L'absence de règles, médicalement appelée aménorrhée, peut être une source d'inquiétude pour de nombreuses femmes. Bien que la grossesse soit souvent la première explication envisagée, de nombreuses autres raisons peuvent être à l'origine de cette condition. Cet article vise à explorer les causes potentielles de l'aménorrhée, en mettant en lumière les liens possibles avec les douleurs ovariennes et l'insomnie, et en offrant des pistes pour comprendre et gérer ces symptômes.

Qu'est-ce que l'aménorrhée ?

En langage médical, l’absence des règles s’appelle une aménorrhée. On distingue deux types d'aménorrhée :

  • Aménorrhée primaire : Absence de règles chez une jeune fille de 16 ans.
  • Aménorrhée secondaire : Arrêt des règles pendant trois cycles consécutifs chez une femme ayant déjà été menstruée.

Il est important de noter que l'arrêt des règles est physiologique dans certains cas, tels que la grossesse, la lactation (allaitement) ou la ménopause.

Causes Communes de l'Aménorrhée

Plusieurs facteurs peuvent expliquer une absence de règles, qu'elle dure un mois ou plus longtemps.

Grossesse

La première explication, bien sûr, reste un début de grossesse. Vous pouvez acheter un test de grossesse en pharmacie pour en avoir le cœur net. La grossesse est la cause la plus fréquente d'aménorrhée secondaire chez les femmes sexuellement actives. Ce phénomène correspond à l'interruption du cycle d'ovulation et donc des menstruations.

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Contraception Hormonale

Si vous prenez la pilule, les saignements que vous avez après chaque plaquette ne sont pas des vraies règles car l’ovulation est bloquée par les hormones. Ils sont donc rarement abondants et parfois ils n’ont tout simplement pas lieu, notamment si vous prenez une pilule micro progestative. Il y a normalement toujours de petits saignements pendant la semaine de pause entre 2 plaquettes de pilule oestroprogestative. Après l’arrêt de la pilule, vous pouvez avoir une absence de règles pendant quelques mois. Si vous portez un stérilet hormonal, l’absence totale de règles est logique puisque le stérilet bloque l’ovulation.

La prise de pilule en continu ainsi certains dispositifs intra-utérins peuvent entraîner une aménorrhée. Après la prise durant de longues années de pilules anticonceptionnelles, il est possible qu'un délai de quelques mois soit nécessaire au corps avant que le cycle normal d'ovulation ne reprenne et que les menstruations se rétablissent.

Stress et Facteurs Émotionnels

Le stress agit souvent sur la régularité du cycle menstruel. Vous venez de vivre un événement douloureux, comme un deuil, un licenciement, un divorce ? Dans ce genre de situation, les règles sont fréquemment perturbées. Soyez rassurée : elles reprendront un peu plus tard, lorsque vous serez moins anxieuse. Tu ne t’en rends sûrement pas compte, mais le stress est l’une des causes les plus fréquentes du retard des menstruations. En cas de stress, tes ovaires peuvent se mettre au repos pour se protéger. De ce fait, tes règles n’arrivent pas toujours à la date prévue ou disparaissent pendant quelque temps. Tu dois en effet comprendre que le stress peut énormément perturber le fonctionnement des ovaires, voire, empêcher l’ovulation.

Médicaments

Certains médicaments, notamment les antidépresseurs, peuvent avoir des répercussions sur le cycle féminin.

Pré ménopause et Ménopause

La préménopause se traduit par des règles d’abord espacées puis qui disparaissent au moment de la ménopause. La production d'œstrogènes diminuant, les menstruations peuvent devenir irrégulières avant de disparaître complètement. Chaque femme naît avec un stock d’environ 1,5 million de follicules. À l’approche de la ménopause, soit vers 50 ans, il ne lui en reste approximativement plus que 1 000.

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Changements de Mode de Vie

Un voyage, le décalage horaire ou lorsque tu travailles à des horaires décalés de manière répétitive… ces types de changement majeurs dans ton habitude de vie sont des causes probables auxquelles on pense très rarement en cas de règles tardives. Les sportives avérées le savent. Un retard des règles est souvent observé après un entraînement intensif.

Troubles de la Thyroïde

Située à la base du cou, la glande thyroïde produit des hormones essentielles à la croissance, au développement et au métabolisme de l’organisme. Selon certaines situations, la thyroïde peut être très active ou au contraire ralentir. Les deux cas peuvent avoir une influence sur le cycle menstruel.

Insuffisance Ovarienne Prématurée (IOP)

Il existe une pathologie touchant 1 à 3 % des femmes, entre le début de la puberté (vers 12 ans) et 40 ans, conduisant à un épuisement accéléré du stock folliculaire ou à une incapacité de maturation des follicules ovariens. Il s’agit de l’insuffisance ovarienne prématurée (IOP). Chaque femme naît avec un stock d’environ 1,5 million de follicules. À l’approche de la ménopause, soit vers 50 ans, il ne lui en reste approximativement plus que 1 000.

Dans 80 % des cas, les causes sont inexpliquées. Cependant, on sait que certaines mutations génétiques sont à l’origine de cette pathologie. Le syndrome de Turner en fait partie. Pour mémoire, les personnes souffrant de ce syndrome n’ont qu’un seul chromosome X au lieu de deux. Chez ces patientes, le stock folliculaire s’épuise en général prématurément et souvent les sujets ne développent pas de puberté complète. Un autre exemple : la pré-mutation du gène FMR11 (fragile mental retardation 1), située sur le chromosome X, se caractérise par un fonctionnement anormal des ovaires dans un certain nombre de cas. Ces pré-mutations s’aggravent au fil des générations. Les femmes qui en sont porteuses pourront développer une insuffisance ovarienne prématurée (FXPOI : fragile X premature ovarian failure). Enfin, une dizaine d’autres gènes maintenant bien connus participent au développement d’une éventuelle IOP.

Les facteurs environnementaux pourraient être également impliqués dans le phénomène de perte folliculaire accélérée. Il a ainsi été observé que les coiffeuses seraient ménopausées en moyenne 2 à 3 ans plus tôt que les autres femmes en raison de l’utilisation régulière de teintures. Les fumeuses présentent également souvent un âge de ménopause avancé de quelques années. A noter que même si un stress aigu peut provoquer des troubles du cycle menstruel voire une aménorrhée, il ne peut être la cause de l’IOP.

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L’insuffisance ovarienne prématurée est l’une des causes d’infertilité. C’est pourquoi, une fois le diagnostic posé, l’annonce peut être aussi difficile que pour des maladies graves et se fait par étape avec l’aide le cas échéant d’une psychologue. Aujourd’hui, les femmes font des enfants tardivement, il est donc nécessaire de parvenir le plus tôt possible à identifier ces patientes. Ce diagnostic est retardé chez les femmes sous traitement contraceptif comportant des estrogènes. L’étude d’antécédents familiaux peut nous permettre de déceler un risque d’avoir une IOP. S’il s’avère que d’autres cas ont été recensés dans la famille, il est possible de sensibiliser les patientes aux risques de perte de stock folliculaire et de leur proposer une prise en charge préventive si l’anomalie génétique est retrouvée ou si la réserve ovarienne diminue. Une préservation des ovocytes par vitrification (congélation très rapide à -196°C) ou de tissu ovarien peut être suggérée. Les chances de grossesse spontanée restent cependant de 5 à 10 %. En cas d’absence de grossesse et si la patiente exprime son désir d’enfant, elle aura la possibilité de faire appel au don d’ovocytes (ovocytes donnés anonymement, fécondés in vitro avec le sperme du conjoint). Un ou deux embryons obtenus seront transférés dans la cavité utérine avec un tiers de chance d’aboutir à une grossesse.

Troubles Alimentaires

La condition physique de certaines personnes peut également entraîner le retard ou l’absence de règles. Cela est très fréquent chez les individus menstrués souffrant d’anorexie ou de boulimie.

Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK)

Il s’agit ici d’un trouble hormonal très fréquent chez de nombreuses personnes menstruées en âge de procréer. Le syndrome des ovaires polykystiques ou SOPK s’accompagne de nombreux symptômes dont l’irrégularité ou le retard des règles, un excès de pilosité, un surpoids, de l’acné et une peau grasse. De manière générale, le SOPK n’est pas grave en soi.

Autres causes

Une tumeur de l'ovaire, une atteinte de l'utérus ou du vagin, une hypothyroïdie ou une hyperthyroïdie peuvent également provoquer l'arrêt des règles.

Douleurs Ovariennes et Aménorrhée

Les douleurs ovariennes peuvent être associées à l'aménorrhée dans certains cas. Ces douleurs peuvent être causées par différents facteurs, notamment :

  • Kystes ovariens : La présence de kystes sur les ovaires peut provoquer des douleurs, en particulier s'ils sont volumineux ou se rompent.
  • Endométriose : Cette condition, caractérisée par la présence de tissu endométrial en dehors de l'utérus, peut provoquer des douleurs pelviennes et ovariennes, ainsi que des irrégularités menstruelles.
  • Infections pelviennes : Les infections des organes reproducteurs peuvent provoquer des douleurs et des saignements anormaux.
  • Ovulation douloureuse (Mittelschmerz) : Certaines femmes ressentent une douleur au moment de l'ovulation, généralement au milieu du cycle menstruel. Si l'ovulation est irrégulière ou absente, cette douleur peut être ressentie de manière inhabituelle.

Insomnie et Aménorrhée

L'insomnie, ou difficulté à dormir, peut également être liée à l'aménorrhée. Les fluctuations hormonales associées aux troubles du cycle menstruel peuvent perturber le sommeil. En particulier, la diminution des niveaux d'œstrogènes peut provoquer des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes, qui peuvent perturber le sommeil. De plus, le stress et l'anxiété liés à l'aménorrhée peuvent également contribuer à l'insomnie. En l’absence de traitement, les pathologies fréquemment développées sont l’ostéoporose, les maladies cardiovasculaires, un dérèglement lipidique, des troubles du sommeil (les patientes souffrent souvent d’insomnies), des troubles neurologiques et des troubles de la mémoire.

Diagnostic et Traitement

Si vous présentez une aménorrhée associée à des douleurs ovariennes et/ou à de l'insomnie, il est important de consulter un médecin. Le médecin effectuera un examen physique et pourra prescrire des examens complémentaires, tels que :

  • Test de grossesse : Pour exclure une grossesse.
  • Analyses sanguines : Pour évaluer les niveaux d'hormones (FSH, LH, œstrogènes, progestérone, TSH) et rechercher d'éventuelles anomalies.
  • Échographie pelvienne : Pour visualiser les ovaires et l'utérus et rechercher des kystes, des fibromes ou d'autres anomalies.

Le traitement de l'aménorrhée dépendra de la cause sous-jacente. Dans certains cas, des changements de mode de vie, tels que la réduction du stress et l'amélioration de l'alimentation, peuvent suffire à rétablir les règles. Dans d'autres cas, un traitement hormonal substitutif peut être nécessaire. Il n’existe pas de traitement contre l’insuffisance ovarienne prématurée mais il est primordial de proposer un traitement hormonal de substitution jusqu’à l’âge de 50 ans afin d’éviter le risque de survenue de maladies associées aux carences œstrogéniques impactant l’espérance de vie. La supplémentation hormonale limite également les symptômes liés au manque d’estrogènes (bouffées de chaleur, troubles de la libido, douleurs lors des rapports sexuels, douleurs articulaires, troubles urinaires, etc.).

Gestion des Symptômes

En attendant le diagnostic et le traitement, vous pouvez prendre certaines mesures pour gérer les symptômes :

  • Douleurs ovariennes : Appliquez une source de chaleur sur le bas-ventre, prenez des analgésiques en vente libre et pratiquez des techniques de relaxation.
  • Insomnie : Adoptez une routine de sommeil régulière, évitez la caféine et l'alcool avant de vous coucher, créez un environnement de sommeilRelaxant et pratiquez des techniques de relaxation.

Quand consulter un médecin ?

Consultez dès le retard de règle. Dans la plupart des cas, la raison est bénigne et il suffit de patienter quelques semaines pour voir réapparaître les règles. Aucun traitement n'est prescrit, mais des mesures d'hygiènes de vie sont recommandées : avoir une alimentation équilibrée et suffisante, éviter le surpoids, gérer le stress et pratiquer une activité physique modérée. Si vous êtes sexuellement active, réalisez un test de grossesse. Consultez votre médecin généraliste ou gynécologue qui en fonction de l'interrogatoire et examen clinique prescrira éventuellement des analyses, une échographie et vous donnera la conduite à tenir.

Le retard des règles n’est pas toujours un motif de consultation. Que tu aies des règles régulières ou irrégulières, un retard de quelques jours ne doit pas autant t’alerter. D’une manière générale, les saignements ne doivent pas durer plus de sept jours. Un retard des règles accompagné de perte brunâtre et une douleur latérale dans le bas-ventre peuvent traduire une grossesse extra-utérine. Pour résumer, dans la majorité des cas, le retard des règles est souvent normal.

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