Le développement du langage est un processus fondamental qui influence la pensée, la socialisation et l'apprentissage de l'enfant. De 1 à 8 ans, et plus particulièrement pendant les années de maternelle, les enfants traversent une phase essentielle de leur développement global, leur cerveau étant particulièrement réceptif aux nouvelles connaissances. Cet article explore diverses activités et approches pour stimuler le développement du langage chez les enfants, en mettant l'accent sur des méthodes ludiques, interactives et adaptées à leur environnement.

L'importance du jeu dans le développement du langage

Les jeunes enfants sont naturellement curieux et énergiques. Les jeux ne sont donc pas seulement une forme de divertissement, mais aussi un outil efficace pour retenir leur attention. La nouveauté et l’attrait des jeux aident les enfants à mieux se concentrer. De plus, la joie et la satisfaction qu’ils éprouvent en jouant les motivent à continuer d’apprendre. Une grande variété de jeux de développement du langage exposent les enfants à des mots nouveaux dans des contextes différents. Les jeux de rôle, le théâtre ou les jeux traditionnels ne font pas qu’améliorer les compétences linguistiques ; ils aident aussi les enfants à prendre confiance en eux. Les jeux linguistiques permettent aux enfants de tisser des liens avec les membres de leur famille et leurs amis. Les jeux de développement du langage présentent souvent aux enfants des sujets fascinants sur le monde qui les entoure.

Jeux improvisés et développement de l'imaginaire

Il est vrai que plusieurs jeux du commerce peuvent permettre aux enfants d’acquérir de nouveaux mots de vocabulaire tout en s’amusant. Cependant, en expatriation, il est parfois difficile de trouver ces jeux dans notre pays de résidence. Utilisez de vieux vêtements, de vieux accessoires à vous, des petits objets de la maison (cailloux, fleurs en plastique, bouteilles, etc). Votre enfant prendra plaisir à vous imiter. Donnez-lui des consignes, par exemple « aujourd’hui, je vais à la plage ». De quoi ai-je besoin ? ». Ces jeux improvisés vont développer son imaginaire, inciter les échanges entre vous et votre enfant et vous amener à dialoguer sur des sujets moins habituels. Vous allez pouvoir reprendre le vocabulaire spatial et introduire des verbes comme enlever, placer, mettre, etc. Vous pouvez utiliser des kaplas, mais aussi des gobelets en plastique. Reprenez des jeux bien connus comme le mistigri, le memory, le loto ou encore le jeu de l’oie. Vous pouvez également avoir recours à des chasses au trésor toutes prêtes. Nous avons découvert pour vous celles de Quizotrésor®. Créées par des parents pour des parents, elles existent en version kits physiques ou à imprimer. Laissez libre cours à votre imagination !

Activités manuelles et langage oral

Grâce aux activités manuelles, vous allez pouvoir travailler le langage oral, par exemple avec de la pâte à sel vous allez travailler de nombreux verbes comme ajouter/mélanger/rouler/aplatir. Vous allez également utiliser de nombreux noms et renforcer la compréhension de consignes en fonction de vos créations (ex : on va faire des animaux qui vivent dans l’eau). Pensez à préparer le repas avec votre enfant. Mettez les ingrédients nécessaires pour la recette sur la table et demandez à votre enfant de vous donner les ingrédients « peux-tu me donner un citron ? ». Dites à voix haute ce que vous faites « on casse les œufs », « on mélange la pâte avec la cuillère ». Utilisez des mots un peu moins fréquents comme par exemple dorer, fouetter. Imprimez des images appartenant à différentes catégories (des animaux, des aliments, des moyens de transport…). Collez un petit morceau de ruban au dos de chaque carte en laissant une boucle pour que votre enfant puisse « pêcher » les cartes. Proposez des devinettes à l’oral à votre enfant comme par exemple « je suis jaune, on me mange après avoir enlevé ma peau, je pousse sur un bananier ».

L'approche Waldorf : Corps, rythme et imaginaire

Dans les jardins d’enfants Waldorf, l’acquisition du langage se fait par le corps, le rythme, l’imaginaire et la relation. Comptines, rondes, histoires orales et activités pratiques tissent un environnement riche et sensoriel, propice à l’éveil d’un langage vivant et expressif, base solide pour l’apprentissage de l’écrit par la suite. Dans les premières années de vie, le langage chez l’enfant de maternelle se construit bien au-delà des mots. Il prend racine dans le corps, le rythme, la relation à l’autre, et surtout dans l’expérience concrète. C’est sur ce fondement que s’appuie le jardin d’enfants Waldorf : un espace pensé pour nourrir un développement du langage riche, vivant et harmonieux.

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Le temps de la ronde : Rythme et mouvement

Deux temps clés de la journée jouent un rôle essentiel dans cette construction : le temps de la ronde et le temps de l’histoire. Ces moments plongent l’enfant dans un bain de langage oral vivant, sensoriel et poétique, soutenant à la fois l’acquisition de la parole, l’éveil de la pensée symbolique et le développement global de la communication. Le temps de la ronde, souvent vécu en début de journée, met l’enfant en mouvement dans un cercle collectif. Comptines, chansons et formules rituelles sont choisies avec soin : riches en rimes, en rythmes réguliers et en allitérations, elles soutiennent le développement de la mémoire phonologique, une compétence essentielle pour l’accès à la lecture et à la conscience des sons. Le jeune enfant n’apprend pas par explication, mais par immersion sonore. Entre 0 et 6 ans, son cerveau est particulièrement sensible aux structures sonores répétées, qui facilitent l’identification des phonèmes et des syllabes.

Le corps comme support du mot : Mémoire kinesthésique

Chaque mot de la ronde est accompagné de gestes simples, de mouvements ou de déplacements. Cette mise en mouvement du langage active la mémoire kinesthésique et renforce l’ancrage corporel du mot. L’enfant ne se contente pas d’entendre ou de dire le mot, il le vit dans son corps. Ce lien entre geste et parole favorise une intégration multisensorielle du langage, bien plus profonde qu’un apprentissage purement auditif ou visuel. Le mot devient une expérience sensorielle globale. Dans la pédagogie Waldorf, l’adulte modèle une parole soignée, poétique, expressive. Il offre un langage riche et vivant que l’enfant intègre par imitation spontanée, dans un climat de chaleur affective et de confiance. C’est ainsi que la parole se déploie, non comme une performance, mais comme une relation.

Le temps de l'histoire : Nourrir l'imaginaire

Autre pilier du développement du langage à la maternelle : l’histoire orale, racontée sans livre ni image. L’absence de support visuel stimule l’imagination et les représentations mentales : l’enfant donne forme aux mots à l’intérieur de lui. Ce processus d’imagerie mentale est fondamental pour le développement du langage symbolique et plus tard pour la compréhension de l’écrit. Les histoires traditionnelles sont choisies pour leur langage riche, structurant et nourrissant : syntaxe développée, vocabulaire soutenu, enchaînement logique (situation, problème, résolution). Par l’exposition répétée à ces formes, l’enfant intègre naturellement les structures de la narration et du discours. Les histoires sont racontées plusieurs jours de suite. Elles sont parfois mimées, rejouées ou redites par les enfants. Ce rythme de répétition soutient la mémoire narrative, la capacité d’écoute longue et la structuration d’un langage intérieur fluide et organisé, précieux pour la lecture future.

Un environnement langagier globalement porteur

Au-delà de ces temps forts, toute la journée au jardin d’enfants Waldorf est conçue pour favoriser un développement du langage oral cohérent et intégré : Activités pratiques (pâte à pain, jardinage, tissage…) accompagnées d’un langage simple, répété, lié à l’action. Ces activités permettent aux enfants de faire le lien entre les mots et les gestes, renforçant leur compréhension du vocabulaire dans des contextes concrets. Selon Bodrova et Leong, l’association entre actions pratiques et langage soutient de manière significative l’acquisition du vocabulaire, car les enfants apprennent non seulement par l’écoute, mais par l’expérience directe, ce qui rend l’apprentissage plus profond et durable. Ritualisation du quotidien, offrant des repères langagiers stables et sécurisants (comme les petites chansons ou comptines qui permettent la transition d’une activité à une autre). Jeu libre socialisé, terrain d’exploration symbolique où les enfants réinvestissent les mots dans leurs interactions. Selon Catherine Snow (2001), pour véritablement intégrer le langage, l’enfant doit pouvoir l’utiliser activement dans des contextes signifiants, comme le jeu ou les échanges spontanés. Ces moments lui permettent de manipuler les mots avec intention, de les ancrer dans des situations émotionnelles et relationnelles, et d’en explorer la portée expressive. C’est par cet usage libre et vivant que les mots deviennent pleinement les siens Parole adulte mesurée, où chaque mot est porteur de sens, de rythme et de beauté.

Une approche à la croisée de l'éducation non formelle et informelle

Le développement du langage dans les jardins d’enfants Waldorf ne suit pas les voies traditionnelles de l’enseignement formel. Il s’inscrit plutôt dans un cadre non formel, au sens où l’apprentissage est intentionnel, structuré par les adultes, mais en dehors des exigences académiques. Les rituels du quotidien, les récits oraux, les comptines, les chants offrent aux enfants une exposition riche à la langue, sans qu’il soit question d’exercices au sens scolaire. Mais cette éducation du langage puise aussi dans les mécanismes naturels de l’éducation informelle : les enfants acquièrent du vocabulaire, des tournures syntaxiques et des expressions par l’imitation spontanée, le jeu libre, les échanges entre pairs, les interactions humaines chaleureuses. Le langage se développe ainsi dans un écosystème vivant, nourri à la fois par une intention pédagogique (non formelle) et par l’expérience vécue (informelle). Dans cette pédagogie, l’enfant ne reçoit pas le langage comme un savoir extérieur à mémoriser, mais le vit et le pratique au quotidien dans un contexte signifiant.

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Stratégies quotidiennes pour stimuler le langage

Pour apprendre à parler et à former des mots, le bébé a besoin de les entendre. Il est donc important de l’impliquer dans la communication et de lui parler, même s’il n’est pas encore capable de répondre.

Mettre des images sur des mots

Mettre des images sur des mots permet au bébé d’associer la signification du mot avec sa représentation. Présentez-lui des figurines en lui expliquant « Tu as vu la girafe ? Elle a un long cou… » « Le crocodile est vert ». L’écoute est indispensable pour que le bébé apprenne à parler. Vous pouvez faire avec lui un loto sonore, par exemple lui faire écouter le bruit des animaux et lui expliquer : « Le chat fait « miaou », le chien fait « ouaf ouaf », tu entends ? Pour être toujours dans l’échange avec le bébé, tous les jeux peuvent être de bons supports. Les jeux de manipulation peuvent servir à instaurer une discussion. Lorsque vous racontez une histoire, votre façon de parler n’est plus la même. Laissez-le également explorer ses livres, les empiler, les manipuler, tourner les pages, etc.

Renforcement positif et imitation

Lorsque vous parlez à un bébé, utilisez le principe du renforcement positif. Si le bébé dit « mono » au lieu de moto, insistez à chaque fois que vous croiserez une moto en lui disant « Ah oui, tu as raison, c’est bien une moto. Afin que l’enfant puisse mimer ce qu’il souhaite exprimer, utilisez un geste lié qu’il apprendra ainsi à refaire. Par exemple, lorsque c’est l’heure de manger, et que vous avez faim, dites que vous avez faim en mimant que vous allez manger. Vous pouvez vous aider de livres sur la langue des signes pour bébé.

Commenter et décrire les actions

Lorsque vous êtes avec un enfant, commentez ce que vous faites, dites-lui ce qu’il va se passer afin qu’il puisse associer ce que vous dites avec les actions que vous allez faire ensemble. Utiliser des mots pour décrire les actions et les sentiments de votre enfant va aussi l’aider à intégrer ce nouveau vocabulaire. Par exemple, lorsqu’il pleure : « Je vois que tu pleures, tu as l’air triste de voir maman partir au travail. Lorsque votre bébé babille, imaginez ce qu’il peut vous dire et répondez-lui ! Posez-lui des questions ouvertes qui n’ont pas de bonnes ou de mauvaises réponses. Un enfant apprend de vous. Lorsqu’il prononce mal, vous pouvez répéter correctement les mots et exagérer les sons plus difficiles. Vous lui montrerez ainsi que vous avez compris, sans mettre de pression sur lui.

Chansons et écrans

Il est facile pour un enfant d’apprendre les mots en chanson. Devant une télévision ou un écran, l’enfant reste passif… Ceux-ci peuvent même engendrer des difficultés de langage. Lorsque vous jouez avec un enfant, parlez-lui de ce qu’il voit, de ce qu’il touche. Lorsqu’il fait un encastrement avec des animaux, plutôt que de lui demander « Qu’est-ce que c’est ? », vous pouvez lui dire : « Oh, mais quel est cet animal à rayures blanches et noires, ce ne serait pas un zèbre ?

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L'approche Montessori : Un trésor à accompagner dès les premiers jours

Le développement du langage chez le bébé est une aventure qui commence bien avant les premiers mots. Dès la naissance et même in utero, le tout-petit capte les sons, les rythmes et la musicalité de la langue qui l’entoure. C’est une période décisive, que Maria Montessori qualifiait de « sensible », tant l’enfant absorbe ce qu’il entend sans effort, avec une étonnante plasticité cérébrale. Pour accompagner au mieux cette construction du langage, l’environnement, la posture de l’adulte, mais aussi certains outils comme le bébé signe, jouent un rôle essentiel.

Le langage : Une période sensible à ne pas manquer

Maria Montessori avait observé et défini plusieurs périodes sensibles, dont la période sensible du langage, cette fenêtre de développement intense durant laquelle l’enfant absorbe sans effort les sons, la syntaxe, le vocabulaire… bien avant de pouvoir parler. C’est ce qu’elle appelait l’esprit absorbant : l’enfant construit en lui-même, par imprégnation, les fondations du langage. Cela commence dès la vie in utero, lorsque le fœtus perçoit la musicalité de la langue maternelle. Après la naissance, cette sensibilité s’intensifie : l’enfant écoute, observe, babille… jusqu’à cette fameuse explosion du langage autour de 2 ans, moment où il commence à formuler des phrases, à structurer sa pensée, à nommer le monde.

L'environnement : Clé d'un langage riche

Pour que l’enfant développe un langage riche, il lui faut un bain de langage : des adultes disponibles, qui nomment, décrivent, racontent, lisent, chantent… Le tout avec un vocabulaire précis, un ton chaleureux, et surtout dans le respect de son rythme et de ses centres d’intérêt. Parmi les pratiques recommandées : Utiliser un vocabulaire riche et varié dès le plus jeune âge. Verbaliser les actions du quotidien ("Je t’ouvre ton body", "Tu attrapes le doudou"). Lire des histoires réalistes, adaptées à son âge. Observer l’enfant pour ajuster ses mots à ses besoins langagiers.

Le rôle du geste et les signes associés à la parole

Le langage ne passe pas que par la bouche : le corps, les mains, le regard, tout participe à la communication du tout-petit. Maria Montessori insistait déjà sur le lien étroit entre le mouvement et le langage, notamment à travers la manipulation d’objets, le développement sensoriel, la motricité fine. Sa pédagogie est sensorielle, active. Dans ce contexte, l’usage des signes associés à la parole, aussi appelé bébé signe, peut constituer un formidable outil. En proposant aux tout-petits des gestes simples pour exprimer des besoins essentiels (« encore », « lait », « changer », « fini »…), les adultes leur offrent un moyen de se faire comprendre avant l’arrivée des mots. Cela renforce la confiance en soi, diminue les frustrations et encourage le lien parent-enfant. Les signes associés à la parole constituent un vrai soutien au développement du langage. Ils peuvent être introduits à travers des comptines.

Activités concrètes pour soutenir le langage (0-3 ans)

Voici quelques idées d’activités simples et puissantes pour nourrir le langage des tout-petits : Les comptines : chantées ou signées, elles associent musique, rythme, geste et vocabulaire. Les objets du quotidien : nommer ensemble les ustensiles, les habits, les aliments. Les imagiers : classés par thème (animaux, fruits, objets…), ils enrichissent le vocabulaire. Le coin lecture : aménager un espace calme avec des livres adaptés, et y passer du temps chaque jour. Les récits de la journée : raconter à l’enfant ce qu’il a vécu, l’aider à mettre en mots ses expériences.

L'importance de la communication à l'école maternelle

Oser entrer en communication avec un adulte ou avec d'autres enfants peut être un véritable défi pour un enfant en toute petite section de maternelle. Pourtant, la communication est essentielle pour l'acquisition du langage et la réussite scolaire tout au long de l'année scolaire. L'échec scolaire peut souvent être prévenu par une bonne stimulation langagière dès le jeune âge.

Approche structurée et bienveillante

Le développement langagier des enfants de maternelle nécessite une approche structurée et bienveillante. Encourager l'expression spontanée : Valorisez chaque tentative de communication. Même si l'enfant ne formule pas des phrases complètes, montrez de l'attention et reformulez ses propos pour enrichir son vocabulaire. Utiliser des outils pédagogiques variés : Les albums jeunesse, les marionnettes ou la communication gestuelle (comme la langue des signes) facilitent l'apprentissage du langage et aident les enfants à exprimer leurs besoins. Stimuler la communication orale par la lecture : Lisez des histoires et posez des questions ouvertes pour encourager les enfants à raconter, à décrire et à interagir avec le texte. Impliquer les parents dans la communication école/famille : Le carnet de liaison ou les outils numériques permettent de partager les progrès des enfants et de guider les parents dans la stimulation langagière à la maison. Observer et évaluer les compétences langagières : L'observation quotidienne permet d'ajuster les pratiques et d'aider les enfants qui présentent des troubles du langage ou des difficultés à interagir. L'école maternelle est le premier lieu où les enfants apprennent à communiquer en dehors de la sphère familiale.

Collaboration école-famille

En résumé, la communication en maternelle est un processus global qui demande de la patience, de la régularité et une véritable collaboration entre l'école et la famille. Chaque progrès, même minime, contribue à la construction du langage et permet à l'enfant de trouver sa place dans le groupe, d'exprimer ses idées et de s'ouvrir au monde qui l'entoure.

Comptines et chansons

Les chansons et les comptines permettent à votre enfant d’enrichir son vocabulaire, sa mémoire et son attention. Les chansons permettent également de se familiariser avec les sons et les syllabes. Pour les plus jeunes de 1-3 ans, proposez des comptines accompagnées de gestes. Pour les enfants un peu plus grands, les comptines avec des jeux de mots vont particulièrement les intéresser. Vous pouvez taper dans vos mains pour marquer les syllabes, commencer une phrase et le laisser la terminer ou encore jouer avec les rimes. L’enfant est capable d’apprendre une petite comptine à partir de 2 ans, mais cette activité peut être commencée dès la naissance, car les bébés sont attirés par les vibrations sonores et notamment la voix de leurs parents.

Histoires et aventures

A travers les aventures de ses héros préférés, votre enfant apprendra de nouveaux mots et de nouvelles tournures de phrases. Les histoires favorisent également les échanges entre vous et votre enfant.

Parler avec son bébé

Pour parler, un enfant a besoin d’être inscrit dans la communication d’une part et d’entendre parler d’autre part. Entendre du langage ce n’est pas écouter du « bruit » ou « un fond sonore », c’est « parler avec quelqu’un », c’est « faire la conversation ». Même si le bébé n’a pas encore la parole, vous pouvez tout à fait dialoguer avec lui. Vous vous adressez à lui, vous attendez ses réactions, vous réagissez en fonction… Et c’est de cette manière que le bébé va peut à peut repérer des mots, les acquérir, et former plus tard des phrases. Vous allez au départ faire les questions/réponses vous-même : « Je vais te préparer à manger, tu es d’accord ? Oui ? Super ! ». Il est très important d’employer le « JE » quand vous parlez de vous et le « TU » quand vous vous adressez à l’enfant.

Décrire les activités quotidiennes

Racontez-lui ce que vous faites. Toutes les activités du quotidien peuvent être accompagnés de mots pour décrire ce qu’il se passe. « Je vais changer ta couche », « Je vais te déshabiller»… Comme ces phrases sont répétitives, elles permettent une installation du langage. L’enfant va donc peu à peu s’approprier le sens des mots puis les prononcer. Il est également important, durant un temps de promenade par exemple, de susciter l’attention de l’enfant sur un point particulier : « Regarde le mouton ! » « Tu as entendu l’oiseau ? ». Cette attention conjointe permet aux petits de « voir de quoi on parle ». Nous avons en effet besoin de l’attention visuelle pour parler. Voilà pourquoi les poussettes sont organisées de façon à ce que l’enfant soit face à son interlocuteur dans les premiers mois de sa vie, par exemple.

Langue factuelle et langue du récit

Dans la vie, il y a la langue factuelle, celle que vous employez pour décrire ce qu’il se passe ; il y a aussi la langue du récit qui intervient quand vous leur lisez une histoire. L’enfant comprend ainsi qu’il y a plusieurs façons d’aborder la langue : des phrases plus longues, des structures différentes lui permettent d’enrichir son langage. Faire la grosse voix pendant ces moments de lecture ou prendre à l’inverse une toute petite voix est très intéressant aussi. « L’enfant apprend ainsi les nuances et les différents sens qui sont associés aux mots. Il va aussi apprendre à mieux gérer sur le plan émotionnel » explique l’orthophoniste. Grâce à ces jeux de voix, il va prendre du recul, être moins effrayé, moins intimidé… Et plus tard, être capable de ne pas tout prendre au premier degré, et être en mesure de prendre de la distance face aux mots.

Comptines et développement psychomoteur

Les comptines sont aussi très importantes ! La régularité de ces petites chansons souvent associées à des gestes aide également l’enfant dans le développement du langage. Car celui-ci va de paire avec le développement psychomoteur. Cette comptine est particulièrement bien adaptée aux tout-petits car ils arrivent assez rapidement à reproduire le geste. Cela permet alors de mettre en avant une première compétence. Ils s’aperçoivent ainsi du plaisir que cela vous procure de les voir réussir cette gestuelle et inversement. « Vous vous inscrivez alors dans une boucle vertueuse de plaisir partagé par la communication ». De plus, la coordination des deux mains s’appuie sur le même principe que la coordination des syllabes entre elles pour pouvoir amener les mots.

Jeux d'échange et de manipulation

Vous pouvez faire plein de petits jeux autour du langage pour être dans l’échange. Demandez par exemple à l’enfant de vous donner le petit cheval rouge, faites des lotos, jouez aux dominos ou encore au cache-cache ! « Les jeux de langage doivent être faits pour l’enfant en situation naturelle et non artificielle, et ce pendant très longtemps ». Tous les jeux de manipulation que vous pouvez lui proposer servent le langage.

Être attentif aux demandes de l'enfant

Quand l’enfant commence à parler, il faut être attentif à ses demandes. Quand vous lui demandez s’il préfère une pomme ou une banane et qu’il vous répond « nane » par exemple, il a clairement émis une réponse dont vous comprenez le sens. L’important n’est pas qu’il prononce bien le mot, mais qu’il ait communiqué son souhait. Vous pouvez alors pratiquer « le renforcement positif » et dire « Bonne idée, une banane pour le gouter ». Il ré-entend ainsi la bonne formulation du mot.

Jeux sonores et boucle audio-phonatoire

Employez des jeux sonores. Le circuit du langage c’est une boucle audio-phonatoire : j’écoute et je parle. Les jeux sonores sont donc les bienvenus ! Mettez des petites graines dans une bouteille plastique, secouez-la et demandez aux enfants d’écouter ces petits bruits. De la même façon, faites des lotos sonores ! Diffusez un cri d’animal et questionnez-les : qu’est ce qu’on entend ? Un chat ? Un chien ? Vous exercez ainsi la boucle audio-phonatoire. L’écoute de la musique est tout aussi intéressante car elle stimule d’autres zones du cerveau qui renforcent la capacité d’écoute et de parler par la suite.

Parler nourrice

Quand on parle aux enfants, on ne parle pas « bébé ». On utilise les bons mots. Une « meuh meuh », ça n’existe pas, une vache oui ! Le parler nourrice va donc être très important. « Il s’agit d’une parole qui va être ralentie pour exagérer les paramètres mélodiques de la parole pour une meilleure imprégnation du langage ». Vous parlez alors avec une prosodie exagérée, ce qui permet à l’enfant de bien entendre ce que vous dites. On retrouve cette façon de parler dans toutes les sociétés !

Zone proximale de développement

Si vous observez l’enfant, vous verrez qu’il vous montre ce qui est bien pour lui. La stimulation qu’on lui propose suit deux critères : le stade où il en est et ce vers quoi on souhaite l’emmener. Il faut lui proposer d’aller un peu plus loin mais pas trop… Le dosage est donc subtil et se fait au cas par cas. C’est ce que le psychologue russe, Lev Vigotsky, a appelé « la zone proximale de développement ».

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