L'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse est une méthode d'avortement qui offre aux femmes la possibilité d'interrompre une grossesse de manière non chirurgicale. En France, l’IVG est un droit acquis depuis 1975. Cette méthode, qui consiste en la prise de deux médicaments à différents intervalles, permet d'interrompre la grossesse et d'expulser l'œuf. Elle peut être pratiquée jusqu'à la 7e semaine de grossesse, soit 9 semaines d'aménorrhée (SA).

Qu'est-ce que l'IVG médicamenteuse ?

L'IVG médicamenteuse est une méthode qui consiste à provoquer une fausse couche en prenant deux médicaments distincts : la mifépristone et le misoprostol. Cette méthode peut être réalisée soit à domicile, soit dans un établissement de santé, offrant ainsi une certaine flexibilité aux femmes. Elle est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (AME).

Laura Marin Marin, médecin responsable d'un centre d'IVG en région parisienne, explique que l'IVG médicamenteuse consiste en la prise de deux médicaments. Le premier prépare l'utérus, et le second, pris 24 à 48 heures plus tard, provoque l'équivalent d'une fausse couche.

Où et par qui peut-elle être pratiquée ?

L'IVG médicamenteuse peut être pratiquée par un médecin ou une sage-femme exerçant en cabinet libéral, en centre de santé sexuelle (ex-centre de planification familiale), en centre de santé ou en établissement de santé (hôpital ou clinique). Elle peut également être réalisée via une téléconsultation.

Les étapes clés de l'IVG médicamenteuse

La procédure d'IVG médicamenteuse se déroule en plusieurs étapes essentielles :

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  1. Temps d'information et recueil du consentement :

    • Le temps d'information : Ce premier temps préalable à la réalisation de l'IVG a lieu avec votre médecin ou dans un cabinet de ville, en centre de santé, en établissement de santé, dans un (ancien centre de planification et d'éducation familial) et peut être réalisé à distance (téléconsultation). Au cours de ce premier temps, votre médecin ou sage-femme : vous informe sur les deux méthodes d’IVG (médicamenteuse ou instrumentale) et vous remet un dossier-guide ; vous propose de réaliser un entretien psychosocial (uniquement obligatoire pour les mineures) ; doit vous orienter vers un autre professionnel de santé s’il ne pratique pas lui-même l’IVG. Dans ce cas, il vous remet une attestation prouvant que vous vous êtes conformée aux étapes préalables à une IVG.
    • Le recueil du consentement : Lors de ce second temps, vous choisissez la méthode d’IVG qui convient le mieux à votre situation personnelle et confirmez votre choix par un écrit. Il s’agit également d’un moment privilégié avec votre médecin ou sage-femme : - pour décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG si nécessaire ; - pour vous faire prescrire, si tel est votre choix, un des infections sexuellement transmissibles, dont l’ par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’ (à partir de 25 ans). Si vous avez choisi la méthode médicamenteuse, vous pouvez choisir de prendre les médicaments en présence du professionnel de santé ou à domicile. Si vous souhaitez réaliser l’IVG à domicile, le professionnel de santé vous remet les médicaments ainsi qu’un mémo pratique dans lequel vous retrouverez toutes les informations utiles concernant la procédure. Si vous avez fait le choix de la téléconsultation, vous devrez récupérer les médicaments en pharmacie. La prescription sera transmise par le médecin ou la sage-femme à la pharmacie de votre choix après vérification de la disponibilité des médicaments.
  2. Prise du premier médicament (mifépristone) : Ce médicament, pris soit à domicile, soit lors d'une consultation, bloque l'action de la progestérone, l'hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Il favorise également les contractions de l'utérus et l'ouverture du col utérin. Dès cette première étape, des saignements et des douleurs peuvent survenir, mais la plupart du temps, les symptômes commencent après la prise du deuxième médicament.

  3. Prise du second médicament (misoprostol) : Entre 24 et 48 heures après la prise de la mifépristone, le misoprostol est administré. Ce médicament, pris soit à domicile, soit à l'occasion d'une consultation, soit au cours d'une courte hospitalisation, augmente les contractions et provoque l'interruption de la grossesse. Les contractions utérines provoquent des douleurs semblables à celles des règles, parfois plus fortes, qui peuvent être atténuées grâce à des anti-douleurs prescrits par le professionnel de santé. Les saignements, souvent abondants et accompagnés de caillots, surviennent généralement peu après la prise du misoprostol, mais peuvent parfois être plus tardifs. L'expulsion de l'œuf se produit généralement dans les 4 heures suivant la prise du misoprostol dans 60 % des cas, et dans les 24 à 72 heures dans 40 % des cas. Les saignements peuvent durer une quinzaine de jours, mais peuvent persister jusqu'à 3 semaines.

  4. Visite de suivi : Une consultation de suivi avec le médecin ou la sage-femme est indispensable 14 à 21 jours après la prise du premier médicament. Cette visite permet de s'assurer que la méthode a fonctionné, qu'il n'y a pas de complications et d'évoquer si nécessaire les moyens contraceptifs les plus adaptés à votre situation. Lors de cette visite, votre médecin ou sage-femme confirme que la grossesse est bien interrompue grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin ; vérifie l’absence de complications liées à l’IVG médicamenteuse.

Effets secondaires et complications possibles

Les événements indésirables immédiats les plus fréquents et non inquiétants sont des douleurs pelviennes, des saignements et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée). Les complications sont très rares. Il peut arriver dans certains cas, que des complications surviennent parfois jusqu’à 1 mois après l’IVG. Ces complications peuvent se présenter sous formes de symptômes d’infection (fièvre à 38°qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur. Il peut survenir également des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h. Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.

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Informations complémentaires

  • Efficacité : Le taux de succès de la méthode médicamenteuse est d'environ 95 %.
  • Douleur : L'un des effets secondaires principaux lors d'un IVG médicamenteux est la douleur ressentie. Des anti-douleurs sont prescrits systématiquement pour aider à gérer la douleur.
  • Saignements : Les saignements sont comparables ou plus abondants que les règles, plus épais avec des caillots. Leur abondance dépend du stade de la grossesse et sont souvent plus abondants après 7 SA (semaines d’aménorrhées) c’est-à-dire 5 semaines de grossesse.
  • Fertilité : La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate. Il est donc recommandé d'utiliser une contraception si nécessaire.
  • Aspects psychologiques : Vivre un avortement peut être éprouvant. Certaines femmes peuvent ressentir de la culpabilité, de la tristesse ou de la colère. Il est important de pouvoir partager ses sentiments et d'en parler si besoin.
  • Contre-indications : La Grossesse Extra Utérine (GEU) est une contre-indication à l’IVG médicamenteuse. Enfin, il existe d’autres contre-indications à pratiquer une IVG médicamenteuse comme les corticothérapies à long terme, porphyrie, troubles de la coagulation, insuffisance surrénale.

Préparation à l'IVG médicamenteuse

Afin que l’IVG médicamenteuse se déroule dans les meilleures conditions possibles, n’hésitez pas à vous faire accompagner dans vos démarches par une personne de confiance. Si vous avez décidé de prendre les médicaments à votre domicile, essayez, dans la mesure du possible, de vous octroyer du repos. En cas de douleurs, un arrêt maladie peut vous être prescrit.

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