L'aménorrhée, définie comme l'absence de règles, constitue un motif de consultation gynécologique fréquent et justifie une enquête étiologique approfondie. Elle peut être précédée d'une période d'oligo-/spanioménorrhée, qui correspond respectivement à des cycles irréguliers/rallongés. L'intervalle normal entre deux cycles est globalement de vingt-six à trente et un jours (des variations peuvent exister ; définition de l’Organisation mondiale de la santé : de vingt-cinq à trente-cinq jours), avec une moyenne de vingt-huit jours. En dehors de la grossesse, de la lactation et de la ménopause, l’aménorrhée est toujours pathologique.

Cette absence peut être primaire, si les règles ne sont jamais apparues, ou secondaire, si elle survient après une période de menstruation normale. L'aménorrhée secondaire, en particulier, peut être le signe d'une affection génétique sous-jacente, telle que le syndrome de Turner, ou résulter d'autres causes variées. Cet article explore les causes de l'aménorrhée secondaire, en mettant l'accent sur le syndrome de Turner, son diagnostic et sa prise en charge.

Aménorrhée : Définition et Types

L’aménorrhée est définie par l’absence de règles. La première manifestation de la puberté chez la fille est le développement des seins. Il est considéré comme physiologique s’il survient entre 8 et 13 ans. Les règles apparaissent en moyenne deux ans après le développement mammaire.

L'aménorrhée se divise en deux catégories principales :

  • Aménorrhée primaire : Absence d'apparition des premières règles (ménarche) à 15 ans en présence de caractères sexuels secondaires, ou dans les 5 ans suivant l’apparition du développement des seins quand ceux-ci se sont développés avant l’âge de 10 ans.
  • Aménorrhée secondaire : Absence de règles chez une patiente antérieurement réglée durant au moins 3 mois si les cycles étaient réguliers, ou 6 mois si les cycles étaient irréguliers.

L’aménorrhée peut être précédée d’une période d’oligo-/spanioménorrhée, qui correspond respectivement à des cycles irréguliers/rallongés.

Lire aussi: Grossesse : Le 7ème mois expliqué

Causes de l'Aménorrhée Secondaire

Plusieurs facteurs peuvent être à l'origine d'une aménorrhée secondaire. Elles peuvent être « centrales », en lien avec une affection de l’axe hypothalamo-hypophysaire, ou « périphériques », en lien avec une pathologie ovarienne/utérine. Les causes peuvent être regroupées en différentes catégories :

Dysfonction de l'axe hypothalamo-hypophysaire

L’axe gonadotrope implique certaines régions hypothalamiques, l’hypophyse et les ovaires. L’hypothalamus est à l’origine d’une sécrétion pulsatile de l’hormone appelée gonadolibérine, ou gonadotropin-releasing hormone (GnRH), qui induit la sécrétion hypophysaire de deux hormones gonadotropes : l’hormone folliculo-stimulante (FSH) et l’hormone lutéostimulante (LH). Ces gonadotrophines, libérées dans la circulation sanguine, se lient sur leurs propres récepteurs localisés dans les follicules ovariens et induisent la sécrétion des stéroïdes sexuels, essentiellement l’estradiol (E2) et la progestérone (P). E2 et P exercent un rétrocontrôle sur l’hypothalamus et l’hypophyse. Ce rétrocontrôle est essentiellement négatif, car les stéroïdes ralentissent la sécrétion de GnRH, sauf au moment du pic préovulatoire de LH où le rétrocontrôle est positif. En effet, une montée d’E2 est nécessaire pour déclencher le pic préovulatoire de GnRH et de LH.

  • Hypogonadisme hypogonadotrope congénital (HHC) : L’hypogonadisme hypogonadotrope congénital (HHC) doit être évoqué face à une aménorrhée primaire avec absence de développement pubertaire ou une puberté arrêtée. Il s’agit d’une maladie rare. Parmi les causes d’HHC, il existe le syndrome de Kallmann-de Morsier, qui associe un HHC et des troubles olfactifs, à type d’anosmie ou d’hyposmie. Ce syndrome est secondaire à une anomalie de la migration des neurones à GnRH de la placode olfactive vers le noyau arqué, pendant la vie embryonnaire. Il induit un défaut de GnRH et une absence de stimulation des gonadotrophines hypophysaires LH et FSH (responsable de l’absence de développement pubertaire et de l’aménorrhée primaire). Un HHC peut survenir chez une adolescente avec une olfaction normale. Des variants génétiques pathogènes (plus d’une trentaine de gènes) ont été mis en évidence dans les HHC. Selon le type de variant, le développement pubertaire est plus ou moins complet. Une tumeur de la région hypothalamo-hypophysaire doit être écartée avant de poser le diagnostic d’HHC.
  • Tumeurs hypothalamo-hypophysaires : Parmi les tumeurs possibles, il peut s’agir d’un craniopharyngiome (tumeur épithéliale bénigne rare qui se développe au niveau de la tige pituitaire ou dans la région suprasellaire), d’un macro-adénome hypophysaire ou d’une tumeur compressive de la région, comme un méningiome ou un germinome.
  • Hyperprolactinémie de déconnexion : Un autre mécanisme responsable d’une insuffisance gonadotrope est l’hyperprolactinémie de déconnexion. En effet, la tumeur comprimant la tige pituitaire inhibe la sécrétion de dopamine, et la prolactine augmente.
  • Hypogonadisme hypogonadotrope fonctionnel : L’hypogonadisme hypogonadotrope fonctionnel est une autre cause fréquente d’hypogonadisme hypogonadotrope. Il survient à la suite d’une carence d’apports caloriques et/ou d’une activité physique excessive. La balance énergétique négative induit un défaut de pulsatilité de la GnRH, et donc un défaut de stimulation de FSH-LH, qui peut être responsable d’une aménorrhée primaire ou secondaire. Il concerne davantage les aménorrhées secondaires que les aménorrhées primaires. Un interrogatoire détaillé est indispensable ; il recherche un indice de masse corporelle inférieur à 20 kg/m2, une perte de poids récente, une restriction calorique, en particulier de la consommation de matières grasses, une dépense énergétique excessive par rapport aux apports. Il existe souvent un profil psychologique particulier, avec une anxiété et une maîtrise de soi.
  • Nécrose hypophysaire : dans un contexte d’accouchement hémorragique avec collapsus vasculaire. D’autres causes sont possibles, telles l’hypophysite auto-immune ou lymphocytaire, l’infiltration de la tige pituitaire (sarcoïdose, histiocytose, lymphome), l’hémochromatose.

Dysfonction ovarienne (Hypogonadisme hypergonadotrope)

Il s’agit d’un hypogonadisme hypergonadotrope. Il est le reflet d’une dysfonction ovarienne. Selon le moment de survenue de cette dysfonction ovarienne, l’adolescente ou la femme peut avoir un impubérisme complet, une puberté partielle ou une puberté complète avec une aménorrhée secondaire.

  • Syndrome de Turner (ST) : Le syndrome de Turner (ST) constitue l’une des principales causes d’hypogonadisme hypergonadotrope. L’aménorrhée survient à la suite d’une atrésie folliculaire accélérée. Le ST doit systématiquement être évoqué devant une petite taille.
  • Ménopause précoce : La ménopause doit être évoquée en premier lieu à partir de l’âge de 50 ans, devant un hypogonadisme hypergonadotrope.

Anomalies Utérines

Certaines patientes en aménorrhée primaire ou secondaire et avec un développement pubertaire normal ont des signes cliniques d’hyperandrogénie et une testostérone élevée.

  • Syndrome d'insensibilité complète aux androgènes : Survenant chez des femmes ayant un caryotype 46,XY, il est secondaire à une perte de fonction du récepteur des androgènes. Les organes génitaux externes sont féminins. L’utérus est absent en raison de la sécrétion d’AMH par la gonade de type testiculaire, ce qui explique l’aménorrhée primaire.
  • Syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH) : Le syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH) est très rare (1/4 500 femmes). Les taux hormonaux (FSH, LH, estradiol) sont normaux car le fonctionnement ovarien est normal. Le syndrome MRKH est le plus souvent diagnostiqué à l’adolescence, lors de l’exploration d’une aménorrhée primaire chez des jeunes femmes ayant par ailleurs des caractères sexuels secondaires et des organes génitaux externes de type féminin. Dans ce syndrome, on observe une absence d’utérus et des deux tiers supérieurs du vagin.

Autres causes

  • Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est une affection chronique se révélant souvent à l’âge de la puberté par l’association d’une spanioménorrhée à des signes cliniques d’hyperandrogénie comme l’acné, la séborrhée (voire l’hirsutisme). hypertrophie ovarienne à l’échographie (volume supérieur à 10 mL) ou ovaires multifolliculaires (compte folliculaire antral avec au moins 20 follicules sur au moins un ovaire).
  • Bloc en 21-hydroxylase incomplet : Un bloc en 21 -hydroxylase incomplet, forme « non classique », induit par une mutation « perte de fonction » du gène CYP21A2, provoque une accumulation des précurseurs stéroïdiens en amont du bloc, notamment de la 17 -OH-P et des androgènes surrénaliens. Si la 17 -OH-P de base est inférieure à 2 ng/mL, le diagnostic est très peu probable.

Syndrome de Turner : Une Cause Importante d'Aménorrhée

Le syndrome de Turner (ST), dont la fréquence est estimée à une fille née vivante sur 2000, est une dysgénésie gonado-somatique de phénotype féminin liée à l’absence complète ou partielle d’un chromosome X dans la totalité ou une partie des cellules. Dans sa description originale en 1938, Henry Turner décrivait chez sept femmes l’impubérisme, le cou palmé, le cubitus valgus et la petite taille qu’il avait essayé de traiter sans succès avec de l’hormone de croissance bovine. Il croyait aussi à tort que l’absence d’ovaires était due à un déficit hypophysaire, alors qu’il s’agit d’un hypogonadisme hypergonadotrophique.

Lire aussi: Tout sur la 11e Semaine de Grossesse

Le ST doit être distingué des dysgénésies gonadiques pures de caryotype homogène 46, XX, des dysgénésies gonadiques à caryotype XY, des dysgénésies gonadiques mixtes et des pseudo hermaphrodismes dysgénétiques qui comportent une ambiguïté sexuelle.

Manifestations Cliniques du Syndrome de Turner

Le diagnostic est classiquement évoqué devant la conjonction de traits dysmorphiques, d’une petite taille, d’une dysgénésie gonadique et d’un lymphœdème. Or l’expression clinique peut varier d’un volumineux hygroma kystique du cou dont la découverte échographique anténatale conduit généralement à l’interruption médicale de la grossesse à une petite taille isolée chez une fille sans autre disgrâce physique. C’est par une observation clinique plus attentive, aidée du caryotype plus systématique que l’on a élargi le spectre du ST à un plus grand nombre de mosaïques. Les multiples stigmates turnériens peuvent être classés en fonction du mécanisme pressenti, en constatant que les pourcentages respectifs varient beaucoup selon les séries.

Les manifestations cliniques du syndrome de Turner sont variées et peuvent inclure :

  • Petite taille : Elles suggèrent que le ST est une véritable dysplasie osseuse participant au déterminisme de la petite taille.
  • Anomalies squelettiques : Le cou peut être court par hypoplasie ou bloc des vertèbres cervicales, la tête paraissant enfoncée dans les épaules. Le thorax est bombé avec écartement des mamelons qui sont invaginés. Les quatrièmes métacarpiens et métatarsiens sont courts avec parfois une symbrachydactylie. Le cubitus valgus est souvent exagéré. Le rapport segment supérieur/segment inférieur du corps est modifié. Les radiographies montrent diverses anomalies des mains (signe d’Archibald), des genoux (signe de Kosowicz), une hypoplasie de l’épiphyse radiale inférieure en « casquette », et un aspect grillagé de la trame osseuse.
  • Anomalies faciales : Elle est probablement le résultat combiné de la dysplasie osseuse et de l’obstruction lymphatique fœtale. Elle comprend l’orientation antimongoloïde des yeux, un épicanthus témoin du défaut de développement de l’étage moyen, un ptosis, un strabisme, une microrétrognathie, des dents de dimension réduite avec malocclusion et voûte du palais ogivale. L’oreille externe est à examiner en détail.
  • Cou palmé : Le cou palmé en « tête de sphinx » est très évocateur.
  • Implantation basse des cheveux : L’implantation basse des cheveux avec un aspect en trident sur la nuque peut être le seul stigmate du ST chez une fille de petite taille. Il permet un diagnostic précoce dans 20 % des cas. Par la suite, il peut laisser une cutis laxa.
  • Anomalies cardiovasculaires : Elles sont présentes dans un tiers des cas et contrairement au syndrome de Noonan, où les anomalies siègent sur la circulation pulmonaire, elles concernent la circulation systémique sous forme d’une sténose de l’isthme de l’aorte (10 %) qui, chez un nourrisson féminin, signifie presque à coup sûr un syndrome de Turner. La coarctation est la cause majeure d’hypertension artérielle. Elle peut être la cause de décès par hémorragie postopératoire et de la persistance d’une hypertension artérielle chez l’adulte. Le risque de dissection aortique ne concerne pas seulement l’adulte et peut être dépisté par l’échographie périodique de l’aorte.
  • Anomalies rénales : Elles sont révélées dans 25 à 30 % des cas par l’échographie systématique, car elles sont le plus souvent latentes. Le rein en « fer à cheval » est très caractéristique (7 % vs 1/600 à 1/800 dans la population générale), mais il y a aussi des ectopies, des malrotations, des duplications (8 %), des agénésies rénales (2,8 %), des anomalies vasculo-rénales causes d’hypertension artérielle dans 15 % des cas. La véritable uropathie du ST est la sténose de la jonction pyélo-urétérale (2,5 %).
  • Problèmes dermatologiques : En plus de la cutis laxa, il faut surtout insister sur la valeur d’orientation de la constatation d’un grand nombre de nævi chez une fille de petite taille. L’attention a été attirée sur l’extension des nævi sous traitement par hormone de croissance, sans qu’apparaissent de signes de malignité. La propension aux cicatrices chéloïdes est aussi à prendre en considération.
  • Troubles métaboliques : Elles consistent en une intolérance glucidique avec hyperinsulinémie par insulinorésistance en général latente et ne nécessitant pas de traitement, une fréquente adiposité, qui avec des vergetures et la petite taille peut faire évoquer à tort un hypercorticisme surrénalien.
  • Problèmes ORL : Elles sont trop souvent méconnues. Plus de la moitié des patientes ont eu pendant leur enfance de très nombreuses otites moyennes avec perforations, pose de drains et aérateurs, certaines ont même été opérées d’antro-mastoïdectomie, de tympanoplastie ou encore d’un cholestéatome. Rares sont celles qui gardent un tympan intact. La conséquence en est un déficit auditif intéressant la transmission entre 40 et 70 db dans un tiers des cas. Une atteinte de la perception intervenant secondairement est constatée une fois sur cinq. Cette hypoacousie est à l’origine de troubles du langage nécessitant une prise en charge orthophonique. Avec l’âge, se produit une perte progressive sur les hautes fréquences, comme par un vieillissement prématuré de l’oreille interne, nécessitant l’appoint d’une prothèse. Les troubles auditifs sont plus accentués avec un caryotype 45, X/46, X, iX (Xq). La déficience auditive est la conséquence du trouble dysembryogénétique du premier arc, petite mandibule, oreilles implantées bas, angulation excessive et dysfonction tubaire.
  • Fonction cognitive : Si les premières séries publiées associaient fréquemment la débilité mentale au ST, c’est probablement en raison de l’image dévalorisée transmise des parents à l’enfant et de la fréquente méconnaissance des troubles auditifs générateurs de difficultés langagières et scolaires. On sait maintenant qu’il n’en est pas ainsi. Dans le groupe des mosaïques, les tests d’habileté visuo-spatiale sont même corrélés au pourcentage de lymphocytes 45,X.
  • Petite taille : En l’absence de traitement, la taille finale spontanée est réduite dans toutes les séries de 20 cm par rapport à la population de référence. Il existe de très grandes différences individuelles. Ainsi, dans la plus grande série multicentrique coordonnée par Rochiccioli et al . regroupant 216 cas du sud de la France, la moyenne est de 141,4 cm, tandis que l’écart s’étend de 129 à 161 cm, soit plus de 30 cm entre des nanismes et des tailles normales. Dans la série française de ST traités par hormone de croissance recombinante, la taille moyenne obtenue atteint 150 cm, soit un gain de 8,5 cm, les limites extrêmes des tailles se situant entre 136 cm et 167 cm, soit encore un écart de 30 cm. De même qu’il existe des corrélations entre les tailles de ST non traités et traités avec celles des populations de référence, aussi diverses que japonaise, scandinave, on peut en démontrer avec les tailles parentales, surtout paternelles. D’autres paramètres doivent intervenir.
  • Dysgénésie gonadique : Le ST est caractérisé par la disparition rapide des ovocytes dans l’ovaire turnérien, réduit ensuite à l’état de bandelettes fibreuses, ce qui explique l’impubérisme et l’aménorrhée primaire, signes qui ne doivent pas être aujourd’hui l’occasion du diagnostic, car trop tardifs. Paradoxalement, la possibilité d’une puberté spontanée était connue avant l’utilisation de l’hormone de croissance recombinante dans 10 à 20 % des cas de mosaïques. Si la stérilité est habituelle, on connaît des cas de fertilité spontanée.

Diagnostic du Syndrome de Turner

Le diagnostic du syndrome de Turner repose sur :

  • Caryotype : Le diagnostic de certitude repose sur une étude des chromosomes sexuels par caryotype effectué sur un prélèvement de sang (ou autre : liquide amniotique, villosités choriales…), sur au moins 20 cellules. Cette analyse peut être complétée par une technique FISH qui permet, sur 100 ou 200 cellules, de rechercher un éventuel mosaïcisme.
  • Échographie fœtale : L’échographie fœtale peut parfois détecter des signes suggestifs comme un hygroma kystique.
  • Examen clinique : De nombreux signes peuvent alerter, en anté-natal, chez le nouveau-né, l’enfant ou, plus tard chez l’adulte. Ainsi, une recherche de syndrome de Turner par analyse des chromosomes sexuels est indiquée dans les situations suivantes : en anté-natal : signes échographiques évocateurs : nuque épaisse, brachycéphalie, hydramnios/oligoamnios, retard de croissance intra-utérin modéré… chez le nouveau-né de sexe féminin : une nuque épaisse, la présence d’un lymphoedème des mains et des pieds, un phénotype évocateur ; chez le nourrisson ou l’enfant de sexe féminin : un déficit ou un ralentissement statural, chez l’adolescente : un déficit statural, un retard pubertaire avec absence de développement mammaire après l’âge de 13 ans, aménorrhée primaire ou secondaire avec élévation (même modérée) de la FSH et/ou de la LH sériques ; chez l’adulte : petite taille, aménorrhée primaire ou secondaire avec élévation des gonadotrophines sériques, infertilité.

Prise en Charge du Syndrome de Turner

Les progrès thérapeutiques dont a bénéficié le ST ont modifié l’approche clinique. À côté des formes classiques, très dysmorphiques et malformatives, plus nombreuses sont celles limitées à quelques stigmates dont le retard de croissance. La variabilité phénotypique paraît liée à la plus grande place accordée aux mosaïques.

Lire aussi: Informations Importantes : 8ème Mois

La prise en charge du syndrome de Turner est multidisciplinaire et vise à :

  • Stimuler la croissance : Traitement par l’hormone de croissance biosynthétique permettant d’éviter le nanisme.
  • Induire la puberté et maintenir les caractères sexuels secondaires : La féminisation étant mieux assurée.
  • Permettre la maternité : La maternité est possible par don d’ovocytes et FIV, grâce aussi à une prise en charge précoce et multidisciplinaire.
  • Surveiller et traiter les complications associées : Les filles atteintes du syndrome de Turner nécessitent un suivi régulier pour surveiller et traiter les complications associées.
  • Offrir un soutien psychosocial : Le soutien familial est essentiel pour l’épanouissement des jeunes filles, en particulier durant les périodes critiques comme la puberté et l’adolescence. Environ la moitié des femmes atteintes du syndrome de Turner rencontrent des difficultés psychosociales.

Démarche Diagnostique de l'Aménorrhée

Le bilan initial à réaliser devant une aménorrhée comporte le dosage de la gonadotrophine chorionique humaine (hCG) pour éliminer de manière systématique une grossesse, ainsi que les dosages sanguins de FSH, LH, E2 et prolactine. Ce bilan initial hormonal oriente la suite de la prise en charge.

La démarche diagnostique de l'aménorrhée implique plusieurs étapes :

  1. Anamnèse et examen clinique : ATCD médicaux personnels et familiaux. Prise de traitements ou de drogues. Évaluation du stade de développement pubertaire (sein, pilosité, voir stades de Tanner). Examen gynécologique si possible (hymen, anomalie anatomique du vagin ou du col utérin). Recherche de signes de dysthyroïdie. Recherche d’une galactorrhée.

  2. Bilan biologique :

    • β-HCG.
    • Bilan hormonal : FSH, LH, estradiol (E2), TSH, prolactine.
  3. Imagerie :

    • Radiographie de la main : sésamoïdes du pouce absent = retard pubertaire, sésamoïdes du pouce présent = impubérisme.
    • Échographie endovaginale si possible, sinon pelvienne.
  4. Examens complémentaires selon l'orientation diagnostique :

    • IRM hypophysaire.
    • Conseil génétique (syndrome de Kallmann : association à une anosmie).
    • Recherche anticorps anti-TPO ± anticorps anti 21 hydroxylase.
    • Caryotype 45X ou mosaïque 45X/46XX (Syndrome de Turner).
    • Bilan hormonal : 17OH-progestérone, testostéronémie, SDHEA, delta4-androstènedione (Si hyperandrogénie clinique ± virilisation des caractères sexuels secondaires).
    • Test aux progestatifs.

L'Importance d'un Diagnostic Précoce

Un diagnostic précoce de l'aménorrhée et de ses causes sous-jacentes, comme le syndrome de Turner, est crucial pour une prise en charge optimale. Un diagnostic et un traitement précoces peuvent améliorer significativement la qualité de vie des patientes, en permettant de stimuler la croissance, d'induire la puberté, de prévenir les complications et d'offrir un soutien psychosocial adapté.

tags: #aménorrhée #secondaire #syndrome #de #Turner #causes

Articles populaires: