L'aménorrhée, terme médical désignant l'absence de menstruations chez les femmes en âge de procréer, est un trouble aux origines variées, allant de facteurs hormonaux à des aspects psychologiques. En tant que naturopathe, on constate une augmentation des cas d'aménorrhée, notamment après la vague d'injections contre le Covid. Cet article explore les causes potentielles de l'aménorrhée et les méthodes naturelles pour y remédier.

Comprendre l'Aménorrhée

L'aménorrhée peut être temporaire ou persistante, et il est crucial de comprendre ses différents types et causes pour une prise en charge adaptée.

Plusieurs Types d'Aménorrhée

L'aménorrhée se classe en plusieurs catégories :

  • Aménorrhée Primaire: Elle se manifeste lorsque les menstruations n'ont jamais débuté chez une jeune fille, généralement autour de 16 ans. Les troubles qui provoquent une aménorrhée primaire sont peu courants, mais les plus observés sont : Une maladie génétique : syndrome de Turner (anomalie chromosomique), syndrome de Kallmann (maladie génétique caractérisée par une absence d’hormones sexuelles), surproduction d’hormones masculines par les glandes surrénales, troubles génitaux ; Une anomalie congénitale : les organes reproducteurs sont mal formés, ce qui bloque le flux menstruel. À retenir : Les maladies génétiques et les anomalies congénitales à l’origine d’une aménorrhée primaire passent souvent inaperçues jusqu’à la puberté.
  • Aménorrhée Secondaire: Elle survient lorsque les menstruations s'arrêtent pendant au moins trois mois chez une femme qui avait auparavant des cycles menstruels réguliers, en l'absence de grossesse. Les causes les plus fréquentes de l’aménorrhée secondaire sont : La grossesse ; L’allaitement ; Le dysfonctionnement de l’hypothalamus, dû au stress ou à une activité physique intense, à une mauvaise nutrition, à des troubles mentaux (dépression, trouble obsessionnel compulsif) ;Le dysfonctionnement de l’hypophyse ou de la glande thyroïde ;Le syndrome des ovaires polykystiques ; La ménopause prématurée ; L’utilisation de certains médicaments (contraceptifs oraux, antidépresseurs).

Facteurs Contributifs

Les causes de l'aménorrhée sont multiples et complexes :

  • Déséquilibre Hormonal: Les fluctuations hormonales, notamment une carence en œstrogènes ou un manque de progestérone, peuvent entraîner l'aménorrhée. Lorsque les œstrogènes sont insuffisants, cela peut entrainer des difficultés à ovuler et donc une absence de menstruations. Lorsque l’ovulation est perturbée, la synthèse de progestérone est diminuée. Or, la progestérone participe également à la santé féminine dans son ensemble. Un manque de progestérone pourra avoir un impact sur la fertilité, les troubles de l’humeur, les troubles du sommeil, la rétention d’eau, le risque de douleurs pelviennes, la santé thyroïdienne, l’acné, etc… De plus, une dysovulation entrainera une progestérone basse avec par conséquent un déséquilibre entre les œstrogènes et le progestérone, pourvoyeur notamment du Syndrome Prémenstruel (SPM).
  • Stress Chronique: Le stress excessif perturbe le fonctionnement du système endocrinien, affectant ainsi le cycle menstruel.
  • Troubles de l'Alimentation: L'anorexie ou la boulimie peuvent entraîner un poids insuffisant, perturbant le cycle menstruel. Aussi, on parle de malnutrition sous la barre de 2100 calories par jour.
  • Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK): Cette affection hormonale cause des irrégularités menstruelles, y compris l'aménorrhée. le SOPK est la cause la plus fréquente d’anovulation d’origine périphérique et touche 5 à 20% de la population féminine.
  • Excès d'Exercice: Un exercice excessif, combiné à une alimentation insuffisante, perturbe le cycle menstruel. Cas souvent rencontrés chez les sportives. La femme ne cherche pas forcément consciemment à restreindre son alimentation mais son activité physique est tellement intense que le déséquilibre se crée.
  • Problèmes Thyroïdiens: L'hypothyroïdie ou l'hyperthyroïdie affectent les hormones responsables du cycle menstruel.
  • Autres causes possibles: Suite de maladie ayant entraîné des lésions au niveau de l’utérus, des trompes ou des ovaires ; Arrêt de la contraception hormonale, rendant inerte l’axe gonadotrope (hypothalamus-hypophyse-ovaires) ; Autres causes iatrogènes (prise de corticoïdes, anti-dépresseurs, chimiothérapie) ou toxicomanie ; Hyperprolactinémie, due au stress, à l’allaitement, à la prise de médicaments ou plus rarement à un adénome hypophysaire ; Choc émotionnel, stress répétés ; Ménopause précoce.

Traitements Naturels pour l'Aménorrhée

La naturopathie offre une approche holistique pour traiter l'aménorrhée, en se concentrant sur l'équilibre hormonal et le soutien du cycle menstruel. L’idée n’est pas de chercher à déclencher ses règles ! La bonne stratégie est d’abord de favoriser le processus ovulatoire. En d’autres termes, les remèdes naturels de l’aménorrhée consistent : à rétablir l’équilibre hormonal et soutenir le cycle menstruel dans son ensemble. Donc, que tu aies un désir de grossesse OU NON, l’idée est de soutenir ta fertilité par l’alimentation, la récupération physique et la libération émotionnelle.

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Soutien Nutritionnel

Une alimentation équilibrée est essentielle pour la santé hormonale et le fonctionnement du système reproducteur.

  • Alimentation Variée: Consommez une variété d'aliments entiers, notamment des fruits, des légumes, des céréales complètes, des protéines maigres et des graisses saines. On évitera les aliments riches en gluten, lactose et transformés.
  • Acides Gras Oméga-3: Les aliments riches en acides gras oméga-3, tels que les poissons gras, les graines de lin ou de chanvre et les noix, sont bénéfiques pour soutenir la santé hormonale.
  • Vitamines et Minéraux: Incluez des aliments riches en vitamines B, en vitamine D, en magnésium, en zinc et en fer dans votre alimentation. Des suppléments peuvent être envisagés si nécessaire, mais il est préférable de privilégier une alimentation équilibrée.
  • Aliments Incontournables: Le plus souvent possible des fruits de mer comme les huîtres, les moules, les palourdes et les bulots qui apportent l’ensemble des oligo-éléments et des protéines nécessaires à la fertilité et l’ovulation. L’huître est particulièrement riche en B12 et les moules sont une excellente source de fer. Une belle poignée chaque jour d’un mélange d’amandes, noix, noisettes, noix de cajou, graines de tournesol et graines de courge. Ces oléagineux sont notamment riches en vitamine E, en zinc et magnésium. Des algues comme le kombu, la dulse et le wakamé. Cela exclu bien sûr les aliments raffinés qui n’apportent que les fameuses calories vides.
  • Assiette idéale: Deux à trois fois par jour, ton assiette idéale doit donc comporter : Des protéines (viande, poisson, oeufs, légumineuses, oléagineux) en quantité suffisante. Une petite portion de féculent (plutôt à index glycémique bas, pour ne pas perturber le pic de LH). Des légumes verts, cuits ET crus pour l’apport de vitamines, minéraux et fibres. Des aliments riches en Oméga-3 (maquereau, hareng, huile de lin, noix).

Gestion du Stress

La gestion du stress est essentielle pour réguler les hormones et favoriser un cycle menstruel sain. Quand tu subis un choc psychologique ou bien des petits stress répétés à longueur de journée, tes glandes surrénales vont produire davantage d’hormones pour faire face au stress. En gros, ton corps va recevoir le message suivant : “Urgence, danger ! Mettez les bouchée double, c’est la m*rde là dehors !” Ton métabolisme va donc se modifier de façon à te permettre de faire face à cet environnement hostile. En conséquence, tu vas avoir plus de force et d’énergie au moment T. Mais comme le corps ne peut pas tout gérer en même temps, il va définir ses priorités. Ainsi, le système immunitaire chute, la digestion s’arrête et… le cycle reproducteur se met en pause. C’est ainsi que l’ovulation peut se retrouver retardée ou carrément annulée.

  • Techniques de Relaxation: Pratiquez des techniques de relaxation telles que la méditation, le yoga, la respiration profonde (cohérence cardiaque).
  • Activités Apaisantes: Le temps passé dans la nature (ions négatifs) et les activités créatives peuvent aider à réduire le stress et à favoriser l'équilibre hormonal.
  • Astuce Rapide: Laissez fondre un glaçon derrière la nuque et laissez le couler le long de votre colonne vertébrale pour apaiser votre nerf vague.
  • Limiter les effets du stress: L’exercice physique permet de booster les hormones du bien-être et donc ton humeur générale. La seule condition : pratiquer chaque jour entre 20 et 40 minutes d’activité physique. En ce qui concerne les pratiques douces comme le yoga, le pilates et la marche en pleine nature, on peut bien sûr pratiquer 1H quotidiennement sans problème. La relaxation et la méditation : Laisse toi guider par une vidéo ou une application (ou encore mieux : un groupe en présentiel !). Des petits exercices de visualisation peuvent être pratiqués en autonomie chez toi. Si ces pratiques permettent la guérison en profondeur, il faut aussi dire qu’elles porteront des bénéfices dans la durée et donc, il faut bien muscler sa régularité. La cohérence cardiaque : Il s’agit de faire 6 respirations complètes par minute pendant 5 minutes et ce, 3 fois par jour. L’avantage de la cohérence cardiaque, c’est que tu peux la pratiquer presque n’importe ou. Même pas besoin d’un endroit calme ! Les effets sont immédiats pour drainer les effets du cortisol. A plus long terme, tu vas gagner une profonde sérénité et ton système nerveux va s’équilibrer. A pratiquer quand tout va bien pour débuter, tu pourras ensuite t’en servir en période critique pour t’apaiser immédiatement. Le massage, l’auto-massage : Le toucher libère bien des tensions et stimule également les hormones du bien-être. A se prescrire le plus souvent possible. Dans la même veine, on peut aussi prendre une douche immédiatement après un coup de stress pour en limiter l’impact sur le cycle menstruel. Ces deux pratiques sont particulièrement adaptées aux femmes qui cogitent beaucoup ou qui sont très cérébrales. Les rituels pour soi : Ils peuvent prendre la forme d’un moment calme, de créativité, de danse intuitive, de journaling. L’essentiel c’est de prendre ces 10mn pour soi, chaque jour : un vrai rituel. Ces moments nous aident à faire le calme, à prendre de la hauteur et à nous recentrer.

Phytothérapie

Les plantes médicinales peuvent être des alliées précieuses dans le traitement de l'aménorrhée.

  • Gatillier (Vitex agnus-castus): Cette plante est souvent utilisée pour rééquilibrer les hormones féminines et soutenir la santé du cycle menstruel.
  • Sauge (Salvia officinalis): La sauge est oestrogène-like et peut aider à réguler les hormones et à stimuler la circulation sanguine dans la région pelvienne.
  • Trèfle rouge (Trifolium pratense): Cette plante est riche en phytoestrogènes, ce qui peut aider à compenser les déséquilibres hormonaux et régule le cycle féminin.
  • Alchémille : L'Alchémille est une plante que l'on retrouve souvent comme remède naturel à l'absence de règles (aménorrhée). En effet c'est une plante emménagogue c'est à dire qui va faciliter le déclenchement des règles. L'Alchémille a un effet progestatif.

Nota: Consultez votre naturopathe pour les bonnes posologies et le type d'usage (infusion, aromathérapie, teinture mère, gemmothérapie, etc.).

  • Compléments alimentaires et plantes: Huile de germe de blé : Riche en vitamine E antioxydante pour soutenir l’activité de l’axe gonadotrope. Cure Marine (laboratoire Nutrylis) : Ce complément est totalement naturel. Très riche en zinc, vitamine B12 et oligo-éléments, c’est mon chouchou quand il s’agit de faire revenir l’ovulation et de soutenir la fertilité. Teinture mère de Sauge : La sauge est dite oestrogen-like, c’est-à-dire que ses composés vont se comporter comme des oestrogènes dans notre corps. Utile pour “relancer” le cycle ou quand cas d’insuffisance avérée d’œstrogène. Par contre, elle est à éviter totalement en cas d’antécédent de cancer hormono-dépendant. Teinture mère de Calendula : A la fois cicatrisant, dépuratif, le calendula se révèle aussi utile dans les règles insuffisantes et douloureuses. Jeunes pousses de Framboisier : Très nourrissant, il renforce l’utérus et le revitalise.

Équilibrer l'Exercice

Le sport est important pour la santé globale, mais un exercice excessif peut perturber le cycle menstruel. Adoptez une approche équilibrée avec 5 jours d'entraînement en moyenne max dans la semaine et 2 jours de repos consécutifs.

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Établir un Rythme de Vie Sain

Un mode de vie sain, comprenant un sommeil adéquat, une hydratation suffisante et des habitudes de vie saines, est essentiel pour soutenir la santé hormonale et le fonctionnement du système reproducteur.

Le yoga de la femme

On peut aussi parler de Luna Yoga ou encore Yoga des Hormones. Bref, ces écoles de yoga sont montantes et totalement adaptées aux besoins des femmes de notre époque. Le yoga de la femme combine l’exercice physique, la relaxation, l’apaisement émotionnel. Mais surtout, il nous permet de travailler sur la mobilité de notre petit bassin et d’en améliorer la circulation. Quand la circulation sanguine est améliorée, les tissus sont mieux nourris et reçoivent davantage de nutriments. Les ovaires peuvent à nouveau dialoguer avec l’hypophyse. Avec le mouvement, la lymphe circule également et débarrasse nos organes des déchets qui l’encombrent. L’ensemble permet de décongestionner et réduire l’inflammation du petit bassin.

  • Les postures de yoga à pratiquer pour lutter contre l’aménorrhée naturellement: Baddha Konasana Cette posture tonifie le plancher pelvien et régénère les organes du petit bassin. Déroule bien ta colonne vertébrale et élève ton chakra du coeur. A partir de cette posture et tout en respirant, joins tes mains. Tes coudes prennent appui sur tes cuisses. Penche toi légèrement tout en maintenant ton dos droit. Upavista Konasana Elle est assez proche de la posture précédente, mais cette fois tes jambes allongées forment un angle ouvert (bon, pas forcément autant que sur la photo, hein). C’est aussi la posture qui permet de réguler le flux menstruel et la fonction ovarienne ! Uttanasana On l’appelle aussi la posture de la pince debout. Elle permet d’aligner le dos, étire les lombaires,…

Bain de siège

  • Le bain de siège chaud
  • Le bain de siège froid

Aménorrhée et infertilité

Outre le fait de ne pas pouvoir tomber enceinte naturellement, l’aménorrhée augmente également le risque d’ostéoporose et peut diminuer le bien-être ressenti au quotidien. L’infertilité est souvent le problème, mais en outre, ça peut être tout simplement perturbant de ne pas avoir de cycle menstruel. Oui, il est possible de tomber enceinte même en cas d'aménorrhée, surtout si elle est de type secondaire. L'absence de menstruations n'équivaut pas nécessairement à une absence d'ovulation. Dans certains cas, une ovulation sporadique peut se produire, rendant la conception possible.

Faire revenir les règles naturellement en cas de…

  • Aménorrhée post-pilule
  • Absence de règles suite à l’anorexie ou une perte de poids
  • Aménorrhée psychogène (liée au stress)

Quand consulter ?

En cas de retard de règles ou d’absence de règles, il est conseillé de consulter votre médecin ou votre gynécologue. Votre situation va permettre de répondre à des questionnements essentiels. Vous pensez être enceinte L’absence de règles est le premier signe naturel de grossesse. Mais ce n’est pas un signe suffisant car certaines femmes ont des cycles irréguliers. Le stress, le sport ou les voyages peuvent également retarder les règles. Dans un premier temps, vous pouvez faire un test de grossesse disponible en pharmacie. Le principe est de déceler dans vos urines du matin la présence de l’hormone de grossesse (hormone chorionique gonadotrope ou HCG). Cette hormone apparaît 10 jours après la fécondation et la fiabilité de ces tests est de 95 %. Si le test est positif ou si vous avez un doute, même après un test négatif, consultez votre médecin. Une prise sang permettra de confirmer le dosage sanguin de Bêta-HCG. Vous allaitez Si vous avez décidé d’allaiter votre bébé, le retour de couches, c’est-à-dire le retour des règles, est reporté à la fin de l‘allaitement. Il est donc normal que vous n’ayez pas vos règles pendant l’allaitement. En effet, la tétée du bébé entraîne la production d’une hormone chez la mère : la prolactine. Cette hormone bloque l’ovulation. Cependant, attention au risque de grossesse ! Vous devez vous protéger et adopter un mode de contraception pour ne pas tomber à nouveau enceinte. Vous approchez de la ménopause Avant la ménopause, vous vivez une période appelée périménopause. Les signes sont les suivants : Vos règles sont irrégulières ; Vous ressentez un syndrome prémenstruel (avant les règles) : les seins sont tendus et l'humeur est irritable ; Les premières bouffées de chaleur et sueurs nocturnes apparaissent. Ce sont les troubles dits « climatériques ». Les symptômes de la périménopause surviennent, en général, vers l'âge de 47 ans et sont dus à une carence en progestérone, l'une des principales hormones féminines. Ensuite vos règles s’arrêtent définitivement. La ménopause est un phénomène naturel. Elle survient lorsque les ovaires cessent leur fonction hormonale (œstrogènes et progestérone) et leur production d’ovules. Les troubles s'atténuent ou persistent. La ménopause est véritablement installée lorsque les règles sont absentes depuis une année.

Si vos règles ne sont pas encore apparues à l’âge de 16 ans ou si elles sont interrompues pendant plus de 3 mois, consultez votre médecin. Il recherchera la cause car cette situation est le symptôme d’un trouble de votre organisme.

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Pour poser le diagnostic de l’aménorrhée, le médecin pose des questions sur vos antécédents médicaux, plus précisément sur l’historique de vos menstruations. Un examen clinique est ensuite réalisé pour définir la cause de l’aménorrhée. Des examens complémentaires peuvent être prescrits, à savoir : Un test de grossesse ; Des analyses de sang pour mesurer les taux d’hormones ; Des examens d’imagerie permettant d’examiner les organes génitaux (échographie, hystéroscopie, IRM).

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