Malgré les avancées significatives de la recherche médicale, le cancer demeure une cause majeure de mortalité infantile. En France, il se classe au deuxième rang des causes de décès chez les enfants de plus d'un an, juste après les accidents. Chaque année, environ 450 enfants et adolescents perdent la vie à cause de cette maladie. Cet article explore les causes potentielles de l'augmentation des cancers pédiatriques, les défis posés par ces maladies rares et hétérogènes, et les efforts déployés pour améliorer les traitements et la qualité de vie des jeunes patients.

Les Cancers Pédiatriques : Un Aperçu Général

Les cancers les plus fréquemment diagnostiqués chez les enfants et les adolescents sont les leucémies (cancers de la moelle osseuse), les lymphomes (cancers des ganglions) et les tumeurs cérébrales. Ces cancers sont pris en charge par des équipes spécialisées dans des services dédiés, où des onco-pédiatres et des chirurgiens pédiatres spécialisés en oncologie travaillent ensemble pour offrir les meilleurs soins possibles.

L'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) dispose d'une expertise complète pour le diagnostic (imagerie, biologie classique et génomique, anatomo-pathologie) et la prise en charge de tous les types de cancers pédiatriques, à tous les stades et à tous les âges. L'AP-HP participe activement au développement de traitements personnalisés grâce à la biologie innovante et à une approche pluridisciplinaire de la cancérologie.

En 2022, l'AP-HP a pris en charge 1 706 patients atteints de cancer pédiatrique. Cette même année, 607 patients ont subi une intervention chirurgicale et 676 ont reçu une chimiothérapie. Depuis l'introduction de l'immunothérapie par CAR-T Cells, 150 patients atteints de leucémie ont bénéficié de cette innovation thérapeutique. Les hôpitaux Armand-Trousseau, Robert-Debré et Saint-Louis de l'AP-HP sont particulièrement impliqués dans la prise en charge des cancers de l'enfant et de l'adolescent, en collaboration avec la Société Française de lutte contre les Cancers et les leucémies de l'Enfant et de l'adolescent (SFCE).

Diagnostic et Traitements Actuels

Le cancer chez l'enfant est une maladie rare, représentant environ 1 % de tous les cancers. Les types de cancers les plus courants chez les jeunes incluent les cancers du sang (leucémies et lymphomes) et les tumeurs cérébrales. Avant l'âge de 5 ans, on observe également des tumeurs solides telles que le neuroblastome et le néphroblastome, tandis que les sarcomes sont plus rares. Les hôpitaux de l'AP-HP possèdent des centres spécialisés pour les maladies rares, assurant ainsi une prise en charge optimale.

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Les cancers qui surviennent avant l'âge de 5 ans sont considérés comme des maladies très spécifiques, différentes de celles observées chez les adultes. De plus, ils sont plus fréquents chez les garçons que chez les filles et sont rarement héréditaires. Chez les adolescents (15-19 ans), les maladies du sang (lymphomes, leucémies), les cancers de la thyroïde et les cancers des os sont les plus courants.

Grâce aux progrès significatifs réalisés ces dernières années, le pronostic des cancers chez l'enfant s'est considérablement amélioré. Aujourd'hui, la guérison est possible dans la majorité des cas. Les traitements proposés aux enfants atteints de cancer comprennent :

  • La chimiothérapie, administrée par voie intraveineuse avant ou après la chirurgie.
  • La radiothérapie, qui utilise des radiations ciblées pour détruire les cellules cancéreuses.
  • La chirurgie, qui permet de retirer la tumeur solide. Les techniques chirurgicales ont évolué avec l'utilisation de la cœlioscopie et de la CHIP (chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale).
  • La greffe de moelle osseuse de cellules souches hématopoïétiques, utilisée pour traiter les leucémies. Cette procédure consiste à détruire toutes les cellules souches de l'enfant par chimiothérapie intensive et radiothérapie, puis à injecter des cellules souches hématopoïétiques d'un donneur.

Paris Kids Cancer : Un Centre d'Excellence en Oncologie Pédiatrique

Le projet Paris Kids Cancer est un nouveau Centre Intégré de Recherche d'Excellence en Oncologie Pédiatrique, labellisé pour 5 ans par l'Institut national du cancer. Il rassemble l'AP-HP, Gustave Roussy, l'Institut Curie, plusieurs universités (Paris Cité, Paris Saclay, PSL, Sorbonne Université), des organismes de recherche et des associations de parents. Ce centre a pour objectif de développer des programmes de recherche intégrés, reliant la recherche fondamentale à la pratique clinique, afin de mettre au point des traitements innovants et de guérir davantage de jeunes patients.

En France, 2 260 enfants et adolescents sont diagnostiqués avec un cancer chaque année, et 450 en meurent. Les cancers pédiatriques représentent la première cause de mortalité par maladie chez les moins de 15 ans. Face à cette situation, Paris Kids Cancer s'engage à trouver des solutions nouvelles et innovantes grâce à une approche moderne et collaborative. Les principaux axes de recherche sont la compréhension et le contrôle des processus de reprogrammation cellulaire des cellules cancéreuses, le développement de nouvelles pistes d'immunothérapie et l'utilisation de nouveaux biomarqueurs.

Ce programme ambitieux et structurant vise à faciliter le rapprochement entre chercheurs et médecins chercheurs, afin d'améliorer la compréhension des tumeurs et des mécanismes de résistance, et de rechercher des solutions thérapeutiques innovantes.

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Facteurs de Risque et Prévention

Contrairement aux cancers de l'adulte, les causes précises des cancers pédiatriques restent souvent inconnues, bien que la génétique et l'environnement jouent un rôle. Les facteurs de risque environnementaux font l'objet d'études approfondies, mais les données actuelles sont fragmentaires et leur interprétation est souvent difficile.

Les facteurs de risque dont le niveau de preuve est élevé incluent :

  • Les rayonnements ionisants médicaux à visée thérapeutique et ceux liés à des explosions atomiques.
  • Les prédispositions génétiques (maladies prédisposantes ou susceptibilité génétique).
  • Le virus Epstein-Barr (EBV) dans le lymphome de Burkitt.

D'autres facteurs sont débattus dans la littérature scientifique, avec un niveau de preuve encore insuffisant pour conclure en termes de causalité. Ces facteurs incluent :

  • Des facteurs individuels : le poids à la naissance, le recours à une aide médicale à la procréation, le tabagisme parental et la consommation de certains aliments à forte dose (thé et café).
  • Des facteurs infectieux : l'exposition aux virus EBV et à l'herpès virus pour la leucémie.
  • Des expositions médicamenteuses : antirétroviraux, anticancéreux, contraception orale pour plusieurs types de cancers.
  • L'exposition à des facteurs environnementaux :
    • Physiques : les lignes à haute tension (leucémie), les ultraviolets (leucémie aiguë lymphoblastique).
    • Chimiques : la pollution atmosphérique liée au trafic routier et notamment le benzène (leucémie), les polychlorobiphényles (leucémie), les solvants et hydrocarbures lors d'exposition professionnelle du père, les pesticides (hémopathies, tumeurs du système nerveux central, voire tumeurs embryonnaires), en exposition domestique ou du fait de l'exposition professionnelle des parents.

Le brassage de population, qui correspond à l'hypothèse immuno-infectieuse, fait également l'objet de publications pour expliquer des augmentations d'incidence de la leucémie infantile après l'afflux de population dans un territoire préalablement isolé. Enfin, des facteurs protecteurs sont également évoqués, comme l'allaitement, le contact précoce avec des agents infectieux, et la qualité de l'alimentation maternelle ou de l'enfant en termes de fruits et légumes et vitamines.

Bien qu'il n'existe pas de recommandations de prévention spécifiques pour les cancers pédiatriques, les bonnes pratiques de prévention chez les enfants et les adolescents permettent de réduire les risques de développer un cancer à l'âge adulte. Ces pratiques incluent : ne pas fumer, ne pas boire d'alcool, manger équilibré, pratiquer une activité sportive, se faire vacciner contre les papillomavirus avant 15 ans, et se protéger du soleil pendant l'enfance et l'adolescence.

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La Surveillance des Cancers Pédiatriques

La surveillance des cancers pédiatriques est assurée en France par le Registre National des Cancers de l'Enfant (RNCE), qui recense tous les cas de cancers des enfants de moins de 15 ans en France métropolitaine depuis 1990 pour les hémopathies malignes et depuis 2000 pour les tumeurs solides. Depuis 2011, il a été étendu aux résidents des Départements d'Outre-Mer et aux adolescents de moins de 18 ans.

Les registres participent à la surveillance sanitaire en produisant les taux de référence nationale sur l'incidence et la survie, et en étudiant les variations géographiques et temporelles de l'incidence. Ils surveillent également l'incidence des cancers dans les populations considérées comme « à risque » et contribuent à l'investigation des agrégats de cas de cancers qui sont signalés dans un secteur géographique. Ils sont aussi un support pour les travaux de recherche sur les cancers menés au sein de l'équipe INSERM d'épidémiologie des cancers de l'enfant et de l'adolescent.

Les Défis Persistants et les Efforts de Recherche

Malgré les progrès réalisés, les cancers pédiatriques restent un défi majeur pour la recherche. Les causes des mutations génétiques sont difficiles à déterminer, et les facteurs héréditaires sont rarement responsables. Les statistiques de cancers dans certaines zones mettent les chercheurs sur la piste environnementale et font l'objet d'études épidémiologiques.

De plus, 20 à 30 % des enfants atteints de cancer ne peuvent pas être guéris. La recherche reste indispensable pour pouvoir sauver davantage d'enfants, afin de mieux comprendre les mécanismes immunitaires et de développer de nouveaux dispositifs thérapeutiques. Enfin, les cancers pédiatriques peuvent engendrer des effets à l'âge adulte, tels que des troubles cardiaques, des troubles de la fertilité ou des cancers secondaires.

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