L'alimentation d'un bébé de 13 mois allaité est une étape importante dans son développement. À cet âge, l'enfant découvre de nouvelles saveurs et textures, tout en continuant à bénéficier des bienfaits du lait maternel. Cet article vise à fournir des informations complètes et des conseils pratiques pour accompagner au mieux cette transition alimentaire.
Introduction
L'allaitement maternel reste une source nutritionnelle importante pour les bébés de 13 mois, mais l'alimentation complémentaire joue également un rôle crucial. Il est essentiel de comprendre les besoins nutritionnels spécifiques de cette tranche d'âge et d'adapter l'alimentation en conséquence.
Besoins nutritionnels du bébé de 13 mois
À 13 mois, un bébé a besoin d'une alimentation variée et équilibrée pour assurer sa croissance et son développement. Les principaux éléments à prendre en compte sont :
- Lait maternel ou lait de croissance : Le lait reste une source importante de calcium, de vitamines et de graisses essentielles. Si l'allaitement maternel est toujours pratiqué, il peut être complété par du lait de croissance. La quantité recommandée est d'environ 500 ml par jour. Jusqu’à 3 ans il est conseillé de donner du lait de croissance.
- Protéines : Essentielles pour la construction et la réparation des tissus, les protéines peuvent être apportées par la viande, le poisson, les œufs ou les légumineuses. Il est conseillé de proposer environ 20g de viande rouge ou blanche, ou abats, soit 4 cuillères à café de viande mixée, (limiter la charcuterie : trop de sel et de graisses saturées). Ou 20 g. de poisson frais ou surgelé, non pané, soit 4 cuillères à café de poisson mixé, 2 fois par semaine : 1 fois du poisson maigre (cabillaud, colin, merlan, sole, etc.), et 1 fois du poisson gras (saumon, maquereau, sardine, hareng). Il faut éviter certains poissons apportant potentiellement du PCB (anguille, barbeau, brème, carpe, silure), ou du méthyl-mercure (espadon, marlin, siki, requin et lamproie). Ou 20 g.
- Glucides : Source d'énergie, les glucides peuvent être trouvés dans les céréales, les pommes de terre, le pain et les pâtes.
- Lipides : Importants pour le développement du cerveau et l'absorption des vitamines, les lipides peuvent être apportés par les huiles végétales, l'avocat et les poissons gras. Il est conseillé d’ajouter 2 cuillères à café d’huile végétale crue dans les légumes (colza, noix, soja, et parfois olive, en évitant tournesol, maïs, pépins de raisin et arachide).
- Fruits et légumes : Riches en vitamines, minéraux et fibres, les fruits et légumes doivent être proposés à chaque repas. Tous les légumes peuvent être proposés. Il est possible d’utiliser des légumes surgelés dont la qualité est au moins égale sinon supérieure à celle des “produits frais” de la grande distribution.
- Fer : Les besoins en fer sont importants à cet âge pour prévenir l'anémie. Les aliments riches en fer comprennent la viande rouge, les légumes verts et les céréales enrichies. Tu peux lui proposer du jus de viande, lui donner des lamelles de viande à sucer.
Introduction des aliments solides
À 13 mois, la plupart des bébés ont déjà commencé à manger des aliments solides. Cependant, il est important de continuer à proposer une variété de textures et de saveurs pour encourager le développement de ses compétences alimentaires.
Textures et morceaux
Il est temps d'introduire des morceaux plus gros et des textures différentes. Cela peut inclure des légumes cuits coupés en petits morceaux, des fruits mous et des morceaux de viande hachée. Faut-il forcer ma fille à manger des morceaux à la maison ?
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Diversification Menée par l'Enfant (DME)
La DME est une approche qui consiste à laisser le bébé explorer et manger des aliments solides par lui-même, dès le début de la diversification. Cette méthode peut encourager l'autonomie et le développement des compétences motrices. La découverte passe par tous les sens. C'est pour ça que la dme, c'est top. Laisse ton bébé toucher, attraper, écraser. S'il met à la bouche, tant mieux.
Aliments à éviter
Certains aliments doivent être évités ou limités dans l'alimentation d'un bébé de 13 mois :
- Miel : Risque de botulisme infantile.
- Noix entières : Risque d'étouffement. Les fromages au lait cru peuvent être proposés à partir de l’âge de 5 ans. Peut-on donner du beurre de cacahuètes et autres préparations contenant des arachides à un bébé de 17 mois ?
- Aliments transformés : Riches en sel, en sucre et en graisses saturées. ⚠️ Les produits ultra-transformés : il n’y a pas d’âge pour introduire ces produits, car ils ne constituent rien d’essentiel à l’alimentation.
- Jus de fruits : À consommer avec modération en raison de leur teneur élevée en sucre. Les jus de fruits ne sont pas indispensables, mais ils peuvent être proposés en petite quantité dans la matinée ou associés au dessert de midi (même si l’eau pure reste préférable) : jus de fruits fraîchement pressés de préférence, ou jus « 100 % jus de fruits » sans sucre ajouté.
Exemples de repas pour un bébé de 13 mois allaité
Voici quelques exemples de repas équilibrés pour un bébé de 13 mois allaité :
- Petit-déjeuner :
- Tétée ou biberon de lait de croissance (240 et 8 mesures à 270 ml et 9 mesures) avec 2 c.
- Purée de fruits frais ou compote sans sucre ajouté.
- Pain complet avec une fine couche de beurre.
- Déjeuner :
- Purée de légumes “maison”: Les légumes doivent être cuits sans sel ; ne pas rajouter de sel ensuite, sauf en cas de refus de légumes très fades (en très faible quantité). Si un légume est refusé, il faut le proposer de nouveau un autre jour, sans forcer ; il ne faut pas se décourager après plusieurs refus mais savoir persévérer, au moins une dizaine de fois, jusqu’à ce que le légume initialement refusé soit finalement accepté puis éventuellement apprécié.
- 20g de viande rouge ou blanche, ou abats, soit 4 cuillères à café de viande mixée, (limiter la charcuterie : trop de sel et de graisses saturées). - ou 20 g. de poisson frais ou surgelé, non pané, soit 4 cuillères à café de poisson mixé, 2 fois par semaine : 1 fois du poisson maigre (cabillaud, colin, merlan, sole, etc.), et 1 fois du poisson gras (saumon, maquereau, sardine, hareng). Il faut éviter certains poissons apportant potentiellement du PCB (anguille, barbeau, brème, carpe, silure), ou du méthyl-mercure (espadon, marlin, siki, requin et lamproie). - ou 20 g.
- Un dessert de fruits en utilisant des fruits bien mûrs, frais ou surgelés, écrasés ou en petits morceaux, crus ou en compote sans sucre ajouté si possible.
- Il est conseillé d’ajouter 2 cuillères à café d’huile végétale crue dans les légumes (colza, noix, soja, et parfois olive, en évitant tournesol, maïs, pépins de raisin et arachide).
- Goûter :
- Une tétée et/ou un yaourt ou 2 petits suisses, spécifiques pour enfants en bas âge (ils sont préférables aux autres laitages car ils respectent la réglementation des aliments destinés aux enfants en bas âge; leur teneur en protéines est réduite, et ils peuvent être enrichis en fer, en acides gras essentiels, etc.).
- Quelques morceaux de fruits frais.
- Un morceau de pain complet.
- Dîner :
- Soupe de légumes.
- Purée de légumes et céréales.
- Un “petit pot” de 230 ou 250 g.
- Un “petit pot” de 130 g.
Astuces pour faciliter l'alimentation
- Proposer une variété d'aliments : Exposer le bébé à différentes saveurs et textures dès le plus jeune âge peut aider à prévenir la sélectivité alimentaire.
- Être patient : Il faut parfois plusieurs tentatives avant qu'un bébé n'accepte un nouvel aliment. Si un légume est refusé, il faut le proposer de nouveau un autre jour, sans forcer ; il ne faut pas se décourager après plusieurs refus mais savoir persévérer, au moins une dizaine de fois, jusqu’à ce que le légume initialement refusé soit finalement accepté puis éventuellement apprécié.
- Créer un environnement positif : Les repas doivent être un moment de plaisir et de partage. Évitez de forcer le bébé à manger ou de le distraire avec des écrans.
- Impliquer le bébé : Laissez le bébé toucher, sentir et explorer les aliments. Cela peut encourager son intérêt pour la nourriture.
- Adapter les textures : Proposez des aliments adaptés à l'âge et aux compétences du bébé. Commencez par des purées lisses, puis passez progressivement à des morceaux plus gros.
- Utiliser des épices et des herbes aromatiques : On peut éviter la monotonie en jouant avec les épices dans les compotes (vanille, cannelle, etc.) ou dans les légumes, la viande ou le poisson (curcuma, cumin, curry, muscade, etc.) en évitant le poivre et le piment. Les herbes aromatiques (aneth, basilic, cerfeuil, ciboulette, coriandre, estragon, laurier, menthe, persil, romarin, sauge, thym, etc.) permettent de varier les recettes en modifiant les goûts et de mettre de la couleur dans les plats.
Troubles de l'oralité et difficultés alimentaires
Certains bébés peuvent présenter des troubles de l'oralité ou des difficultés alimentaires qui nécessitent une attention particulière.
Troubles de l'oralité
Les troubles de l'oralité peuvent se manifester par une hypersensibilité ou une hyposensibilité de la bouche, une difficulté à mastiquer ou à avaler, ou un refus de certaines textures ou saveurs. Ma fille, en gros, est plutôt hyposensible de la bouche. Elle va donc préférer les textures croustillantes à celles qui sont lisses (jamais mangé de purées) et des goûts prononcés (épices) aux aliments plus fades. Elle est aussi hypersélective ; son répertoire alimentaire s'étoffe petit à petit mais comporte seulement une 10aine d'aliments différents (elle a maintenant 3 ans et 9 mois). Elle est également hypersensible au niveau du toucher.
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ARFID
ARFID est l’acronyme anglais pour Avoidant Restrictive Food Intake Disorder, ce que l’on pourrait traduire par trouble de restriction ou d'évitement de l'ingestion d'aliments. Il concernerait jusqu’à 2 % de la population. La Pre Véronique Abadie, du service de pédiatrie générale et maladies infectieuses à l’Hôpital Necker Paris a décrit les trois symptômes clés de l’ARFID sous forme de rébus : "Mon premier symptôme est une aversion sensorielle pour certaines textures, goûts, couleurs, plus rarement la température, des aliments. Mon second symptôme est un manque d’intérêt chronique pour l’alimentation ou "petit appétit" ou même "satiété précoce". Mon troisième symptôme est une peur vis-à-vis d’un risque associé à l’alimentation, que ce soit de vomissement, d’étouffement, de fausses routes ou de douleur voire d’inconfort abdominal post-prandial. Enfin, mon "tout" aboutit à une alimentation réduite, à un choix d’aliments très restreint et à des ingestas souvent insuffisants".
Que faire en cas de difficultés ?
- Consulter un professionnel de santé : Un médecin, un pédiatre ou un orthophoniste spécialisé dans les troubles de l'oralité peuvent aider à identifier la cause des difficultés et à proposer une prise en charge adaptée.
- Être à l'écoute du bébé : Respectez son rythme et ses préférences alimentaires. Ne le forcez jamais à manger.
- Proposer des textures variées : Exposez le bébé à différentes textures pour l'aider à développer ses compétences oro-motrices.
- Créer un environnement positif : Les repas doivent être un moment de plaisir et de détente. Évitez les distractions et les tensions.
- Pratiquer des massages : S'il accepte, tu peux pratiquer des petits massages sur le visage pour désensibiliser petit à petit (en chantant, ça passe mieux).
Allergies alimentaires
L'introduction des aliments allergènes doit être faite avec prudence, en suivant les recommandations des professionnels de santé. Allergies Québec, Guide d'introduction des allergènes chez les nourrissons. Extrait : "Le plus récent document de principe de la Société canadienne de pédiatrie (SCP, 2021) indique que 'chez les nourrissons à haut risque, encourager l’introduction précoce des aliments allergènes (p. ex. œufs cuits [pas crus], arachides) à la maison, vers l’âge de six mois, mais pas avant l’âge de quatre mois, d’une manière sécuritaire et adaptée au développement.
Recommandations générales
- Introduire les allergènes un par un : Cela permet d'identifier facilement l'aliment responsable en cas de réaction allergique.
- Commencer par de petites quantités : Augmentez progressivement la quantité au fil des jours.
- Observer attentivement le bébé : Surveillez l'apparition de symptômes tels que des éruptions cutanées, des difficultés respiratoires ou des troubles digestifs.
- En cas de réaction allergique : Consultez immédiatement un médecin.
Aliments allergènes courants
Les aliments allergènes les plus courants sont :
- Le lait de vache
- Les œufs
- Les arachides
- Les noix
- Le soja
- Le blé
- Le poisson
- Les crustacés
Importance de l'allaitement continu
L'allaitement maternel continue d'offrir de nombreux avantages pour le bébé de 13 mois, notamment en termes d'immunité, de nutrition et de lien affectif. Il est important de respecter le rythme de l'enfant et de continuer à allaiter aussi longtemps que la mère et l'enfant le souhaitent.
Carences en fer et anémie
Une anémie joue sur l'appétit et la prise de poids. Les carences en fer ou/et en zinc peuvent entraîner une perte d’appétit qui se résout avec une supplémentation médicamenteuse. Proposer aussi des protéines animales à volonté.
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