Après un accouchement, le corps d'une femme subit de nombreux changements physiologiques pour revenir à son état pré-grossesse. L'expulsion du placenta, ou délivrance, est une étape cruciale de ce processus. Cependant, dans certains cas, des complications peuvent survenir, notamment la rétention de fragments placentaires. Cet article vise à explorer en détail les causes des pertes placentaires après un curetage, les situations post-accouchement où elles peuvent se manifester, et les options de prise en charge disponibles.
Introduction au curetage et à la rétention placentaire
Le curetage est une intervention chirurgicale consistant à retirer des tissus de l'utérus à l'aide d'un instrument appelé curette. Il est souvent pratiqué après une fausse couche, une interruption volontaire de grossesse (IVG) ou un accouchement incomplet pour éliminer les résidus de placenta ou d'endomètre. Bien que généralement sûr, le curetage peut parfois entraîner des complications, notamment la rétention de fragments placentaires.
La rétention placentaire se produit lorsque des parties du placenta ou des membranes restent dans l'utérus après l'accouchement. Cette complication peut survenir dans les cas d'accouchement par voie basse et est généralement prise en charge lors d'une césarienne. La rétention placentaire peut entraîner des saignements excessifs, des infections et d'autres problèmes de santé si elle n'est pas traitée rapidement.
Causes des Pertes Placentaires Après un Curetage
Plusieurs facteurs peuvent contribuer aux pertes placentaires après un curetage :
- Rétention de fragments placentaires: L'examen macroscopique du placenta, à l'œil nu, permet de voir lorsqu'il manque un cotylédon, mais ne permet probablement pas de détecter les débris de très petite taille manquant à la galette placentaire. La rétention de débris minimes qui ne s'exprime pas cliniquement en post-partum (par des saignements anormaux et une atonie utérine) reste indétectable. Une vérification échographique en SDN après la délivrance ne permettrait pas non plus de prévenir ce genre d'incident.
- Cotylédon pédiculé: Les recherches bibliographiques ont retrouvé également la possibilité d’un cotylédon pédiculé qui aurait pu générer ces complications hémorragiques, même si la probabilité est encore plus rare.
- Atonie utérine: Quand l’utérus n’est pas vide, on évoque une atonie utérine, c’est-à-dire que l’utérus est mou, ne parvient pas à se contracter, donc à empêcher les saignements.
- Synéchies utérines: Dans le cas où de petites rétentions n’ont pas été diagnostiquées en l’absence d’hémorragie, existe toutefois un risque de ce qu'on appelle des « synéchies » c’est-à-dire un accolement entre les parois de l’utérus qui peut aboutir à des problèmes de fertilité.
Conséquences de la Rétention Placentaire
Les conséquences de la rétention placentaire peuvent être nombreuses et variées, allant de complications physiques à des répercussions psychologiques importantes :
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- Hémorragie post-partum: Le risque majeur de la rétention placentaire est une hémorragie du post-partum, une cause majeure de décès maternel… si rien n’est fait, évidemment !
- Infection: Lorsque le col est ouvert, l’utérus peut être exposé à des germes, ce qui peut occasionner une infection.
- Infertilité: S’il faut réaliser un curetage pour éliminer des résidus de placenta ou d’endomètre, c’est parce que ces tissus peuvent à terme entraîner des complications, telles qu’une hémorragie, une infection ou une infertilité.
- Troubles psychologiques: IVG ou fausse couche, chaque femme et chaque couple vit cet événement à sa façon. Médicalement, une grossesse après un curetage bien réalisé ne présente pas plus de risques qu’une grossesse classique. Il n’y a pas plus de risque de fausse couche après un curetage. La menace d'accouchement prématuré est une situation faisant craindre un accouchement avant terme.
- Menace d'accouchement prématuré: La menace d'accouchement prématuré est une situation faisant craindre un accouchement avant terme. Les nouveau-nés prématurés doivent bénéficier d'une surveillance médicale accrue du fait de leur plus grande fragilité à la naissance et des conséquences possibles à long terme.
Diagnostic et Prise en Charge
Le diagnostic de la rétention placentaire repose généralement sur une combinaison d'examens cliniques et d'imagerie médicale :
- Examen clinique: Dans le cas d’une délivrance normale (la majorité des cas, par voie basse), le placenta est évacué, en un phénomène spontané et naturel, rendu possible par les contractions de l’utérus. « Mais dans environ 3 % des accouchements (source 1), il arrive qu’une partie ou la totalité du placenta ne soit pas expulsée et reste dans la cavité utérine, prévient l’obstétricien. Il faut alors agir pour vider cet utérus, sans quoi une hémorragie de la délivrance est possible. Parfois le placenta sort, mais une petite partie manque et ne s’est sans doute pas décollée de l’utérus. A ce niveau, on ne s’en rend pas compte si on ne vérifie pas le placenta en détail », confirme l’obstétricien.
- Échographie pelvienne: Le plus souvent, une échographie pelvienne permet de repérer une rétention placentaire dans l’utérus.
Une fois le diagnostic confirmé, plusieurs options de prise en charge sont possibles :
- Traitement médical: Le plus souvent, un traitement médical suffit : contractions utérines provoquées par médicament, ou curetage.
- Curetage: Le curetage permet, après l’aspiration, de nettoyer les débris qui peuvent éventuellement rester dans la cavité utérine.
- Hystéroscopie opératoire: Si tu dois être opérée, les rétentions peuvent être enlevées par hystéroscopie opératoire qui est moins risquée et moins invasive que le curetage.
- Embolisation utérine: L’embolisation est très efficace dans plus de 90 % des cas. Elle permet d’éviter un curetage répétitif, une hystérectomie, ou d’autres gestes invasifs.
Le Curetage : Procédure, Risques et Alternatives
Un curetage de l’utérus se réalise au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale. Elle est conduite par un chirurgien gynécologue, qui peut parfois administrer un produit pour dilater le col de l’utérus avant l’intervention afin de pouvoir plus facilement accéder à la cavité utérine. Courte, l’intervention s’effectue le plus souvent en ambulatoire, avec une sortie le jour-même.
Risques associés au curetage:
- Infection
- Lésions de l'utérus
- Saignements excessifs
- Synéchies utérines
Alternatives au curetage:
- Hystéroscopie : L’hystéroscopie permet non seulement d’enlever du tissu utérin, mais aussi de visualiser directement la cavité utérine. Cela en fait un outil utile pour le diagnostic et le traitement des affections utérines telles que les polypes, les fibromes, les septa utérins ou les adhérences.
Hémorragie Post-Partum Retardée
Après avoir accouché - que ce soit par voie naturelle ou après avoir accouché par césarienne - il est normal d’avoir des pertes vaginales pendant quelques semaines. Ce sont les lochies, un mélange de sang, de tissus et de liquide. Elles diminuent progressivement avec le temps. On parle alors de hémorragie du post-partum retardée. Une des causes possibles est la rétention utérine, aussi appelée rétention placentaire. Cela signifie qu’un petit morceau de placenta ou de membranes est resté coincé dans la cavité utérine après l’expulsion du placenta. Ce type de complication est fréquent, mais souvent mal détecté. Pourtant, un diagnostic rapide permet d’éviter de graves conséquences.
Symptômes et Quand Consulter
Devant les symptomes suivants, il est nécessaire de contacter rapidement votre médecin ou votre sage-femme.
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- Des maux de ventre ou dans les reins : vous pouvez ressentir comme un poids, une pression dans le bas du ventre et/ou dans les reins. Une douleur sourde plus ou moins continue, qui peut aussi vous envahir par vague, et remonter vers le haut du corps.
- Si des douleurs intenses, de la fièvre ou des saignements abondants surviennent quelques jours après un curetage, mieux vaut en informer son gynécologue.
- Les symptômes rapportés par les patientes et qui doivent alerter sont : l’absence de règles ou des règles très très légères, des arrêts de grossesses spontanés et répétés.
Impact Psychologique et Soutien
Une fausse couche ou une IVG peuvent être vécues comme des épreuves difficiles. Quand la grossesse était désirée, mettre des mots sur cette perte, reconnaître l’existence d’un petit être dont on a souhaité la venue et lui dire au revoir… Le travail de deuil est important. Pour une IVG, l’aspect psychologique est aussi fondamental. IVG ou fausse couche, chaque femme et chaque couple vit cet événement à sa façon.
Il est essentiel de ne pas rester seule, de se faire aider, de consulter si besoin une psychologue et/ou de partager ses état d’âme sur un blog.
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