Alexandre Arcady, né le 17 mars 1947 à Alger, est un réalisateur français dont l'œuvre est profondément marquée par son enfance en Algérie et les thèmes de l'exil, de l'identité et de la coexistence. Fils d'Alexandre Egry, un légionnaire d'origine hongroise, et de Driffa Hadjedj, une juive d'Algérie, Arcady a passé son enfance dans la Casbah d'Alger, une expérience qui a façonné sa vie et son cinéma.

Une enfance algéroise au cœur de son œuvre

Arcady a souvent puisé dans ses souvenirs d'enfance pour créer ses films les plus marquants. Son œuvre est imprégnée de cette période de sa vie, notamment "Le Coup de sirocco" (1979), "Le Grand Carnaval" (1983) et "Le Petit Blond de la Casbah". Ces films explorent la nostalgie du "pays perdu" et mettent en scène des personnages hauts en couleur, souvent incarnés par des acteurs emblématiques comme Roger Hanin, Richard Berry et Patrick Bruel.

Son enfance au 7, rue du Lézard, dans la Casbah d'Alger, est un souvenir vivace pour Arcady. Il se souvient d'une vie communautaire riche où les portes étaient toujours ouvertes et les fêtes religieuses étaient célébrées par tous, juifs, musulmans et catholiques. Cette harmonie intercommunautaire, bien que non idyllique avec des communautés parfois cloisonnées, a profondément marqué sa vision du monde.

"Le Petit Blond de la Casbah" : un film testamentaire

Vingt ans après avoir publié son livre, Le Petit Blond de la Casbah, Alexandre Arcady l'adapte au cinéma. Ce film émouvant et nostalgique est une véritable œuvre familiale, réalisée avec ses frères et son fils Alexandre Aja. Il met en scène sa mère, son père, ses oncles, sa grand-mère et sa voisine, incarnés par des acteurs talentueux tels que Marie Gillain, Christian Berkel, Dany Brillant, Pascal Elbé, Judith El Zein, Jean Benguigui, Iman Perez et Valérie Kaprisky.

"Le Petit Blond de la Casbah" est une comédie dramatique qui évoque la diversité et l'harmonie entre juifs, musulmans et catholiques dans l'Algérie des années 1950. Pour Arcady, ce film est un "paradis perdu", un témoignage d'une époque où la coexistence était possible malgré les tensions politiques. Le film prend une dimension particulière dans le contexte actuel de conflits au Proche-Orient, rappelant la nécessité de la tolérance et du vivre-ensemble.

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Arcady explique qu'il a écrit le livre il y a vingt ans, après avoir présenté à Alger Là-bas mon pays, un film sur le retour d'un journaliste pied-noir. L'éditeur Olivier Orban l'a encouragé à raconter son enfance pour expliquer l'homme qu'il était devenu. Ce n'est que pendant le confinement qu'il a décidé d'adapter son livre au cinéma, reprenant le thème d'un cinéaste retournant à Alger et retrouvant le petit blond de la Casbah qu'il était.

Le réalisateur a trouvé en Tunisie un immeuble qui ressemblait à s'y méprendre à celui de son enfance, au 7, rue du Lézard, avec ses coursives, ses ouvertures et son escalier. Il a tourné les extérieurs à Alger pour montrer la ville d'aujourd'hui.

Alexandre Aja : un fils sur les traces de son père

Alexandre Arcady a eu plusieurs enfants, dont Alexandre Aja, un réalisateur reconnu dans le cinéma d'horreur. Alexandre Aja est le fils d'Alexandre Arcady et de la critique de cinéma Marie-Jo Jouan. Alexandre Aja a fait ses premières apparitions dans les films de son père sous le nom d'Alexandre Jouan, notamment dans "Le Grand Carnaval" (1983), "L'Union sacrée" (1989) et "Le Grand Pardon II" (1992). Il a ensuite collaboré avec son père à la réalisation de "Là-bas, mon pays" (2000), "Entre chiens et loups" (2002) et "Mariage mixte" (2004).

En 1997, Alexandre Aja a réalisé un court-métrage intitulé "Over the Rainbow", présenté en Compétition officielle à Cannes. Deux ans plus tard, il a réalisé son premier long métrage, "Furia", un film d'anticipation tiré d'une nouvelle de Julio Cortazar. Après avoir travaillé sur le scénario du thriller "Entre chiens et loups", Alexandre Aja s'est spécialisé dans le cinéma d'horreur avec "Haute tension" (2003), un film ultra-violent qui a attiré l'attention de Hollywood.

Alexandre Aja a inversé les règles du film d'horreur et tordre ses principes. « Cela m’a sauté aux yeux quand j’ai lu le scénario qui mêle habilement l’horreur, l’humain et la ­psychologie. Le film sort de l’ordinaire. À l’aune de son auteur, tombé bébé dans le cinéma. Il n’a pas 4 ans quand il tourne dans « Le grand pardon » de son père, Alexandre Arcady avant d’apparaître dans plusieurs de ses films. « Je lui dois ma ténacité, c’est quelqu’un qui n’abandonne jamais. » Mais ses envies adolescentes sont ­ailleurs. Lui, il aime le cinéma américain, vénère « Shining » et le journal « Mad Movies » qu’il dévore. Avec Grégory Levasseur, ­rencontré sur les bancs du collège, il se trouve un frère. Ils ne cesseront de travailler ensemble jusqu’à aujourd’hui. Ils bidouillent un court-métrage qui finira… au Festival de Cannes ! Mais c’est leur second long-métrage qui les fait connaître en 2003 : « Haute tension » tape dans l’œil de Hollywood. Face à l’aimable mépris du cinéma français, les deux amis d’enfance s’expatrient en Amérique. Grégory y travaillera aux côtés de maîtres comme Wes Craven et de stars (Jamie Dornan, Daniel Radcliffe ou Kiefer Sutherland) et redonnera une nouvelle jeunesse à des franchises comme « La colline a des yeux » ou « Piranhas ».

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Aujourd’hui, Alexandre Aja regarde presque avec gourmandise le cinéma français s’ouvrir à d’autres univers, de Julia Ducournau (« Titane », récompensé à Cannes) à Sébastien Vanicek (« Vermines »). Et s’il continuait sur la voie de « Mother Land », sortir du pur film d’horreur pour ­explorer d’autres types de cinéma ? À 46 ans, l’envie semble poindre : « Plus ça va et plus je suis attiré par le questionnement, la réflexion qu’on peut trouver dans le fantastique ou la science-fiction. » Il confie qu’il réalisera avec plaisir le second volet de « Crawl » et ses alligators tueurs. Mais évoque un autre projet, français celui-là, sur lequel il planche depuis longtemps : une adaptation des « Fleurs du mal » de Charles Baudelaire. « Une sorte de biopic de genre », sourit-il.

Autres enfants d'Alexandre Arcady

Alexandre Arcady a eu deux enfants avec Marie-Jo Jouan : une fille prénommée Lisa et Alexandre Aja. Il a également eu un fils avec Diane Kurys, l'écrivain Sacha Sperling.

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