Alexandre le Grand, figure mythique de l'Antiquité, a marqué l'histoire par ses conquêtes militaires et son influence culturelle. Son règne, bien que bref, a profondément transformé le monde antique, laissant un héritage durable dans les domaines politique, militaire et culturel.

Naissance et Origines

Alexandre III le Grand est né le 21 juillet 356 av. J.-C. à Pella, capitale du royaume de Macédoine. Son père était Philippe II, roi de Macédoine, un homme d'État et chef militaire ambitieux qui a transformé la Macédoine en une puissance dominante en Grèce. Sa mère était Olympias, princesse d'Épire, une femme au caractère fort qui prétendait descendre d'Achille et qui a nourri chez son fils la conviction qu'il était le descendant de Zeus.

D'après Plutarque, Alexandre naquit le 6 du mois d'hékatombaion [juillet -356], le jour même où fut incendié le temple d'Artémis à Ephèse. Les mages qui se trouvaient à Ephèse y virent un présage de malheur pour l'Asie.

L'importance relative du royaume de Macédoine était due à la dynastie des Téménides, fondée par un autre Alexandre (498 à 454 av. J.-C.), qui assura son indépendance en s'alliant à l'empire perse.

Éducation et Formation

Philippe II a veillé à ce qu'Alexandre reçoive une éducation de qualité. Le jeune Alexandre a eu pour précepteur l'illustre Aristote, qui l'a initié à la philosophie, à la littérature, aux sciences et à la politique. Aristote lui a ouvert l'esprit à toutes les formes de savoir. Alexandre s'éprit particulièrement des héros de l'Iliade, notamment Achille, dont il prétendait descendre et dont il fit son modèle.

Lire aussi: Alexandre Dujeux : Portrait

Alexandre a également reçu une formation militaire rigoureuse de son père, apprenant l'art de la guerre et du commandement. Il a partagé le pouvoir avec son père et a commandé la cavalerie à la bataille de Chéronée (338 av. J.-C.), où il s'est illustré en exterminant le bataillon sacré des Thébains.

Accession au Trône et Consolidation du Pouvoir

En 336 av. J.-C., Philippe II est assassiné, et Alexandre, à l'âge de 20 ans, est proclamé roi par l'armée. L'accession au trône d'Alexandre s'accompagne de troubles provoqués par la noblesse macédonienne. Il annonce dès le départ son intention de poursuivre l'œuvre de son père, qui souhaitait unifier les cités grecques pour attaquer les Perses.

Devant l'agitation de la noblesse et le soulèvement de Thèbes, le nouveau roi doit marquer son autorité. Sa réaction est immédiate : il fait tuer ses ennemis potentiels et rase la ville de Thèbes. Une répression sanglante lui permet d'asseoir fermement son pouvoir sur le royaume.

Conquête de l'Asie Mineure

En 334 av. J.-C., Alexandre part à la conquête de l'Asie Mineure, sous le prétexte d'une guerre de représailles pour les torts subis lors des guerres médiques. Il confie provisoirement le pouvoir à Antipater et laisse sur place les contingents les plus fidèles de son armée. Parti d'Amphipolis en Thrace, il débarque à Troie à la tête de 35 000 fantassins et 5 000 cavaliers.

L'armée perse, supérieure en nombre, tente de l'arrêter sur les rives du Granique au mois de mai. Cette bataille, au cours de laquelle l'armée d'Alexandre doit de traverser le fleuve et escalader une rive escarpée, se solde par la victoire des Grecs. Le roi perse Darius III Codoman prend la fuite.

Lire aussi: Alexandre Kouchner : Engagements et héritage

Alexandre étend son avantage à l'ensemble de la région côtière afin de priver les Perses de base pour envahir la Grèce. Il libère plusieurs villes de leur tyran et rétablit la démocratie. Les villes qui résistent (Halicarnasse, Lampsaque ou Aspendos) sont assiégées et vaincues. La période hivernale 334-333 av. J.-C. est mise à profit pour s'emparer de la Lycie, la Pamphilie, la Pisidie au Sud de l'Asie Mineure. Le gouvernement de cette région est confié à son ami Néarque.

Les armées grecques pénètrent alors à l'intérieur du territoire et s'emparent de Gordion. Alexandre tranche d'un coup d'épée le noeud fixant le joug au char de l'ancien roi Gordios. Il se dirige ensuite, à l'Est, vers les monts Taurus qu'il franchit aisément. Alexandre tombe malade après avoir pris un bain dans le Cydnus et s'être emparé de Tarse, ville dans laquelle il frappe monnaie. Le roi de Sparte, allié aux amiraux perses, tente de s'emparer du pouvoir.

Conquête de la Syrie et de l'Égypte

En 333 av. J.-C., l'armée grecque affronte les forces perses forte de 600 000 hommes, concentrées dans la plaine d'Issos large de cinq kilomètres et située entre les monts Taurus et la mer. Alexandre remporte une victoire éclatante. Darius s'enfuit, laissant en otage sa mère, sa femme, ses filles ainsi qu'un immense butin. Il se retire au-delà de l'Euphrate. Les routes de la Syrie et de l'Egypte sont ouvertes.

Plusieurs villes se rendent. Tyr, qui bénéficie d'une position insulaire, résiste pendant sept mois avant de se rendre. Huit mille Tyriens périssent et les autres sont vendus. Il s'attaque ensuite à Gaza où il est blessé à deux reprises.

Alexandre est accueilli comme un libérateur par les Egyptiens, farouches ennemis des Perses. Il fonde, à l'Ouest du delta du Nil, la ville d'Alexandrie, la première d'une longue série qui sera édifiée jusqu'au fond du Caucase. Il confie l'administration du pays à plusieurs chefs civils et militaires macédoniens. Les prêtres du dieu Amon lui donnent le titre de "fils d'Amon" jadis porté par les Pharaons. Il devient un dieu égyptien.

Lire aussi: Arcady : Entre famille, cinéma et Algérie

Conquête de la Perse

Devenu maître de l'Asie hellénique et méditerranéenne, Alexandre repart en guerre contre Darius en 331 av. J.-C. afin de devenir également roi de Perse. Il franchit le Tigre et l'Euphrate sans rencontrer de résistance. L'affrontement intervient à l'Est du Tigre, près de Gargamèle, au Nord d'Arbèles. Prise en tenaille entre la cavalerie grecque conduite par le roi, sur la droite, et la puissante phalange macédonienne, au centre, l'armée perse forte de près d'un million d'hommes est une nouvelle fois vaincue. Darius prend la fuite le 2 octobre 331 av. J.-C., abandonnant derrière lui son char et ses armes.

Toutes les capitales de l'empire perse sont pillées tandis que les habitants sont épargnés. Alexandre est accueilli à Babylone et à Suse en qualité de roi de l'Asie. Il fait incendier les palais de Persépolis en représailles, dit-on, des crimes commis par Xerxès et rend hommage au tombeau de Cyrus le Grand à Pasargades.

Darius, entouré d'une poignée de fidèles dont le nombre diminue, s'enfonce à l'Est du pays. Alexandre cherche à la capturer. Il pense le trouver à Ecbatane. A l'issue d'une véritable course poursuite, et alors qu'il est à portée de main d'Alexandre, Darius est tué par l'un de ses satrapes. Le nouveau roi d'Asie fait rendre les honneurs royaux à la dépouille de Darius et s'empare de sa couronne.

Il peut alors soumettre la Perse orientale (Afghanistan, Turkestan et Béloutchistan) mais doit faire face à une guérilla qui durera de 330 à 328 avant Jésus-Christ. Les conditions climatiques sont difficiles et le terrain propice à la résistance. La révolte prend fin avec la soumission de la Sogdiane et de la Bactriane. Alexandre épouse, dans le rite perse, Roxane, fille du bactrien Oxyarte. Le moral des troupes, usées par plusieurs années de campagne et la nostalgie du pays, faiblit. Les nobles macédoniens s'inquiètent de voir leur roi se comporter en monarque absolu et adopter le vêtement et les habitudes perses.

Campagnes en Inde

La Perse orientale soumise, Alexandre peut se diriger vers l'Inde, pays peuplé d'êtres fantastiques et regorgeant de merveilles à ses yeux. Il disposait des renseignements rapportés par la dynastie perse et par certaines relations parmi lesquelles Hérodote. Il descend le bassin de l'Indus et se dirige vers l'Hydaspe située à la frontière du royaume perse.

L'entrée en Inde est conditionnée par une victoire sur le roi Poros qui veut en interdire l'accès aux Macédoniens. Alexandre franchit le fleuve par ruse. La victoire est longue à se dessiner. L'armée de Poros, renforcée d'éléphants, oppose une farouche résistance. Le vainqueur, sachant apprécier la dignité du vaincu, lui porte de l'estime et le traite en allié.

L'armée, parvenue en pleine mousson jusqu'aux rives du Gange (limite extrême du monde connu) se mutine. Alexandre revient vers l'Indus et descend au Sud en direction de l'Océan Indien. Il traverse le désert de Gédrosie, parallèlement au Golfe Persique, au prix de pertes en vies humaines très élevées. Néarque, à la tête de la flotte, longe le rivage, de l'embouchure de l'Indus à celle de l'Euphrate, dans des conditions également difficiles. Il parvient au fond du Golfe Persique et retrouve Alexandre à Suse.

Mort et Succession

Le roi y organise les noces de Suse aux cours desquelles dix mille soldats, quatre-vingts généraux, le lui-même prennent une épouse d'origine perse. Statira, la fille aînée de Darius, devient la compagne d'Alexandre. Il retourne ensuite à Babylone où il entreprend un vaste programme de travaux.

Victime d'une crise de fièvre maligne, Alexandre meurt en quelques jours en juillet 323 avant Jésus-Christ, à l'âge de 33 ans. Le corps d'Alexandre sera plus tard transféré de Babylone à Memphis, puis inhumé à Alexandrie, par les soins de Ptolémée Ier Sôter, ancien général dans son armée et fondateur d'une dynastie alexandrine.

L'empire qu'il a créé, et que seule maintenait sa puissante personnalité, ne lui survit pas. Il va être partagé entre ses généraux (les diadoques), qui donnent leurs noms aux différentes dynasties qu'ils fondent (Lagides, Séleucides, etc.). Ces royaumes forment un monde qui s'étend de l'Indus à l'Asie Mineure, et dans lequel s'épanouit une nouvelle civilisation grecque, dite « hellénistique ».

Héritage d'Alexandre le Grand

Alexandre est passé dans l'histoire comme une trombe. S'il a donné l'exemple de la tolérance universelle, s'il a ébloui non seulement ses contemporains mais aussi les générations suivantes, il n'est pas resté grand-chose de son œuvre.

Les conquêtes d'Alexandre ont modifié profondément l'équilibre des forces au Proche-Orient où l'Iran perdit la prédominance qu'il exerçait depuis Cyrus. Elles ont également modifié le rapport des forces à l'intérieur du monde grec en faisant apparaître une disproportion, inconnue jusqu'alors, entre les royaumes hellénistiques, édifiés sur les ruines de l'empire d'Alexandre, et les vieilles cités, comme Athènes ou Sparte.

L'épopée d'Alexandre a donné naissance à de nombreuses légendes et a inspiré de nombreux artistes et écrivains à travers les siècles. Son nom est associé à la grandeur, à la conquête et à la diffusion de la culture grecque.

La ville de Lyncus

Si le nom d’Alexandre le Grand (356 à 323 avant J.C.), célébrissime roi de Macédoine, est connu de tous, on sait finalement peu de choses sur sa famille. Une équipe d’archéologues pourrait toutefois éclaircir ce sujet puisqu’ils pensent avoir découvert les restes de Lyncus, une ville antique qui fut la capitale du royaume de Lyncestis, mais aussi le lieu de naissance de la grand-mère paternelle d’Alexandre.

Le lieu de la découverte est connu depuis 1966. Les chercheurs considéraient cependant jusqu’en 2023 qu’il s’agissait d’un simple avant-poste militaire comme il en a existé beaucoup du temps de la domination macédonienne sur la région.

Il y a deux ans, une équipe de chercheurs décident toutefois d’utiliser des drones aériens équipés de la technologie LIDAR (light detection and ranging) pour explorer la zone. Les lasers projetés depuis le ciel passent sans difficulté à travers la végétation et révèlent ce qu’elle cache depuis des siècles. Et lorsque les scientifiques regardent les relevés, la surprise est de taille.

Les lieux possèdent une acropole d’au moins 2,8 hectares ainsi que ce qui pourrait être les vestiges d’un théâtre et d’un atelier textile. D’autres recherches mettent au jour des poteries, des pièces de monnaie, les pions d’un jeu et un billet de théâtre en argile. L’avant-poste se révèle en fait être une ville. Et cette ville pourrait bien être Lyncus.

Lyncus est déjà connue des archéologues pour avoir été la capitale du royaume de Lyncestis. Ce petit État prospère a été intégré au Royaume de Macédoine sous le règne du roi Philippe II, qui s’étend de 359 à 336 av. J.-C. Selon des récits historiques, c’est aussi là que serait née Eurydice I de Macédoine, la grand-mère paternelle d’Alexandre le Grand.

Les chercheurs pensaient également que ce site avait été construit après la mort d’Alexandre le Grand, probablement sous le règne de Philippe V, soit entre 221 et 179 avant notre ère. Une pièce de monnaie frappée entre 325 et 323 av. J.-C indique pourtant le contraire. La ville était déjà largement en activité sous celui du conquérant de légende que fut Alexandre. Plus étonnant encore, la découverte de haches et de fragments de céramique datant de l’âge du bronze (entre 3300 et 1200 av. J.-C.) indique une occupation des lieux vieille de plusieurs millénaires.

tags: #alexandre #le #grand #date #de #naissance

Articles populaires: