Le secteur de la petite enfance s'ouvre à tous, y compris aux travailleurs handicapés. L'auxiliaire de puériculture (AP), acteur clé dans l'accompagnement de l'enfant de 0 à 18 ans et de sa famille, est un professionnel de santé qui peut exercer dans divers milieux au sein d'une équipe pluridisciplinaire. Cet article explore les possibilités pour une personne en situation de handicap de devenir auxiliaire de puériculture, les adaptations possibles et les partenaires impliqués.
Le Rôle de l'Auxiliaire de Puériculture
Spécialisé dans le soutien à la parentalité et l'accompagnement des nouveaux-nés aux adolescents, qu'ils soient en bonne santé, atteints de maladies chroniques et/ou en situation de handicap, l'auxiliaire de puériculture réalise des activités d'éveil et des soins visant au bien-être, à l'autonomie et au développement des enfants. Son travail s'inscrit dans une approche à la fois éducative, préventive et soignante, en lien étroit avec les familles et les professionnels de santé.
Au quotidien, l'AP :
- Assure l'hygiène, le confort et l'alimentation des enfants, en adaptant les soins à leur âge, à leur état de santé et à leur autonomie (toilette, change, habillage, repas…).
- Anime des activités d'éveil, motrices, sensorielles et langagières, qui participent activement au développement psychomoteur et social des plus jeunes.
- Crée un cadre affectif rassurant, propice à l'épanouissement de l'enfant, tout en respectant sa place dans la cellule familiale. Il ou elle accompagne sans jamais se substituer aux parents.
- Observe et surveille l'état général de l'enfant afin de détecter tout signe inhabituel (fatigue, douleur, comportement), et alerte l'équipe soignante si nécessaire.
- Soutient les parents dans leur rôle éducatif et préventif, en les accompagnant avec bienveillance, en les rassurant et en facilitant les échanges autour des besoins de leur enfant.
- Intervient auprès d'enfants aux profils variés : enfants en bonne santé, enfants malades (pathologies aiguës ou chroniques), enfants en situation de handicap ou vivant dans des contextes de grande vulnérabilité sociale.
- Collabore au sein d'une équipe pluridisciplinaire composée d'infirmiers, de puériculteurs, de médecins, d'éducateurs ou de travailleurs sociaux, et travaille toujours sous la responsabilité de l'infirmier ou de l'infirmier puériculteur.
Les Lieux d'Exercice
L'AP peut travailler dans diverses structures sanitaires et sociales, médico-sociales ou d'accueil des jeunes enfants, telles que :
- Maternités et services de pédiatrie
- Maisons d'enfants à caractère social (MECS) et pouponnières
- Structures d'accueil des jeunes enfants (EAJE) : multi-accueil, micro-crèches, haltes-garderies, jardins d'enfants…
- Centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI)
- Instituts médico-éducatifs
Certaines de ces structures dépendent de collectivités territoriales (conseil départemental, communes), d'autres sont gérées par des associations, des organismes privés ou des hôpitaux.
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L'Accessibilité de la Formation et de l'Emploi
Quel que soit votre situation, vous pouvez postuler dans tous les établissements. La formation d'auxiliaire de puériculture est accessible aux personnes en situation de handicap. Voici les étapes clés :
- Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) : De nombreux salariés en situation de handicap n'osent pas se faire reconnaître comme travailleur handicapé. La RQTH permet d'accéder à différents services.
- Formation : Une formation obligatoire de 11 mois est nécessaire pour accéder au métier d'auxiliaire de puériculture. Le diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture (DEAP) se partage entre formation en milieu professionnel lors de stages d’immersion et cours théoriques en institut de formation. La formation est accessible par la formation initiale, la formation continue et peut également être obtenu par la validation des acquis de l’expérience (VAE). Lors de l'inscription en formation, une commission examinera les dossiers pour acter les dispenses et allègements des apprenants qui en bénéficient de droit.
- Financement de la formation : A chaque rentrée, toutes les personnes admises en formation doivent remplir un dossier de demande d’éligibilité à la gratuité des frais de formation par la Région Pays de la Loire (aucun reste à charge pour les personnes éligibles). La réalisation d’un Service civique est une interruption dans la scolarité. Si vous avez des droits auprès de France Travail, vous pourrez être indemnisé à hauteur de vos droits pendant votre formation. Si vous ne percevez pas d'indemnisations par France Travail, alors vous pourrez faire une demande de Rémunération des Stagiaires de la Formation Professionnelle auprès de la Région Pays de la Loire. L’ARIFTS vous contactera à la rentrée, pour vous aider à constituer votre dossier.
- Contrat d'apprentissage : Selon l’arrêté du 10 juin 2021, les personnes ayant trouvé un employeur pour un contrat d’apprentissage peuvent procéder à une admission directe en formation auprès de la direction d’un institut de formation d’auxiliaire de puériculture dans la limite des capacités d’accueil et d’accompagnement. La période de formation par alternance se déroule pendant une durée maximale de 18 mois en alternance entre la formation et les périodes employeur. Les périodes hors temps de formation sont réparties d’un commun accord en fonction des besoins définis entre l’employeur, l’alternant, le directeur de l’institut de formation et le CFA.
- Adaptation du poste de travail : Des aménagements peuvent être mis en place pour faciliter l'exercice du métier.
Les Partenaires
Plusieurs partenaires peuvent accompagner les personnes handicapées dans leur projet professionnel :
- La MDPH (Maison Départementale pour les Personnes Handicapées) : Elle coordonne toutes les demandes liées aux situations de handicap et met en œuvre les décisions concernant la personne handicapée pour soutenir son projet de vie.
- Cap Emploi : Intervient auprès des personnes reconnues handicapées pour les aider à trouver un emploi.
- Les équipes de soins (CAMSP) : Offrent un suivi thérapeutique à l'enfant.
- Les professionnels libéraux.
- Le référent handicap : Certaines structures, comme Babilou, ont un référent handicap dédié.
Exemples d'Adaptations
Pour favoriser l'inclusion des travailleurs handicapés, des adaptations peuvent être mises en place :
- Alarmes visuelles : Pour les personnes malentendantes, les alarmes sonores peuvent être complétées par des alarmes lumineuses.
- Outils de communication : Des bippers comprenant des messages pré-enregistrés peuvent être mis à disposition pour faciliter la communication entre les professionnels. Un traducteur peut accompagner la personne si nécessaire.
Le Travail en Équipe et les Partenaires
Quel que soit son lieu d’exercice, l’AP travaille au sein d’une équipe pluri disciplinaire, comprenant du personnel qualifié dans différent domaines : psychologique, sociale, sanitaire, éducatif. La communication au sein de l’équipe est déterminante, lors de la prise en charge d'un enfant ou pour l'avancée d'un projet éducatif. Il y a partage des tâches, sous contrôle d’un responsable (infirmier, puériculteur, EJE…), transmission des informations entre collègues pour accompagner au mieux l’enfant sur une journée, échange sur les pratiques… Les modalités du travail en équipe obéissent aux principes énoncés dans le projet d’établissement.
L’AP travaille en partenariat avec :
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- Les partenaires des collectivités territoriales en lien avec la petite enfance :
- Le conseil départemental (CD) met en place et organise : La PMI (Protection maternelle et infantile), un service dépendant du conseil départemental, placé sous l’autorité de président du département. Elle a pour mission d’assurer la protection sanitaire de la mère et de l’enfant, d’instruire l’agrément des AM, de surveiller et de contrôler les EAJE ainsi que les AM, de participer aux actions de prévention et de prises en charge des mineurs en danger. La MDPH (Maison départementale pour les personnes handicapées). L’ASE (Aide sociale à l’enfance), service placé sous l’autorité du président du CD. Il organise les moyens nécessaires à l’accueil et l’hébergement des enfants qui lui sont confiés. La Crip (Cellule départementale de Recueil des Informations Préoccupantes). Les pouponnières ou MECS (maison d'enfants à caractère social) sont des lieux d’hébergement pour mineurs en difficulté. Ils relèvent de la compétence du CD, qui donne l'habilitation pour recevoir des enfants relevant de l’ASE.
- Les communes, communautés de communes ou les départements peuvent gérer : Des EAJE (établissements ou service d’accueil de jeunes enfants) : Il s’agit de structures d’accueil régulier ou non, à temps complet ou partiel : crèche collective, multi-accueil, halte-garderie, jardin d’enfants. Des LAEP (lieu d’accueil enfants/parents), des réseaux d’écoute et d’accompagnement aux parents, des espaces rencontres… pour soutenir la parentalité. Les communes ou communauté de communes peuvent mettre en place : Un RAM (relais assistants maternels), lieu où les parents peuvent s’informer sur le mode d’accueil mis en place par les AM. Le RAM est aussi un lieu où les AM peuvent échanger sur leur pratique professionnelle. Un CCAS (centre communal d’action social) qui assure différentes missions d’aide et accompagnement aux personnes âgées ou handicapées, aux enfants et aux familles en difficulté. NB : la CAF exerce une mission de soutien à la famille et à la petite enfance en intervenant financièrement dans le fonctionnement des EAJE.
- Les parents : Depuis le décret d’août 2000 qui organise les missions et le fonctionnement des établissements d'accueil des enfants de moins de six ans, la place du parent est reconnue et instituée. Chaque établissement met en place ce partenariat selon des modalités en lien avec le projet d’établissement (rencontre quotidienne au moment de l’accueil, cahier de transmissions, réunion d’information, conseils d’établissement…). La participation des parents à la vie et au fonctionnement de la structure doit s’établir au plus près des attentes des familles. Le rôle de l’AP en EAJE est de travailler en partenariat avec les parents, de créer une alliance afin d’accueillir l’enfant dans un esprit de coéducation. Il s’agit d’être à leur écoute, de les soutenir dans leur rôle de parents, éventuellement de conseiller tout en restant dans son champ de compétence, ou de savoir diriger vers un membre de l’équipe (médecin, infirmière, psychologue, éducateur jeunes enfants…)Quand l’AP travaille dans une structure sociale ou médicosociale, ce travail de partenariat est également obligatoire en lien avec la loi du 2 janvier 2002 qui place « l’usager » au centre du projet qui est mis en place pour lui, « l’usager » s’entendant ici comme le mineur et son représentant légal, son parent.
- Les professionnels hors lieu de travail : « Les établissements et les services d'accueil non permanent d'enfants… concourent à l'intégration des enfants présentant un handicap ou atteints d'une maladie chronique qu'ils accueillent. Ils apportent leur aide aux parents pour favoriser la conciliation de leur vie professionnelle et de leur vie familiale. » Décret du 7 juin 2010 Code de la Santé publique. Ainsi, les AP peuvent être amenés à travailler en partenariat avec les équipes de soins (CAMSP /Centre d’Action médicosocial Précoce le plus souvent) qui offrent un suivi thérapeutique à l’enfant ou avec des professionnels travaillant en libéral.
Qualités Requises
Au-delà des compétences techniques, certaines qualités sont essentielles pour devenir auxiliaire de puériculture :
- Écoute, empathie, respect et patience
- Intérêt pour le contact avec les enfants
- Rigueur et compétences organisationnelles
- Bonne gestion des émotions
Rémunération
En début de carrière, un auxiliaire de puériculture gagne environ 1 300 € nets par mois, hors primes. Avec l’expérience et selon le lieu d’exercice, ce salaire peut évoluer jusqu’à 2 300 € nets par mois en fin de carrière. À l’hôpital, le salaire d’un auxiliaire de puériculture relève de la catégorie B de la fonction publique. Elle est de : 1 873 € net par mois après 1 an de carrière ; 2 031 € net par mois après 5 ans de carrière ; 2 633 € net par mois après 20 ans de carrière ; 2 968 € net par mois en fin de carrière.
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