L'avortement interne, souvent appelé fausse couche spontanée, est l'interruption non provoquée d'une grossesse avant la 22e semaine d'aménorrhée, soit environ cinq mois de grossesse. Cet événement, bien que fréquent, peut être une expérience difficile tant physiquement qu'émotionnellement. Il est crucial de comprendre les causes, les symptômes et les options de prise en charge disponibles.

Qu'est-ce qu'une fausse couche spontanée ?

Une fausse couche spontanée se produit lorsque la grossesse cesse d'évoluer et que le fœtus est expulsé entre le premier et le cinquième mois de grossesse. Il est important de distinguer la fausse couche précoce (survenant au cours des trois premiers mois) de la fausse couche tardive (entre le troisième et le cinquième mois). Toute interruption de grossesse après cinq mois (22 semaines d'aménorrhée) est considérée comme une mort fœtale.

Causes et facteurs de risque

Une fausse couche peut être causée par divers facteurs, classés en causes internes et externes :

Causes internes

  • Anomalies génétiques : Anomalies chromosomiques chez l'embryon résultant d'une mauvaise répartition des chromosomes lors de la fécondation.
  • Anomalies de développement : Problèmes cardiaques ou du système nerveux qui ralentissent le développement embryonnaire.
  • Anomalies pathologiques : Diabète non contrôlé, problèmes de thyroïde, déséquilibres hormonaux, maladies auto-immunes, problèmes de coagulation sanguine, anomalies du col de l'utérus (fibromes, polypes, polykystose ovarienne).
  • Infections : Toxoplasmose, rubéole, listériose ou cytomégalovirus.
  • Forte fièvre ou exposition à des produits chimiques.

Causes externes

  • Consommation de substances nocives : Tabac, alcool, cocaïne, héroïne, amphétamine, excès de café, certaines plantes médicinales (absinthe, armoise, génépi, aloès, cascara, menthe pouliot, sauge officinale).
  • Âge des parents : Le risque de fausse couche augmente avec l'âge de la mère (20 % à 35 ans, 40 % à 40 ans, 80 % au-delà de 45 ans). Chez les hommes de plus de 40 ans, le risque augmente également en raison de l'augmentation des spermatozoïdes anormaux.

Symptômes d'une fausse couche

Les signes d'une fausse couche peuvent varier, mais les plus courants incluent :

  • Saignements vaginaux : Peuvent être abondants ou légers, débutant souvent par du sang rouge clair qui devient rouge foncé.
  • Caillots sanguins ou tissus brunâtres.
  • Douleurs : Fortes douleurs dans le bas du dos ou le bas-ventre.
  • Disparition des symptômes de grossesse : Diminution soudaine des nausées, vomissements, tensions mammaires, etc.

Dans certains cas, une fausse couche peut survenir sans signes apparents, surtout au début des trois premiers mois, où le fœtus peut être expulsé lors des menstruations. Pour une grossesse de plus de trois mois, une fausse couche peut se manifester par des contractions fortes, similaires à celles de l'accouchement.

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Quand consulter un médecin ?

Il est impératif de consulter un médecin dans les situations suivantes :

  • Saignements vaginaux abondants : Nécessitant l'utilisation de plus de deux serviettes hygiéniques par heure.
  • Douleurs intenses : Dans le bas-ventre, le dos ou l'abdomen.
  • Perte de conscience.

La téléconsultation peut être utile pour une première orientation, mais un examen physique est souvent nécessaire, notamment une échographie, pour confirmer la vitalité de la grossesse.

Traitements possibles

Trois types de traitements peuvent être envisagés en cas de fausse couche :

Traitement médicamenteux

Pour les grossesses de moins de 10 semaines, le misoprostol (GYMISO) peut être utilisé, souvent accompagné d'antidouleurs et d'antiémétiques. Le misoprostol provoque l'expulsion de la grossesse. Une menstruation abondante et douloureuse est généralement observée 12 à 24 heures après la prise du médicament. Il est crucial de suivre les recommandations médicales. La prise de misoprostol est déconseillée par voie vaginale par les laboratoires (risque de douleurs abdomino pelviennes plus fréquentes).

Curetage

Recommandé pour les grossesses entre 10 et 13 semaines, le curetage consiste à retirer chirurgicalement le fœtus et le placenta pour éviter les infections et les hémorragies. Des sédatifs et des antalgiques sont administrés pour gérer la douleur. Une surveillance de 24 heures à l'hôpital est généralement nécessaire.

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Fausse couche naturelle

Il est possible d'attendre que le fœtus s'expulse naturellement. Cette option peut être douloureuse et stressante, avec des saignements prolongés. Une surveillance médicale régulière, incluant des prises de sang et des échographies, est nécessaire.

IVG médicamenteuse : une option pour interrompre la grossesse

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse est une méthode d'avortement qui peut être pratiquée jusqu'à la fin de la 7e semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Elle est réalisée par un médecin ou une sage-femme dans un cabinet de ville, un centre de santé ou un centre de planification familiale conventionné avec un établissement de santé.

Procédure de l'IVG médicamenteuse

La méthode consiste à provoquer une fausse couche en prenant deux médicaments différents :

  1. Mifépristone (MYFEGINE) : Interrompt le développement de la grossesse.
  2. Misoprostol (GYMISO) : Provoque l'expulsion de la grossesse.

Les saignements surviennent généralement dans les 2 à 4 heures après la prise du misoprostol, mais peuvent parfois commencer dès la prise de la mifépristone. La prise de misoprostol est toujours nécessaire pour évacuer les résidus de grossesse. Les saignements peuvent durer de 10 à 20 jours et sont souvent plus abondants que les règles, avec des caillots. On peut parfois observer une boule blanche gélatineuse, qui correspond à l'œuf.

En l'absence de saignements dans les 24 heures, il est impératif de contacter le médecin ou la sage-femme.

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Contrôle de l'efficacité et complications possibles

Un contrôle de l'efficacité de l'IVG médicamenteuse est essentiel en raison d'un taux d'échec de 1 à 5 %. Ce contrôle peut se faire par une échographie ou une prise de sang pour doser les hormones de grossesse (Bêta HCG). La vérification se fait par comparaison des dosages BHCG avant et après l'IVG. Un taux de Bêta HCG inférieur à 2000 mUI/ml deux semaines après l'IVG indique que l'avortement a fonctionné.

Des complications peuvent survenir jusqu'à un mois après l'IVG, notamment des symptômes d'infection (fièvre à 38°C pendant plus de 24 heures), des douleurs différentes des règles, des pertes inhabituelles en couleur et en odeur, ou des effets indésirables insoutenables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur). Dans ce cas, il faut se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG fournie par le professionnel de santé.

Le risque principal d'une IVG médicamenteuse est le risque d'hémorragie. La grossesse extra-utérine est une contre-indication à l'IVG médicamenteuse.

Douleur et sa gestion lors d'une IVG médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse peut entraîner des douleurs variables selon les femmes, liées aux contractions utérines. Des antidouleurs (anti-inflammatoires non stéroïdiens et antalgiques de niveau 2) sont prescrits systématiquement et doivent être pris en prévention, 30 minutes avant la prise de misoprostol.

Effets indésirables et complications possibles après une IVG

Après une IVG médicamenteuse ou instrumentale, certains effets indésirables ou complications peuvent survenir :

  • Douleurs : Leur intensité varie et ressemble généralement à des douleurs de règles plus intenses.
  • Troubles gastro-intestinaux : Nausées, vomissements, diarrhées.
  • Saignements : Souvent plus abondants que les règles, ils accompagnent l'expulsion de la grossesse et peuvent persister jusqu'à 30 jours après la prise du premier médicament.
  • Hémorragie ou infection : Peuvent survenir si la grossesse n'a pas été complètement expulsée.

Il est crucial de contacter rapidement un professionnel de santé en cas de fièvre, pertes de sang très abondantes, douleurs abdominales intenses ou malaise. Une consultation de contrôle est programmée 15 à 21 jours après l'IVG pour s'assurer de l'absence de complications.

Impact psychologique et deuil

Vivre une fausse couche ou une IVG peut être un traumatisme émotionnel. Le deuil doit se faire à deux, et il est important de discuter et de partager ses sentiments. Si l'émotion est trop forte, un soutien psychologique professionnel peut être nécessaire.

Prévention des fausses couches

Bien qu'une fausse couche soit rarement liée à une action de la future mère, certaines mesures peuvent être prises :

  • Vaccination : Contre la rubéole et la grippe.
  • Dépistage : Régulier de la toxoplasmose.
  • Alimentation : Saine et variée.
  • Éviter : La consommation d'alcool et de plantes médicinales à risque.
  • Suivi médical : Régulier avec des visites prénatales.

Pour les femmes ayant recours à la fécondation in vitro (FIV), des examens complémentaires peuvent être réalisés pour évaluer la réceptivité de l'utérus et prévenir les fausses couches.

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