La mort fœtale in utero (MFIU), aussi appelée « enfant mort-né », est un événement tragique qui touche environ 1% des naissances chaque année en France. Elle désigne le décès du fœtus après 20 semaines de grossesse et avant l’accouchement. Cet article explore les causes potentielles, le diagnostic, la prise en charge médicale et psychologique, ainsi que les considérations pour une future grossesse après une MFIU.

Définition et Terminologie

La mort fœtale in utero (MFIU) est définie comme le décès du fœtus survenant pendant la grossesse ou pendant le travail, caractérisée par l’arrêt irréversible de l'activité des grandes fonctions vitales du fœtus, notamment l’arrêt des mouvements perceptibles et des battements du cœur. On distingue la mort ante partum, où le décès est constaté avant le début du travail, et la mort perpartum, qui survient pendant l'une des phases de l'accouchement. On considère un enfant comme mort-né à partir de 180 jours de grossesse, soit 6 mois. Avant ce stade, on parle plutôt de fausse couche.

Causes de la Mort Fœtale In Utero

Les causes de la MFIU sont variées et complexes. Dans environ 36% des cas, aucune cause ne peut être identifiée, ce qui rend cette épreuve particulièrement difficile pour les familles. Cependant, plusieurs facteurs peuvent contribuer à la mort fœtale in utero :

Causes Maternelles

Les causes maternelles impliquent des conditions liées à la santé de la mère qui peuvent affecter le fœtus. Les raisons les plus fréquentes sont les suivantes :

  • Hypertension artérielle : L'hypertension artérielle est responsable d'un pourcentage important des morts ante partum.
  • Diabète : Le diabète peut causer un décès in utero, mais généralement, la maman est suivie de près dans ce cas.
  • Infections : Certaines infections ovulaires peuvent entraîner la mort fœtale.
  • Traumatismes : Les traumatismes physiques tels qu’une chute ou un accident peuvent causer le décès du fœtus. En cas de choc violent, il est impératif de contacter immédiatement un professionnel de la santé.
  • Troubles de l'hémostase : Le maintien d'un fœtus mort au-delà de 48 heures dans la cavité utérine peut entraîner des troubles de l'hémostase par diffusion de substances procoagulantes dans la circulation maternelle.
  • Tentative de suicide : Dans certains cas, les tentatives de suicide peuvent entraîner la mort du fœtus.

Causes Fœtales

Environ un tiers des morts in utero sont causées par le fœtus lui-même. Une autopsie peut révéler les raisons du décès :

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  • Anomalies chromosomiques : Les anomalies chromosomiques, en particulier les cas de trisomie 21, sont l’une des causes principales de MFIU.
  • Infections fœtales : Cytomégalovirus, herpès, toxoplasmose, rubéole, syphilis et mycoplasme peuvent être détectés lors de l'autopsie.
  • Maladies auto-immunes : Lupus ou syndrome des antiphospholipides peuvent être en cause.
  • Complications liées aux transfusions sanguines : Dans de rares cas, les transfusions sanguines peuvent être un facteur.
  • Prise de médicaments : Certains médicaments pris pendant la grossesse, comme l'aspirine et la codéine, peuvent être impliqués.

Causes Annexielles

Les problèmes liés à l'environnement fœtal sont également une cause fréquente de mort in utero :

  • Accidents de cordon ombilical : Un « accident » de cordon ombilical, tel qu'un nœud ou une compression prolongée, peut provoquer un arrêt de l’oxygénation. Olivier Multon, gynécologue, souligne l'importance de noter si un nœud s’est formé autour du cou ou du bras du bébé.
  • Hématome rétroplacentaire : Un hématome rétroplacentaire peut interrompre l'apport d'oxygène et de nutriments au fœtus.
  • Développement défectueux du placenta : Un développement défectueux du placenta durant la grossesse peut aussi être une cause. À mesure que le fœtus se développe, son environnement doit évoluer selon ses besoins.
  • Anomalies du liquide amniotique : Nous surveillons la quantité de liquide amniotique à partir de 41 semaines. Quand celle-ci commence à diminuer, c’est un signe que la grossesse atteint son terme. Il est temps de provoquer l’accouchement.
  • Chorioangiome placentaire: Dans certains cas, le décès peut être dû à un chorioangiome placentaire.

Mort Subite In Utero

Enfin, comme chez les nourrissons, certains enfants décèdent in utero de mort subite, sans que l’on sache pourquoi.

Diagnostic de la Mort Fœtale In Utero

Le diagnostic de la MFIU repose sur plusieurs éléments :

  • Absence de mouvements fœtaux : Un signe révélateur de la mort in utero est l'absence de mouvement du bébé. Olivier Multon recommande d’être attentif aux mouvements de son bébé et à leur régularité. Si la maman perçoit un changement d’attitude chez son enfant, elle doit s’en préoccuper.
  • Tests de réactivité fœtale : Lorsque des signes alarmants laissent présager une potentielle MFIU (absence soudaine de mouvements), l’équipe obstétricale commence par réaliser des examens médicaux, notamment en exécutant un examen de réactivité fœtale.
  • Échographie : Le diagnostic est affirmé par l'absence d'activité cardiaque à l'échographie, associée ou non à des signes de macération. L'échographie met précocement en évidence un chevauchement des os du crâne et l'absence de tout mouvement du fœtus.
  • Monitoring obstétrical : En cas de doute, les médecins ont recours à un monitoring obstétrical pour surveiller les battements du cœur et les mouvements de l'enfant.
  • Electroencéphalogramme: L'électroencéphalogramme montre un arrêt de l'activité cérébrale.

Si la maman a des doutes et ne sent plus son bébé pendant plusieurs heures, il est possible d'avoir recours à une échographie et à une auscultation ultrasonique pour entendre et voir les battements du cœur et les mouvements de l'enfant. Si rien ne se passe, il faut appeler la maternité pour faire un monitoring, voire une échographie, pour s’assurer que tout va bien.

Prise en Charge Médicale

Lorsque la mort in utero est constatée, la sortie du bébé est inévitable. En général, il sera probablement prescrit à la femme enceinte des médicaments (misoprostol) permettant d’évacuer le fœtus sans douleur.

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  • Accouchement : L'accouchement peut se faire par voie basse ou par césarienne. Le choix dépend de plusieurs facteurs, notamment l'état de santé de la mère et le terme de la grossesse. Le gynécologue prendra la décision la plus appropriée.
  • Examens complémentaires : Après l'accouchement, un premier bilan médical inclura généralement des tests sanguins pour tenter d’identifier l’origine du décès (dérèglement hormonal, hypertension). On procède ensuite à un examen physique approfondi afin de déterminer l’état de santé de la patiente.
  • Surveillance maternelle : Lorsque la mort ante partum survient, la mère doit être surveillée en continu et faire de nombreux bilans pour trouver la cause et éviter une récidive lors d'une prochaine grossesse.

Prise en Charge Psychologique

La MFIU provoque un choc psychologique important pour le couple. Un accompagnement psychologique est essentiel pour aider les parents à surmonter cette épreuve.

  • Soutien psychologique immédiat : Dès leur arrivée à l’hôpital, les parents seront redirigés vers un psychologue qui les aidera à surmonter cet événement tragique. Hélène Martinot, psychologue, explique que « dès le départ, la maman est prise en main par un psychologue travaillant dans une maternité ou une unité-mère enfant ».
  • Groupes de soutien : En dehors du secteur médical, des groupes de soutien contribuent eux aussi à aider le couple à accomplir leur deuil périnatal.
  • Suivi thérapeutique : Pour certaines mères, partager avec les autres est difficile. Hélène Martinot préconise « un suivi thérapeutique en individuel pour permettre à la maman de se reconstruire peu à peu et envisager la vie sans cet enfant. La psychothérapie est donc à envisager pour pallier aux symptômes liés à la perte de l’enfant ».

Il est crucial de prendre en compte la douleur du père, souvent oublié dans la littérature sur la mort in utero. Même s'il ne portait pas l'enfant, la perte est souvent tout aussi difficile à vivre pour le père que pour la mère.

Deuil Périnatal

Après la perte d’un bébé, in utéro ou à la naissance, vient ce que l’on appelle la douloureuse étape du deuil périnatal. Les étapes du deuil sont aussi applicables à la mort d'un fœtus in utero. Le bébé fait déjà partie intégrante de la vie des parents avant la naissance, alors le deuil est tout aussi difficile à vivre. Les symptômes chez les mamans sont nombreux : culpabilité, anxiété, dépression.

Sophie Nanteuil, dans son livre « Parents orphelins : vivre une fausse couche, une IMG, un deuil périnatal », espère montrer aux femmes et aux hommes endeuillés qu’ils ne sont pas seuls.

Concevoir Après une Mort Fœtale In Utero

Pour les parents, une question cruciale peut se poser après un tel événement : quel délai faut-il raisonnablement attendre avant de concevoir un autre enfant ?

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  • Délai recommandé : Compte tenu des résultats d’une grande étude, rien ne semble indiquer que les femmes doivent attendre plusieurs mois ou années avant de concevoir à nouveau. Aucune recommandation particulière n’apparaît nécessaire après un tel événement.
  • Exploration des causes : Toutefois, il est important de prendre le temps d’explorer les éventuelles causes de survenue de cette mort fœtale, pour écarter au maximum tout risque qu’elle se reproduise.
  • Préparation psychologique : La question d'une nouvelle grossesse est souvent difficile à aborder avec des parents ayant vécu le drame d'un bébé mort in utero. Hélène Martinot est catégorique : « pour ma part, il n'est pas sain d'avoir un autre enfant, lorsque le deuil n'est pas fait ; même s'il ne le sera jamais réellement. Mais, la prise de conscience de la mort de ce bébé doit être totale avant d'envisager une autre grossesse ».

Si une nouvelle grossesse arrive après la perte d'un enfant in utéro, il sera nécessaire de connaître le stade auquel l'enfant précédent est décédé pour surveiller ce créneau lors de la nouvelle grossesse.

Prévention

Bien qu'il ne soit pas toujours possible de prévenir la mort fœtale in utero, certaines mesures peuvent réduire les risques :

  • Suivi médical régulier : Un suivi régulier de la grossesse permet de détecter et de traiter rapidement les complications potentielles.
  • Surveillance des mouvements fœtaux : Olivier Multon recommande aux futures mamans d’être attentives aux mouvements de leur bébé et à leur régularité.
  • Gestion des conditions médicales préexistantes : Les femmes atteintes de conditions médicales telles que l'hypertension ou le diabète doivent être surveillées de près pendant la grossesse.
  • Éviter les traumatismes : Éviter les situations à risque de traumatismes physiques.

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