L'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), un droit acquis en France depuis 1975, permet à chaque femme enceinte d'avorter si elle le souhaite. Cet acte médical, encadré par la loi, offre aux femmes la possibilité de disposer de leur corps. Bien que l'IVG soit une procédure relativement sûre, il est essentiel de connaître les risques et complications potentiels associés aux différentes méthodes.

Les Différentes Méthodes d'IVG

Il existe deux principales méthodes d'IVG : l'IVG médicamenteuse et l'IVG chirurgicale. Chacune de ces options présente des avantages et des inconvénients spécifiques, et le choix dépendra de plusieurs facteurs, notamment le terme de la grossesse et les préférences de la femme.

IVG Médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse consiste en la prise de deux types de médicaments à différents intervalles, la mifépristone (MYFEGINE) et le misoprostol (GYMISO). La mifépristone interrompt le développement de la grossesse, tandis que le misoprostol provoque l'expulsion de l'œuf. Ce traitement peut être effectué dans un cabinet médical, un centre de santé, au planning familial ou même à domicile, sous certaines conditions.

L'IVG médicamenteuse est autorisée jusqu'à 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d'aménorrhée (9 SA). La méthode de l’IVG médicamenteuse consiste à provoquer une fausse couche en prenant 2 médicaments différents. La prise de misoprostol est déconseillée par voie vaginale par les laboratoires (risque de douleurs abdomino pelviennes plus fréquentes).

Déroulement de l'IVG médicamenteuse :

  1. Première consultation : La femme rencontre un médecin ou une sage-femme pour confirmer sa décision, obtenir des informations sur la procédure et effectuer les examens nécessaires.
  2. Deuxième consultation : La femme prend le premier médicament, la mifépristone, généralement au cabinet médical ou au centre de santé. Si la patiente est mineure ou a effectué un entretien psychosocial, c'est à ce moment qu'elle confirme son choix d'IVG.
  3. Prise de misoprostol : La prise du misoprostol s’effectue 36h à 48h après la prise du mifépristone. Le misoprostol est un anti-progestérone qui contient de la prostaglandine synthétisée.
  4. Expulsion de l'œuf : Les saignements de la patiente lors d’une interruption de grossesse médicamenteuse peuvent survenir entre 30mn et 3 jours après la prise de médicament. Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du 2ème médicament, le misoprostol. Dans 5% des cas, ces saignements surviennent dès la prise de la mifépristone (prévoir des protections menstruelles dès ce moment). La prise de misoprostol est toujours nécessaire car il peut rester des résidus de grossesse qu’il est important d’évacuer. Les saignements qui s’ensuivent, plus ou moins importants peuvent durer de 10 à 20 jours. Ils sont comparables ou plus abondants que les règles, plus épais avec des caillots (qui proviennent de la muqueuse utérine). Leur abondance dépend du stade de la grossesse et sont souvent plus abondants après 7 SA (semaines d’aménorrhées) c’est-à-dire 5 semaines de grossesse. On peut parfois voir une boule blanche gélatineuse qui correspond à l’œuf appelé aussi le sac ovulaire dans les saignements. S’il n’y a pas de saignement à 24h, il faut contacter le ou la médecin ou sage-femme pour avoir une appréciation de la situation. Si aucun saignement ne se déclenche après 24h, il faut reconsulter sans attendre.
  5. Visite de contrôle : Pour s’assurer de l’arrêt définitif de votre grossesse, vous devez réaliser une visite de contrôle avec votre médecin ou votre sage-femme. Il ou elle pourra s’assurer de l’absence de signes d’échec de d’IVG médicamenteuse. Le contrôle de l’efficacité de l’IVG médicamenteuse est indispensable car il existe entre 1 à 5% d’échec et ou de complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie de contrôle ou par une prise de sang de dosage d’hormones de grossesse (Bêta HCG). Le résultat de cette prise de sang sera encore positif même si l’IVG a fonctionné. La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG. Lorsque le taux de Bêta HCG (dosage d’hormones de grossesse dans le sang), est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l’IVG cela veut dire que l’avortement à fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial : la grossesse est évolutive et l’ivg par médicament n’a pas fonctionné. Les règles reviennent généralement 4 à 6 semaines après l’IVG, selon la méthode contraceptive mise en place. Des complications peuvent parfois survenir jusqu’à un mois après l’IVG si la consultation de contrôle n’a pas été réalisée dans de bonnes conditions ou pas faite du tout.

Taux de réussite : L’IVG médicamenteuse à un taux de réussite de 95%.

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IVG Chirurgicale

Si le délai légal pour une IVG médicamenteuse est dépassé, il est toujours possible de réaliser une IVG chirurgicale. Elle peut se dérouler dans un cabinet, un centre de santé, à l’hôpital ou au planning familial. Alors que l’IVG médicamenteuse est désormais possible en ambulatoire, la pratique des IVG par aspiration reste interdite hors établissement de santé. Il est donc intéressant d’évaluer au moyen d’une revue de la littérature les risques réels de l’avortement chirurgical dans ses conditions actuelles de réalisation.

Déroulement de l'IVG chirurgicale :

L'IVG chirurgicale, également appelée IVG par aspiration, est une intervention médicale qui consiste à aspirer le contenu utérin. Elle est généralement pratiquée sous anesthésie locale ou générale.

  1. Consultation pré-opératoire : La femme rencontre un médecin pour discuter de la procédure, effectuer des examens et répondre à toutes ses questions. Une consultation d’anesthésie préopératoire permet de réduire considérablement ces risques.
  2. Intervention : L'intervention est réalisée dans un bloc opératoire par un médecin qualifié. Le col de l’ ou de la paroi utérine liées à l’intervention sont des complications très peu fréquentes.
  3. Surveillance post-opératoire : Après l'intervention, la femme est surveillée pendant quelques heures avant de pouvoir rentrer chez elle. S’il est constaté tout symptôme inhabituel, saignement abondant après l’IVG par aspiration, douleur ou fièvre, il est primordial de contacter le lieu où l’IVG a été pratiquée pour un avis médical.
  4. Visite de contrôle : Une consultation de contrôle est programmée 15 à 21 jours suivant l’IVG afin de s’assurer de l’absence de complications post IVG.

Risques et Complications Possibles

Bien que l'IVG soit généralement une procédure sûre, il est important d'être conscient des risques et complications potentiels associés à chaque méthode.

Risques et Complications de l'IVG Médicamenteuse

Les complications suite à une IVG médicamenteuse sont rares. Les risques liés à l’IVG sont aujourd’hui très rares avec la médicalisation de l’IVG.

  • Effets secondaires courants : L’un des effets secondaires principaux lors d’un IVG médicamenteux est la douleur ressentie. Pratiquer une IVG par médicaments peut entraîner des douleurs plus ou moins fortes et qui sont très variables selon les femmes. Ces douleurs sont liées aux contractions que fait l’utérus pour expulser l’œuf. Le rapport à la douleur est variable selon les femmes et pour une même femme selon les situations. Des anti-douleurs (antalgiques de la famille des anti inflammatoires non stéroïdiens couplet avec des anti-douleurs de niveau 2 disponible eux sur ordonnance) sont prescrits systématiquement par le ou la médecin ou sage-femme qui suit l’IVG et la prise de ces cachets est recommandée en prévention de la douleur 30 mn avant la prise de misoprostol. Dès la prise du 1er comprimé et particulièrement après le 2ème comprimé, des saignements surviennent. D’autres effets secondaires peuvent survenir en fonction des femmes.
  • Hémorragie : Le risque principal d’une IVG médicamenteuse est le risque d’hémorragie. En cas de saignements trop abondants, rendez-vous aux urgences de l’hôpital le plus proche.
  • Infection : Il peut arriver dans certains cas, que des complications surviennent parfois jusqu’à 1 mois après l’IVG. Ces complications peuvent se présenter sous formes de symptômes d’infection (fièvre à 38°qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur.
  • Échec de l'IVG : Le contrôle de l’efficacité de l’IVG médicamenteuse est indispensable car il existe entre 1 à 5% d’échec et ou de complications.
  • Grossesse Extra Utérine (GEU) : La Grossesse Extra Utérine (GEU) est une contre-indication à l’IVG médicamenteuse. Elle peut être repérée aux signes cliniques ainsi qu’avec la surveillance du dosage des BHCG. Cependant, en l’absence de facteurs de risque et de symptômes, une grossesse de localisation indéterminée ne contre-indique pas la prise des médicaments pour l’IVG. A contrario, les symptômes possibles d’une grossesse intra utérine peuvent être des seins tendus, des douleurs qui ressemblent aux douleurs de règles ou aux syndromes pré-menstruels, des nausées.
  • Autres contre-indications : Enfin, il existe d’autres contre-indications à pratiquer une IVG médicamenteuse comme les corticothérapies à long terme, porphyrie, troubles de la coagulation, insuffisance surrénale.
  • Effets indésirables : Il peut survenir également des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h. Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.

Risques et Complications de l'IVG Chirurgicale

Les grandes études récentes constatent toutes que l’avortement légal par aspiration est une procédure extrêmement sûre. Il comporte en effet moins de risques que d’autres actes médico-chirurgicaux effectués couramment en dehors de l’hôpital. Selon les études, les décès varient de 0 à 0,7 pour 100 000 et sont moins nombreux sous anesthésie locale. Le taux global de complications immédiates (hémorragies, perforations utérines, déchirures cervicales) oscille entre 0,01 et 1,16 %. Les complications ne sont pas plus nombreuses qu’avec l’IVG médicamenteuse.

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  • Complications liées à l’anesthésie : Il peut également exister des risques IVG liés à l’anesthésie. Ce sont les mêmes que pour toute autre intervention (allergie, réaction aux produits anesthésiants) et sont donc rares. Des complications liées à l’anesthésie peuvent survenir (allergies aux produits d’anesthésie par exemple) tout comme pour toute autre intervention.
  • Lésions utérines ou cervicales : Des lésions au niveau du col de l’ ou de la paroi utérine liées à l’intervention sont des complications très peu fréquentes.
  • Hémorragie : Des pertes très abondantes de sang qui peuvent être le signe d’une hémorragie. En cas de saignements trop abondants, rendez-vous aux urgences de l’hôpital le plus proche.
  • Infection :
  • Rétention : Une rétention après une IVG chirurgicale peut se produire. En effet, il se peut que la grossesse n’ait pas été totalement aspirée.
  • Douleurs persistantes : De très fortes douleurs abdominales qui persistent malgré la prise des antidouleurs.

Symptômes nécessitant une consultation médicale urgente

Dans les jours suivant une IVG, qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, il est impératif de consulter un médecin en urgence en cas de :

  • Fièvre supérieure à 38 °C pendant plus de 24 heures après la prise de misoprostol
  • Pertes de sang très abondantes
  • Douleurs abdominales intenses
  • Malaise

Fertilité et Conséquences Psychologiques

  • Fertilité : Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraine pas de risque d’infertilité, n’a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité, contrairement à certaines idées reçues. L' (IVG), réalisé dans de bonnes conditions (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme cela est possible en France, n'a pas d'impact sur la fertilité de la femme. D’ailleurs, vous pouvez très vite tomber enceinte de nouveau. C’est pourquoi le choix d’une méthode contraceptive est abordé au cours de la procédure d'IVG. Il n’est pas scientifiquement prouvé que les IVG entraînent une baisse de la fertilité. De plus, les avortements causent rarement des adhérences utérines. C’est généralement une infection qui est à l’origine de la stérilité. En effet, dans la période qui suit un avortement, une fausse couche ou un accouchement, vous êtes davantage susceptible de contracter une infection utérine.
  • Conséquences psychologiques : Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n’en avaient pas avant et elles ne seront pas forcément traumatisées. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel. Certains témoignages de femmes indiquent ressentir une certaine culpabilité, de la tristesse ou de la colère à la suite de leur avortement. Vivre un avortement peut être éprouvant, sans compter les effets secondaire liés à la prise des médicaments.

Soutien et Accompagnement

Après une IVG, il est essentiel de se sentir écoutée et soutenue. Il est important de noter que si ces symptômes persistent au-delà de sept jours, consultez le professionnel de santé qui a réalisé l’IVG.

  • Parler à un proche : N’hésitez pas à vous confier à une personne de confiance.
  • Consulter un professionnel de santé ou un psychologue : Vous pouvez aussi contacter l’antenne du la plus proche de chez vous ou le numéro vert national "IVG, , sexualité" (par téléphone ou via le tchat) afin d’être orientée vers des associations légitimes et adéquates, et/ou vers un psychologue. Vous pouvez également vous rendre dans un centre de santé sexuelle ou un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS).
  • Associations : Afin d’être orientée vers des associations légitimes et adéquates, et/ou vers un psychologue.

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