La chute de cheveux après l'accouchement, souvent accentuée pendant la période d'allaitement, est un phénomène qui préoccupe bon nombre de jeunes mères. Entre 2 à 6 mois après une grossesse, une majorité de femmes subissent une perte de cheveux importante. Bien que courante, cette chute de cheveux, également connue sous le nom d’effluvium télogène post-partum, demeure mal comprise par beaucoup. Cet article vise à démystifier ce phénomène, en explorant ses causes, son lien avec l'allaitement, et les solutions pour y faire face.

Les causes de la chute de cheveux post-partum

La chute de cheveux post-partum est multifactorielle, impliquant des changements hormonaux, des besoins nutritionnels accrus et des adaptations physiologiques.

Variations hormonales

Pendant la grossesse, le taux élevé d’œstrogènes prolonge le cycle de vie des cheveux. Les modifications hormonales de la grossesse entraînent une désorganisation du cycle de vie du cheveu, qui s’avère positive, car elle améliore la densité capillaire du cuir chevelu. Résultat : ils tombent beaucoup moins, paraissent plus épais, plus brillants, plus denses. Après l’accouchement, la chute hormonale est brutale : les œstrogènes redescendent, ce qui met fin à cette "pause" dans le cycle capillaire. Cette chute brutale des hormones fait passer de nombreux follicules pileux dans leur phase télogène. Cette chute de cheveux peut durer de 2 à 6 mois après la naissance du bébé. Il s’agit, en fait, du rétablissement du cycle de vie normal des cheveux.

Allaitement et prolactine

L’allaitement maintient des niveaux élevés de prolactine, une hormone qui peut également influencer le cycle de croissance des cheveux. L’allaitement ne cause pas directement la chute, mais il peut accentuer les carences nutritionnelles si l’alimentation n’est pas suffisante. En réalité, l’allaitement n’aggrave pas la chute capillaire, mais il peut en décaler l’apparition. En effet, l’hormone responsable de la lactation, la prolactine, continue à maintenir certains effets protecteurs sur les cheveux, comme ceux observés pendant la grossesse. Résultat : chez certaines mamans, la chute de cheveux surviendra plus tard, souvent après le sevrage. Cela étant dit, l’allaitement mobilise énormément de ressources dans le corps. Le lait maternel étant riche en nutriments essentiels, votre organisme puise dans ses réserves pour répondre aux besoins de votre bébé. Si ces apports ne sont pas compensés, cela peut créer ou aggraver des carences, notamment en fer, zinc, vitamines du groupe B ou oméga 3, qui elles, peuvent favoriser la chute de cheveux.

Facteurs nutritionnels

L’allaitement augmente les besoins énergétiques et nutritionnels de la mère. La vie et la pousse du cheveu dépendent de l’équilibre alimentaire, car il se nourrit des nutriments apportés par la circulation sanguine jusqu’à la racine du cheveu, le bulbe. La remarquable solidité du cheveu est liée à son composant majeur, la kératine, qui est une combinaison de 18 acides aminés dont les plus connus sont la cystéine et la méthionine. Si ces besoins ne sont pas satisfaits, cela pourrait affecter la santé des cheveux. Une carence en nutriments essentiels comme le fer, les vitamines, et les protéines peut contribuer à la chute des cheveux.

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Stress et fatigue

L’allaitement peut être exigeant, et le manque de sommeil ou le stress associé à l’adaptation à la vie avec un nouveau-né peut contribuer indirectement à la chute de cheveux. D’autres facteurs entrent en jeu sur l’aspect des cheveux et du corps pendant et après la grossesse. Le stress, l’activité sportive, l’alimentation, l’hygiène de vie, l’environnement, la génétique…

L'effluvium télogène : un cycle capillaire perturbé

Bon à savoir : la chute de cheveux post-partum est un phénomène appelé effluvium télogène. Rappelons que le cycle capillaire comprend 3 étapes distinctes. Durant la phase anagène, le cheveu est en pleine période de croissance, qui se stabilise au moment de la phase catagène. Après l’accouchement, beaucoup de femmes présentent une chute importante de cheveux, dans les deux à 4 mois qui suivent. Cette chute de cheveux post-partum ne commence pas immédiatement après l’accouchement. En général, les premiers signes apparaissent entre le deuxième et le quatrième mois après la naissance de votre bébé. Ce délai correspond à la durée de la phase télogène : une fois les cheveux entrés en repos, il faut quelques semaines avant qu’ils ne tombent visiblement.

Alopécie androgénétique et post-partum

L’alopécie androgénétique (AAG) et la chute des cheveux après la grossesse se rangent dans la catégorie des effluviums télogènes. Pour l’AAG, ce sont certaines parties du cuir chevelu qui présentent une sensibilité exacerbée aux androgènes. Chez la femme, atteinte de l’AAG, la perte de cheveux concerne plutôt le sommet du crâne, au niveau de la raie médiane, et évolue d’une manière progressive. L’alopécie post-partum, quant à elle, est due à la diminution des œstrogènes dans le sang. Elle reste diffuse et occasionne une perte globale de la densité de la chevelure. Au moment de les coiffer ou de les laver, les femmes peuvent ainsi perdre une grande quantité de cheveux, de l’ordre d’une poignée, ce qui peut les inquiéter. L’alopécie post-partum reste un phénomène physiologique normal mais qui ne doit pas s’éterniser.

Quand s'inquiéter ?

La chute de cheveux après l’accouchement commence généralement entre le 2e et le 4e mois, et dure en moyenne trois à six mois. Vos cheveux repoussent progressivement à partir du 5e ou 6e mois. Dans certains cas, il faut attendre jusqu’à un an pour retrouver sa densité capillaire. Si les cheveux continuent de tomber avec excès six mois après la fin de la grossesse, vous pouvez consulter un dermatologue. Une perte prolongée peut être le signe d’autres facteurs sous-jacents. Des déséquilibres hormonaux, comme ceux liés à la thyroïde ou au syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), peuvent être la cause d’une chute de cheveux persistante.

Comment réagir face à la chute de cheveux pendant l'allaitement ?

La première chose à faire est de se rassurer. La chute de cheveux post-partum est courante et généralement temporaire. Si vous êtes préoccupée par la quantité de cheveux que vous perdez, si vous pensez que la perte est excessive ou si vous souhaitez obtenir des conseils personnalisés pour limiter la perte de cheveux pendant l’allaitement, la meilleure solution reste de réaliser un diagnostic capillaire en direct à Paris ou à distance.

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Stratégies pour lutter contre la chute de cheveux

Bien que désagréable, cette étape est généralement transitoire. Elle ne signe pas une perte définitive, mais le retour à un nouvel équilibre. Même si l’alopécie post-partum ne peut pas toujours être évitée, il est possible de la limiter en agissant dès la grossesse.

Adapter son alimentation

Une alimentation riche en protéines, fer, zinc, vitamines B et oméga-3 est essentielle. Adapter son alimentation est essentiel pour lutter contre la perte de cheveux. En effet, certains nutriments jouent un rôle clé dans la croissance et la santé des cheveux.

Le fer

Le fer est un élément essentiel pour de nombreuses fonctions corporelles, y compris la croissance et le maintien des cheveux. Le fer contribue à la production d’hémoglobine dans les globules rouges, qui transporte l’oxygène à toutes les cellules du corps, y compris celles des follicules pileux. Une carence en fer, ou anémie ferriprive, peut être une cause majeure de chute de cheveux, en particulier chez les femmes. L’existence d’une carence en fer est systématiquement recherchée par un dosage de la ferritine, après un accouchement qui a pu induire une perte de sang importante. Pour limiter la chute de cheveux pendant l’allaitement, il peut être recommandé de consommer plus d’aliments riches en fer, tels que les viandes rouges, les épinards, les lentilles, les pois chiches, les graines de citrouille, le quinoa et le tofu. Combinez ces aliments avec des sources de vitamine C (comme les oranges, les fraises ou les poivrons) pour améliorer l’absorption du fer.

Les vitamines du groupe B

Les vitamines du groupe B jouent un rôle essentiel dans la santé globale de l’organisme, y compris celle des cheveux. Elles participent à divers processus métaboliques, à la production d’énergie, à la création de nouvelles cellules sanguines, et elles sont essentielles pour maintenir une peau, des yeux et des cheveux en bonne santé. Pour soutenir les cheveux en période post-partum, certaines vitamines B sont particulièrement pertinentes :

  • La biotine : elle est largement reconnue pour sa contribution à la santé des cheveux. Elle joue un rôle crucial dans la santé des kératinocytes, des cellules qui produisent la kératine, la protéine principale des cheveux, de la peau et des ongles.
  • La vitamine B12 : elle est essentielle pour la production de globules rouges, qui transportent l’oxygène aux follicules pileux. On la retrouve principalement dans la viande, le poisson, les produits laitiers, et les œufs.
  • La vitamine B3 : également connue sous le nom de niacine, la vitamine B3 aide à nourrir le cuir chevelu en favorisant la circulation sanguine vers les follicules pileux.

Les protéines

Les protéines jouent un rôle central dans la structure et la fonction de tous les tissus et cellules du corps, y compris les cheveux. Les cheveux eux-mêmes sont composés principalement de kératine, une protéine. Une carence en protéines peut interrompre le cycle normal de croissance des cheveux, conduisant à un repos prématuré et à une chute accrue des cheveux.

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Le zinc

Le zinc est un minéral essentiel qui joue un rôle crucial dans de nombreux processus biologiques, dont la croissance cellulaire et la régulation hormonale. Étant donné que ces processus sont directement liés à la croissance et à la santé des cheveux, le zinc a une importance significative pour les cheveux. Pour éviter un déficit, il est recommandé d’inclure dans son alimentation des aliments riches en zinc tels que les viandes rouges, les fruits de mer (en particulier les huîtres), les légumineuses, les noix, les graines, les produits laitiers, et les céréales complètes. Avant toute supplémentation, il est recommandé de demander conseil à votre médecin.

Soins capillaires doux

Commencez par prendre soin de vos cheveux avec douceur. Préférez un shampoing sans sulfates, et évitez les coiffures trop serrées.

Masser son cuir chevelu

Pensez à vous masser le cuir chevelu régulièrement et aussi souvent que possible. Cela permet de stimuler la circulation sanguine et donc l’afflux sanguin vers les cheveux. Ceux-ci pourront capter un maximum de nutriments essentiels à leur bonne santé. Lors du lavage, massez doucement votre cuir chevelu avec la pulpe des doigts pour activer la microcirculation, sans frotter. Ce geste stimule les bulbes capillaires et favorise la repousse. Utilisez la pulpe de vos doigts et effectuez des mouvements circulaires tout en exerçant une pression légère sur la peau. Quelques gouttes d’huiles végétales en plus ne seront pas de trop pour ce moment plaisant de nutrition intense. Le massage du cuir chevelu peut être bénéfique pour plusieurs raisons. Le massage améliore la circulation sanguine vers les follicules pileux, ce qui peut encourager la croissance des cheveux en apportant plus d’oxygène et de nutriments aux racines. Le stress étant l’un des facteurs qui pouvant contribuer à la perte de cheveux, un massage relaxant du cuir chevelu peut être particulièrement bénéfique pour les nouvelles mamans.

Compléments alimentaires

Il est difficile de lutter contre la chute hormonale qui intervient à la fin de la grossesse et induit pour beaucoup de femmes, hélas, une perte de cheveux importante. N’hésitez pas à associer les soins quotidiens ou hebdomadaires que vous prodiguez à vos cheveux avec des compléments alimentaires adaptés. Ceux-ci vous aideront à fournir à vos cheveux les nutriments dont ils ont besoin. En complément, une cure bien ciblée peut faire la différence.

Solutions naturelles

Pensez également aux soins naturels comme les bains d’huiles végétales : l’huile de ricin, réputée pour ses vertus fortifiantes, peut être appliquée en masque sur le cuir chevelu, mélangée à une huile plus fluide (olive ou nigelle, par exemple). Laissez poser sous une serviette chaude pendant au moins 30 minutes, puis rincez avec un shampoing doux. Certaines plantes et compléments peuvent aider à soutenir la santé capillaire (ortie, prêle, levure de bière, vitamines post-natales).

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