Chaque année, des centaines de nourrissons sont victimes d'un accident vasculaire cérébral (AVC) périnatal dans les jours qui suivent leur naissance. Bien que moins fréquents que chez les adultes, les AVC chez les nourrissons représentent une cause importante de handicap acquis. Cet article vise à informer sur les symptômes, les causes et la prise en charge de l'AVC chez le nourrisson.

Prévalence et sensibilisation

En France, on estime que 300 à 1 000 naissances par an sont touchées par un AVC, selon les sources. Cette pathologie reste méconnue du grand public et parfois même du corps médical, ce qui peut entraîner des retards de diagnostic et de prise en charge. Face à ce constat, des parents d'enfants victimes d'AVC se mobilisent pour sensibiliser et améliorer la prise en charge de cette maladie rare. C'est le cas des parents de Soline, victime d'un AVC périnatal, qui ont créé l'association « Avec Soline contre les paralysies cérébrales » en 2023.

Chaque année, 1 000 enfants, y compris des nourrissons et des bébés, sont victimes d'un accident vasculaire cérébral (AVC). En région Auvergne-Rhône-Alpes, ce chiffre représente environ 50 à 60 cas par an, soulignant la nécessité d'une plus grande sensibilisation à cette pathologie.

Qu'est-ce qu'un AVC ?

Un AVC, ou « attaque cérébrale », survient lorsque la circulation sanguine vers une partie du cerveau est interrompue. Cette interruption peut être causée par un blocage (AVC ischémique) ou par la rupture d'un vaisseau sanguin (AVC hémorragique). Dans les deux cas, les cellules cérébrales privées d'oxygène et de nutriments peuvent être endommagées, entraînant des séquelles plus ou moins importantes.

Types d'AVC chez le nourrisson

On distingue deux types d'AVC chez le nourrisson :

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  • AVC fœtal : Survient avant la naissance, généralement au cours du troisième trimestre de grossesse.
  • AVC néonatal : Se produit de la naissance jusqu'au 28e jour après la naissance.

Causes de l'AVC chez le nourrisson

Les causes de l'AVC chez le nourrisson peuvent être variées et parfois difficiles à identifier.

  • AVC fœtal et néonatal : Chez le nouveau-né, la moitié des causes de l'AVC restent inconnues. On pense que c'est dû à un problème de circulation foeto-placentaire (formation de caillots ou problème de débit qui ne permet plus au cordon ombilical et au placenta d'alimenter le foetus), mais on n'en est pas certain. Dans certains cas, l'AVC peut être la conséquence d'une cardiopathie congénitale ou d'une infection, de problèmes liés au placenta, d'un trouble de coagulation sanguine ou d'une intense déshydratation. Une naissance prématurée ou un cordon enroulé autour du cou peuvent également être des facteurs de risque.
  • Chez le bébé de plus de 28 jours et les enfants : L'attaque cérébrale peut être due à une anomalie congénitale, des problèmes cardiaques, des troubles des vaisseaux sanguins, une infection, à une maladie du sang comme la leucémie ou la drépanocytose, un traumatisme crânien…

Dans la plupart des cas, il n’y a pas de cause identifiée. Lorsqu’il y en a une, il s’agit de malformations vasculaires, de maladies comme la maladie de moyamoya, les vascularites cérébrales ou encore la drépanocytose.

Symptômes de l'AVC chez le nourrisson

Reconnaître les symptômes de l'AVC chez le nourrisson est crucial pour une prise en charge rapide et efficace. Cependant, les symptômes peuvent être subtils et difficiles à identifier, surtout chez les nouveau-nés. Selon un sondage Odoxa d'octobre 2018, près de 8 Français sur 10 avouent ne pas reconnaître les symptômes de l'AVC chez un nourrisson ou un enfant.

Les premiers symptômes peuvent apparaître dès les premières heures de vie :

  • Convulsions : Des convulsions d'un seul côté du corps peuvent être un signe d'alerte. Plus le bébé est petit, plus une agression du cerveau peut le faire convulser. Les seuls signes d'un AVC périnatal sont l'apparition de troubles convulsifs (révulsion oculaire, accès brutal de pâleur, mouvements répétitifs (face, succion, yeux… comme une succession rapide de grimaces, de clignements de paupières…), fixité du regard, apnées respiratoires…).
  • Troubles de l'éveil : Si l'atteinte cérébrale est sévère, un trouble de l'éveil, une diminution globale du tonus, des difficultés respiratoires ou d'alimentation peuvent être constatés.

Dans la majorité des cas, les signes les plus visibles se manifestent à partir de trois ou quatre mois, voire plusieurs années après puisque la lésion survient sur un cerveau en cours de maturation. Des troubles du développement vont alors apparaître.

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  • Hémiparésie : La main affectée par l'hémiparésie peut être crispée, avec un poing qui reste fermé et que l'enfant oublie alors que l'autre main devient de plus en plus habile.
  • Raideur d'un membre : La raideur d'un membre qui entraîne des difficultés à habiller le bébé peut également être un signe d'AVC.
  • Développement asymétrique : Une utilisation systématique d'une seule main, des orteils recroquevillés d'un seul côté ou un des deux poing trop souvent fermé peuvent indiquer une faiblesse d'un côté du corps.

L'apparition très soudaine de certains symptômes (hors traumatisme de type chute ou blessure) comme des paroles inappropriées, l'incapacité de parler, des problèmes de vision (vision trouble, cécité), l'engourdissement, l'incapacité de bouger un côté du corps, des maux de tête très intenses, des troubles convulsifs ou une modification de la vivacité peut être considérée comme des signes d'alerte d'un d'AVC. Ces symptômes s'accentuent en quelques minutes. Ils peuvent parfois survenir pendant le sommeil et peuvent être très marqués au réveil de l'enfant.

Il est important de noter que le bébé peut ne pas du tout convulser et dans ce cas, l'AVC du nouveau-né passe totalement inaperçu. Ce n'est qu'au bout de quelques mois lorsque sa motricité va s'affiner (4-6 mois, mais ça peut être plus tard) que les médecins peuvent remarquer une faiblesse d'un côté du corps, une utilisation systématique d'une seule main, des orteils recroquevillés d'un seul côté ou un des deux poing trop souvent fermé. Et c'est plutôt fréquent.

Signes d’alerte spécifiques

Dans 90% des cas chez l’enfant, ce symptôme est un déficit moteur hémicorporel ± troubles du langage de survenue brutale. Ce déficit peut régresser en quelques minutes puis récidiver dans les heures ou jours qui suivent. Une telle présentation fluctuante est très évocatrice d’artériopathie cérébrale, constitutionnelle (drépanocytose, moyamoya) ou post-infectieuse. De même, le clinicien doit être particulièrement alerté par les atteintes transitoires et migrantes des paires crâniennes ± associées à une dysmétrie, une ataxie ou des vertiges. Ces signes sont caractéristiques d’un AVC de la fosse postérieure dont l’évolution peut être rapidement dramatique. L’accident est parfois accompagné d’une crise d’épilepsie. Lorsque le déficit précède la crise, la présentation clinique est alors très suggestive d’AVC. La survenue de ces signes typiques doit conduire à l’imagerie sans délai.

  • ataxie avec syndrome cérébelleux symétrique, vertiges, diplopie ou paralysie durable des nerfs crâniens lorsqu’ils surviennent de manière isolée (leur association ou leur caractère fluctuant est par contre très suggestive ; cf.

Diagnostic de l'AVC chez le nourrisson

Seule l'imagerie cérébrale, pratiquée par un médecin, peut révéler si, oui ou non, l'enfant a été victime d'un AVC périnatal. La prise en charge initiale consiste en un diagnostic précis par des actes d’imagerie médicale de manière à confirmer le diagnostic et à localiser la ou les lésions et leur étendue.

Prise en charge de l'AVC chez le nourrisson

La prise en charge de l'AVC périnatal est adaptée à ses causes. Il n'y a pas de traitement standard de l'AVC chez les enfants, tout dépend de la cause, la localisation exacte de l'AVC et les séquelles qu'il a laissées.

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Au moindre doute, n'attendez pas que ces symptômes persistent et réagissez immédiatement. Appelez le 15 (le SAMU). Le médecin régulateur du SAMU organisera le transfert dans une Unité neurovasculaire, si la suspicion d'AVC est confirmée, précise la Fondation de la Recherche sur les AVC.

Souvent, une intervention pourra être réalisée très rapidement en neuro-radiologie interventionnelle de manière soit à déloger le caillot soit à « réparer » le vaisseau qui provoque l’hémorragie. Des médicaments pourront également être administrés.

Rééducation et suivi

Le plus souvent, l'enfant devra récupérer ses facultés motrices et intellectuelles via une rééducation psychomotrice (à l’hôpital, puis auprès de spécialistes libéraux tels que des kinésithérapeutes, des orthophonistes ou des ergothérapeutes…), plus ou moins importante et plus ou moins longue en fonction du type d'AVC et du diagnostic qui a été posé. Les traitements médicamenteux (médicament thrombolytique) restent très rares chez l'enfant pour soigner les séquelles d'un AVC.

Importance d'une prise en charge précoce

Plus le repérage est précoce plus les chances de limiter les séquelles sont grandes mais cela suppose une rééducation pluridisciplinaire (kinésithérapie et orthophonie, notamment). En effet, le cerveau du nouveau-né a des capacités d'adaptation souvent plus importantes que celui de l'adulte, avec la création de nouvelles connexions nerveuses, rappelle la Fondation. Agir tôt, c'est la promesse, selon son président, Alain Chatelin, de faire bénéficier au bébé de traitements individualisés plus efficaces permettant de réduire les déficits.

Filière régionale AVC pédiatrique

Depuis 2013, l'Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes soutient la mise en place d'une filière régionale AVC pédiatrique, pilotée par le Dr Maryline Carneiro, neuropédiatre à l’Hôpital Femme Mère Enfant des Hospices civils de Lyon (HCL). Cette filière a pour objectif de standardiser la prise en charge à la phase aiguë via l’élaboration d’un protocole régional.

Séquelles possibles

Lesquelles séquelles peuvent apparaître immédiatement après l’accident ou dans les mois ou les années qui suivent. En effet, l’enfant est par définition en pleine croissance et en plein développement cognitif et motrice. Dès lors qu’il n’a pas acquis toutes les compétences qu’il est supposé acquérir une fois adulte, il est impossible d’évaluer l’ensemble des séquelles dont il risque de souffrir. Le cerveau d’un nouveau-né et d’un enfant n’a pas fini de grandir, de se développer et d’apprendre de nouvelles choses. Chez Soline, l'AVC provoque une paralysie cérébrale, avec hémiparésie du côté gauche et risque épileptique.

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