Pour de nombreux parents, l'heure des repas peut se transformer en un véritable défi lorsque leur enfant refuse catégoriquement de manger des morceaux. Entre 1 et 2 ans, l'introduction des morceaux dans l'alimentation de l'enfant est une étape importante, mais certains enfants manifestent une aversion pour les textures, allant jusqu'à développer une véritable phobie alimentaire. Cet article vise à explorer les causes possibles de ce refus et à proposer des solutions pour aider les parents à surmonter cette difficulté.
Causes possibles du refus des morceaux
Habitudes alimentaires antérieures
L'une des causes possibles du refus des morceaux est une alimentation antérieure principalement basée sur des petits pots. Le Dr Jean Lalau-Keraly, pédiatre, suggère que les enfants ayant été habitués à une alimentation lisse peuvent avoir du mal à s'adapter aux textures nouvelles.
Sensibilité gustative exacerbée
Certains enfants, appelés "hypergoûteurs" par le Pr Tounian, présentent une sensibilité gustative exacerbée, ce qui les conduit à une hypersélectivité alimentaire. Ces enfants peuvent être particulièrement difficiles en matière d'alimentation et refuser un grand nombre d'aliments.
Facteurs émotionnels et environnementaux
Les enfants très émotifs ou qui éprouvent un sentiment d'insécurité peuvent également refuser de manger, car la nourriture symbolise le lien maternel. Des changements dans la famille, une séparation, un décès ou des problèmes à la crèche ou à l'école peuvent également influencer le comportement alimentaire de l'enfant. Il est important de rechercher, avec l'aide d'un professionnel si besoin, ce qui amène l'enfant à s'opposer à la nourriture.
Néophobie alimentaire
La néophobie alimentaire, qui est fréquente et normale entre l'âge de 18 mois et 6 ans, peut également être une cause du refus des morceaux. Cette étape du développement de l'enfant se caractérise par une réticence à goûter de nouveaux aliments.
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Troubles de l'oralité alimentaire
Les troubles de l'oralité alimentaire se traduisent par une difficulté, voire une impossibilité, à téter le sein ou le biberon, ou encore une difficulté à passer à la cuillère ou aux morceaux. Pour les enfants qui en souffrent, l'aliment provoque un refus, quelle que soit sa consistance ou sa texture.
Problèmes dentaires et de déglutition
Le refus des morceaux peut également être lié à des problèmes dentaires, tels que l'absence de certaines dents (canines et premières prémolaires), ou à un réflexe de déglutition qui n'est pas encore tout à fait au point. La maturité de la déglutition apparaît de manière très variable entre 8 mois et 2 ans, voire 2 ans et demi pour certains enfants.
Mélange des textures
Parfois, le problème ne vient pas des morceaux eux-mêmes, mais du fait qu'ils sont mélangés à une texture lisse. Beaucoup de petits détestent ça, sans que l'on sache trop pourquoi.
Facteurs psychologiques
Il arrive que l'enfant ne soit pas prêt psychologiquement à passer à cette nouvelle étape. Il peut être trop absorbé par l'apprentissage de la marche ou la découverte de sa crèche, par exemple.
Solutions et stratégies
Ne pas forcer l'enfant
Face au refus des petits morceaux, il est inutile de forcer l'enfant. Cela pourrait entraîner chez lui un sentiment douloureux, lié au fait qu'il n'a pas su se faire entendre.
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Représenter régulièrement les aliments en morceaux
Il est important de prendre l'habitude de représenter régulièrement des aliments en morceaux à l'enfant, en petite quantité. Dans un premier temps, ce peut être un petit gâteau, que l'enfant croque, et dont les morceaux sont mangés progressivement, et non d'un coup. Dans un second temps, on lui proposera de la viande ou des légumes.
Diversifier l'alimentation dès la grossesse
La néophobie alimentaire du petit enfant se prévient dès la grossesse ! Comment ? En démarrant la diversification alimentaire comme conseillé entre l'âge de 4 mois et 6 mois et en introduisant, régulièrement, de nouveaux goûts : carotte, haricots verts, petits pois, pomme, banane, coing… Il est également important de lui laisser découvrir la nourriture… avec les mains !
Séparer le lisse des morceaux
Si l'enfant fait systématiquement la moue devant le hachis parmentier et les yaourts avec des morceaux de fruits, il est conseillé de continuer à lui donner son laitage et sa purée à la cuillère et de lui présenter la viande, le poisson ou les fruits à part.
Laisser l'enfant manger avec ses doigts
Laisser l'enfant manger avec ses doigts peut l'aider à se familiariser avec les textures et à explorer les aliments de manière ludique.
Introduire un seul changement à la fois
Il est préférable de se contenter d'un seul changement à la fois et de ne pas insister si l'enfant refuse. On peut recommencer dans quelques jours. Inutile d'insister et de faire de ce blocage passager une source de tensions à chaque repas.
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Créer un environnement positif et détendu
L'ambiance à table doit rester conviviale. Ce n'est pas le moment de régler ses comptes. On peut discuter ensemble de ce que chacun vit, et surtout pas de ce qu'on mange (sauf pour remercier le cuisinier ou la cuisinière !). Il est important de respecter la satiété de l'enfant et de ne jamais le forcer à terminer son assiette.
Éviter le chantage et la punition
L'alimentation n'est pas une monnaie d'échange et ne doit pas donner lieu à des punitions. Il est également important d'éviter le grignotage en dehors des repas pour favoriser l'appétit au temps des repas.
Faire participer l'enfant à la préparation des repas
Impliquer l'enfant dans la préparation des repas peut l'aider à s'intéresser aux aliments et à les découvrir de manière ludique. On peut, par exemple, l'emmener au marché pour lui faire découvrir les fruits et légumes, ou lui demander de participer à la préparation du repas en observant depuis sa chaise haute ou en participant depuis sa tour d'observation.
Varier les présentations et jouer sur l'aspect visuel
Laisser libre cours à sa créativité et proposer des assiettes ludiques en représentant par exemple le visage d'un bonhomme avec les aliments. Les assiettes compartimentées peuvent aussi être une solution, car elles permettent à l'enfant de bien catégoriser visuellement les différents aliments et de les goûter indépendamment les uns des autres.
Consulter un professionnel de santé
Si le refus des morceaux persiste et que cela a un impact sur la santé de l'enfant, il est important de consulter un médecin ou un pédiatre. Ils pourront évaluer la situation et orienter les parents vers un spécialiste si nécessaire.
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