Sept ans après Alien : Covenant, les xénomorphes sont de retour au cinéma dans Alien : Romulus. Réalisé par Fede Álvarez, ce film renoue avec les origines de la saga, se déroulant entre Alien (1979) et Aliens, le retour (1986). Álvarez revisite la fin de son film, qui a rappelé des souvenirs aux fans de la saga, et explique certains détails.
Un lien avec Prometheus
La fin d’Alien : Romulus renvoie à Prometheus. L’héroïne, interprétée par Cailee Spaeny, affronte une nouvelle créature : un bébé humain mutant. Kay, en pensant sauver sa vie et celle de son enfant, prend le mystérieux sérum noir trouvé sur la station spatiale.
L’origine du liquide noir
Álvarez a confirmé qu’il voulait relier tous les films de la saga avec Alien : Romulus. Le liquide noir est la source de tout ce qui a été introduit dans Prometheus. C’est la source de toute vie, et plus précisément, les xénomorphes viennent de là. C’est comme le sperme des xénomorphes. Si ça infecte ton ADN, et que les Ingénieurs viennent de la même source de vie, il est logique que cette créature ressemble à ça.
Dans Prometheus, l’équipe découvre cette substance noire sur la planète LV-223, où ils venaient rencontrer leurs créateurs, les Ingénieurs. L’androïde David infecte intentionnellement Holloway avec une goutte de ce liquide, le transformant peu à peu en monstre. Holloway a eu le temps de coucher avec Shaw, qui se retrouve enceinte d’un poulpe, lequel devient ensuite un énorme poulpe et attaque un Ingénieur pour le féconder.
Alien : Romulus se déroule en 2142, après le premier Alien, et quelques décennies après Prometheus, en 2093. Le lien est donc logique pour reconnecter tous les films.
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Une inspiration de Résurrection
Le fils d’Álvarez a fait remarquer que la progéniture dans Romulus est comme dans Résurrection. Álvarez n’y avait pas réfléchi de cette manière, mais c’est vrai.
Un film réalisé par un fan pour les fans
Álvarez voulait retrouver l’atmosphère du premier film de Ridley Scott. Alien : Romulus est un film réalisé par un fan de la franchise et conçu pour les fans d’Alien. Cette saga a toujours été portée par des cinéastes aux styles différents. James Cameron, par exemple, en a gardé l’esprit tout en apposant sa patte.
Retour aux sources
Álvarez a puisé dans ses souvenirs pour raconter comment des jeunes gens gèrent leurs rencontres avec les créatures. Il s’est demandé quelles sensations le premier Alien avait pu procurer au public de cette époque et pourquoi il était resté ancré dans la culture populaire. Il n’a pas voulu livrer une copie réactualisée du film de Ridley Scott, mais en retrouver l’essence.
Lors d’un dîner avec des amis cinéphiles, Álvarez a compris que les fans avaient envie de retrouver la pureté de la saga. Alors il a mis son ego de côté pour tenter de revenir aux bases. Les concepts originaux d’H.R. Giger, créateur des designs, ont repris le pas sur les modifications que les aliens ont connues au fil du temps. Álvarez voulait rendre ces créatures toujours plus terrifiantes alors que le public les connaît à fond. Il a mis l’accent sur les « face-huggers », ces créatures qui pondent leurs œufs dans les bouches de leurs victimes.
L’humain au cœur de l’histoire
Álvarez a choisi de replacer les relations humaines au centre de la saga de façon originale. Ses personnages ont été librement inspirés d’une scène coupée d’Aliens de James Cameron où l’on voyait des enfants courir dans la station spatiale d’Acheron. Les héros de son film se connaissent depuis leur plus jeune âge quand ils sont confrontés à cette épreuve. C’est une façon de renforcer le suspense que de jouer le fait qu’ils sont amis au départ, qu’ils s’aiment vraiment et ne sont pas des étrangers amenés à collaborer pour une mission. Il a très vite choisi Cailee Spaeny, excellente nouvelle venue vue récemment dans le rôle-titre de Priscilla.
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Liberté créative
Álvarez a pu compter sur le soutien du studio et faire ce film de façon indépendante sans subir aucune pression. Il assume l’entière responsabilité de ce film.
La saga Alien : un bref rappel
En 1978, Ridley Scott tourne Alien, le huitième passager. L’équipage du Nostromo est réveillé par l’ordinateur de bord pour faire un détour par une planète d’où un signal est émis. L’un des membres de l’équipage est infecté par un parasite, et un monstre sort de sa cage thoracique. Les sept résidents du Nostromo meurent, à l’exception de Ripley, interprétée par Sigourney Weaver. La créature, imaginée par H.R. Giger, est terrifiante.
En 1986, James Cameron réalise Aliens, le retour. Un commando de militaires de l’espace se prépare à intervenir sur une colonie spatiale qui ne répond plus. Ripley fait partie de l’équipe en qualité de consultante.
En 1992, David Fincher réalise Alien 3. Ripley échoue dans une prison spatiale et porte dans son ventre un monstre.
Jean-Pierre Jeunet réalise Alien : Résurrection. Il faut ressusciter le personnage de Ripley.
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Ces quatre films ne sont pas de qualité égale, mais sont tous valables. La franchise Alien a offert l’occasion à quatre grands cinéastes de livrer leur version de la même chose, comme une sorte d’exercice de style. Chaque épisode ressemble authentiquement à la filmographie de son auteur.
Paul W.S. Anderson s’empare d’Alien vs. Predator en 2004. Ça se passe dans une pyramide souterraine, au pôle Sud, où des Aliens et des Predators se battent. Apparemment, il y a eu suffisamment de spectateurs conquis pour que sorte Alien vs. Predator : Requiem de Colin et Greg Strause.
En 2012, Ridley Scott annonce qu’il travaille sur un film qui est un épisode d’Alien sans être un épisode d’Alien. Il s’agit d’un prequel à Alien. L’originalité de Prometheus est de présenter un nouveau personnage qui fera le lien entre les films à venir, comme un antagoniste de Ripley : David, un robot interprété par Michael Fassbender, qui voudrait surpasser son créateur et donner naissance à une créature.
C’est donc parti pour une nouvelle suite à ce prequel, qui s’appellera Alien : Covenant et qui sortira en 2017.
Neill Blomkamp avait des projets pour la franchise Alien, mais Ridley Scott a refusé le projet.
En 2019, Disney a racheté la 20th Century Fox et a un projet clair : faire tourner ses franchises.
Alien : Romulus : un chaînon manquant ?
Alien : Romulus devrait être le chaînon manquant entre Alien : Covenant et Alien, le huitième passager. Mais il se passe après Le Huitième passager.
Une nouvelle génération aux commandes
Avec la bénédiction de Ridley Scott, le bébé est confié à Fede Álvarez, un jeune cinéaste uruguayen. Située entre Alien, le huitième passager et Aliens, le retour, l’intrigue d’Alien : Romulus met en scène un groupe de jeunes colons chargés de nettoyer une station spatiale à l’abandon lorsqu’ils tombent sur des xénomorphes.
Conçu comme un épisode isolé, à la manière de Rogue One, l’excellent spin-off de Star Wars, Alien : Romulus espère ouvrir une nouvelle ère pour la saga, près d’un demi-siècle après sa naissance. Les producteurs y croient durs comme fer puisqu’ils viennent de mettre en boîte la première saison de la série télé Alien : Earth. Imaginée par Noah Hawley, le créateur inspiré de Fargo, elle se déroulera 30 ans avant les événements du premier film et s’affranchira des préquels de Ridley Scott. Diffusion attendue début 2025 sur la chaîne américaine FX.
Un nouveau type de xénomorphe
Le nouveau film de la saga, sorti le 15 août 2024, introduit un type de xénomorphe encore jamais vu.
La progéniture
Alien : Romulus nous montre l’une des pires scènes d’accouchement de l’histoire du septième art. Kay souffre beaucoup dans Alien : Romulus. Lors d’une scène horrible et sanglante, elle donne alors naissance à un xénomorphe hybride déjà adulte, entre humain et alien. Ce nouveau type d’alien, absolument monstrueux, est un bipède blanc à l’apparence quasi humaine, ainsi qu’à la rapidité et à l’intelligence dévastatrices. Il est notamment capable de tuer en buvant le sang de ses victimes, comme il le fait avec Kay. Cette menace effrayante pourrait avoir un impact sur la suite de la saga, puisqu’elle semble même dépasser le niveau de dangerosité déjà très élevé du xénomorphe. Et si l’hybride meurt finalement à la fin d’Alien : Romulus, en étant envoyé dans l’espace par Rain, le produit qui l’a créé, le Prometheus 5, existe toujours.
Le père du bébé de Kay
Fede Álvarez a confirmé l’identité du père du bébé de Kay. Bjorn est le père du bébé de Kay dans Alien : Romulus. Kay et Bjorn ont un bref moment de contact physique qui témoigne de la profondeur de leur relation. Le fait que Kay soit enceinte était un mauvais signe. « Juste avant la mort de Bjorn, lui et Kay partagent un moment où ils se touchent de manière très intime. Suis-je le seul à avoir pensé que c’était un signe que Bjorn est le « connard » qui l’a mise enceinte ? », demande l’utilisateur. « Oui, c’est vrai. Bonne prise ! » commente Álvarez. Comme l’observe u/Noraodel, c’est le bref mais assez intime moment entre Bjorn et Kay juste avant la mort de l’ancien personnage qui est l’indice.
La maternité : un thème clé
Depuis le tout début du film phare de Ridley Scott de 1979, la grossesse et la maternité ont été deux thèmes récurrents majeurs de la franchise Alien. Les xénomorphes naissent, après tout, grâce à des facehuggers qui s’accrochent à leurs victimes et les « imprègnent ». La période d’incubation est toutefois remarquablement courte et bien plus violente que pour les naissances humaines, car un chestburster sort rapidement de sa victime avant de mûrir rapidement pour devenir un xénomorphe adulte. Ces thèmes font partie de pratiquement tous les films Alien à un certain degré, et ils sont explorés à la fois dans la relation entre les personnages humains (Ripley et Newt dans Aliens) et dans la relation entre les humains et les extraterrestres (la grossesse extraterrestre de Shaw dans Prometheus). L’intérêt de la franchise pour la grossesse et sa sombre histoire de qui devient enceinte et de ce qui signifiait essentiellement que la grossesse de Kay, dès sa première introduction dans Alien : Romulus, était une sorte de pistolet de Tchekhov qui reviendrait la hanter. Bien que la grossesse de Kay augmente également les enjeux et crée immédiatement de l’empathie pour ce personnage, il est évident qu’une sorte de naissance aura lieu un jour. Conformément aux thèmes et à l’histoire de la franchise avec la grossesse, la fin d’Alien : Romulus voit Kay, après s’être injectée de la substance noire, donner naissance à un terrifiant hybride xénomorphe connu sous le nom de Progéniture. L’histoire de la grossesse de Kay dans Alien : Romulus sert de preuve supplémentaire que toute grossesse dans un film Alien est une mauvaise nouvelle.
Un spectacle efficace
Alien : Romulus est un spectacle efficace assurant du « Fan service » généreux à travers quelques hommages aux premiers volets de la saga. Situé entre le premier et le deuxième volet, Alien : Romulus se révèle être un très bon épisode de cette saga. Un groupe de jeunes va tenter de quitter leur mine pour aller sur une autre planète, mais le vaisseau qu’il va trouver se révélera bien plus dangereux que prévu. Les effets spéciaux et les images sont incroyables, la tension monte crescendo au fur et à mesure de l’apparition de ces bêtes et le jeu d’acteur est bon.
L’idée du film
L’idée du film est née d’une scène coupée d’Aliens, le retour où l’on aperçoit des enfants courir dans les couloirs de la colonie sur la planète Acheron. Le réalisateur Fede Álvarez a discuté pour la première fois de l’idée d’Alien Romulus lors d’un passage à Scott Free Production au cours une simple discussion.
Disney a refusé l’idée de la fin
Fede Álvarez a révélé que Disney avait refusé son idée pour la fin du film, et que ce refus l’a incité à continuer. L’une des plus grosses surprises d’Alien : Romulus est en effet la présence de « The Offspring » dans le climax du film. Pas le groupe de punk-rock, mais la « Progéniture », à savoir un hybride humain/xénomorphe aux traits bien plus humanoïde que les précédentes incarnations du xénomorphe. « Ils ont [repoussé l’idée] au début [en ce qui concerne les hybrides humains/aliens], mais pas parce qu’ils n’aimaient pas ça. Ils se sont juste demandé si c’était trop. Faut-il vraiment en arriver là ? Et je me suis dit : « Oui, maintenant que vous avez dit que nous ne devrions pas, je sais que je vais le faire ». Si une société appartenant à Disney vous confie un film Alien et qu’elle vous dit immédiatement : « Oui, faisons-le », vous échouez d’une manière ou d’une autre. Nous avons donc repoussé les limites, et je suis heureux que nous l’ayons fait. Nous, quand on a vu l’Offspring… »
Si les traits de The Offspring rappellent ceux d’un Ingénieur, il fait également penser au « Newborn » d’Alien Resurrection. En parlant d’Ingénieur, la présence de cet hybride tisse un lien direct avec Prometheus et Covenant de Ridley Scott, puisque la fameuse gelée noire présente dans Prometheus est à l’origine de La Progéniture de Romulus, et la fameuse substance que s’injecte Kay durant le film. En tout cas, on notera la très subtile (c’est faux) référence dans le nom du produit.
Alien et la maternité : un sujet de philo
Sans confirmation ou infirmation de la part du studio concernant une suite à Alien : Romulus, on pourra tout de même recevoir une nouvelle dose de xénomorphe avec la série Alien : Earth. Celle-ci se déroulera sur Terre, comme son nom l’indique, bien avant le premier Alien de Scott.
Analyse de certains détails du film
Le film commence par la récupération du xénomorphe éjecté par Ripley à la fin du premier film dans l’espace depuis la navette Narcissus. Le Big Chap (désormais désigné XX121 par Weyland Yutani) a survécu en créant une sorte de cocon autour de lui. A partir de là, les mecs arrivent à synthétiser le fameux fluide des Ingénieurs et à usiner des Facehuggers (parasitoïdes). On découvre que le fluide a des effets indésirables assez crado. En effet, le rat sur lequel il a été testé a rapidement dégénéré en créature à moitié xéno. On n’aperçoit qu’un seul Chestburster dans le film, mais il ne semble pas aussi vivace que celui d’Alien. Fede Alvarez a choisi de nous montrer une autre phase du développement des xénomorphes. Par contre, aucun sens n’est donné à la brume bleue dont je vous ai parlé récemment. Dans le tunnel par lequel nos récupérateurs d’épave s’introduisent dans la station, ces derniers découvrent un rat flottant en absence de gravité. Si j’admets que la présence d’un tel animal est possible (échappé d’un labo ou commensal classique à bord d’un vaisseau), cela fait écho à une remarque du Colonial Marines Technical Manual. Dans cet ouvrage, un résumé du log dont j’ai déjà parlé précédemment. Dans un autre extrait, les scientifiques de WY évoquent la possibilité que le Big Chap ait grandi aussi vite en se nourrissant de rongeurs présents dans la cale du Nostromo. Dans la scène où Tyler, Andy et Rain traversent Romulus pour rejoindre le hangar 2 au milieu des Facehuggers, on apprend que ces parasitoïdes repèrent leur proie grâce à sa signature thermique et au son. Cette hypothèse me semble en contradiction avec la totalité de ce que l’on sait des Facehuggers. Ces créatures ne peuvent pas s’en remettre à la température corporelle pour repérer de futurs hôtes puisque rien ne garantit qu’elles devront s’attaquer à des êtres vivants à sang chaud. De surcroît, dans Alien, quand le Facehugger s’attaque à Kane, ce dernier est une atmosphère s’approchant du vide spatial. La combinaison spatiale qu’il porte doit avoir une capacité isolante thermique. Comment la ruche dans la station Renaissance a-t-elle été créée ? Et par qui ? Il est de mon point de vue plus probable que la structure soit produite par le xeno né de Navarro dans la première partie du film, mais alors de quels hôtes sont sortis les autres aliens ? Il n’y a plus personne de vivant à bord de Renaissance quand l’équipage du Corbelan aborde Renaissance.
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