L'ingestion accidentelle d'alcool par un enfant, même en petite quantité, peut entraîner des conséquences dramatiques. Le coma éthylique, une intoxication aiguë à l'alcool, représente une urgence médicale potentiellement fatale, surtout chez les nourrissons dont l'organisme est particulièrement vulnérable. Cet article examine les causes, les conséquences et les mesures à prendre face à un coma éthylique chez les bébés, en s'appuyant sur des exemples concrets et des données scientifiques.
Causes du Coma Éthylique chez les Bébés
Le coma éthylique chez un bébé survient lorsque la quantité d'alcool absorbée dépasse la capacité de son organisme à la métaboliser, affectant le système nerveux central. Plusieurs facteurs peuvent être à l'origine de cette intoxication :
- Erreur d'administration : Un cas récent en Italie illustre une cause fréquente. Une grand-mère a accidentellement remplacé l'eau par du vin blanc en préparant le biberon de son petit-fils de 4 mois. L'enfant a consommé une partie de la préparation avant de refuser, mais cela a suffi à provoquer un coma éthylique. La grand-mère aurait dilué le lait en poudre avec du vin contenu dans une bouteille opaque, ce qui explique en partie son erreur.
- Exposition accidentelle : Les bébés peuvent ingérer de l'alcool en goûtant des boissons laissées à leur portée ou en consommant des aliments contenant de l'alcool.
- Erreurs de dosage de médicaments : Certains médicaments pour enfants contiennent de l'alcool et un surdosage peut entraîner une intoxication.
- Production endogène d'éthanol : Bien que rare, il existe un syndrome d'auto-brasserie où le corps produit de l'éthanol, pouvant potentiellement conduire à une élévation du taux d'alcool dans le sang.
Conséquences du Coma Éthylique chez les Bébés
Les conséquences d'un coma éthylique chez un bébé peuvent être graves et potentiellement mortelles. La sévérité dépend de l'âge et du poids de l'enfant, de la quantité d'alcool ingérée et du degré d'alcool de la boisson.
- Intoxication rapide : Chez l'enfant, les intoxications sont la deuxième cause d'accidents de la vie courante après les traumatismes. L'alcool est extrêmement nocif pour eux. Une simple gorgée de boisson alcoolisée peut être dangereuse.
- Effets sur le cerveau : L'alcool passe rapidement dans le sang et atteint le cerveau, provoquant une sensation de flottement. Chez l'enfant, l'alcool a un effet délétère sur le développement du cerveau tant que celui n'a pas terminé sa maturation, à la fin de l'adolescence.
- Complications médicales : Selon une note de la Société française de médecine d'urgence, trois complications sont particulièrement à craindre chez l'enfant :
- Acidose métabolique et hypothermie : Fréquentes et corrélées à l'éthanolémie.
- Hypoglycémie : Rare, mais à redouter chez l'enfant à jeun, pouvant entraîner un coma, des convulsions et des séquelles neurologiques.
- Risque de séquelles neurologiques : L'hypoglycémie peut entraîner un coma, des convulsions et des séquelles neurologiques.
- Fausse route et étouffement : Le principal danger du coma éthylique est la fausse route, en cas de vomissements.
- Décès : Dans les cas les plus graves, le coma éthylique peut entraîner un arrêt des fonctions vitales et le décès. L'alcool est responsable d'une mort sur quatre chez les 15 à 34 ans.
Que Faire en Cas de Coma Éthylique chez un Bébé ?
Le coma éthylique est une urgence médicale qui nécessite une intervention immédiate. Voici les mesures à prendre :
- Appeler les secours : Composer immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112 (numéro d'urgence européen). Indiquer clairement que le bébé est inconscient et susceptible d'être en coma éthylique.
- Placer l'enfant en position latérale de sécurité (PLS) : Allonger le bébé sur le côté pour éviter la fausse route en cas de vomissements. S'assurer que sa bouche et son nez soient bien dégagés.
- Surveiller les signes vitaux : Vérifier régulièrement la respiration et le pouls du bébé.
- Couvrir le bébé : Pour éviter l'hypothermie.
- Ne pas faire boire ni manger : Ne pas tenter de faire boire de l'eau ou de donner à manger au bébé.
- Informer les secours : Fournir aux équipes médicales toutes les informations disponibles sur la quantité et le type d'alcool ingéré, ainsi que sur l'état de santé du bébé.
Dans le cas survenu en Italie, la grand-mère a immédiatement conduit le bambin à l’hôpital Perrino de Brindisi, où ce dernier a été pris en charge par le service de pédiatrie. Après un lavage gastrique, le poupon a été intubé et transféré à l’hôpital pour enfants Giovanni XXIII de Bari, où il se trouve actuellement dans l’unité de soins intensifs. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de cet accident.
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Allaitement et Alcool : Quelles Précautions ?
La question de la consommation d'alcool pendant l'allaitement est délicate. En règle générale, les bienfaits de l'allaitement sont supérieurs aux effets de l'alcool, mais des précautions doivent être prises.
- Modération : L'ingestion de boissons alcoolisées devrait être réduite au minimum et limitée à une consommation occasionnelle.
- Quantité limitée : L'Académie américaine de pédiatrie (AAP) recommande de ne pas dépasser 0,5 g d'alcool par kg de poids corporel, ce qui, pour une mère de 60 kg, représente environ 2 oz de liqueur, 8 oz de vin ou 2 bières.
- Concentration dans le lait : La concentration d'alcool dans le sang est à peu près la même que dans le lait maternel. Une mère présentant un taux d'alcool dans le sang de 0,05% nourrira son bébé d'un lait contenant 0,05% d'alcool.
- Délai : Il est suggéré d'attendre 2 heures avant d'allaiter après avoir consommé de l'alcool.
- Impact sur le bébé : Une consommation d'alcool occasionnelle peut rendre le bébé plus somnolent et diminuer le réflexe d'éjection chez la mère.
- Problèmes de consommation : Une mère présentant un problème de consommation d'alcool a tout intérêt à demander de l'aide.
Alcool chez les Adolescents : Prévention et Risques
La consommation d’alcool des adolescents se déroule généralement dans un cadre festif et de manière ponctuelle, et est associée à un phénomène de groupe et un effet d’entraînement. Les conséquences de cette alcoolisation peuvent être dramatiques.
Risques pour les Adolescents
Les risques de l’alcoolisation et de l’ivresse sont liés à la désinhibition, la perte du contrôle de soi, la baisse des réflexes, etc.
- Risque routier : Que l'adolescent soit conducteur d’un deux-roues, passager d’un véhicule conduit par un ami ivre ou qu’il se déplace à pied avec une vigilance amoindrie.
- Accidents domestiques : L’alcool est également responsable d’accidents domestiques.
- Agressions : Agressions physiques ou sexuelles, ou de rapports sexuels non protégés.
Pratiques Dangereuses
- Biture express : La « biture express » (équivalente du « binge drinking » des Anglo-Saxons) qui consiste à boire le plus possible en un minimum de temps est particulièrement dangereuse. L’ivresse peut s’accompagner de vomissements, de pertes de mémoire ou de délires.
- Coma éthylique : Lorsque la concentration d’alcool dépasse deux grammes par litre de sang, votre enfant risque le coma éthylique, potentiellement fatal s’il n’est pas pris en charge (langue qui chute au fond de la gorge, étouffement dû à des vomissements, arrêt des fonctions vitales).
- Association à des boissons énergisantes : Diminue la perception des effets de l’alcool et favorise une consommation excessive et la prise de risques.
- Mélanges de soda et d’alcool fort : Les mélanges de soda et d’alcool fort (Prémix, Alcopops, Prêts A Boire) présentent également des dangers spécifiques liés à leur forte concentration en sucre (augmentation du risque de coma) ou en édulcorants (augmentation du taux d’alcoolémie).
- Consommation concomitante de plusieurs substances : L’association à des boissons énergisantes diminue la perception des effets de l’alcool et favorise une consommation excessive et la prise de risques.
Comment Aider un Adolescent
Il est important d’être vigilant et de ne pas banaliser la consommation d’alcool de votre enfant. Parlez-en avec lui, sa consommation ne doit pas être taboue.
- Sensibilisation : Vous devez le sensibiliser aux risques de sa consommation, immédiats (accidents de la route, violence, risque sexuel) et à long terme (impact possible sur son cerveau en cours de développement).
- Esprit critique : Aidez-le à développer un esprit critique et à savoir résister à la pression du groupe.
- Mise en garde : Mettez-le en garde contre les produits très attractifs pour les jeunes associant l’alcool à des boissons énergisantes ou des sodas.
- Conseils :
- Manger avant de boire.
- Décider à l’avance du nombre maximum de verres à boire et essayer de s’y tenir.
- Boire également de l’eau et alterner les boissons alcoolisées avec les non alcoolisées.
- Ne jamais rester seul.
- Organiser à l’avance un retour de soirée sans risque, pris en charge par une personne abstinente.
Quand Consulter ?
Une consommation régulière, des ivresses très fréquentes ou du type « biture express » doivent être prises au sérieux et nécessitent une consultation chez un généraliste ou un pédopsychiatre.
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- Consultations jeunes consommateurs : Elles s’adressent aux jeunes consommateurs de substances psychoactives, dont l’alcool.
- Centres Médico-Psychologiques (CMP) : Ils proposent une prise en charge des difficultés psychologiques.
- Points Accueil Écoute Jeunes (PAEJ)
- Espaces Santé Jeunes (ESJ)
- Maisons de l’adolescent
- ANPAA (Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie) : Intervient auprès des jeunes dans les écoles primaires, les collèges et les lycées.
Troubles Causées par l’Alcoolisation Fœtale (ETCAF)
L’ensemble des troubles causées par l’alcoolisation fœtale (ETCAF) désigne toutes les répercussions (physiques, cognitives et comportementales) liées à l’exposition à l’alcool pendant la grossesse. Le SAF complet est la forme la plus sévère, il est généralement lié à des expositions importantes et /ou fréquentes à l’alcool in utero. Par contre dans les formes incomplètes, les troubles vont apparaître plus tard de façon très variée.
- Chaque consommation d’alcool pendant la grossesse expose le fœtus.
- Les atteintes du cerveau se révèreront plus tard dans la vie de l’enfant, souvent au moment des apprentissages scolaires.
- Dans sa forme complète le diagnostic est possible dès la naissance.
- Dans les formes incomplètes, le lien entre les troubles et l’exposition à l’alcool est souvent ignoré.
- Quand les consommations d’alcool pendant la grossesse sont connues et le risque avéré, le suivi rapproché de l’enfant est primordial pour dépister d’éventuels troubles tôt.
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