L'affaire du prêtre Bernard Preynat a profondément marqué l'Église catholique en France et a mis en lumière la question de la pédophilie et de la gestion des abus sexuels par l'institution. Cette affaire, qui a éclaté au grand jour en 2015, a non seulement conduit à un procès très médiatisé de Preynat lui-même, mais a également mis en cause la hiérarchie catholique, notamment le cardinal Philippe Barbarin, pour non-dénonciation des agissements du prêtre.
Le Film "Grâce à Dieu" et le Début de l'Affaire
Le film "Grâce à Dieu" de François Ozon s'inspire de l'affaire Preynat et du procès du cardinal Barbarin. Le film met en scène Alexandre, un Lyonnais qui découvre que le prêtre qui a abusé de lui aux scouts officie toujours auprès d’enfants. Il se lance alors dans un combat, rejoint par François et Emmanuel, également victimes du prêtre, pour « libérer leur parole ». La sortie du film a été menacée par des batailles judiciaires, notamment une demande de report de la part de Bernard Preynat lui-même.
Les Abus de Bernard Preynat
Bernard Preynat est accusé d’avoir agressé sexuellement plus de 70 jeunes scouts dans le département du Rhône entre 1971 et 1991, alors qu'il était vicaire-aumônier d'un groupe de scouts indépendant dans la paroisse de Sainte-Foy-lès-Lyon et lors de camps à l’étranger. Une famille avait dénoncé ses abus en 1991 au cardinal Decourtray, l’archevêque de Lyon à l’époque, et Preynat avait été déplacé dans la Loire après une mise à l’écart de six mois, où il a pu poursuivre son ministère pendant 24 ans, y compris au contact d’enfants. Ce n’est qu’en 2015 que plusieurs anciens scouts ont brisé l’omerta de l’Église en portant plainte contre Preynat.
Le Procès de Bernard Preynat
Le procès de Bernard Preynat s'est ouvert devant le tribunal correctionnel de Lyon. À la barre, l’ex-prêtre a demandé « pardon » aux neuf hommes venus témoigner de leurs souffrances. Cependant, ce pardon a été jugé « mécanique », sans empathie manifeste. Preynat a souvent cherché à minimiser les abus qu’on lui reproche. La procureure a requis une peine d’emprisonnement « qui ne soit pas inférieure à huit années » pour les multiples agressions sexuelles commises sur de jeunes garçons pendant deux décennies.
Les Témoignages des Victimes
Les victimes, âgées de 7 à 15 ans à l’époque des faits, ont fait le récit des attouchements, baisers sur la bouche et masturbations que le prêtre leur imposait. Anthony Gourd, une des victimes, a confié avoir souffert d’amnésie traumatique et se souvient, peu à peu, depuis quatre ans, de ce qu’il a subi. Stéphane Hoarau a dénoncé le fait que Preynat le touchait « comme un sauvage ».
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La Défense de Preynat
Preynat a reconnu être pédophile et avoir interrompu ses études de séminariste pour effectuer une thérapie. Il a également pointé la responsabilité de l’Église et les violences qu’il aurait subies enfant. « On m’a dit : ‘Tu es un malade.’ […] On aurait dû m’aider… On m’a laissé devenir prêtre », a-t-il relaté.
Les Difficultés de la Mémoire et la Reconnaissance des Faits
Lors du procès, Bernard Preynat a souvent affirmé ne pas se souvenir de certains détails ou même de certaines victimes. Il a reconnu les caresses sur Pierre-Emmanuel Germain-Thill, mais a contesté le nombre de 50 occurrences invoquées par la victime. Il a également affirmé ne pas se souvenir d'avoir agressé Anthony Gourd, ce qui a suscité l'indignation de l'avocate de la victime.
Les Conséquences sur les Victimes
Les victimes ont témoigné des conséquences durables des abus sur leur vie. Anthony Gourd a évoqué ses crises d’épilepsie post-traumatiques. Jean-François G. a expliqué qu’il ne supporte plus d’être touché et qu’il a des difficultés à confier ses enfants à un tiers. Benoît Repoux a affirmé que les actes qu’il a subi ont eu des conséquences insoupçonnées, jusqu’à sa thérapie engagée après avoir dénoncé les faits.
La Responsabilité de l'Église
La question de la responsabilité de l'Église a été centrale dans le procès. Les parents de François Devaux avaient dénoncé les agissements de Preynat dans un courrier au cardinal Decourtray en 1990, mais l'Église n'a pas pris de mesures adéquates à l'époque. Bernard Preynat a estimé qu’il aurait dû avoir un procès canonique en 1991 pour être réduit à l’état laïc.
Le Rôle de l'Association "La Parole Libérée"
L'association "La Parole Libérée", cofondée par François Devaux, a joué un rôle clé dans la révélation de l'affaire et dans le soutien aux victimes. L'association a permis aux victimes de briser le silence et de témoigner des abus qu'elles ont subis.
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Le Procès du Cardinal Barbarin
Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a été condamné en première instance pour non-dénonciation des agissements de Preynat, avant d'être relaxé en appel. Cette condamnation avait mis en lumière la manière dont l'Église catholique avait géré les accusations d'abus sexuels sur mineurs.
Les Experts Psychiatriques et la Personnalité de Preynat
Les experts psychiatriques ont décrit Bernard Preynat comme ayant une personnalité pathologique et clivée, avec un fonctionnement narcissique et autocentré, peu capable d'empathie envers ses victimes. Ils ont également souligné l'importance du déni et du clivage dans sa personnalité.
Les Suites de l'Affaire
L'affaire Preynat a eu des répercussions importantes sur l'Église catholique en France et a contribué à une prise de conscience plus large des problèmes de pédophilie et de gestion des abus sexuels. Le procès de Preynat et la condamnation de Barbarin ont marqué une étape importante dans la reconnaissance des souffrances des victimes et dans la lutte contre l'impunité des auteurs d'abus.
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