Face aux agressions externes ou internes, notre organisme répond avec un mécanisme stéréotypé dit « inflammation ». Il arrive toutefois que cette réaction soit chronique, avec un facteur déclencheur inconnu. Il est important de noter qu’il y a différents types de colite du côlon, selon la zone touchée. Cet article explore les causes potentielles de douleur liée à l'angle colique gauche, en mettant l'accent sur les affections courantes et les approches diagnostiques.

Anatomie et Fonction du Côlon

Le côlon, également appelé gros intestin, est la partie terminale de l'appareil digestif située entre l'intestin grêle et l'anus; sa partie terminale s'appelle le rectum. C'est lui qui assure la transformation des résidus issus des intestins en matières fécales et les stocke avant leur expulsion. Le côlon est divisé en trois parties, droite, transverse et gauche, comportant le côlon descendant et le sigmoïde, en forme de S. Le côlon est constitué de plusieurs segments successifs : le côlon droit ou ascendant, le côlon transverse, le côlon gauche ou descendant et le côlon sigmoïde, qui doit son qualificatif de "sigmoïde" à sa forme en "s". Tout le long du tube digestif se trouvent des sphincters. Ce sont de petits muscles circulaires qui s’ouvrent et se ferment. On retrouve aussi fréquemment une « fermeture d’angle colique ».

  • Le droit : entre le côlon ascendant et le transverse.
  • Le gauche : entre le transverse et le descendant.

La motricité intestinale est régulée par le contenu du tube digestif, une information nerveuse lui permet ensuite de se contracter en réponse à la matière présente. Si la muqueuse intestinale n’est pas correctement vascularisée, elle ne pourra transmettre l’information sur la présence de matière. Le tube digestif se contracte par vague sur toute sa longueur. C’est cette contraction qui permet au contenu intestinal de progresser jusqu’au rectum.

Symptômes d'une Inflammation du Côlon Gauche

Alors, quels sont les symptômes de l’inflammation du côlon gauche ? Les sensations douloureuses proviennent d’une inflammation du côlon, et d’une difficulté de passage des selles le long de celui-ci, expliquant le soulagement ressenti lorsque les gaz ou les selles ont pu être évacuées. Vous avez mal au ventre, êtes ballonné, et vos selles n’en font qu’à leur tête ? Vous souffrez peut-être d’une colopathie fonctionnelle. Outre la douleur, les arguments qui font penser qu'il s'agit du côlon sont : la présence de troubles du transit associés (constipation, diarrhée), de ballonnements ou d'un excès de gaz ; la topographie en cadre de la douleur et si le fait d'évacuer un gaz ou d'aller à la selle soulage la douleur. La douleur colique est rarement une douleur continue et stable. En plus de cette gêne pouvant aller jusqu’à la douleur, vous avez des ballonnements parfois soulagés par l’émission de gaz ou de selles.

Causes Possibles de Douleur à l'Angle Colique Gauche

Plusieurs affections peuvent provoquer des douleurs dans la région de l'angle colique gauche.

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Syndrome du Côlon Irritable (Colopathie Fonctionnelle)

Le syndrome du côlon irritable, ou colopathie fonctionnelle, se traduit par une hypersensibilité du côlon. Les troubles chroniques, douleurs, constipation, éventuellement ressentis par les porteurs de ces diverticuloses non compliquées sont liés aux troubles moteurs qui créent les diverticules (et pas aux diverticules eux-mêmes) ou à une colopathie fonctionnelle associée (synonyme : colite spasmodique, côlon irritable..). Elle n'est pas liée à une allergie alimentaire, même si certains aliments peuvent déclencher des douleurs. Ce n'est pas relié à une éventuelle diverticulose.

Diverticulose et Diverticulite

La diverticulose du côlon est un état asymptomatique qui correspond à une anomalie anatomique acquise du côlon caractérisée par la présence de diverticules. La diverticulose consiste en la présence de diverticules, généralement multiples, sur la paroi colique, surtout gauche et principalement sigmoïdienne. Ce sont des hernies de la muqueuse colique au travers de la couche musculaire. Le siège essentiel des diverticules est le sigmoïde. Mais il n’est que rarement seul atteint. Dans 80% des cas, les diverticules « débordent » le sigmoïde, vers le côlon descendant, et même le transverse. Dans 15% des cas environ, la diverticulose intéresse tout le côlon. Habituellement, aucune. Les diverticules existent, perdurent, pendant des dizaines d’années sans conséquence décelable. La diverticulite du côlon correspond à l’inflammation/infection d’origine diverticulaire. La diverticulite correspond à l’inflammation et/ou infection d’UN diverticule. La diverticulite est responsable habituellement d’un tableau associant douleur typiquement en fosse iliaque gauche avec défense, fièvre (38-39°C) et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements..). Biologiquement on note un syndrome inflammatoire biologique. Elle peut être favorisée par la prise d’AINS. Les diverticules ne sont responsables de douleurs qu'en cas de perforation/ infection.

Le mécanisme d’apparition des diverticules est largement élucidé. Il s’agit de la constitution de zones d’hyper pression à l’intérieur de la lumière colique, par hypertrophie (épaississement) de la musculeuse. Se constituent ainsi des segments intestinaux à pression élevée, poussant la muqueuse à travers des interstices de la musculeuse. La cause de ces désordres est, à peu près certainement, alimentaire : déficit de l’alimentation en fibres végétales, particulièrement en fibres de céréales et excès de sucre. De nombreux arguments étaient cette théorie : d’abord, le fait que la diverticulose est d’apparition récente. C’est une maladie du XXème siècle qui sévit dans les pays développés, où les habitudes alimentaires ont changé (raffinement des céréales, défaut de fibres, excès de sucre). De multiples observations épidémiologiques vont dans le même sens.

Colite

L’inflammation du côlon touche différentes parties de l’organe, et même si les différentes catégories manifestent des symptômes similaires, leurs traitements varient. Face aux agressions externes ou internes, notre organisme répond avec un mécanisme stéréotypé dit « inflammation ». Il arrive toutefois que cette réaction soit chronique, avec un facteur déclencheur inconnu. Il est important de noter qu’il y’a différents types de colite du côlon, selon la zone touchée. Pour les douleurs aiguës, il peut s'agir d'une colite infectieuse banale, d'une colite ischémique chez un patient tabagique, etc.

Occlusion Intestinale

Si l’angle colique est « fermé », la matière s’accumule dans le côlon en amont, jusqu’à ce que celui-ci soit trop rempli et que le passage soit ainsi forcé. Il arrive que le processus inflammatoire soit chronique, se développant sur des mois. Silencieux, ou presque, il ne devient apparent, cause de douleurs, constipation tenace, etc.. qu’à un stade très avancé. D’autant que le mode de révélation peut être une occlusion intestinale (obstruction du côlon), sans aucun signe d’infection.

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Cancer Colique

Ainsi, un mode de découverte du cancer colique est la survenue de douleurs abdominales intermittentes, localisées, associées à des troubles du transit. Lorsque la sténose devient trop serrée, une occlusion survient. Ce tableau clinique représente 15 à 20 % des diagnostics de cancer colique.

Diagnostic

Comment est-elle diagnostiquée ? Pour cela, les médecins utilisent l’endoscopie, qui est une technique d’exploration médicale visuelle. L' examen le plus pratiqué pour explorer le côlon en cas de douleur colique est la coloscopie. Elle permet, avec un tube souple équipé d'une caméra, de visualiser la paroi du côlon, de faire des prélèvements et même de retirer des lésions. Le dispositif est un tube optique muni d’une caméra et d’un éclairage. Selon la surface touchée par ces symptômes, on peut se prononcer sur le type de colite. En cas d’infection, hormis les cas où existe d’emblée une péritonite, imposant une opération d’urgence sans plus d’explorations, les deux examens les plus utiles sont le lavement radio opaque, et, surtout maintenant, le scanner abdominal. Il permet de voir les diverticules, la réaction inflammatoire qui entoure le côlon, et la présence éventuelle d’un abcès. Mais d'autres examens peuvent être prescrits, comme l'échographie abdominale (qui ne visualise pas l'intestin mais les organes et les ganglions de la région afin d'éliminer d'autres diagnostics), le scanner ou l'IRM voire de simples radiographies de l'abdomen notamment aux urgences. Le scanner abdomino-pelvien est recommandé en première intention pour le diagnostic et la recherche de complications chez un patient suspect de diverticulite aiguë sigmoïdienne. Une injection intraveineuse de produit de contraste systématique est recommandée en l’absence de contre-indication. L’échographie abdominale n’est pas recommandée comme premier examen d’imagerie. La diverticulite non compliquée est définie au scanner par un stade Hinchey Ia.

Même si on pense qu'une douleur est d'origine colique, certains critères doivent pousser à consulter s'ils sont présents, prévient le spécialiste : un saignement en allant à la selle (même si on est persuadé d'avoir des hémorroïdes) ; une perte de poids, des modifications récentes du transit ; des douleurs récentes et inhabituelles sans cause évidente ; une anémie ; une fièvre ; des vomissements violents".

Dans les cas non compliqués, la découverte de diverticules est généralement le fait d’une coloscopie : les orifices de ces petites cavités sont bien vus au cours de cet examen. En cas d’hémorragie, le débit du saignement conditionne les possibilités. Très abondante, l’hémorragie ne rend pas la coloscopie possible : une artériographie en urgence peut alors situer l’origine du saignement. La recherche de cette localisation est importante car il faut souvent, dans ces cas, opérer en urgence pour retirer le segment colique qui saigne.

Traitement

Le mode de traitement le plus courant sont les médicaments. L’acide 5-aminosalicylique: qui est un acide carboxylique dérivé de l’acide salicylique. En parallèle au traitement médical, il est primordial de surveiller la qualité de son alimentation. En effet, un excès de consommation de sucre raffiné et de gras peut inhiber l’efficacité du traitement et accentuer l’inflammation. Aussi, il arrive, et dû à ces symptômes, que le patient souffre d’une perte d’appétit, c’est pour cela que notre équipe médicale prend en compte tous les facteurs de confort comme partie intégrante du plan de traitement.

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"En dehors du traitement de la cause proprement dite, il est licite de traiter la douleur pour elle-même. On utilise selon les cas un antispasmodique, un antalgique non morphinique - comme le paracétamol. Le régime FODMAP permet de soulager les douleurs dues au syndrome de l'intestin irritable, première cause de douleurs au côlon. La diverticulose ne nécessite pas de traitement particulier. On tente cependant de traiter les troubles du transit souvent associés sans efficacité démontrée : Régime riche en fibres, laxatifs. La majorité des diverticulites sont maintenant traitées à domicile avec des antalgiques seuls. L’hospitalisation est nécessaire si le patient est très douloureux, nauséeux ou avec des comorbidités / contexte social. Pas de suivi spécifique en cas d’évolution favorable pas de scanner, biologie +++. De même, la coloscopie n’est pas nécessaire à distance d’une poussée non compliquée. Il n’existe pas de traitement préventif de la récidive de la diverticulite (régime alimentaire, traitements antiseptiques, antibiotiques, probiotiques…).

Le régime alimentaire riche en fibres, et particulièrement en son (pain complet ou son en vrac) est le seul traitement des formes non compliquées. Le seul traitement curatif de la diverticulose est chirurgical. Il consiste en la résection d’une partie du côlon gauche, jusqu'à la jonction avec le rectum ; cela pour enlever toute la zone d’épaississement de la musculeuse. L’étendue de la résection « vers le haut », dépend de l’étendue de la diverticulose, de son importance, des réactions inflammatoires éventuellement présentes lors de l’opération. Schématiquement : enlever tout le sigmoïde est une obligation ; très souvent il faut aussi enlever le côlon descendant, rarement l’angle gauche. En l’absence d’abcès (appréciée sur les signes d’examen et le scanner) le traitement est antibiotique, seul. On attend ainsi la résolution de la crise. Elle est obtenue dans 80 à 90% des cas. S’il s’agissait de la première poussée franche, qu’elle n’était pas trop sévère, et pourvu que sa résolution ait été complète, sans récidive précoce, il n’est pas justifié de proposer une résection chirurgicale. On sait, en effet, que seuls 30% de ces patients font, ultérieurement, parfois après des années, une seconde poussée. En revanche, en cas de récidive, le risque de poussée ultérieure passe à près de 70 - 80%.

Le traitement d’une péritonite est une urgence médico-chirurgicale qui débute par un traitement symptomatique comportant : réanimation, antibiothérapie intraveineuse. En cas de péritonite stercorale ou patient en état de choc sigmoïdectomie et fermeture du moignon rectal et colostomie iliaque gauche (opération de Hartmann). Il comprend une résection sigmoïdienne, emportant la charnière recto-sigmoïdienne avec un rétablissement de continuité en un temps par une anastomose colorectale. Ce traitement prophylactique de la récidive doit être envisagé : à distance de la poussée (2-3 mois) pour éviter une stomie en se plaçant à distance de l’inflammation de la poussée.

En cas de diverticulite compliquée, une antibiothérapie par voie intraveineuse est recommandée associant amoxicilline-acide clavulanique et gentamicine, ou céfotaxime et métronidazole, ou ceftriaxone et métronidazole. En cas d’allergie prouvée, une association lévofloxacine, gentamicine et métronidazole est recommandée. En l’absence d’argument scientifique, la durée de l’antibiothérapie ne peut pas faire l’objet de recommandations. dans les péritonites Hinchey III et IV, en l’absence de données probantes, aucune recommandation ne peut être établie quant à la voie d’abord. Les indications de résection chirurgicale en urgence dans la diverticulite aiguë droite sont superposables à celles de la diverticulite sigmoïdienne. Il est recommandé de proposer une sigmoïdectomie élective en cas de symptômes persistants après une poussée (incluant la smoldering diverticulitis [diverticulite subintrante]) ou de récidives fréquentes impactant la qualité de vie. La résection doit emporter la zone siège de la ou des poussées inflammatoires. L’ensemble du côlon sigmoïde doit être réséqué de façon systématique.

Importance de l'Alimentation

En parallèle au traitement médical, il est primordial de surveiller la qualité de son alimentation. En effet, un excès de consommation de sucre raffiné et de gras peut inhiber l’efficacité du traitement et accentuer l’inflammation. La cause de ces désordres est, à peu près certainement, alimentaire : déficit de l’alimentation en fibres végétales, particulièrement en fibres de céréales et excès de sucre.

Quand Consulter un Médecin

Même si on pense qu'une douleur est d'origine colique, certains critères doivent pousser à consulter s'ils sont présents, prévient le spécialiste : un saignement en allant à la selle (même si on est persuadé d'avoir des hémorroïdes) ; une perte de poids, des modifications récentes du transit ; des douleurs récentes et inhabituelles sans cause évidente ; une anémie ; une fièvre ; des vomissements violents".

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