L'interruption volontaire de grossesse (IVG), ou avortement, est un droit fondamental pour toutes les femmes en France, qu'elles soient mineures ou majeures. Cet acte médical, encadré par des professionnels formés, permet d'interrompre une grossesse non désirée ou médicalement problématique. Depuis sa légalisation, l'IVG a connu des améliorations constantes pour garantir la sécurité et le bien-être des femmes. 33 % des Françaises ont recours à l’IVG au moins une fois dans leur vie.

Qu'est-ce que l'IVG ?

L'IVG est un acte médical qui met fin à une grossesse. En France, ce droit est garanti jusqu'à 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d'aménorrhée (absence de règles). La décision d'interrompre une grossesse appartient uniquement à la femme concernée, et des professionnels de santé sont là pour l'accompagner et répondre à toutes ses questions.

Les Deux Méthodes d'IVG

Il existe deux méthodes d'IVG, et le choix revient à la patiente, en fonction de ses préférences, de son état de santé et du terme de sa grossesse :

  • IVG médicamenteuse : Cette méthode est possible jusqu'à 7 semaines de grossesse (9 semaines d'aménorrhée). Elle consiste à prendre deux types de médicaments. Le premier, pris par voie orale lors d'une consultation avec un médecin ou une sage-femme, interrompt la grossesse. Des saignements peuvent survenir après la prise de ce médicament, mais cela ne signifie pas que l'interruption est effective. Il est indispensable de prendre le deuxième médicament, 36 à 48 heures plus tard, soit par voie orale (en consultation ou à domicile), soit par voie vaginale. Ce deuxième médicament provoque des contractions et l'expulsion de la grossesse. Des saignements importants se produisent généralement dans les 3 à 4 heures suivant la prise, mais cela peut parfois prendre jusqu'à 24 à 72 heures.
  • IVG chirurgicale (ou instrumentale) : Cette méthode est possible jusqu'à 14 semaines de grossesse (16 semaines d'aménorrhée). Elle consiste à dilater le col de l'utérus et à aspirer le contenu utérin. L'IVG chirurgicale est réalisée sous anesthésie locale ou générale, selon le choix de la patiente et sa situation médicale.

Qui Consulter et Où ?

Si vous êtes enceinte et envisagez une IVG, la première étape est de contacter un professionnel de santé : médecin, sage-femme ou gynécologue. Vous pouvez prendre rendez-vous :

  • Dans un hôpital public ou privé
  • Dans un centre de planification
  • Dans un cabinet médical privé
  • Dans un centre de santé
  • Dans un centre d'Interruption Volontaire de Grossesse (CIVG)
  • Centre de Santé Sexuelle (CSS) : centre médical pour tout ce qui concerne l’interruption volontaire de grossesse, la contraception, la sexualité ou encore le dépistage des infections sexuellement transmissibles.
  • Sage-femme : professionnelle de santé médicale spécialisée dans la santé de la femme. Il est possible de consulter même si vous n’avez pas encore pris de décision.

Déroulement de la Démarche

Plusieurs rendez-vous sont nécessaires avant de procéder à l'IVG :

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  1. Première consultation médicale : Pour confirmer la grossesse et la dater grâce à une échographie. Cette consultation permet de choisir la méthode d'IVG la plus adaptée et de prescrire des analyses (prise de sang, test urinaire). Vous serez informée des différentes modalités d'intervention, des conditions, des risques et effets secondaires possibles.
  2. Entretien psycho-social : Un entretien avec une conseillère conjugale et familiale (CCF) ou une assistante sociale (AS) vous sera proposé. Cet entretien est obligatoire pour les mineures. Il permet d'échanger librement avec un professionnel, d'être écoutée et soutenue dans votre décision, et de recevoir des informations sur les différentes options possibles. La consultation psychosociale est proposée aux femmes adultes et elle est obligatoire pour les mineures.
  3. Deuxième consultation médicale : Pour confirmer par écrit votre demande d'IVG et apporter les résultats des analyses.
  4. Consentement : Votre consentement est obligatoire. Il doit être « libre et éclairé », c'est-à-dire donné volontairement, après avoir reçu des explications claires, complètes et compréhensibles. Vous avez le droit de poser toutes vos questions aux professionnels de santé, avec l'aide d'un interprète si besoin.

Spécificités pour les Mineures

En France, une mineure a le droit de pratiquer une IVG sans autorisation parentale. Elle n'est pas obligée d'en informer ses parents. Les professionnels de santé sont tenus au secret médical. Si la mineure souhaite garder le secret vis-à-vis de ses parents, la conseillère conjugale peut l'aider à choisir une personne majeure de confiance qui l'accompagnera dans sa démarche.

La confidentialité est garantie pour les IVG pratiquées dans un établissement de santé, cabinet de ville, dans un centre de planification ou dans un centre de santé. La feuille de soins remplie par le médecin ou le centre, ainsi que le décompte de remboursement transmis par la caisse de sécurité sociale sont aménagés de façon à préserver la confidentialité de l’IVG vis-à-vis de l’entourage. Cela veut dire que l’IVG sera nommée comme « acte médical » et non pas « IVG » sur la feuille de remboursement. Un véritable anonymat est garanti pour les jeunes femmes mineures qui le demandent et cela quel que soit le lieu de réalisation de l’IVG.

Délais Légaux

  • IVG médicamenteuse : Jusqu'à 7 semaines de grossesse (9 semaines d'aménorrhée).
  • IVG chirurgicale : Jusqu'à 14 semaines de grossesse (16 semaines d'aménorrhée). Bon à savoir : en mars 2022, le délai de l’IVG chirurgicale a été allongé, passant de 12 à 14 semaines de grossesse.

Documents à Fournir

Quel que soit votre âge, vous devez fournir un document officiel attestant de votre identité et de votre âge (carte d'identité, permis de séjour…). Une carte de groupe sanguin peut être demandée (si vous en possédez une), la carte vitale (ou l'attestation) ainsi que les ordonnances de vos traitements en cours si vous en avez. Enfin, si vous êtes mineure vous devez aussi fournir : les attestations de consultations médicales préalables remises par le médecin ; l’attestation de consultation psycho-sociale ; la confirmation écrite de demande d’IVG .

Prise en Charge Financière

L'IVG est prise en charge à 100% par l'Assurance Maladie sur la base d'un tarif forfaitaire. Votre complémentaire santé (mutuelle) peut éventuellement prendre en charge la totalité ou une partie des frais qui dépasseraient ce forfait.

L’IVG est prise en charge à 100 % dans le cadre d’un tarif forfaitaire avec une dispense totale d’avance de frais pour :

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  • les jeunes filles mineures non émancipées sans consentement parental
  • les femmes bénéficiaires de la CMU complémentaire
  • les femmes bénéficiaires de l’aide médicale de l’État (AME)

Si vous n’avez pas de couverture maladie, il existe des dispositifs spécifiques permettant la prise en charge des frais.

Après l'IVG : Suivi et Contraception

Après une IVG, le suivi par un professionnel de santé est essentiel pour s'assurer que la méthode a bien fonctionné et qu'il n'y a aucune complication. Une consultation de contrôle est prévue deux à trois semaines après la réalisation d’une IVG. Elle permet de s’assurer de l’efficacité de la procédure et qu’il n’y a pas eu de complications. Elle permet de discuter de la mise en place d’une contraception si cela n’a pas été fait avant.

Lors de cette consultation de suivi, le professionnel de santé :

  • S'assure que l'interruption de grossesse a bien eu lieu
  • Vérifie l'absence de complications
  • Aborde le choix de la contraception la plus adaptée, qui peut être mise en place lors de cette consultation.

Il est important de noter que la fertilité revient très rapidement après une IVG. Il est donc recommandé de reprendre une contraception le jour même de l'IVG. Un moyen de contraception (pilule, patch, implant, stérilet…) va t’être prescrit. Tu devras le prendre immédiatement après l’I.V.G. pour éviter de retomber enceinte. Pour les mineures, l’autorisation parentale pour recevoir cette contraception n’est pas obligatoire. Tu auras un rendez-vous pour une dernière consultation médicale, 15 à 21 jours après l’I.V.G afin de s’assurer que tout va bien. Tu as la possibilité de revoir la conseillère conjugale et familiale, l’assistante sociale ou le psy pour évoquer l’I.V.G. et être écoutée si tu en ressens l’envie. Pour obtenir l’adresse d’un lieu, tu peux aussi nous appeler sur Fil Santé Jeunes au 0800 235 236 (anonyme et gratuit). Nous sommes ouverts tous les jours de 9h à 23h.

Saignements Vaginaux

Après un avortement, il est normal d'avoir des saignements vaginaux pendant deux à trois semaines. Les règles reviennent généralement dans les quatre à huit semaines suivant l'IVG. Il est normal d’avoir des saignements pendant environ deux semaines.

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Quand Consulter en Urgence ?

Après votre IVG, n’attendez pas votre consultation de suivi si vous présentez :

  • De la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C
  • Des pertes très abondantes de sang
  • De très fortes douleurs abdominales
  • Un malaise

Contactez alors rapidement l’établissement où a eu lieu votre intervention, le médecin ou la sage-femme.

Importance de Parler de l'IVG

Parler de votre IVG est un choix personnel. Vous êtes libre d'en parler à qui vous le souhaitez. Les professionnels de santé vous accompagnent et vous conseillent sans jugement. L'IVG ne doit pas être un tabou, c'est un acte médical courant. Vous pouvez également en parler à votre partenaire et/ou à une personne de confiance si vous en ressentez le besoin. Partager votre expérience peut vous permettre de mieux vivre cet événement. Si vous ne vous sentez pas à l'aise avec vos proches, certaines associations ou sites web existent pour libérer la parole autour de ce sujet.

L'IVG n'entraîne pas la stérilité

Non, l’IVG ne rend pas stérile, les potentielles séquelles au niveau de la fertilité sont très rares. Depuis la légalisation de l’avortement en France, l’encadrement est réalisé par des professionnels formés, dans des établissements médicalisés, avec du matériel stérile.

Types d'IVG

La première se pratique pour des raisons qui incombent à la femme enceinte (grossesse non désirée, conditions de vie précaires…). Pour la deuxième, le volet médical prévaut intégralement et intervient lorsque la grossesse met en danger la vie de la mère ou lorsque le fœtus est atteint d’une grave anomalie.

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