L'angoisse de séparation est une étape normale du développement infantile, mais elle peut être source d'inquiétude pour les parents. Cet article explore les causes, les symptômes et les solutions pour aider votre bébé à surmonter cette phase.
Introduction
Quand un jeune enfant pleure et se met dans tous ses états lors d'une séparation, il s'agit probablement de l'angoisse de séparation, une étape normale de son développement. Il est important de relativiser et de ne pas céder soi-même à l'anxiété. Cette phase, bien que parfois difficile, est une étape clé du développement émotionnel de l'enfant.
Qu'est-ce que l'Angoisse de Séparation?
L'angoisse de séparation se définit comme une peur excessive et persistante d'être séparé d'une personne ou d'un environnement qui procure sécurité et réconfort. Chez l’enfant, il s’agit souvent d’une étape normale du développement qui apparaît généralement entre 6 mois et 3 ans. Si cette anxiété persiste au-delà de l’âge habituel, elle peut perturber la scolarité et les relations sociales.
L'angoisse de séparation : une étape normale du développement
L’angoisse de séparation est une étape du développement de l’enfant qui survient généralement autour de ses 8 mois, mais peut également survenir plus tôt, vers 4 ou 6 mois. Elle est liée à la reconnaissance des visages familiers et à la différenciation entre les parents et les inconnus.
Permanence de l'objet et peur de l'abandon
L'angoisse de séparation débute quand l’enfant commence à savoir qu’il est une personne distincte de ses parents, mais qu’il n’arrive pas encore à comprendre ce qu’on appelle la permanence de l’objet. Quand le nourrisson n’aperçoit plus ses parents dans son champ de vision, il pense donc qu’il ne les reverra plus, et s’imagine que leur départ est définitif. En ce sens, l’angoisse de séparation est directement liée à la peur de l’abandon.
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Causes de l'Angoisse de Séparation
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'apparition de l'angoisse de séparation.
Facteurs liés au développement normal
Une phase naturelle du développement où l'enfant apprend à se séparer de sa figure d'attachement.
Expériences traumatisantes
Un divorce, la perte d'un proche ou un changement d'environnement important peuvent exacerber l'anxiété de séparation.
Éducation surprotectrice
Une surprotection parentale peut renforcer la dépendance de l'enfant à l'égard de ses figures d'attachement.
Antécédents familiaux
Une tendance à l'anxiété peut être héréditaire, ce qui va augmenter le risque chez l'enfant.
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Symptômes de l'Angoisse de Séparation
L'angoisse de séparation n'est pas vécue avec la même intensité par tous les enfants. Certains paraissent juste inquiets et sanglotent légèrement, tandis que d’autres semblent submergés par leurs émotions.
Manifestations courantes chez l'enfant
- Pleurs et agitation : l'enfant peut pleurer abondamment lorsque le parent ou la personne de référence quitte son champ de vision.
- Réactions physiques : parfois, l'enfant présente des symptômes physiques tels que des maux de ventre, des nausées ou une perte d'appétit.
- Refus d'aller à l'école : une angoisse de séparation marquée peut conduire l'enfant à refuser de se rendre à l'école ou à d'autres activités collectives.
- Comportement collant : l'enfant cherche constamment la proximité et le réconfort de son entourage.
- Les pleurs au moment de quitter votre enfant sont la première manifestation de l’angoisse de séparation. Cela survient dès qu’il ne vous voit plus, même si vous ne partez qu’un instant.
- Votre enfant arrête également de sourire à toutes les personnes qu’il rencontre et il semble avoir peur, pleurer ou s’agiter lorsque vous l’emmenez dans un nouvel endroit.
- L’angoisse de séparation chez les bébés se manifeste souvent la nuit ou au moment d’aller le coucher. Il peut être plus difficile de le mettre au lit.
Intensité et durée
L’angoisse de séparation apparaît généralement vers l’âge de 8 mois (5/6 mois chez certains bébés). Selon plusieurs professionnels de santé, le phénomène atteint une intensité maximale entre 10 et 18 mois, puis disparaît progressivement vers 2 ans. À cet âge-là, l’angoisse de séparation peut parfois aussi refaire surface lorsque des événements perturbent les habitudes de vie de l’enfant (déménagement, arrivée d’un petit frère, absence prolongée d’un parent). Normalement, la durée de la période d’angoisse de séparation ne devrait pas excéder deux ou trois mois.
Comment Gérer l'Angoisse de Séparation?
Il existe plusieurs stratégies pour aider votre enfant à surmonter l'angoisse de séparation.
Préparation et adaptation
- Pour que la première séparation soit moins difficile à vivre, commencez par passer quelques moments de convivialité avec votre enfant et les personnes qui le garderont.
- Si vous devez le confier à une assistante maternelle, proposez une période d’adaptation où vous serez présents (quelques heures si possible). Cela rassurera l’enfant.
- La plupart des crèches proposent d’ailleurs des périodes d’adaptation avec enfants et parents pour que la séparation se fasse plus facilement.
- Si vous faites venir une baby-sitter chez vous, vous pouvez aussi lui dire de venir 15 ou 20 minutes avant l’heure du départ pour jouer avec votre enfant pendant que vous vous préparez.
- Pour faciliter les choses, allez-y en douceur dans un premier temps. Les premières fois, confiez l’enfant une petite heure seulement (à la crèche, à la nounou ou aux grands-parents), puis allongez de manière progressive la durée des séparations.
- Pour réduire l’angoisse de la séparation chez votre bébé avant de le laisser à la crèche ou à la garderie, faites une première visite des lieux avec lui, et présentez la personne qui va s’occuper de lui. La première fois que vous le laissez, restez quelques temps sur place avant de partir. Allongez progressivement la durée à la garderie.
Rassurer et communiquer
- Bien sûr, il est indispensable de prendre en compte la peur de votre enfant, et de le rassurer avec bienveillance, sans minimiser ce qu’il ressent.
- Vous devez aussi lui faire comprendre que vous avez confiance en la personne à qui vous le confiez, et que vous n’êtes vous-même pas angoissé.
- Il est donc important de ne pas vous éterniser lors des au revoir. Soyez à la fois tendre et ferme au moment de le quitter, et restez calme et souriant face à lui pour lui faire comprendre que tout va bien se passer.
- Pour rassurer votre enfant, vous pouvez lui dire ce que vous allez faire quand vous ne serez pas avec lui.
- Son angoisse étant liée à son incapacité à vous représenter quand il ne vous voit pas, expliquez-lui votre programme, si possible en lui parlant de lieux ou de personnes qu’il connaît déjà.
- Vous pouvez aussi lui décrire ce que vous ferez ensemble une fois que vous le récupérerez (« dès que je reviens, on part faire de la balançoire au parc ! », par exemple).
- Pour que votre enfant comprenne que les séparations ne sont pas définitives, essayez d’établir des routines de séparation. Faites-le garder aux mêmes horaires, par les mêmes personnes et au même endroit si possible.
- Si l’angoisse de séparation survient lorsque vous changez de pièce (bébé est en sécurité dans son parc de jeu et vous allez à la cuisine, par exemple), une technique est souvent efficace pour rassurer l’enfant : continuer à lui parler.
Objets transitionnels et routines
- Il peut aussi être conseillé de donner à votre petit bout un doudou, ou un objet qui a votre odeur, comme une écharpe, par exemple.
- Mettre en place un rituel de départ : un bisou spécial, un au revoir à la fenêtre, un petit geste rassurant qu’il associera à votre retour.
- Lui expliquer où vous allez et quand vous reviendrez avec des repères concrets : « Je reviens après ta sieste » ou « Je serai là après le goûter ».
- Éviter de partir en douce pendant qu’il dort ou quand il ne regarde pas : il pourrait vivre cela comme un abandon et être encore plus inquiet la prochaine fois.
- Créer un rituel immuable pour le sécuriser : par exemple câlin, coucou à doudou, dire au revoir à la nounou puis faire coucou par la fenêtre.
- Introduire un objet transitionnel : doudou, lange imprégné de votre odeur, veilleuse douce… Un repère rassurant peut l’aider à mieux gérer les moments où il ne vous voit pas.
Jeux et autonomie
- Jouer à cache-cache : le traditionnel jeu du « coucou-caché », lui permet d’apprendre que l'on peut se séparer en s'amusant, avec la certitude de se retrouver.
- Utiliser le jeu pour lui apprendre que vous revenez toujours. Le célèbre jeu du coucou-caché n’est pas qu’un simple passe-temps rigolo : il aide votre tout-petit à comprendre qu’une personne qui disparaît de son champ de vision ne disparaît pas pour toujours.
- Valoriser son autonomie tout en restant un repère rassurant. Votre tout-petit a besoin de se sentir en confiance pour explorer le monde autour de lui.
- Encouragez-le à jouer seul tout en restant à proximité. Par exemple, installez-le avec ses jouets pendant que vous cuisinez ou lisez : il pourra s’éloigner progressivement de vous, tout en sachant que vous êtes là.
- Aider votre enfant à développer son autonomie et sa confiance en soi, en l’encourageant à participer à des activités seul ou avec d’autres enfants.
Rituels de coucher
- Renforcer la routine du coucher : un rituel du soir prévisible et apaisant l’aidera à se sentir en sécurité (bain tiède, histoire, berceuse, câlin…). L’important, c’est que ces étapes soient répétées dans le même ordre chaque soir.
- Rassurer sans intervenir systématiquement : si votre tout-petit pleure en pleine nuit, attendez quelques instants avant d’intervenir. S’il continue, allez le voir, posez-lui la main sur lui, murmurez-lui quelques mots réconfortants… sans forcément le prendre dans les bras immédiatement.
Conseils supplémentaires
- Ne pas le forcer à aller dans les bras d’une personne : habituez votre enfant peu à peu à votre absence en le faisant garder par une tierce personne. Expliquez-lui qu’il est entre de bonnes mains et que vous avez toute confiance dans la personne qui va s’occuper de lui. Enfin, ne le forcez pas à aller dans les bras d’une personne s’il n’en a pas envie.
- Optez pour des périodes de séparation courtes au début. Si vous le pouvez, évitez de partir quand il dort, et parlez-lui, prévenez-le que vous allez le quitter puis revenir.
- Faites-lui savoir quand vous partez : faites-lui signe de la main quand vous partez. Même s’il pleure, ce sera toujours plus facile pour lui que si vous partez pendant sa sieste par exemple.
- Restez calme et positif : ne laissez pas votre inquiétude prendre le dessus, car les enfants ressentent votre anxiété.
- En cas de garde partagée, il est recommandé d’instaurer les mêmes routines chez les deux parents.
Angoisse de Séparation Persistante
Dans la plupart des cas, l’angoisse devient peu à peu moins intense, puis finit par disparaître vers l’âge de 2 ans. Toutefois, chez certains enfants, l’angoisse peut persister, y compris quand ils ont atteint l’âge de 3 ou 4 ans. Si l’angoisse de séparation persiste, n’hésitez pas à en parler au pédiatre de votre enfant pour recevoir des conseils et l’aider à traverser cette phase.
Quand consulter un professionnel ?
Il est recommandé de faire appel à un professionnel lorsque l'angoisse de séparation commence à affecter significativement votre vie quotidienne. Une consultation s’impose si :
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- Les symptômes sont persistants et intenses.
- L’angoisse de séparation a une incidence sur les activités quotidiennes.
- La détresse émotionnelle est sévère.
- Les symptômes physiques (palpitations, insomnie, maux de tête, nausées) sont marqués.
Solutions professionnelles
- Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : L’objectif est d’identifier et modifier les pensées négatives et irrationnelles qui alimentent l'angoisse de séparation. La TCC aide à restructurer les schémas de pensée et à développer des stratégies d'adaptation efficaces.
- Thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) : Elle aide à développer une meilleure tolérance de la solitude et des émotions négatives.
- Dans certains cas, la prise en charge peut nécessiter la participation à des groupes de soutien ou, si nécessaire, la prise d’anxiolytiques prescrits par un professionnel, pour apaiser les symptômes.
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