Introduction
La chanson, sous ses multiples formes, a toujours été un reflet de la société, de ses préoccupations et de ses émotions. De la complainte politique au chant d'amour, en passant par les hymnes patriotiques, elle a accompagné les grands événements et les petits moments de la vie quotidienne. Cet article se propose d'explorer, à travers l'exemple d'un entretien avec Sakrifiss, membre du groupe ENTERRÉ VIVANT, la complexité de la création musicale et les thèmes qu'elle peut aborder.
L'accueil de "Shigenso" : un succès confidentiel
Sorti en septembre 2023, "Shigenso", le deuxième album d'ENTERRÉ VIVANT, a reçu un accueil chaleureux de la part de ceux qui l'ont découvert. Sakrifiss souligne que certains ont eu un véritable coup de cœur pour l'album, le retrouvant dans des classements annuels et saluant sa qualité sur les sites de référencement. Sur Rateyourmusic, par exemple, l'album affiche une moyenne satisfaisante de 3.52/5. Sur Discogs, il figure dans la collection de 51 personnes et est "wantlistisé" par 12 autres.
Malgré ces retours positifs, "Shigenso" est resté relativement confidentiel, avec peu de chroniques. Sakrifiss relativise ce manque de visibilité, soulignant que le groupe a été cité dans des articles au Japon, au Danemark et en Italie, et qu'il a bénéficié d'interviews et de vidéos YouTube. Il estime qu'ENTERRÉ VIVANT a déjà eu plus d'occasions de se "mettre en avant" que beaucoup d'autres groupes, tout en restant ouvert à de nouvelles propositions.
Être un groupe franco-japonais : une identité complexe
Le concept d'ENTERRÉ VIVANT s'inscrit pleinement dans la culture japonaise, tant esthétiquement que textuellement et musicalement. Sakrifiss, installé au Japon depuis 1999, reconnaît que cette identité hybride peut susciter des interrogations. Les Français peuvent les voir comme une entité asiatique, tandis que les Japonais les perçoivent comme une entité européenne.
Sakrifiss insiste sur le fait qu'il reste un Français vivant au Japon, parfaitement intégré et respecté, mais qu'il ne peut pas se vouloir japonais. De plus, le groupe a un nom français, ce qui peut rendre difficile l'identification des Japonais. Malgré cela, ENTERRÉ VIVANT a choisi de mettre en avant la culture japonaise de manière systématique à partir de l'EP "Shiki", trouvant ainsi son identité tardivement.
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L'absence de concerts : un choix assumé
ENTERRÉ VIVANT est un projet exclusivement studio, avec un éloignement géographique conséquent entre Sakrifiss et Erroiak. Cette situation rend difficile l'organisation de concerts. Sakrifiss évoque les difficultés de répétitions à distance, de mémorisation des paroles et de recrutement de musiciens supplémentaires. Il ne peut plus dire "jamais" concernant les concerts, mais il reconnaît que les obstacles restent nombreux.
"Akuzaï" : continuité et nouveauté
"Akuzaï" est le troisième album d'ENTERRÉ VIVANT avec la même approche que les précédents, confirmant ainsi l'identité franco-japonaise du groupe. La manière de composer reste inchangée : Sakrifiss fournit à Erroiak le concept général de l'album, puis ils avancent titre par titre. Pour "Shigenso", Sakrifiss voulait quatre morceaux, un par élément, ce qui a entraîné des compositions longues. Pour "Akuzaï", il a choisi les dix péchés d'une branche du bouddhisme.
Malgré cette continuité, "Akuzaï" apporte des nouveautés. La durée est différente, et Erroiak a composé des titres variés, épiques, agressifs ou torturés. L'album confirme l'identité du groupe, mais sans faire une copie conforme des anciens titres.
Antiq Records : un label en phase avec l'univers d'ENTERRÉ VIVANT
ENTERRÉ VIVANT continue l'aventure au sein du catalogue d'Antiq Records. Sakrifiss explique que le groupe a contacté Antiq parce que le label s'inscrivait dans son orientation japonaise après le premier album. Antiq propose beaucoup de groupes qui mettent les "cultures" en avant, françaises ou étrangères, et qui ont un fort côté "folk". Le black metal atmosphérique imbibé de saveurs japonaises d'ENTERRÉ VIVANT avait donc sa place dans son catalogue.
Sakrifiss souligne que le patron d'Antiq, Hyver, adore ce que le groupe fait et sait le manifester. Il réalise avec sa camarade Joanna les visuels efficacement en respectant leurs envies et indications, et il propose de lui-même de faire des t-shirts à l'effigie du groupe. Il a un réseau important et sans aucun doute intéressé par leur style.
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La pochette d'"Akuzaï" : un regard sur la guerre à travers les victimes civiles japonaises
La pochette d'"Akuzaï" représente une mère au regard dans le vide allaitant un enfant et portant des marques de brûlures. Sakrifiss explique que cette photo était une évidence pour illustrer la thématique de l'album : la Seconde Guerre Mondiale vue à travers le regard des victimes civiles japonaises.
Il voulait montrer ce qu'il reste de toutes ces attaques, les répercussions d'une véritable guerre. La femme sur la pochette est de Nagasaki, et la photo a été prise peu après la bombe nucléaire. Elle symbolise les civils qui ne comprennent même pas pourquoi leur pays se bat, qui ne sont pas nécessairement d'accord avec cette guerre, qui subissent de plein fouet les horreurs. C'est une image cruelle, mais c'est la réalité, et cet album veut rappeler la réalité.
Guerre et péchés du bouddhisme : un lien artistique et intellectuel
Sakrifiss explique qu'il voulait que chaque morceau d'"Akuzaï" soit une illustration d'un des dix péchés du bouddhisme (meurtre, vol, luxure, mensonge, calomnie, injure, paroles inutiles, convoitise, méchanceté, vues fausses). Il a donc établi un lien artistique et intellectuel entre la guerre et ces péchés, en explorant les différentes façons dont la guerre peut conduire à la transgression de ces préceptes moraux.
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