L'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse est une méthode légale en France depuis la loi Veil de 1974, modifiée en 2001, permettant de mettre fin à une grossesse non désirée jusqu'à 14 semaines d'absence de règles. Cette option offre aux femmes la possibilité d'interrompre une grossesse de manière non chirurgicale, en utilisant une combinaison de médicaments. Bien que cette méthode soit sûre et efficace, il est essentiel d'être informé des effets secondaires potentiels, notamment les vomissements, et de la manière de les gérer.

Cadre légal et modalités de l'IVG médicamenteuse en France

En France, l'IVG médicamenteuse est encadrée par des lois qui garantissent l'accès des femmes à cette intervention. Le délai de réflexion de sept jours n'est plus obligatoire, et le consentement parental n'est plus un préalable pour les mineures. L'IVG médicamenteuse peut être réalisée dans différents lieux, tels que les centres de planification, les centres de santé, les cabinets médicaux, ou même en téléconsultation. Les médicaments peuvent être prescrits par un médecin ou une sage-femme, et la prise peut se faire en centre de soins ou à domicile.

La méthode médicamenteuse consiste en la prise de deux médicaments à 24-48 heures d’intervalle qui vont permettre à l’œuf de se détacher de l’utérus et d’être expulsé.

Les médicaments utilisés

L'IVG médicamenteuse implique généralement l'utilisation de deux médicaments : la mifépristone et le misoprostol. La mifépristone bloque l'action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse, et sensibilise le myomètre aux contractions induites par les prostaglandines. Le misoprostol, un analogue de la prostaglandine, provoque des contractions utérines pour expulser l'œuf.

Déroulement de l'IVG médicamenteuse

  1. Première étape : Prise de la mifépristone, soit à domicile, soit en consultation. Ce médicament bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin.
  2. Deuxième étape : Prise du misoprostol, entre 24 et 48 heures plus tard, soit à domicile, soit en consultation, soit lors d’une courte hospitalisation. Ce médicament augmente les contractions et provoque l’interruption de la grossesse.

L’hémorragie vaginale survient le plus souvent dans les 3 ou 4 heures qui suivent la prise du second médicament. Il est recommandé de ne pas être seule à son domicile à ce moment là.

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Suivi médical

Une visite de contrôle est nécessaire 14 à 21 jours après la prise de la mifépristone pour vérifier l'expulsion complète et l'arrêt des saignements.

Effets secondaires courants de l'IVG médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse peut entraîner plusieurs effets secondaires, dont la nature et l'intensité varient d'une femme à l'autre. Il est essentiel de connaître ces effets pour mieux les gérer et savoir quand consulter un professionnel de santé.

Douleurs

Les douleurs sont un effet secondaire fréquent, souvent comparées à des règles douloureuses, mais parfois plus intenses. Elles sont dues aux contractions utérines nécessaires à l'expulsion de la grossesse. La douleur au cours d’un IVG médicamenteuse est secondaire aux contractions répétées de l’utérus pour expulser la grossesse arrêtée. Pour soulager la douleur, il est possible d’avoir recours à un antalgique ou à des antispasmodiques prescrits par le médecin. Les antidouleurs doivent être prescrits à l‘avance pour qu‘ils soient disponibles au moment de l‘ivg. Il ne faut pas hésiter à les prendre au début de la douleur, ils seront d‘autant plus efficaces.

Saignements

Des saignements, souvent plus abondants que les règles, accompagnent l'expulsion de la grossesse. Ils surviennent généralement dans les 3 à 4 heures suivant la prise du misoprostol. Les saignements peuvent persister jusqu’à 30 jours après la prise du premier médicament.

Troubles gastro-intestinaux

Les nausées sont assez fréquentes (au moins une femme sur 10). Des troubles gastro-intestinaux tels que nausées, vomissements et diarrhées peuvent survenir.

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Vomissements : causes et gestion

Les vomissements sont un effet secondaire possible de l'IVG médicamenteuse, principalement liés à la prise de misoprostol. Les prostaglandines contenues dans le misoprostol peuvent stimuler les contractions utérines, mais aussi affecter le système gastro-intestinal, entraînant des nausées et des vomissements.

Prévention des vomissements

  • Prise d'antiémétiques : Des médicaments antiémétiques peuvent être prescrits par le médecin pour prévenir ou réduire les nausées et les vomissements.
  • Alimentation légère : Avant et après la prise de misoprostol, il est conseillé de manger léger et d'éviter les aliments gras ou difficiles à digérer.
  • Hydratation : Boire régulièrement de petites quantités de liquides clairs peut aider à prévenir la déshydratation causée par les vomissements.

Gestion des vomissements

  • Repos : Se reposer et éviter les activités physiques intenses peut aider à réduire les nausées.
  • Médicaments antiémétiques : Si les vomissements surviennent malgré les mesures de prévention, des antiémétiques peuvent être pris selon les recommandations du médecin.
  • Surveillance : Il est important de surveiller la fréquence et l'intensité des vomissements. Si les vomissements sont sévères, persistants ou accompagnés d'autres symptômes inquiétants, il est essentiel de consulter un professionnel de santé.

Que faire si les vomissements surviennent après la prise de misoprostol ?

Si des vomissements surviennent dans les 30 minutes qui suivent la prise du misoprostol, il est important de contacter le médecin ou la sage-femme qui vous suit pour l’IVG car il peut être nécessaire prendre un nouveau comprimé.

Complications potentielles et quand consulter

Bien que l'IVG médicamenteuse soit généralement sûre, certaines complications peuvent survenir. Il est crucial de connaître les signes d'alerte et de savoir quand consulter un professionnel de santé.

Signes d'alerte

  • Fièvre : Une température supérieure à 38°C.
  • Saignements abondants : Saignements nécessitant de changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes pendant plus de deux heures.
  • Douleurs abdominales sévères : Douleurs intenses ne cédant pas aux antalgiques.
  • Malaise : Sensation de faiblesse, vertiges ou perte de connaissance.

Quand consulter ?

  • En cas de fièvre, de pertes de sang importantes ou de fortes douleurs abdominales dans les jours qui suivent l’IVG médicamenteuse.
  • Si la douleur persiste et ne s’atténue pas malgré la prise de ces médicaments contre la douleur, il convient d’en informer le médecin ou la sage-femme qui suit l’IVG.
  • Afin de s’assurer de l’absence de complications post IVG, une consultation de contrôle est programmée 14 à 21 jours suivant l’IVG.

Soutien psychologique

Vivre un avortement peut être éprouvant, sans compter les effets secondaires liés à la prise des médicaments. Après une IVG, parler, se sentir écoutée et soutenue peut s'avérer essentiel. Certains témoignages de femmes indiquent ressentir une certaine culpabilité, de la tristesse ou de la colère à la suite de leur avortement. N’hésitez pas à vous confier à une personne de confiance ou à en parler avec un professionnel de santé ou un psychologue. Vous pouvez aussi contacter l’antenne du la plus proche de chez vous ou le numéro vert national "IVG, , sexualité" (par téléphone ou via le tchat) afin d’être orientée vers des associations légitimes et adéquates, et/ou vers un psychologue. Vous pouvez également vous rendre dans un centre de santé sexuelle ou un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS).

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