L'aménorrhée, définie médicalement comme l'absence de règles, peut susciter de l'inquiétude. Il est important de comprendre que ce n'est pas systématiquement un signe de grossesse et qu'elle peut avoir diverses origines. Cet article vise à explorer les causes possibles de l'aménorrhée, les options de traitement disponibles et les aspects importants de la prise en charge.
Comprendre l'Aménorrhée
L'aménorrhée se caractérise par l'absence de menstruation. On distingue deux types principaux :
- Aménorrhée primaire : Absence de règles chez une jeune fille de 15 ans ou plus.
- Aménorrhée secondaire : Absence de règles pendant trois mois ou plus chez une femme qui avait auparavant des cycles menstruels réguliers. On estime que 2 à 5% des femmes seraient concernées par l’aménorrhée secondaire et 3 à 4% par l’aménorrhée primaire.
Causes Possibles de l'Aménorrhée
De nombreuses raisons peuvent expliquer une absence de règles, qu'elle dure un mois ou plus longtemps. Il est essentiel de considérer les causes les plus courantes avant de s'inquiéter.
Grossesse et Post-Partum
La première explication à considérer est bien sûr une grossesse. Un test de grossesse acheté en pharmacie peut rapidement confirmer ou infirmer cette possibilité. Après un accouchement, il est normal d'avoir une absence de règles pendant un certain temps.
Contraception Hormonale
Si vous prenez la pilule, les saignements que vous avez après chaque plaquette ne sont pas de vraies règles car l’ovulation est bloquée par les hormones. Ils sont donc rarement abondants et parfois ils n’ont tout simplement pas lieu, notamment si vous prenez une pilule micro progestative. Il y a normalement toujours de petits saignements pendant la semaine de pause entre 2 plaquettes de pilule oestroprogestative. Après l’arrêt de la pilule, vous pouvez avoir une absence de règles pendant quelques mois. Si vous portez un stérilet hormonal, l’absence totale de règles est logique puisque le stérilet bloque l’ovulation. Lors d’une grossesse, il est possible d’avoir encore des saignements qui ressemblent à des règles mais qui ne le sont pas. C’est ce que l’on appelle les règles anniversaires. Ces saignements sont parfois de couleur noir marron.
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Facteurs Liés au Mode de Vie et au Stress
Plusieurs causes ponctuelles peuvent expliquer l’absence momentanée de vos règles ou même l’avancée de celles-ci. Le stress agit souvent sur la régularité du cycle menstruel. Un événement douloureux, comme un deuil, un licenciement ou un divorce, peut perturber le cycle menstruel. Soyez rassurée : elles reprendront un peu plus tard, lorsque vous serez moins anxieuse.
L'anovulation hypothalamique fonctionnelle, liée au stress, à l'anorexie ou à un sport intensif, peut également entraîner une aménorrhée. Chez presque la moitié des athlètes de haut niveau, le déficit en œstrogènes lié à l’aménorrhée entraîne alors une densité osseuse plus faible et une sensibilité aux fractures.
Médicaments et Conditions Médicales
Certains médicaments, notamment les antidépresseurs, peuvent avoir des répercussions sur le cycle féminin. La préménopause se traduit par des règles d’abord espacées puis qui disparaissent au moment de la ménopause.
D'autres causes médicales peuvent inclure :
- Prise de médicaments (corticoïdes oraux, antidépresseurs, antipsychotiques, chimiothérapie) ou toxicomanie.
- Traitement médicaux (ablation de l’utérus ou des ovaires, radiothérapie des cancers).
- Cicatrices utérines (après traitement d’un fibrome utérin, résection de l’endomètre, césarienne, IVG…).
- Anomalie du développement des organes sexuels (syndrome d’insensibilité aux androgènes, syndrome de Turner, syndrome de Rokitansky-Küster-Hauser) ou anomalie anatomique (hymen non perforé [entraînant l’hématocolpos, accumulation de sang dans la cavité vaginale, avec une prévalence estimée entre 0,05% à 6,7%], aplasie vaginale).
- Maladies chroniques (entraînant une perte de poids) ou endocriniennes (SOPK [provoque un excès d’androgènes], tumeur de l’ovaire, adénome hypophysaire, hyper-/hypothyroïdie, corticosurrénalome, déficit gonadotrope).
- Insuffisance ovarienne prématurée, qui touche 1 % des femmes de moins de 40 ans (la cause étant inconnue dans 80% des cas).
SOPK et Infertilité
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est une pathologie qui peut être à l’origine de l’infertilité. Il est difficile d’estimer le nombre de femmes atteintes du SOPK et infertiles. On sait néanmoins, que le SOPK est une pathologie évolutive et que les troubles ovariens ont tendance à diminuer avec le temps. Ainsi, contre toute attente, les femmes atteintes du SOPK sont généralement + fertiles à 35 ans qu’à 25 ans car elles ovulent mieux et plus vite. Certaines études menées sur des cohortes de femmes atteinte du SOPK montrent que + de 70% de ces patientes avaient conçu complètement spontanément, sans avoir recours à un traitement médical. Les délais de conception pouvaient être plus ou moins longs mais cela montre bien que le SOPK n’est pas signe de stérilité. La stérilité étant définie comme l’incapacité à concevoir.
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Examens et Diagnostic
A partir des indications fournies par ces paramètres, on peut éliminer ou conforter les grandes causes possibles de l’aménorrhée : Grossesse (HcG), allaitement, approche de la ménopause, retard pubertaire.
Traitements de l'Infertilité en Cas de SOPK
Si on vous souffrez du SOPK et d’infertilité, n’hésitez pas à prendre RDV en naturopathie pour améliorer votre hygiène de vie et vos chances de concevoir, en complément de votre suivi médical conventionnel. Les chances de grossesses sont d’environ 25% par cycle entre 25 et 30 ans et sont ramenées à 15% par cycle entre 35 et 40 ans. Il est également recommandé de consulter son gynécologue de ville, en première intention, dès le moment où l’on a un souhait de grossesse, pour avoir des conseils sur son mode de vie et améliorer le contexte préconceptionnelle.
Traitements Médicamenteux
Le Clomid est le traitement de première intention pour stimuler l’ovulation. C’est une molécule « antiestrogènes ». Elle agit comme un leurre au niveau au niveau du cerveau (complexe hypolamao-hypohysaire) pour lui faire croire qu’il n’y a pas assez d’œstrogènes. Le Clomid est donné pendant 5 jours, du 2e au 6e jours de règles : 1 comprimé/jour. Puis un contrôle est réalisé avec une échographie en milieu de cycle, pour vérifier que le traitement fonctionne correctement : bonne croissance d’un follicule et surtout qu’il n’y a pas de réponse multi-folliculaires, pourvoyeur de grossesse multiple. Ce traitement est un anti-aromatase : il empêche la transformation des androgènes en œstrogènes. Ce traitement est très utilisé à l’étranger mais aujourd’hui en France n’a pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour cette indication. Les traitements de première intention (Clomid ou Létrozole) permettent d’atteindre environ 20% de chance de grossesse par cycle, soit 60% en cumulé après avoir réalisé plusieurs cycles sous traitements. Traitement sous la forme de stylo injectable : injection à la patiente directement d’hormone FSH pour stimuler le développement d’un follicule dominant. Ensuite, soit l’ovulation se fait naturellement, soit elle est déclenchée en donnant un autre produit injectable sous forme de HCG (Hormone Gonadotrophine Chronique). La réalisation du premier cycle est parfois longue car elle permet de définir la juste dose d’hormone nécessaire pour obtenir une réponse adéquate du corps : c’est-à-dire la croissance d’un ou 2 follicules sans hyperstimulation.
Autres Techniques
Le drilling ovarien consiste de manière schématique à faire des « trous » à la surface de l’ovaire. En Protocole de FIV, les gonadotrophines sont administrées à des doses plus importantes, car l’objectif ici est de récolter entre 10 à 15 ovules. Ce protocole est un peu plus lourd car il y a un risque d’hyperstimulation ovarienne.
Importance de l'Hygiène de Vie
Faire en sorte que les traitements contre l’infertilité, proposés en PMA, fonctionnent au mieux, avec notamment une prise en charge du surpoids, de l’obésité et des addictions.Le poids diminue les chances de grossesse naturelles et en AMP et augmente les risques de fausses couches et de pathologies obstétricales (notamment diabète gestationnel et hypertension pendant la grossesse).
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Idées Reçues sur la Contraception
On entend souvent cette idée reçue qu’il faudrait arrêter longtemps en amont son traitement contraceptif et après commencer les essais bébé. C’est une fausse croyance, il n’y a pas de délai à avoir entre la fin de son contraceptif oral et les essais bébé. Au contraire, les mois qui suivent l’arrêt du contraceptif, il y a encore une petite imprégnation hormonale qui bloque la sécrétion excessive de LH, qu’on retrouve souvent chez les femmes atteintes du SOPK.
Traitement Général de l’Aménorrhée
Dans la plupart des cas, seule une approche non médicamenteuse et non médicale est requise :
- S’alimenter sainement.
- Maintenir ou atteindre le poids bon pour la santé (psychothérapie en cas d’anorexie).
- Apprendre à gérer son stress (psychothérapie en cas de traumatisme psychologique).
- Modérer sa pratique d’exercices physiques.
Un traitement hormonal n’est généralement efficace :
- Qu’en cas de dysfonctionnement des ovaires et pour que survienne le développement des caractères sexuels et la fertilité.
- Ou pour prévenir l’ostéoporose chez les femmes ayant subi avant la ménopause une ablation chirurgicale de l’utérus et des ovaires, hors cancers hormonodépendants (ovaires, utérus, thyroïde et les 2/3 des cancers du sein).
Le traitement médicamenteux non hormonal concerne seulement les cas de tumeurs bénignes de l’hypophyse, qui entraînent une sécrétion de prolactine élevée, traitable par la prise de bromocriptine. Le traitement chirurgical concerne les malformations de l’appareil reproducteur et essentiellement l’imperforation de l’hymen. En tous les cas, il importe de ne prescrire aucun traitement hormonal avant d’avoir identifié la cause de l’aménorrhée.
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