Les coliques du nourrisson sont un problème courant qui touche de nombreux parents. Elles se caractérisent par des crises de pleurs intenses et inconsolables chez les bébés de moins de 4 mois. Bien que désagréables, les coliques sont bénignes et disparaissent généralement spontanément.
Qu'est-ce que les coliques du nourrisson ?
Les coliques du nourrisson désignent des crises de pleurs survenant le plus souvent après la tétée ou le biberon. Elles apparaissent quelques semaines après la naissance et touchent environ 20 à 25 % des nourrissons dans les premiers mois de leur vie. Il ne s'agit pas d'une maladie, mais plutôt d'un ensemble de symptômes.
Selon le Professeur Jean-Pierre Olives, pédiatre gastro-entérologue, il n’existe pas de réelle définition des coliques du nourrisson, car ce n’est pas une maladie, mais un symptôme.
Comment reconnaître les coliques du nourrisson ?
Votre bout de chou passe régulièrement par des crises de pleurs qui semblent inconsolables ? Entre 1 et 6 mois, certains enfants connaissent ce que les pédiatres nomment fréquemment « les coliques du nourrisson ». Lors de ces épisodes particulièrement difficiles à gérer (pour l’enfant comme pour les parents), le nourrisson pleure de façon intense et soutenue sans que l’on parvienne à le calmer (on parle aussi de pleurs inconsolables du nourrisson). Les coliques du nourrisson se traduisent par d’intenses crises de pleurs de bébé survenant généralement en fin d’après-midi ou en début de soirée, ou à la suite d’un repas (tétée ou biberon). Bébé commence alors à s’agiter, se tortille et se met à hurler durant de longues minutes (voire plusieurs heures). Les coliques du nourrisson touchent généralement les enfants entre leur troisième semaine de vie et leur cinquième mois.
Voici quelques signes caractéristiques des coliques :
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- Crises de pleurs intenses, souvent en fin d'après-midi ou en début de soirée
- Pleurs survenant généralement après le repas (tétée ou biberon)
- Bébé qui se tortille, devient rouge et semble souffrir
- Ventre parfois ballonné et dur
- Difficulté à calmer le bébé
- Émission de gaz ou de selles qui semblent soulager l'enfant
- Bébé qui plie ses bras et ses jambes, adoptant parfois une position dite « de batracien », en repliant les jambes vers le ventre.
- Bébé très agité et semble chercher une position confortable sans la trouver.
- Bébé se réveille fréquemment après s’être endormi, sursautant et pleurant parfois pendant plus d'une heure.
Il est important de noter que les coliques ne modifient pas la consistance ou l'aspect des selles et ne sont pas à confondre avec une diarrhée. Les nourrissons atteints de coliques ont un appétit normal et une courbe de poids satisfaisante.
Les causes des coliques du nourrisson
L’origine des coliques est difficile à élucider. Plusieurs hypothèses sont avancées comme un retard de maturité de l’intestin chez certains nouveau-nés empêchant une digestion normale. Une autre hypothèse avance que les enfants allaités pourraient manifester une réaction indirecte au lait de vache liée à une consommation importante de la mère en produits laitiers. L’origine de ces coliques est difficile à déterminer. Chez les enfants allaités par leur mère, ces coliques pourraient être une réaction indirecte au lait de vache. Enfin, il a été suggéré que l’anxiété de la mère (en particulier dans le cas du premier enfant) pourrait favoriser l’apparition de coliques.
Les causes des coliques du nourrisson restent encore mystérieuses et inexpliquées, car il ne s’agit pas d’une maladie mais d’un ensemble de symptômes.
Voici les principales hypothèses avancées :
- Immaturité intestinale (origine physiologique) : Le système digestif et le système nerveux du bébé ne sont pas encore suffisamment matures, ce qui peut provoquer des ballonnements, des spasmes et des douleurs abdominales. À l’âge où se manifestent les coliques, bébé a un système digestif encore très immature, notamment au niveau de la flore intestinale.
- Déséquilibre de la flore intestinale : D’après l’American Academy of Pediatrics (AAP), les coliques pourraient être liées à un déséquilibre du microbiote intestinal (1). C’est donc là qu’interviennent les probiotiques, ces “bonnes bactéries” qui aident à restaurer une flore intestinale plus équilibrée. Certains chercheurs explorent des traitements par prébiotiques et probiotiques.
- Allergies ou intolérances alimentaires : D’après certains médecins, les coliques du nourrisson pourraient également être causées par une allergie alimentaire, ou une intolérance au lait de vache. Une allergie aux protéines de lait de vache, fréquente chez les bébés nourris aux laits infantiles et parfois aussi chez les bébés allaités indirectement, peut être en cause. Selon la Société canadienne de pédiatrie (SCP), “une minorité des bébés peuvent présenter des symptômes de coliques secondaires à une allergie aux protéines du lait de vache. Dans de tels cas, un régime hypoallergène pour la mère si le nourrisson est allaité et une préparation fortement hydrolysée si le nourrisson est nourri au biberon peuvent résoudre les coliques.” (2) Il peut donc y avoir un lien entre allaitement et colique : si votre nourrisson est allaité, il est possible que son ventre réagisse à certains aliments que vous consommez. L’intolérance au lactose est due à une sécrétion insuffisante de lactase (l’enzyme qui digère le lactose) par l’intestin. Dans certains cas, cette insuffisance est héréditaire et ces symptômes apparaissent dès la naissance. Dans d’autres cas, l’insuffisance est la conséquence temporaire d’une infection de l’intestin et disparaît avec sa guérison.
- Piste neuropsychologique : Certains chercheurs estiment que les coliques du nourrisson sont, au même titre que les pleurs, une étape normale du développement chez certains bébés. Pour ces enfants, les crises de pleurs seraient alors le moyen d’évacuer les tensions et le stress causés par les stimulations du quotidien. Par ailleurs, l’angoisse liée à la tombée de la nuit pourrait également déclencher un besoin de réconfort qui causerait des pleurs inexpliqués (les pleurs sont alors le seul moyen de communiquer pour bébé). L’horloge biologique de bébé, notamment son cycle veille-sommeil, n’est pas encore bien réglée.
- Aérophagie : Certains bébés avalent trop d’air en tétant (sein ou biberon), ce qui provoque des gaz douloureux. Faire attention à ce que l’enfant avale le moins possible d’air lors des tétées.
- Anxiété des parents: Le stress et l’anxiété chez les parents pourraient également influencer le bien-être du nourrisson.
Comment soulager les coliques du nourrisson ?
Bien que les coliques du nourrisson soient bénignes, elles peuvent être très éprouvantes pour les parents. Heureusement, il existe plusieurs solutions pour soulager bébé et atténuer son inconfort. Les coliques du nourrisson n’étant pas une maladie, il n’existe aucun traitement médicamenteux pour y remédier. De plus, tous les parents qui ont déjà connu ce type d’épisode savent combien il peut être difficile de parvenir à calmer bébé, y compris en y mettant toute la meilleure volonté du monde.
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Voici quelques conseils et techniques simples qui peuvent aider à apaiser votre bébé :
- Si vous allaitez : En cas d’allaitement, faire l’expérience d’arrêter totalement la consommation de lait et produits laitiers pendant une semaine afin de voir si les coliques du bébé se calment ou non. Évitez les aliments provoquant des gaz comme les épices, choux, brocolis, choux de Bruxelles, haricots, et flageolets, car ils peuvent entraîner davantage de flatulences chez bébé.
- En cas d’alimentation au biberon, il est possible d’essayer un lait sans lactose.
- Chaleur apaisante : La chaleur possède un effet immédiat sur les tensions abdominales et peut grandement soulager les coliques chez votre bébé. L’idée, ici, est de lui offrir une sensation réconfortante, proche de celle qu’il ressentait dans le ventre maternel. La clé est simplement de toujours tester la température sur votre poignet avant d’appliquer une source de chaleur à votre bébé, pour éviter tout risque de brûlure. Posez sur le ventre de bébé une bouillotte tiède (préférablement remplie de noyaux de cerises). La chaleur est un antidouleur efficace.
- La bouillotte sèche : une petite bouillotte en noyaux de cerise ou en graines de lin, chauffée quelques secondes au micro-ondes (et bien vérifiée avant application), peut être placée sur le ventre de votre tout-petit pour une sensation apaisante.
- Le peau à peau : contre votre torse, enveloppé dans une couverture douce, votre bébé profite de votre chaleur corporelle, mais aussi de votre odeur et de votre battement de cœur.
- Position verticale : L’écharpe de portage est une bonne solution, la posture verticale soulage souvent le nourrisson. Lorsque votre bout de chou a pris la tétée ou a bu son biberon de lait infantile, allongez-le sur le ventre sur votre lit, la table à langer ou un coussin d’allaitement, si vous allaitez bébé. En bougeant les jambes, bébé va exercer une faible pression contre son ventre qui fera office de massage et pourra lui faire le plus grand bien.
- Le portage en écharpe ou en porte-bébé physiologique : en position verticale et bien lové contre vous, votre bébé bénéficie de votre chaleur et des doux mouvements qui l’aident à se détendre et à digérer plus facilement.
- La position sur l’avant-bras (aussi appelée “ventre de tigre”) : allongé sur votre avant-bras, ventre contre votre peau et tête soutenue par votre main, votre enfant ressent un effet légèrement compressif qui apaise ses crampes et l’aide à expulser les gaz.
- Portage ventral : Portez votre bébé à plat ventre sur votre avant-bras, tête dans la main, jambes et bras pendants, puis marchez doucement en respirant profondément pour une détente partagée.
- Massages du ventre : Si vous vous apercevez que le ventre de votre bout de chou est tout dur et qu’il émet des gaz, il peut être judicieux de lui masser l’abdomen. La première technique consiste à placer une main sous la couche de bébé, tandis que l’autre main est posée sur son ventre. La deuxième technique consiste à masser l’abdomen de bébé tout en pliant une de ses jambes (puis d’étirer la jambe tout doucement). Massez doucement le ventre de bébé dans le sens des aiguilles d’une montre, en évitant les repas et les crises. Placez une main sur le ventre, l’autre sous la couche, pour une sensation englobante apaisante. Pliez doucement une jambe vers le ventre puis étirez-la, puis recommencez avec l’autre jambe.
- Réconfort et contact physique : Les coliques du nourrisson créent chez l’enfant un inconfort digestif chez bébé et qui peut nécessiter un besoin de réconfort. En le portant avec une écharpe de portage, vous répondez idéalement à cette attente : bébé sera serré contre vous et se sentira en sécurité dans vos bras. De plus, la position physiologique adoptée par votre bambin dans l’écharpe (les jambes sont légèrement relevées) pourra l’aider à soulager ses douleurs intestinales et à expulser les gaz éventuels. Lorsque le bébé pleure, le prendre dans les bras, le promener ou le bercer.
- Créez une ambiance calme : Lumière tamisée, petite musique douce, ambiance calme et tranquille…L’environnement de bébé peut jouer un rôle important sur son bien-être et son anxiété. Utilisez de la musique classique, tamisez la lumière, et créez un environnement apaisant.
- Probiotiques : D’après les dernières recommandations du Groupe Francophone d’Hépatologie-Gastroentérologie et Nutrition Pédiatrique, certains probiotiques auraient un rôle bénéfique dans les coliques. D’après l’American Academy of Pediatrics (AAP), les coliques pourraient être liées à un déséquilibre du microbiote intestinal (1). C’est donc là qu’interviennent les probiotiques, ces “bonnes bactéries” qui aident à restaurer une flore intestinale plus équilibrée. Certaines souches ont démontré une efficacité dans la réduction des pleurs chez votre bébé : parmi les solutions disponibles, Calmosine CLQ contient la souche Bifidobacterium animalis ssp. lactis BB12®, connue pour soutenir une flore intestinale équilibrée.
- Calmosine Digestion : Parfois, un petit coup de pouce naturel peut aider les bébés à mieux digérer et à soulager les inconforts liés aux coliques ! Calmosine Digestion est une solution à base de plantes, qui associe 3 ingrédients clés :
- Le fenouil (sans estragol), un soutien pour la digestion : le fenouil est connu pour ses propriétés digestives et son effet apaisant sur les ballonnements. Il favorise l’élimination des gaz et peut aider à détendre le tube digestif.
- Le tilleul, une plante qui apporte une sensation de réconfort : utilisé depuis des générations pour calmer et détendre, le tilleul agit en douceur sur le système digestif et nerveux de votre bébé. Son effet relaxant peut également favoriser un meilleur endormissement après un épisode de coliques.
- La fleur d’oranger : douceur et apaisement : réputée pour ses vertus calmantes, la fleur d’oranger apporte une note réconfortante et participe à une digestion plus sereine.
- Autres conseils :
- Faire attention à ce que l’enfant avale le moins possible d’air lors des tétées.
- Si votre nourrisson est allaité, il est possible que son ventre réagisse à certains aliments que vous consommez.
Quand consulter un médecin ?
Bien que les coliques soient généralement bénignes, il est important de consulter un médecin dans les situations suivantes :
- Lorsque les coliques sont associées à des vomissements, des douleurs abdominales ou de la fièvre. En effet, les coliques peuvent parfois être le symptôme d’une infection, par exemple une gastro-entérite.
- Lorsque les coliques du nourrisson persistent ou semblent très douloureuses pour l’enfant.
- Si les pleurs de votre bébé sont incessants et inconsolables, même après avoir testé plusieurs méthodes d’apaisement.
- S’il semble avoir des douleurs intenses (se cambre en arrière, cris aigus, poings serrés).
- S’il présente d’autres symptômes en plus des coliques (fièvre, vomissements fréquents, diarrhée ou constipation persistante).
- Si son poids stagne ou diminue et qu’il a du mal à s’alimenter correctement.
- Si vous avez un pressentiment que quelque chose ne va pas puisqu’en tant que parent, votre instinct compte !
- En cas de doutes, ou lorsque les crises de pleurs incessantes commencent dès la première semaine de vie, ou ne s’arrêtent pas après le 5ème/6ème mois, il est important de consulter rapidement votre pédiatre.
Lors de la consultation médicale, le médecin s’assure que l’enfant souffre bien de coliques du nourrisson. Pour établir son diagnostic, le médecin se base sur les critères de ROME IV (outil diagnostic utilisé dans les pathologies digestives). Il peut dans certains cas exceptionnels prescrire des analyses complémentaires comme une prise de sang, un examen des selles ou une échographie de l’abdomen. Le pédiatre recherche également les éventuels signes pouvant indiquer une allergie alimentaire.
Il est indispensable de demander conseil à votre médecin dès l’apparition de pleurs répétés qui vous paraissent compliqués à calmer. Seul un professionnel de santé est en mesure de pouvoir établir le bon diagnostic et de détecter une réelle allergie alimentaire.
Soutien aux parents
Les coliques du nourrisson peuvent provoquer chez les jeunes parents un fort sentiment d’impuissance et un stress important pouvant s’avérer désespérants par moment. Ne sachant plus quoi faire pour calmer leurs enfants, les parents peuvent également ressentir de la colère, voire une certaine détresse psychologique.
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Si vous vous sentez dépassé par les pleurs, n'hésitez pas à :
- Posez bébé dans son lit en toute sécurité.
- Expliquez-lui que vous avez besoin de souffler et que vous revenez.
- Prenez un moment pour vous éloigner, appelez un proche, un ami, ou un service d’écoute comme « Allo Parents en crise » (0 805 382 300).
- Une fois calmé, retournez auprès de votre bébé, il en aura besoin.
Ces pauses sont un signe de responsabilité parentale, pas d’échec. N’hésitez pas à alterner avec l’autre parent pour vous reposer.
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