L'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse est une méthode d'avortement qui consiste à provoquer une fausse couche grâce à la prise de deux médicaments. Elle est possible jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Cette méthode est pratiquée par un médecin ou une sage-femme, que ce soit en cabinet de ville, en centre de santé ou en centre de planification familiale ayant signé une convention avec un établissement de santé.

Le déroulement de l'IVG médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse repose sur l'utilisation de deux médicaments spécifiques :

  1. Mifépristone (MYFEGINE) : Ce médicament interrompt le développement de la grossesse en bloquant l'action de la progestérone, une hormone essentielle au maintien de la grossesse. Il favorise également les contractions de l'utérus et l'ouverture du col utérin. La mifépristone est prise lors d'une consultation avec un médecin ou une sage-femme. Il est important de noter que des saignements peuvent survenir après la prise de ce premier médicament, mais cela ne signifie pas que la grossesse est arrêtée. Il est donc crucial de prendre le deuxième médicament.
  2. Misoprostol (GYMISO) : Ce médicament provoque l'expulsion de la grossesse en augmentant les contractions utérines. Il est généralement pris entre 36 et 48 heures après la mifépristone, soit à domicile, soit lors d'une consultation. Les laboratoires déconseillent la prise de misoprostol par voie vaginale en raison d'un risque accru de douleurs abdomino-pelviennes.

Saignements après la prise de médicaments

Les saignements sont un signe attendu après la prise de médicaments abortifs. Ils surviennent généralement entre 30 minutes et 3 jours après la prise du premier médicament, mais dans la majorité des cas, ils se manifestent dans les 2 à 4 heures suivant la prise du misoprostol. Dans environ 5 % des cas, des saignements peuvent survenir dès la prise de la mifépristone. Il est donc conseillé de prévoir des protections menstruelles dès ce moment.

La prise de misoprostol est toujours nécessaire, même en cas de saignements après la mifépristone, car il peut rester des résidus de grossesse qu'il est important d'évacuer. Les saignements qui suivent peuvent durer de 10 à 20 jours et être comparables ou plus abondants que les règles, avec des caillots provenant de la muqueuse utérine. L'abondance des saignements dépend du stade de la grossesse et est souvent plus importante après 7 semaines d'aménorrhée (5 semaines de grossesse). Il est possible d'observer une boule blanche gélatineuse dans les saignements, qui correspond à l'œuf ou au sac ovulaire.

Absence de saignements : quand s'inquiéter ?

Si aucun saignement ne se manifeste dans les 24 heures suivant la prise de misoprostol, il est impératif de contacter le médecin ou la sage-femme pour évaluer la situation. Une consultation est nécessaire si aucun saignement ne se déclenche après ce délai.

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Importance du contrôle post-IVG

Le contrôle de l'efficacité de l'IVG médicamenteuse est essentiel en raison d'un risque d'échec ou de complications estimé entre 1 et 5 %. Ce contrôle peut être réalisé par une échographie ou par une prise de sang pour doser les hormones de grossesse (Bêta HCG). Il est important de noter que le résultat de la prise de sang sera positif même si l'IVG a fonctionné. La comparaison des dosages BHCG avant et après l'IVG permet de vérifier son efficacité. Un taux de Bêta HCG inférieur à 2000 mUI/ml deux semaines après l'IVG indique que l'avortement a réussi. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial, cela signifie que la grossesse est toujours évolutive et que l'IVG médicamenteuse a échoué.

Les règles reviennent généralement 4 à 6 semaines après l'IVG, en fonction de la méthode contraceptive mise en place.

Complications potentielles

Bien que rares, des complications peuvent survenir jusqu'à un mois après l'IVG, notamment si la consultation de contrôle n'a pas été réalisée ou si elle a été effectuée dans de mauvaises conditions. Ces complications peuvent se manifester sous forme de symptômes d'infection (fièvre supérieure à 38°C pendant plus de 24 heures après la prise de misoprostol), de douleurs différentes de celles des règles, ou de pertes inhabituelles en couleur et en odeur. Des effets indésirables tels que des douleurs, de la fièvre, des vomissements, de la diarrhée, des maux de tête, des vertiges, des malaises, des frissons et des bouffées de chaleur peuvent également survenir. Si ces symptômes sont insoutenables et/ou persistent plus de 24 heures, il est impératif de se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG fournie par le professionnel de santé.

Absence de saignements : causes possibles

Dans certains cas, une femme peut ne pas saigner après avoir pris les médicaments pour une IVG médicamenteuse. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette absence de saignements :

  • Grossesse extra-utérine (GEU) : Bien que rare, une grossesse extra-utérine, où l'œuf fécondé se développe en dehors de l'utérus, est une contre-indication à l'IVG médicamenteuse. Elle peut être détectée par des signes cliniques et par le suivi du dosage des BHCG.
  • Échec de l'IVG médicamenteuse : L'IVG médicamenteuse n'est pas efficace à 100 %. Dans 5% des cas, elle peut échouer et la grossesse peut se poursuivre.
  • Prise incorrecte des médicaments : Il est crucial de suivre scrupuleusement les instructions du médecin ou de la sage-femme concernant la prise des médicaments. Une prise incorrecte peut affecter l'efficacité de l'IVG.
  • Facteurs individuels : Chaque femme réagit différemment aux médicaments. Certains facteurs individuels peuvent influencer la survenue et l'abondance des saignements.

Que faire en cas d'absence de saignements ?

Si une femme ne saigne pas après avoir pris les médicaments pour une IVG médicamenteuse, il est crucial de :

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  1. Contacter immédiatement le médecin ou la sage-femme : Le professionnel de santé évaluera la situation et déterminera la cause de l'absence de saignements.
  2. Effectuer un contrôle : Un contrôle par échographie ou dosage des BHCG est indispensable pour vérifier si la grossesse a été interrompue.
  3. Suivre les recommandations du professionnel de santé : En fonction de la cause de l'absence de saignements, le professionnel de santé pourra recommander une nouvelle prise de médicaments, une intervention chirurgicale ou d'autres mesures appropriées.

Autres informations importantes

  • Douleur : La pratique d'une IVG par médicaments peut entraîner des douleurs plus ou moins fortes, variables selon les femmes. Des anti-douleurs sont prescrits systématiquement et leur prise est recommandée en prévention de la douleur, 30 minutes avant la prise de misoprostol.
  • Fertilité : Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n'entraîne pas de risque d'infertilité et n'a aucune conséquence sur la fertilité.
  • Bien-être psychologique : Chaque femme vit l'IVG de manière singulière. Si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d'en parler, elle peut demander à être reçue en entretien individuel.
  • Contraception : Le choix d'une méthode contraceptive est abordé au cours de la procédure d'IVG, car il est possible de tomber enceinte très rapidement après l'intervention.

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