec leur frère ou sœur.
L'Impact de la Gémellité sur l'Identité et la Relation
Au final, les experts insistent sur le fait que, même si les jumeaux finissent par développer leur propre personnalité et mener une vie autonome, ils restent tout de même liés toute leur vie, de par leurs ressemblances physiques et intellectuelles qui influencent considérablement leur existence, et a fortiori lorsqu'il s'agit de vrais jumeaux.
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Sophie, une jeune femme jumelle, témoigne : « Ma sœur vit à Rennes et moi à Paris. Dès que l’une d’entre nous traverse un moment difficile dans sa vie, on le sent et on s’appelle tout de suite pour en parler. De toute façon, on se téléphone tous les jours ou presque !
Grossesses Gémellaires: Tendances et Facteurs d'Influence
Depuis les années 1980, selon les données de l’Ined (Institut national d’études démographiques), les grossesses gémellaires, en France et dans les pays développés, ont explosé provoquant un « twin-baby-boom ». Ces dix dernières années, plus de 10.000 jumeaux et jumelles ont vu le jour en France pour en moyenne de 700.000 naissances. En 2022, 10.768 jumeaux sont nés pour 683.705, par exemple. Une hausse spectaculaire depuis quarante ans de plus de 80 % selon l’Ined et selon la base de données sur les naissances multiples humaines publiée en 2023, même si la tendance commence à se tempérer.
Les Causes du Boom des Naissances Gémellaires
Selon le docteur Pauline Tomar, gynécologue-obstétricienne au CHU de Purpan à Toulouse, cette explosion des jumeaux est due, en premier lieu à deux facteurs récents. « Depuis les années 1980, il y a un boom de la procréation médicalement assistée (PMA) dans les pays développés. Pour les FIV notamment, on implantait alors plusieurs embryons pour multiplier les chances de succès. Mais, en France, on s’est rendu compte que cela pouvait provoquer des grossesses à risque avec plusieurs embryons, donc on a réduit aujourd’hui le nombre d’implantations multiples. »
Le deuxième phénomène est l’âge de la patiente, dans un contexte où les femmes attendent de plus en plus tard pour faire des enfants. « Après 35 ans, on multiplie ses chances d’avoir une grossesse gémellaire. La question de la parité rentre également en compte. Plus on a d’enfants, plus on a de chance de vivre une grossesse multiple », développe la gynécologue.
Autres Facteurs Influents
L’obésité et l’IMC jouent également un rôle dans la grossesse. En France, selon l’Inserm 17,4 % des femmes sont en situation d’obésité. Enfin, selon certaines études, la taille de la femme joue également un rôle : « D’après des recherches, les femmes grandes ont plus de chance d’avoir de jumeaux ». Le tout saupoudré d’une prédisposition génétique familiale, évidemment.
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Les Risques Accrus des Grossesses Gémellaires
« En théorie, une femme n’est pas censée porter plusieurs bébés », tranche la médecin. « Ce n’est pas une bonne chose car les grossesses gémellaires augmentent les risques, pour la maman mais aussi pour les bébés. Il y a plus de prématurés [80 % des jumeaux naissent de façon prématurée], un risque de retard de croissance intra-utérin ou d’hypotrophie et de développement du bébé.
Défis et Complications Spécifiques chez les Jumeaux
Outre les étapes générales du développement, les jumeaux peuvent rencontrer des défis et des complications spécifiques.
Le Syndrome de Transfusion Fœto-Fœtale (STFF)
Quand Billy et Kelly Graves ont appris qu'ils attendaient des jumeaux, ils ont été comblés. Pour ce couple de Britanniques résidant à Benfleet, déjà parent de Phoebe (10 ans), Florence (8 ans) et Albert (5 ans), cette grossesse a été vue comme une bénédiction. Malheureusement, de nombreuses complications ont considérablement ralenti la croissance de l'un des fœtus, mettant ses jours en danger. Les problèmes de santé de Chester ont été découverts lors d'une échographie à 16 semaines de grossesse. Les futurs bébés avaient alors une différence de taille de 25 %, très inquiétant aux yeux des médecins. Cela était causé par un phénomène empêchant l'un des jumeaux de recevoir les nutriments dont il avait besoin par le biais du placenta. Pour essayer de résoudre cette complication, Kelly a été admise à l'hôpital à 19 semaines, pour subir une opération par laser pour supprimer les vaisseaux sanguins placentaires reliant les deux bébés. Après cette opération, Otis continuait à bien se développer, gagnant environ 100 g par semaine. Quant à Chester, il ne prenait que 25 g : "On me disait à chaque échographie qu'il pouvait ne pas survivre, ce qui me brisait le cœur". L'état du futur bébé a fini par se stabiliser mais, à 28 semaines de grossesse, sa maman a perdu les eaux. Kelly a été emmenée à l'hôpital en urgence pour accoucher par césarienne, l'objectif étant de mettre ses jumeaux en couveuse le plus rapidement possible. À sa naissance, Otis pesait 1,56 g, un poids très faible et pourtant trois fois supérieur à celui de son frère, qui n'en faisait que 485. Né en premier, Otis a été immédiatement été placé en couveuse et sous respirateur, tandis que Chester a d'abord dû être stabilisé. Après sa naissance, il a été découvert que son cordon ombilical avait un nœud, ce qui avait également participé à ralentir sa croissance, puis il a subi une opération pour combler un trou découvert dans son cœur et une autre au niveau des yeux. C'est finalement après 46 jours qu'Otis a pu rentrer chez lui. Quant à Chester, il est resté en unité néonatale de soins intensifs et s'y trouve toujours. "Les jumeaux se sont enfin rencontrés pour la première fois depuis leur naissance le 22 septembre, ce qui a été un moment rempli d'émotion. C'est tout ce que j'attendais, et bien qu'Otis dormait, Chester était fasciné par lui et ne pouvait pas quitter son frère des yeux", confie Kelly. Pour elle et son mari, il est évident que le fait que leurs bébés puissent se voir joue dans la santé de Chester, et ils sont émus de les voir se câliner dès qu'ils se retrouvent. "Nous sommes si chanceux que Chester soit un petit guerrier et, malgré tout ce qu'il a vécu, il continue à se battre pour renter à la maison avec ses parents, Otis et le reste de la famille. Il est toujours intubé et en couveuse […] Nous sommes impatients de le ramener à la maison.
Le Fœtus in Fœtu (FIF)
C’est l’histoire d’une petite fille chinoise âgée d’un an présentant un retard de développement moteur et un périmètre crânien important. L’enfant est en effet incapable de s’assoir toute seule et la circonférence de sa tête est de 56,5 cm, sachant que la circonférence moyenne de la tête d’un bébé à la naissance est de 34 cm. Le nourrisson peut néanmoins bouger ses quatre membres et son tonus musculaire est normal. Les neurochirurgiens de l’hôpital Huashan de Shanghai et de la Capital Medical University de Pékin décident de faire passer au bébé des examens d’imagerie cérébrale. Chez cette fillette, qui présente donc une dilatation extrême de la boîte crânienne, le scanner et l’IRM du cerveau montrent la présence d’une masse intracérébrale. Cette très jeune patiente est porteuse d’un « fœtus in fœtu » (FIF), une pathologie congénitale extrêmement rare (1 cas sur 500.000 naissances) caractérisée par la présence d’un fœtus qui grandit à l’intérieur de sa jumelle. À ce jour, moins de 200 cas ont été publiés dans la littérature médicale internationale.
Le fœtus in fœtu résulte d’une anomalie de l’embryogenèse dont l’origine est encore mal comprise. Elle survient lors d’une grossesse gémellaire monozygote, plus précisément d’une grossesse monochorionique-diamniotique où des jumeaux partagent le même placenta mais ont chacun leur sac amniotique. Le fœtus in fœtu se manifeste par la présence dans le fœtus d’une masse contenant un autre fœtus, autrement dit un fœtus « parasite ». Un jumeau monozygote est incorporé dans l’autre. Cette anomalie rarissime a été rapportée pour la première fois par Johann Friedrich Meckel (1781-1822) en 1800, officiellement décrite par George William Young en 1809 et caractérisée par l’anatomopathologiste australien Rupert Willis en 1953. En 1986, Gould et Pyle avaient décrit le FIF de façon imagée en faisant remarquer que cela revenait à dire qu’ « une personne est enceinte de son frère ou de sa sœur » ou qu’ « un nouveau-né porte son jumeau ».
Dans la plupart des cas, le FIF est localisé profondément dans la cavité abdominale (en situation rétropéritonéale), mais parfois il peut être localisé dans des sites atypiques, tels qu’à l’intérieur du crâne, dans le scrotum (bourses), la cavité buccale, la glande surrénale (située au-dessus du rein), le thorax (médiastin), la région du sacrum et du coccyx. Le fœtus in fœtu est le plus souvent identifié durant la vie fœtale, pendant la petite enfance ou l’enfance précoce. Il renferme habituellement une colonne vertébrale (91 % des cas) avec des membres différenciés (85 %) et des organes autour d’un axe central. Publiée en 2020 dans la revue Pediatrics, une revue de la littérature portant sur 87 cas de FIF a montré que les autres organes les plus souvent présents dans un FIF sont un système nerveux central (55 %), l’appareil gastro-intestinal (45 %), des vaisseaux (40 %), l’appareil génito-urinaire (26,5 %). Le cœur est très rarement présent. Cette même étude précisait que la taille du FIF était comprise entre 4 cm et 24,5 cm et que le poids variait de 1,2 g à 1,8 kg. Dans 88 % des cas, on observe un unique fœtus in fœtu, mais dans certains cas on en dénombre de deux à cinq. En 1983, des médecins tchèques ont rapporté avoir identifié vingt-et-une masses fœtales rudimentaires chez un enfant mort-né.
Le FIF intracrânien peut siéger dans n’importe quelle région du cerveau car il n’existe pas de localisation privilégiée. Il est rarement découvert avant la naissance de son jumeau. Il n’est en effet diagnostiqué en période prénatale que dans environ un quart des cas. Le pronostic est souvent sévère pour le fœtus en cas de FIF intracrânien. Le fœtus in fœtu intracrânien est excessivement rare. On ne compte que vingt cas publiés dans la littérature médicale jusqu’en 2020, dont douze chez des sujets de sexe féminin. C’est donc un nouveau cas de FIF intracérébral que viennent de rapporter des neurochirurgiens chinois dans la revue Neurology. La masse fœtale siège à l’intérieur des ventricules (cavités du cerveau), ce qui explique que l’on parle de fœtus in fœtu intraventriculaire. La fillette a été opérée, mais les auteurs ne précisent pas l’état clinique de la petite patiente après l’ablation chirurgicale du FIF. L’analyse comparative de l’ADN des tissus du fœtus parasite et de celui de son hôte a montré qu’ils partageaient la même identité génétique. La petite fille avait donc une sœur jumelle qui se trouvait dans son cerveau. Le scanner cérébral et l’IRM du cerveau ont montré que l’enfant avait une hydrocéphalie (élargissement des ventricules cérébraux, cavités remplies de liquide céphalo-rachidien) et une compression du cerveau. Au sein de la masse fœtale intraventriculaire, on pouvait distinguer une colonne vertébrale, un fémur, un tibia, ainsi que les bourgeons des membres supérieurs et des ébauches de doigts. Le FIF intracrânien, de forme repliée au niveau du thorax, mesurait environ 10 cm de son extrémité inférieure à la région thoracique. Il devrait faire plus de 16 cm mis à plat.
En 2017, des obstétriciens et anatomopathologistes thaïlandais ont rapporté dans le Journal of Clinical Ultrasound un cas de fœtus in fœtu intraventriculaire avec présence de nombreux organes pleinement développés. À la 31e semaine de grossesse, l’échographie fœtale a décelé la présence d’une macrocéphalie (hypertrophie de la tête) et la présence d’une masse ayant l’apparence d’un fœtus dans le cerveau. Celle-ci mesurait 9 x 8 x 7 cm et occupait la majorité du volume de la boîte crânienne. À ce moment-là, la taille de la tête du fœtus correspondait déjà à celle d’un fœtus de 40 semaines. Cette masse fœtale contenait des os longs et des structures ressemblant à des intestins.
Les médecins de l’université de Chiang Mai précisent qu’à ce moment-là, on pouvait distinguer ce qui ressemblait à trois pieds (ou trois mains) au sein de la masse fœtale siégeant dans le cerveau du fœtus hôte. La maman a accouché par voie basse d’une petite fille qui portait donc trois fœtus dans son cerveau. La circonférence de sa tête était exagérément grande. Le diagnostic de FIF a été confirmé lors du suivi post-natal. Le scanner et l’IRM ont montré la présence dans sa boite crânienne d’une masse contenant un crâne, des côtes, un sacrum, un fémur, un tibia, un pied, un radius et un cubitus. La masse avait provoqué un déplacement du cerveau et du cervelet. L’analyse anatomopathologique des tissus du FIF a par ailleurs montré la présence de tissu thyroïdien, hépatique, pancréatique, respiratoire et gastro-intestinal. Ce FIF ne comportait pas de vertèbres. Deux mois après la naissance, les parents ont décidé de faire opérer leur bébé. Les neurochirurgiens ont alors extrait la masse intracrânienne. Ils ont alors découvert trois masses fœtales recouvertes de peau et incluses dans un même sac amniotique. La fillette a malheureusement fait un arrêt cardiaque lors de l’intervention et est décédée malgré les efforts pour la réanimer.
En 2013, des gynécologues-obstétriciens et anatomopathologistes du CHU de Clermont-Ferrand ont rapporté dans le Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction la découverte chez une patiente à la 20e semaine d’aménorrhée d’une macrocéphalie chez le fœtus (périmètre crânien de 38 cm). La patiente a accouché quelques jours avant la programmation d’une IRM. L’examen anatomopathologique du nouveau-né a mis en évidence une augmentation extrêmement importante de la boîte crânienne et une grande réduction du tissu cérébral. Les auteurs ont conclu à un fœtus in fœtu devant la mise en évidence de nombreuses structures très différenciées : colonne vertébrale et ébauche de moelle épinière, d’œsophage, de foie, avec présence de cellules pancréatiques et de tissu pulmonaire.
En 2008, des neurochirurgiens pédiatriques sud-coréens ont rapporté dans le Journal of Neurosurgery Pediatrics un cas de FIF intracrânien chez un enfant de quatre mois. La masse, de nature kystique et solide, était notamment composée de graisse et de tissus calcifiés. Le FIF mesurait 12 cm de diamètre. La masse avait été retirée complètement. Aucun signe de récidive n’avait été observé au cours des 12 mois suivants.
En 2007, des obstétriciens et anatomopathologistes japonais ont rapporté dans la revue Fetal Diagnosis and Therapy un cas de FIF détecté par échographie à la 19e semaine de gestation. La patiente avait mis au monde un enfant mort-né, qui se présentait par le siège et dont la boîte crânienne avait explosé pendant l’accouchement. Un examen post-mortem avait révélé des structures ressemblant à des membres, des colonnes vertébrales et des appareils digestifs. L’analyse anatomopathologique avait révélé la présence de six masses fœtales intracrâniennes, dépourvues de cerveau et de cœur. Les auteurs de ce cas clinique concluaient leur article en déclarant qu’« il est difficile d’expliquer comment six fœtus ont été incorporés dans l’hôte ».
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