L'acquisition de la marche est une étape importante du développement de l'enfant. Généralement, les bébés commencent à marcher entre 12 et 15 mois. Cependant, une grande variabilité existe et certains enfants font leurs premiers pas plus tôt (dès 10 mois) ou plus tard (jusqu'à 18 mois). On ne parle de retard de la marche qu'à partir de 18-20 mois. Alors, quelles sont les causes possibles si votre bébé de 24 mois ne marche toujours pas, et comment l'aider ?

Développement de la marche : Un processus individuel

Il est essentiel de comprendre que le développement de la marche est un processus individuel qui varie considérablement d'un enfant à l'autre. Chaque enfant est unique et suit un cheminement qui lui est propre. Certaines étapes du développement moteur peuvent être atteintes plus tôt chez certains bébés et plus tard chez d'autres. Il n'y a pas de calendrier universel strict pour la marche.

Le développement moteur est une progression graduelle. Avant de marcher, votre bébé passera probablement par plusieurs étapes, telles que se tenir debout en s'appuyant sur des meubles, marcher en se tenant la main, ou prendre des petits pas hésitants. Cela fait partie du processus normal de développement. Durant ses premiers mois de vie, votre enfant est d'abord passé par plusieurs étapes de son développement : il a gigoté les bras et les jambes, s'est retourné, s'est tenu la tête, s’est assis, s'est mis à ramper.

Causes possibles d'un retard de la marche

L’acquisition de la marche nécessite l’intégrité du squelette et des muscles mais également des réseaux de neurones qui contrôlent la commande motrice, le tonus, la coordination et l’équilibre. Plusieurs facteurs peuvent expliquer un retard de la marche chez un enfant de 24 mois :

  • Variabilité normale : La plupart des enfants commencent à marcher entre 9 et 18 mois, avec une moyenne autour de 12 mois. Si votre bébé atteint 16 mois sans marcher, cela ne signifie pas nécessairement qu'il y a un problème. Toutefois, si votre enfant a atteint l'âge de 18 mois sans montrer de signes de marche ou si vous avez d'autres préoccupations concernant son développement global, il est alors temps de consulter un professionnel de la santé.
  • Retard simple de la marche : Lorsque le retard de la marche paraît isolé, sans aucune autre anomalie, lorsque les causes précitées ont été éliminées, il peut s’agir d’un retard simple de la marche. Souvent ces enfants se déplacent sur les fesses avec une jambe repliée sous elles. Il est fréquent que d’autres membres de la famille aient marché tardivement.
  • Décalage dans les acquisitions : Souvent, lorsqu’un enfant a un décalage d’acquisition de l’âge de la marche, on pourra retrouver parfois un décalage sur d’autres acquisitions : tenue de tête, station assise, 4 pattes, verticalisation … Il est donc vraiment nécessaire de bien noter toutes les étapes de développement de votre bébé sur son carnet de santé !
  • Maladie récente : Il se peut aussi que votre enfant ait été malade au cours des derniers mois, pouvant ralentir le développement moteur sans pour autant laisser penser à un problème neurologique ou développemental (par exemple un nourrisson qui a fait plusieurs bronchiolites et a été hospitalisé plusieurs fois).
  • Facteurs neurologiques, musculaires ou squelettiques : L’évolution du tonus et des réactions d’équilibre permettent successivement au nourrisson de tenir sa tête, puis son dos, puis de tenir assis, puis debout en s’agrippant, et enfin de marcher, de courir, de sauter. L’acquisition de la marche nécessite donc l’intégrité du squelette et des muscles mais également des réseaux de neurones qui contrôlent la commande motrice, le tonus, la coordination et l’équilibre.
  • Prématurité : Ces bébés prématurés peuvent plus fréquemment présenter un retard dans leur développement du au temps passé en couveuse. Il n’est donc pas rare que les acquis psychomoteurs soient « calculés » selon la date du terme théorique.

Quand faut-il s'inquiéter ?

Les pédiatres, en général, parlent de retard à la marche lorsque l’enfant ne marche pas seul à 18 mois. Mais là encore, si votre enfant à 18 mois et 1 jour et qu’il ne marche pas, cela ne veut pas dire qu’il est anormal ! En revanche, il conviendra de voir votre médecin pour examiner votre bébé, déterminer les besoins en examens complémentaires éventuels et la nécessité de la mise en place d’une rééducation en kinésithérapie rééducation.

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Il est conseillé de consulter si bébé ne cherche pas à se mettre debout passé les 18 mois. Les bilans médicaux permettront de repérer si bébé présente un réel retard pathologique du développement psychomoteur et vous guidera si des examens sont à prévoir.

Attention, si les chutes sont associées à une fièvre, une boiterie, des plaintes de douleurs ou tout autre symptôme faisant de la marche une activité handicapante, il faut consulter un pédiatre. Chez un enfant entre 5 et 10 ans cela peut faire penser à « un rhume de hanche ».

Comment encourager le développement moteur de bébé ?

Il existe plusieurs moyens de stimuler le développement moteur de votre bébé, même s'il ne marche pas encore à 24 mois. Voici quelques conseils :

  • Encouragez le jeu actif : Proposez des jouets et des activités qui encouragent votre bébé à bouger et à explorer son environnement. À la maison, évitez de lui apporter systématiquement les jouets qu’il réclame. Placez-les à distance de l’enfant, à sa hauteur, pour qu’il ait envie de les attraper lui-même. Vous pouvez également l’appeler en ouvrant grand vos bras et en l’invitant à venir s’y réfugier pour un câlin.
  • Assistez-le en toute sécurité : Lorsque votre bébé essaie de se mettre debout ou de marcher en se tenant à des meubles, assurez-vous qu'il est en sécurité pour éviter les chutes. Pourquoi ne pas mettre un meuble à sa hauteur dans la pièce à vivre ou dans sa chambre pour qu’il puisse prendre appui dessus ? Le parc peut aussi être intéressant : les barreaux lui permettent de s’agripper pour pousser sur ses jambes et se tenir pour marcher en crabe.
  • Offrez des périodes de motricité libre : Laissez votre bébé explorer le sol en rampant, en se déplaçant à quatre pattes et en développant sa force musculaire.
  • Soyez patients : Chaque enfant se développe à son propre rythme. Évitez d’écouter ces personnes qui comparent les enfants, car cela peut générer du stress inutile. Attendre que ce soit le bon moment et ne pas stresser sur l'âge. Rien ne sert de l’encourager comme des forcenés si votre bébé n’est pas prêt à apprendre à marcher.
  • Consultez un professionnel de la santé : Si vous avez des préoccupations particulières concernant le développement de votre enfant, parlez-en à votre pédiatre ou consultez un spécialiste du développement de l'enfant.
  • Sécurisez l’intérieur de la maison pour aider votre bébé à marcher dans un espace sûr : ôtez les tapis, protégez les coins des meubles, posez des barrières de sécurité.
  • Misez sur le mimétisme : emmenez votre enfant dans des espaces où il verra évoluer d’autres petits enfants (parc, aire de jeux). Par mimétisme, il aura envie de faire comme eux et donc de marcher.
  • Offrez-lui des jeux qui favorisent le renforcement musculaire de ses jambes. En effet, pour marcher et supporter le poids de son corps, ses jambes ont besoin d’acquérir un certain tonus musculaire au préalable. Les tricycles et chariots de marche sont d’excellents outils pour aider le bébé à marcher en renforçant les muscles nécessaires. Un modèle en bois, plus lourd que ceux en plastique, et doté de freins est à privilégier pour les premiers pas mal assurés de votre loulou.
  • Laissez-le évoluer pieds nus : Pour aider votre bébé à marcher, laissez-le évoluer pieds nus ou avec des chaussettes antidérapantes à l’intérieur de la maison. En effet, ce contact entre le sol et sa voûte plantaire lui permet de mieux trouver son équilibre et donc de prendre confiance pour tenter la marche. Les chaussures souples ne sont recommandées qu’à l’extérieur. Pour pouvoir marcher, votre loulou va devoir apprendre à maîtriser l’équilibre. La perception du sol se fait… par sa voûte plantaire. Pour bien l’appréhender, le mieux est donc de laisser ses pieds nus autant que possible : avec une semelle, les capteurs sensoriels sont bien moins stimulés. En outre, ses orteils risquent d’être entravés, or ils servent à trouver ses appuis.
  • Habillez-le de manière adaptée : Exit les tenues en jeans raides ou les petites blouses ou chemises : pensez à l’habiller dans des tenues confortables, où votre petit bout pourra bouger librement sans se sentir entravé. Legging, jogging, sarouel sont de la partie, sans oublier le body qui évite les petits courants d’air dans le bas du dos !
  • Ne pas lui tenir les mains au-dessus de la tête. Il faut éviter d’aider votre bébé à marcher en lui maintenant les bras en l’air pour l’inciter à se lancer. En effet, les mains maintenues au-dessus de sa tête perturbent son équilibre et ont donc l’effet contraire. Comment faire marcher bébé pour le déstabiliser ? En lui tenant les mains, les bras au-dessus de la tête : c’est le meilleur moyen d’entraver ses mouvements. Mieux vaut tenir ses mains à son niveau, sous les épaules, au niveau du buste ou des hanches pour qu’il prenne appui sur vos mains.
  • Oublier le youpala : En revanche, parmi les produits de puériculture à ne pas utiliser, il y a le youpala. Aussi appelé trotteur, si cet objet peut paraître amusant, puisqu’il permet à votre tout-petit de se déplacer seul, il est pourtant néfaste pour l’apprentissage de la marche. Bébé pousse avec la pointe des pieds et n’apprend absolument pas à travailler son équilibre. Sans compter les risques d’accident… À bannir !

Rôle de l'ostéopathie

Un bilan chez l’ostéopathe permettra d’aider votre enfant car il peut avoir un manque d’aisance dans sa motricité. L’ostéopathe pédiatrique saura intégrer toutes les informations utiles pour diriger un examen clinique et une séance spécifiques à votre bébé. Il s’intéressera à la grossesse, l’accouchement et les premières semaines de vie du bébé. Votre ostéopathe pédiatrique saura vous guider et vous donner des conseils pour accompagner votre bébé dans son développement psychomoteur. Vous pouvez d’abord « l’aider sans l’aider » en encourageant sa mobilité : pas trop de transat par exemple. Vers ses 3 mois, n’hésitez pas à le mettre sur son tapis d’éveil sur le dos puis sur le ventre (toujours sous surveillance bien évidemment). Pensez à lui mettre des vêtements souples pour ne pas le gêner dans ses gestes. Encouragez le en vous mettant à sa hauteur ou mettez vous à 4 pattes. Ne pas le faire marcher en lui tenant les mains au dessus de la tête. Votre bébé a besoin de chercher son équilibre et de comprendre comment utiliser son centre de gravité. Le tenir les bras au dessus de la tête n’est pas une position naturelle pour marcher et ne l’aidera pas. Si vous sentez qu’il a besoin d’une aide extérieur pour le rassurer à ses débuts : mettez vous en face de lui et donnez lui les mains à sa hauteur.

Troubles de la marche chez l’enfant

Dans les premières années, on note souvent des anomalies quant à la marche ou la course chez l’enfant. Un facteur familial existe, le surpoids par exemple, est un facteur favorisant. Autre facteur favorisant : cette mauvaise habitude qu’ont les petits à s’asseoir « entre leurs cuisses » avec les jambes retournées à l’extérieur en W. Ainsi faut-il préférer la position ancienne et éprouvée depuis des siècles : s’asseoir en tailleur. Le vélo ou le porteur sont aussi des facteurs de prévention et rééducation du genu valgum. Une consultation médicale 1 à 2 fois par an est souhaitable afin de surveiller et de mesurer que l’écart entre les deux chevilles ne soit pas supérieur à 5cm. Pour ce, l’enfant doit être couché, jambes tendues, genoux au contact. Il s’agit de la déformation inverse, les membres inférieurs sont en « parenthèses ». Cette déformation est fréquente avant 18 mois ou 2 ans, surtout chez les enfants qui ont appris à marcher très tôt. Ils sont là aussi physiologiques dans les premières années, jusqu’à 5 voire 7 ans, en raison de la laxité ligamentaire (pieds dits Valgus). On peut différencier un vrai pied plat d’un faux pied plat physiologique en demandant à l’enfant de se mettre sur la pointe des pieds. On observe alors chez les « faux » pieds plats que la voûte plantaire se creuse normalement. Elle est plus due à des variations d’inclinaison ou de rotation des hanches. La rotation des pieds en dedans est quasi normale jusqu’à 8 ans et se corrige spontanément.

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